Abbaye Notre-Dame-du-Vœu (Cherbourg)

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Vue d'ensemble des ruines de l'abbaye.

L'Abbaye Notre-Dame du Vœu (Sancta Maria de Voto en latin médiéval), est un édifice religieux catholique de la Manche, implanté à Cherbourg-en-Cotentin, rue de l'Abbaye.

Fondée en 1145 par Mathilde l'Emperesse, elle a été régulièrement pillée et incendiée avant d'être abandonnée puis réquisitionnée lors de la construction du port militaire de Cherbourg, et laissée en ruines. Elle est restaurée depuis une cinquantaine d'années.

Le domaine de l'abbaye est classé au titre des Monuments Historiques par arrêté du 9 septembre 2002 se substituant à celui du 20 août 1913.

Quelques mentions anciennes

  • Abba[s] monasterii Beate Marie de Voto 1282 [1].
  • abbas Beate Marie de Voto juxta Cesariburgum 1332 [2].

Origines

La légende de Chantereyne

La légende veut que, prise dans une terrible tempête en mer, entre la Normandie et l'Angleterre, l'Impératrice Mathilde, petite-fille de Guillaume le Conquérant, ait imploré la Vierge de la sauver, promettant d'ériger une église là où elle débarquerait. Voyant le continent, le pilote aurait dit à la souveraine « Chante Reine, voici la terre ! », laissant le nom de Chantereyne à la croûte du Homet.

Mais cette version n'est présente dans aucune chronique de l'époque[3]. Cette signification du vœu n'est retranscrite qu'à partir de 1663 par Arthur du Moustier (ou Arthus Dumonstier) dans Neustria pia, complétée de l'origine de Chantereyne par dom Beaunier dans son Recueil des évêchés, archevêchés et abbayes en 1726.

Selon Robert Lerouvillois, il est plus probable que le vœu auquel se rapporte l'Abbaye soit celui de la reine Mathilde, épouse de Guillaume le Conquérant, qui avait déjà installé des chanoines à Cherbourg et que sa petite-fille aurait voulu renouveler. Quant au nom de Chantereyne, il se réfère aux nombreuses grenouilles (raines en patois normand et en ancien français) qui coassaient dans cette zone marécageuse[4]. Ce nom appartient au type toponymique bien connu des noms en cante / chante.

1145 : la fondation

Cuisines du XIIe siècle

En dehors de la légende de Chantereyne, l'objet de la fondation de l'abbaye par l'Emperesse est incertain, le chartrier originel ayant été détruit lors des pillages successifs durant la Guerre de Cent ans. Les auteurs lui affectent la volonté soit de raviver le vœu fait par ses grands-parents, Guillaume et Mathilde de Normandie, de bâtir une collégiale pour la guérison du duc de Normandie, soit de pallier la faible spiritualité des moines de celle-ci[5]. Gustave Dupont note une donation de terre faite à l'abbaye SM de Voto en 1122 à Aurigny, qui prouverait l'antériorité de la fondation de l'abbaye cherbourgeoise[6] aux larges dons de Mathilde, mentionnée comme fondatrice en 1145 dans tous les documents officiels.

Le choix du lieu, l'île d'Oulme, devenue croûte du Homet, presqu'île marécageuse arrosée par les ruisseaux de la Bucaille et de Chantereyne, à un kilomètre au nord-ouest de la forteresse de Cherbourg, est tout aussi énigmatique. Le deuxième abbé, Jonas, décrit l'endroit comme un désert hostile : « Ici la terre est inféconde et nulle vigne ne subsiste, les bois sont sans feuillage ; il n'y a pas de prairies à brouter »[7].

Cette création ou refondation s'inscrit dans le mouvement d'élévation de nombreuses abbayes par les ducs et les grands barons normands entre 911 et 1204. Mathilde fonde elle-même deux autres abbayes, à Valasse (près de Lillebonne) et à Silly-en-Gouffern (Orne), également dédiée à la Vierge, dans le cadre de l'important culte marial de l'époque, et se fait enterrer à Notre-Dame du Bec qu'elle a richement doté.

Le cloître.

Ainsi, Mathilde fonde ou réactive l'abbaye Sainte-Marie-du-Vœu en 1145. En 1160, elle installe une communauté de chanoines réguliers augustins de l’abbaye Saint-Victor de Paris[8], sur les conseils probables de Richard de Bohon, évêque de Coutances. Ce choix pour l'ordre fondé en 1108 par Guillaume de Champeaux s'expliquerait par son activisme pour renouveler le monachisme et selon Lucien Musset par la faible attirance des autres ordres pour la vie urbaine[9]. Elle obtient pour l'abbé le droit de porter la mitre, la crosse et l'anneau[10]. « À sa fondation, l'abbaye compte trente chanoines réguliers, des novices et environ cent frères laïcs »[9].

La construction des bâtiments, ordonnés selon le plan bénédictin comme toutes les abbayes du monachisme normand, s'étale sur plusieurs siècles. Le cloître, centre architectural et spirituel de l'abbaye bénédictine, à l'est, et l'église, au nord, sont achevés en 1181. Le couple royal, Henri II d'Angleterre, fils de Mathilde, et Aliénor d'Aquitaine, son épouse, assiste à la consécration de l'église cette même année. Les cuisines et cellier sont bâtis à la fin du siècle, le réfectoire et la salle capitulaire surmontée des cellules des moines s'élèvent durant le premier tiers du XIIIe siècle[8].

La prospérité

1165-1204 : enrichissement sous l'état Anglo-Normand

Vue cavalière de 1780

En 1165, Henri II décide d'unir l'établissement de l'ordre de Saint-Victor[11], pour accroître sa puissance, au monastère arrouaisien de Saint-Hélier, fondé en 1125 à Jersey par Guillaume Hamon[12], alors qu'il est plus important que l'abbaye. Il demeure alors à Saint-Hélier, cinq chanoines et un prieur[13]. Cette union, difficile du fait de la différence des règles suivies, est confirmée en 1187 par une bulle papale[9].

Mathilde et son fils ont doté l'abbaye de nombreuses propriétés dans le Cotentin : « forêt de Brix, église et fief de Beaumont, ermitage Saint-Achard et environ deux cents maisons à Cherbourg, église et fief d'Herqueville, domaine de Neuville à Sainte-Mère-Église, église, chapelle, fief laïc avec le bois du Fay (Octeville), terres, glèbe, chapelle Saint-Éloi et ses dépendances, prés, moulins, fief de Pouppeville, fief de Saint-Marcouf, église du Theil, « chapellenie » de Valognes, fief de Varreville, « île d'Houlme » où est située l'abbaye, etc. ». Par son rapprochement avec l'abbaye Saint-Hélier, ses possessions quadruplent selon Robert de Torigni, grâce à des rentes, des églises et des prieurés situés dans le reste du duché, en Angleterre et en Écosse[11].

Réfectoire du XIIIe siècle

À cela s'ajoutent les dons de seigneurs normands : d'Osbert de la Heuse, connétable de Cherbourg et bailli du Cotentin, elle reçoit à sa mort en 1185 des terres à Beaumont-Hague, des propriétés à Octeville et une partie du moulin d'Équeurdreville ; de l'évêque de Coutances, Richard de Bohon, une partie des dîmes de la paroisse d'Équeurdreville et des terrains proches de l'abbaye ; de Gautier de Chelk, l'essentiel des paroisses du Val de Saire qui forme la baronnie de Sainte-Geneviève. L'abbaye reçoit également : « terres à Anglesqueville, Auderville, Azeville, Barnavast (dîme du bois), maisons à Cherbourg, Équeurdreville, Flamanville, Foucarville, Gatteville (église), terres entre Gatteville et l'anse du Crabec, Gréville (bénéfices des moulins), Guernesey (dîme des moulins du roi), Jobourg (revenus de l'église), Magneville, Montfarville, Nacqueville (chapelle Saint-Clair), Octeville, Quettehou, Quinéville, Ravenoville, Saint-Hélier (tous les biens de l'abbaye), Saint-Marcouf (foires et tonlieu), Saint-Pierre d'Huberville, Sainte-Mère-Église, Saint-Germain-le-Gaillard, Tourville, Urville, Varreville, Vasteville (revenus de l'église), dîmes et moulins du roi, etc. ». Elle acquiert aussi le fief d'Arreville, les églises de Jobourg et Vasteville, une terre à la Bucaille, et obtient l'église de Barfleur[14].

L'abbé détient les droits seigneuriaux sur les domaines de l'abbaye, dont ceux de haute, moyenne et basse justice. Il est baron de Cherbourg dont il partage la seigneurie avec le Roi. Les chanoines desservent treize paroisses[15].

1204-1337 : l'abbaye en Normandie française

La salle capitulaire.

Le début du XIIIe siècle est une période de prospérité due aux dons des croisés[8].

À partir de la moitié du siècle, la situation financière et spirituelle commence à se dégrader. L'archevêque de Rouen, Eudes Rigaud, déplore, en 1250, le manque d'élévation spirituelle de la congrégation en ces termes : « Leur vie, du moins à l'abbaye, était assez mal réglée ; les séculiers entraient dans le cloître, les femmes, dans l'église ; nul n'était chargé de recevoir les étrangers ; on ne mesurait pas point le blé en le mettant dans les greniers ; l'économe ne rendait aucun compte, dépensait même beaucoup pour un certain clerc, son frère, qui était accusé de faux. L'abbé qui souffrait tous ces désordres était lui-même moins qu'édifiant : il se promenait trop souvent, passait beaucoup de temps à la chasse, entouré de domestiques trop nombreux et peu convenables. » Lors d'une nouvelle visite en 1254, la situation n'est pas meilleure : « La clôture était aussi mal gardée ; les séculiers parlaient toujours avec les chanoines en passant dans le cloître ; les coffres ou écrins n'étaient pas visités ; les religieux mangeaient souvent ailleurs qu'au réfectoire ; leurs habits n'étaient pas das l'ordre et ils portaient des fourrures faites de peaux de lapin. L'abbé n'était pas assez tempérant, couchait peu au dortoir, n'assistait guère aux mâtines, ne s'occupait nullement des comptes ; le bailli et autres officiers faisaient de même, les malades était mal soignés. » Sa troisième visite en 1266, tandis qu'un nouvel abbé est en place depuis dix ans, montre en revanche une gestion financière et spirituelle plus saine, et l'évêque constate la présence « de bons livres pour étudier »[16]. L'abbaye compte alors 47 religieux dont 21 prêtres. 27 résident à l’abbaye, les autres sont dans les paroisses et les prieurés dont ils ont la charge. Ils reçoivent les visites royales de Louis IX (1256) et Philippe le Bel (1286)[8].

Le traité d'Abbeville de 1259 assure à la France la possession de la Normandie, mais induit des difficultés de perceptions des revenus d'outre-Manche pour les abbayes normandes. Contrairement à d'autres, l'abbaye cherbourgeoise n'échange pas ses biens en Angleterre contre des possessions normandes de congrégations anglaises[16].

Malgré ce traité, les excursions anglaises dans le Cotentin reprennent rapidement. En 1293, face à la résistance du château où se sont réfugiés les habitants, l'abbaye, comme la ville et l'hôtel-Dieu, sont pillés et incendiés. Elle l'est à nouveau en 1295, 1327, 1330 et 1337, selon Jean Margueritte[15], en septembre 1325, juillet 1346 et 1337[17]

En août 1296, les marins anglais font un raid sur Cherbourg, en représailles d'une opération identique des Français sur Douvres. Se heurtant au château, ils incendient la ville et les faubourgs, et ravagent l'abbaye dont les premières chartes sont détruites[18].

Une relative accalmie s'en suit. En 1306, elle acquiert le fief de Tourlaville, qui couvre également Gonneville et Bretteville, dont elle possède les droit de gravage. En 1317, elle autorise la tenue d'une foire annuelle contre rentes, à Querqueville, la Saint-Clair. Mais en 1324, la mise sous séquestre des possessions anglaises des abbayes normandes prive le Vœu d'une partie de ses richesses, alors qu'en septembre 1325, un nouveau débarquement anglais échoue contre la forteresse et se venge sur l'abbaye[18].

L'accession au trône d'Édouard III en 1327 redonne une période de paix, et le souverain restitue leurs possessions aux abbayes du continent l'année suivante, à condition de lui rendre hommage, ce que fait l'établissement cherbourgeois[18].

En 1330, à la veille de la Guerre de Cent Ans, Philippe VI de France en visite dans la presqu'île, octroie à l'abbé des baisses de taxes sur des acquisitions de rentes, et le pape Jean XXII l'année suivante, donne à l'abbaye les église de Sideville, Sainte-Geneviève, du Theil, et la plus grande partie de celle des Pieux, afin de compenser les pertes de l'abbaye lors des guerres franco-anglaises[18].

Au cœur des conflits franco-anglais

1337-1450 : les dommages de la guerre de Cent Ans

Puis à nouveau, les possessions anglaises des abbayes normandes sont mises sous séquestre en 1338. Dans les îles Anglo-Normandes, les attaques des troupes françaises endommagent les possessions du Vœu, notamment sous les ordres du fils du roi de France sur l'île d'Herm, qui verse en réparation un partie de la redevance de la forêt de Brix en 1340. En 1346, les troupes d'Édouard III débarquées à la Hougue, assiègent vainement Cherbourg et pillent le monastère[19].

La place passe aux mains de Charles de Navarre dont l'abbé Guillaume de Troismonts devient un proche conseiller. L'ecclésiastique obtient vers 1369 une compensation pour la destruction par les conflits armés de maisons à Cherbourg et de propriétés dans le Cotentin, ainsi qu'une exonération de taxe sur les achats de rentes dans sa juridiction, comme pour le marché du lundi de Pâques de Cherbourg et l'achat des manoirs de Thomas du Sartrin et de Richard Nisette. La communauté religieuse acquiert des rentes à Sainte-Marie d'Alleaume, Digulleville], Le Theil, Équeurdreville, Martinvast, Hainneville, Gatteville, Tourlaville, Le Vicel, Jobourg. Sur ces paroisses, le droit de justice reste exercé par le roi, sauf au Theil, où l'abbé possède le droit de basse justice[20].

En 1377 ou 1378, Bertrand Du Guesclin fortifie l'abbaye pour en faire son quartier général lors du siège de la forteresse de Cherbourg donnée aux Anglais par Charles le Mauvais [8]. Il échoue à prendre la ville, et son frère Olivier est fait prisonnier dans la forêt de Brix. Dans un Cotentin à l'abandon, les revenus de l'abbaye sont maigres. En 1386, en récompense de leur fidélité, le souverain anglais rend aux moines deux prieurés donnés par Henri II[21].

Redevenue navarraise par son rachat par Charles III de Navarre, allié du roi de France, Cherbourg subit de nouvelles attaques en septembre 1401[21]. Cédée à la France en 1404, la cité revoit les troupes ennemies en février 1405. L'abbaye en subit les exactions, et la communauté est autorisée à se disperser dans les paroisses. Les Anglais redevenus maîtres de la ville en 1418, l'abbaye retrouve ses « revenus temporels » en février 1419, de nouvelles donations sont faites, plusieurs aveux sont confirmés, les bâtiments conventuels sont reconstruits entre 1420 et 1430[22], et Thomas Gower, commandant anglais de la place fait don du Val de Quetivel (auj. Val l'abbé à Équeurdreville) et de terres à Octeville en échange d'obits. Les Anglais abandonnent définitivement la ville en août 1450[23].

1450-1583 : reconstructions, contestations, dégradations

Dessin anglais représentant l'Abbaye depuis la route de Cherbourg à Beaumont.

Le refus de l'administration royale de reconnaître les donations anglaises à l'abbaye se règle par le serment de féauté de l'abbé au roi de France. La congrégation est propriétaire dans 70 communes du Cotentin : Anneville-en-Saire, Acqueville, Auderville, Audouville-la-Hubert, Barfleur, Barnavast, Beaumont-Hague, Beuzeville, Biville, Branville, Bretteville-en-Saire, Brillevast, Carentan, Cauquigny, Cherbourg, Clitourps, Couville, Digosville, Digulleville, Éculleville, Émondeville, Équeurdreville, Fermanville, Flottemanville-Hague, Gatteville, Gouberville, Gréville-Hague, Hainneville, Hardinvast, Hercla, Herqueville, Jobourg, La Pernelle, La Taille, Le Ham, Le Mesnil-au-Val, Le Pont-d'Ouves, Le Theil, Les Pieux, Martinvast, Maupertus, Méautis, Montaigu-la-Brisette, Montfarville, Nacqueville, Neuville-au-Plain, Nouainville, Octeville, Omonville-la-Petite, Omonville-la-Rogue, Querqueville, Quettehou, Ravenoville, Saint-Germain-de-Tournebut, Saint-Marcouf, Saint-Pierre-Église, Sainte-Croix-Hague, Sainte-Marie-d'Alleaume, Sideville, Tamerville, Tollevast, Tonneville, Tourlaville, Tourqueteville, Urville, Valognes, Varouville, Vasteville, Virandeville, Yvetot[24].

Les revenus encore très importants de la congrégation permettent de rebâtir les bâtiments que les chanoines réintègrent en 1460. L'église rebâtie est consacrée en 1464 par l'évêque de Coutances[24]. Les propriétés de l’abbaye se répartissent alors sur soixante-dix-sept paroisses dans le Cotentin et dans les îles Anglo-Normandes[8].

L'abbaye est au début du XVe siècle dégradée par les lansquenets français qui y sont logés en 1513, pillée par les Anglais en 1514, appauvrie sous l'effet des épidémies de peste de 1518 et 1531[8], et contestée dans ses droits de propriétés par des tenants de ses fiefs refusant de payer leurs dus, par la ville de Cherbourg et son capitaine Bertrand de La Roque, par l'administration royale qui ne reconnaît pas ses propriétés et ses rentes faute de justificatifs pillés et incendiés dans les conflits des siècles précédents[9].

Pour autant, les moines reçoivent François Ier le 28 avril 1532, et acquièrent auprès de ce dernier en 1543 l'ensemble de la prévôté de Cherbourg, dont elle possède déjà une partie des rentes depuis le début du siècle[25].

La communauté quitte la congrégation de Saint-Victor en 1560 pour être placé directement sous l'autorité de l'évêque de Coutances et donc le pouvoir royal, tout en conservant habits et règle de l'ordre[26].

Les bâtiments sont de nouveau endommagés durant les guerres de religion : le 13 août 1562, les troupes du duc de Bouillon (Montgommery selon Broine), la pillent, brûlent le chartrier et les stalles, détruisent les autels et statues, contraignant les chanoines à se remettre sous la protection des remparts de la ville[8]. Montgommery assiège vainement Cherbourg en mars et avril 1574 et expie sa violence sur l'édifice catholique[27].

1307-1486 : l'abbaye sartrine

Face à ces destructions et occupations, les chanoines doivent se réfugier à l'intérieur des remparts de la ville. En 1307, l'abbé Raoult du Coudray achète rue au Blé deux maisons mitoyennes[28] pour se réfugier en temps de guerre. Le lieu adopte le nom de l'un des anciens propriétaires, Thomas Sartrin, pour devenir l'abbaye sartrine [29]. Il s'étend entre la rue au Blé, la rue François-La Vieille, le passage Digard et la place de la Fontaine[20]. Une chapelle y est bâtie[29]. Le colombier, détruit pas la fortification de la place, est relevé durant la période navarraise[20].

En 1370, les cinq auditoires du bailliage du Vœu (Cherbourg, Digulleville, La Haye-d'Ectot, Neuville et Sainte-Geneviève) sont regroupés en l'abbaye sartrine[30]. Vers 1401, le pape accepte officiellement le transfert de la communauté dans l'abbaye sartrine[21]. En 1638, il est déplacé au Galley[30].

Fieffée en partie en 1459, l'abbaye sartrine l'est en totalité en 1486 à l'exception d'une chambre réservée à l'abbé, de l'auditoire et de la prison du bailliage[24].

Ensuite, l'abbaye sartrine abrite la prison du bailliage abbatial à partir de mai 1559, après avoir été située dans l'enceinte de l'abbaye, et demeure la seule prison de la ville jusqu'à la Révolution[30]. En 1595, il ne reste de l'abbaye sartrine que la chapelle, l'auditoire et la prison[31].

Sous la Terreur, entre juin 1793 et juillet 1794, elle est à nouveau utilisée comme prison[32].

De la commende à la fermeture

1583-1687 : mise en commende

L'abbaye est soumise au régime de la commende à partir de 1583. Ce système qui donne au Roi le bénéfice du choix, sur des raisons de mérite ou honorifiques et non plus religieuses, d'un abbé qui peut être laïc et refuse souvent la vie en communauté, entraîne l'abandon de l'entretien des bâtiments et la baisse de la qualité de la vie religieuse[8]. Les revenus théoriquement divisés en trois entre l'abbé, les chanoines et les réparations de l'abbaye et de ses biens, ne sont distribués aux moines parfois qu'à un cinquième, la réfection de l'abbaye leur échéant sur cette somme[9].

Le premier abbé commendataire est Lancelot, prince de Matignon, fils du maréchal. À sa mort en 1588, François Hotman, sous-diacre, conseiller au Parlement de Paris, reçoit le mandat apostolique pour lui succéder, mais le Roi la laisse aux Matignon. Le conflit est réglé en 1598 par le roi qui confie au neveu de Lancelot, Jacques Carbonnel, qui ne porte pas le titre d'abbé au profit de deux prête-noms, Louis Le François puis Robert Eustache, lequel doit démissionner en 1604 pour laisser le siège à François Hotman, abbé de Saint-Marc, seigneur de Mort Fontaine et chanoine de Notre-Dame, présenté par les Carbonnel. Sous son abbatiat, plusieurs propriétés sont aliénées, la seigneurie de Digulleville est vendue, les bâtiments non entretenus, et l'abbaye sartrine laissée en ruines. La lente ruine se poursuit avec l'abbé Lejay, fils légitimé de 7 ans du premier président du Parlement de Paris dont les rentes financent l'éducation. En 1647, « il ne reste du réfectoire que les quatre murs sans couverture, il manque onze piliers au cloître, le chapitre n'a plus de porte... » Trois ans plus tard est constatée l'absence de vie commune des moines[33].

Après un éphémère regain de piété des moines et des fidèles, des terres sont à nouveau aliénées. Ainsi fief, saline et rentes à Tourlaville sont acquise par Robert de Franquetot, châtelain du lieu. L'abbé alloue sur ses fonds propres un professeur de latin et de chant à la congrégation en 1671, mais les moines lui reprochent vingt ans plus tard de n'avoir pas fait de réparations en cinquante ans d'abbatiat[34].

1687-1691 : la réforme de Bourg-Achard

Face au relâchement de la discipline monastique du lieu, l'évêque de Coutances, Charles-François de Loménie de Brienne, et de l'abbé commendataire de Cherbourg, Alexandre Le Jay, demandent vers 1687[35], l'application de la réforme du prieuré de Bourg-Achard. Dom Jean Moulin, prieur de cette congrégation, rencontre le prieur claustral de Cherbourg à Coutances, et envoie les six chanoines de Saint-Laurent de Beauvoir-en-Lyons[36].

L'ouverture de petites écoles et l'accueil de pensionnaires réveillent la communauté et complètent les revenus de l'abbaye dont les bâtiments sont enfin rénovés[34], mais le nouveau prieur, Dom Bréard de Longuemare, issu de Saint-Laurent, échoue à imposer des changements aux anciens chanoines cherbourgeois, notamment son prédécesseur, Dom Héron, qui est envoyé hors du Vœu en 1691[36], et les commendataires gardent presque l'ensemble des revenus[34].

1691-1774 : le déclin jusqu'à la fermeture

Alors que Matignon envisage de transformer la grange de l'abbaye en hôpital militaire en 1690[34], le déclin de la communauté, commun aux institutions monastiques masculines, se poursuit[8].

Un grand bâtiment, destiné à abriter une infirmerie et des visiteurs, est élevé à l'ouest en 1727, et restauré avec une grande façade à la française en 1759, après qu'en 1758, les Anglais volent vases sacrés, ornements, linges et meubles et emportent les cinq cloches en détruisant la charpente et les fenêtres du clocher[8].

Plan de l'ancienne abbaye de Cherbourg et de ses dépendances, 1787.

Pour autant, l'embellie ne dure pas. En 1740, plusieurs cures sont vendues par l'abbé Jean-Joseph Lenormant. Comme revenus, les chanoines monnayent le droit de passage dans l'abbaye et celui d'être inhumé dans le cloître, et obtiennent de pouvoir former sur place leurs novices plutôt que de financer le coûteux apprentissage à l'abbaye de Sausseuse (diocèse de Rouen). À la mort de Lenormant, son neveu demande la commende, et obtient du Roi mille livres sur les revenus de l'abbaye en compensation de la nomination de Louis-Achille de Cugnac de Dampierre[37]. Un conflit judiciaire éclate face au refus de Dampierre de verser leurs dus aux moines, et aboutit péniblement au versement de 3 000 livres sur un revenu estimé à 50 000. Dampierre démissionne en novembre 1758, probablement pour ne pas avoir à contribuer aux réparations successives au raid anglais de l'été[38].

Louis XV décide de fermer les monastères comptant moins de 15 résidents par un édit de mars 1768. Si l'abbaye compte encore plus de 15 chanoines, seuls huit vivent dans ses murs[15], et elle est supprimée par décret royal le 12 octobre 1774 alors qu'une partie de ses terrains est annexée pour la construction de la rade de Cherbourg. Les granges, colombier et moulin sont transformés ou détruits, le cloître est démoli[8]. Les paroisses accueillent les derniers chanoines[15], et l'abbé perçoit jusqu'en 1790 les revenus de l'abbaye qui s'élèvent cette année-là à 22 000 livres, provenant des droits seigneuriaux exercés dans les baronnies de Cherbourg[39], de Sainte-Geneviève[40] et de Neuville-au-Plain[41], des dîmes de Sainte-Geneviève, Vasteville, Octeville, Nacqueville, Urville-Hague, Notre-Dame-d'Allonne, Le Rozel, Le Theil, Les Pieux, Jobourg, Beaumont, Gatteville et Sideville, des revenus du prieuré de la Taille, et de revenus de bois, forêts, et pacages[42].

Annexions, réaffectations et protection

1778-1913 : deuxième vie militaire

Réfectoire restauré de l'abbaye
Cherbourg-abbaye du voeu-chem.jpg

En 1770, puis en 1776, on refuse à la municipalité l'octroi des bâtiments inoccupés pour y transférer l'Hôtel-Dieu [43].

Avec la construction du port militaire, ses terrains d'une quarantaine d'hectares qui s'étendaient de la mer jusqu’à l’actuelle rue Pierre-de-Coubertin, sont annexés en 1778 [8].

En mars 1778, un représentant de l'administration royale conseille de loger une partie des deux bataillons du régiment de Languedoc affectés à la protection du port dans les bâtiments conventuels, et en septembre 1779, le régiment de Waldner Suisse s'y installe[43]. Une caserne est construite en 1782 pour 600 soldats qui s'y installent en 1786 [44].

Le duc d'Harcourt, gouverneur de Normandie et commandant de Cherbourg, s'installe en août 1783 avec son frère, le duc de Beuvron, commandant en chef des travaux de la rade de Cherbourg, dans le bâtiment occidental, ancienne infirmerie qu'il fait rénover à grands frais (200 000 francs selon Alexis de Tocqueville dans son article sur Cherbourg). Un salon octogonal est dressé au-dessus de la salle capitulaire, un bâtiment à trois étages remplace les cellules monastiques au dessus des cuisines, du chauffoir et de la salle capitulaire en 1786. Le duc d'Harcourt y organise de somptueuses fêtes et accueille le Louis XVI en juin 1786[8]. La route Cherbourg-Beaumont ouverte en 1293 est déviée car traversant la cour d'honneur de l'hôtel d'Harcourt, au profit de ce qui devient la rue de l'Abbaye[45]. D'autres fonctionnaires et militaires voués aux travaux maritimes y logent, parmi lesquels Louis de La Couldre de La Bretonnière et Dumouriez.

Le duc de Beuvron, qui a succédé à son frère en 1786, quitte Cherbourg fin 1789. Les terrains sont convoités en 1790 par la municipalité pour héberger l'hôpital, dont la construction débutée au Cauchin en 1786, est gelée fin 1790. La requête est reproduite en 1791 et 1792. Le 29 décembre 1790, une loi ordonne l'affectation « au service de la rade et de l'arsenal » de tous les « bâtiments et terrains dépendants de l'abbaye »[32].

Le réfectoire est partiellement dédié en février 1793 à l'incarcération des prisonniers des corsaires, faute d'autre prison. Les bâtiments conventuels sont transformés en hôpital à partir d'avril 1793, la salle capitulaire en pharmacie, la nef de l'abbatiale en salle des malades en 1797, adjointe d'un pavillon carré à son chevet en 1808[8]. Une partie des malades de l'hôtel-Dieu s'ajoutent aux militaires à partir de novembre 1793. À cause de la vétusté de l'hospice civil, on renonce à la fermeture de l'hôpital maritime décrétée en 1797 pour les ports secondaires[46]. Le soin des malades et la gestion de l'hôpital sont confiées aux Sœurs de la Sagesse en 1804. Pour accroître les capacités d'accueil un hôpital flottant est installé sur la flûte l'Escault en juin 1812, et sur la flûte le Rhône en mai 1813[47].

Au nord, l'ancienne ferme de l'abbaye, dite « Godebout », est utilisée en bagne sous le Premier Empire[47].

Dessin de situation de l'hôpital actuel de la Marine de Cherbourg et ses environs, au 31 décembre 1838 avant l'exécution des fortifications. Plan de l'abbaye transformé en hôpital maritime.

Hébergeant en outre les services d'artillerie, les terrains sont transformés. Le ministre de la Guerre décide la destruction du logis abbatial en 1839. La cheminée du XVIe siècle de style Louis XII, figurant l'Annonciation, est démontée avant d'être restaurée par Dominique Geufroy en 1858[8]. Jardins, cimetière, étang, îlot, vivier, buanderie et séchoirs disparaissent au profit de casernements et de magasins[48]. En 1852, le clocher est détruit pour dégager la fenêtre de tir des forts de l'[[arsenal[8].

Malgré l'ouverture de l'hôpital maritime au sud-ouest de l'abbaye en 1869, l'abbaye abrite encore des malades et des services administratifs. Le transfert total est décidé par Léon Gambetta après sa visite du 25 janvier 1871. On pense à raser les bâtiments avant d'y installer l'école d'application du génie maritime[49].

À partir de 1880, la caserne « O » puis « Martin-des-Pallières » loge un bureau de recrutement, la musique militaire et les magasins d'habillement. Le portail de l'église du XIIIe siècle est mis au jour en 1892, et remonté deux ans plus tard dans le jardin public. En 1894, les voûtes de la salle capitulaire sont recrées en briques par la Marine, reposant sur de nouveaux chapiteaux[49].

Réaffectés à la Marine en 1906, le cellier devient cave, l'abbatiale magasin d'habillement, le réfectoire magasin du casernement, le chauffoir cantine et la cuisine sa cave, le logis abbatial armurerie et magasin d'habillement. En face se situe la prison tandis que l'ouest du cloître héberge les hommes et le charbon[8].

1913-2000 : protection et restauration

Les ruines des bâtiments conventuels que forme la caserne sont classées le 20 août 1913 au titre des monuments historiques, sans mise en place d'un programme de protection ou de restauration[50].

Un projet de musée de sculpture confié à Émile Dorrée est envisagé en 1931 dans une partie des bâtiments conventuels que l'on consolide, mais ne voit le jour. La caserne Martin-de-Pallières est vendue par les Domaines en 1928 au notaire cherbourgeois M. Ygouf, pour 200 000 F[51]. La même année, une cité ouvrière, la cité Chantereyne, est installée à sa place. Occupée par les Allemands, elle est épargnée par les bombardements mais incendiée par un obus tiré depuis l'arsenal en juin 1944[50].

Fragilisée par ce dernier outrage, la voûte de la salle capitulaire s'écroule en 1946. L'abbaye n'est plus alors que ruines et n'échappe au déclassement en 1947 que par l'intervention de la Conservation régionale des monuments historiques qui engage les premiers travaux de déblaiements et d'étaiement d'urgence en 1950[52]. À partir de 1955, la municipalité négocie le rachat des terrains aux héritiers de M. Ygnouf, ce qui n'aboutit que le 29 mars 1961 pour 40 000 F[9]. Les historiens normands, au premier rang desquels le professeur caennais Lucien Musset, militent pour la restauration de ce monument[52]. Ce dernier se désole de l'état de l'ancienne abbaye : « la visite est aujourd'hui mélancolique, déprimante ; dans un dédale de murailles branlantes, il faut ramper ou grimper, s'accrocher aux arbustes ou piétiner des plâtras tombés de plafonds ruinés ; tantôt on évoque les villes mayas perdues dans la jungle du Yucatan et tantôt les alentours d'une décharge publique... »[53].

Plaque-tombe de Guillaume Argène de Rai, prêtre de Querqueville.

Alors que les services municipaux aménagent les alentours en espaces verts pour mieux valoriser le site, la Direction de l'architecture entame les travaux de préservation et de reconstruction en 1965 sous la direction d'Yves-Marie Froidevaux, qui privilégie les salles classées en 1913 : le cellier du XIIe siècle, la salle capitulaire, semblable à celle de l'abbaye de Hambye, le réfectoire et les anciennes cuisines. Les autres bâtiments, jugés de moindre intérêt historique, sont délaissés. Les travaux de restauration du réfectoire et la salle capitulaire et d'étanchéité de l'aile des moines se poursuivent entre 1972 et 1986 sous la direction de l'architecte en chef des Monuments historiques Traverse. Mais faute de projet de réutilisation des lieux, ces travaux, conclus en 1986, ne sont pas poursuivis par les services de l'État. En 1990, Jean-François Lagneau, architecte en chef des Monuments historiques, est chargé d'une étude sur les projets de restauration qui reprennent en 1996. Le logis abbatial du XVe est restauré pour abriter les expositions. Des sondages archéologiques menés en 1994 par l'archéologue Éric Broine, et l'ensemble des bâtiments, vestiges et sols de l'ancienne abbaye, est classé en septembre 2002[52].

La grande cheminée de la maison abbatiale est conservée dans la salle des mariages de l'hôtel de ville de Cherbourg Octeville. Une autre orne le square face au collège Le Corre à Équeurdreville-Hainneville. Le portail occidental de l'église (XIIIe siècle), composé de huit colonnettes sur chaque piédroit, muré en 1759, mis au jour lors des travaux du génie militaire en 1892, est classé 1909 et placé dans le jardin public où il est désormais quasiment invisible. Les statues de saint Clair, sainte Marguerite, saint Jean, la Vierge, saint Luc et saint Paul, ont été déposées en la basilique Sainte-Trinité. L'église Notre-Dame du Vœu reçoit la pierre tombale de Léobin Le Fillastre, le balustre de la chapelle, ainsi que les statues en albâtre de sainte Marguerite et saint Augustin. La [[plate-tombe en céramique du XIIIe siècle du prêtre Guillaume Argème de Rai]], découverte lors de fouilles en 1994, est classée au titre des monuments historiques en février 1995 et exposée dans le logis abbatial de l'abbaye[54].

Armoiries

Armoiries de l'Abbaye Notre-Dame du Vœu.svg

Victor Le Sens décrit ainsi les armoiries de l'abbaye : « mi parti d'azur à une fleur de lis d'or et de gueules à une tour du même et coupé au pont à quatre arches d'or avec la mer de sinople ; la crosse mise en pal derrière l'écu et le tout surmonté de la couronne de baron. »[55].

La fleur de lys évoque le statut royal de l'abbaye, tandis que la tour renvoie aux droits seigneuriaux exercés par l'abbé sur ses terres. Le Sens voit dans le pont une évocation du caractère insulaire de la croûte du Homet, l'« île d'Oulme », où a été bâtie l'abbaye. La couronne indique le titre de l'abbé de baron de Cherbourg, de Sainte-Geneviève et de Neuville, et la mitre se réfère à son droit de porter mitre et crosse[55].

Le blason se trouvait peint sur la porte principale de la salle abbatiale. Il a été reproduit par l'architecte de la ville de Cherbourg Dominique Geufroy‎, sur le manteau de l'ancienne cheminée de l'appartement de l'abbé et sur les statues d'albâtre de la Vierge et de saint Augustin provenant de l'abbaye et déposées en l'église Notre-Dame du Vœu[55].

Le sceau datant du XVe siècle portait quant à lui une fleur de lys, un château fortifié et un pont avec cette légende : S. baillive oblig abbie de Voto[56].

Liste des abbés

Abbés réguliers[57]
  • 1160-1168 : Robert Ier, ancien abbé de Saint-Hélier de Jersey
  • 1168-1184 : Benjamin
  • 1185-1204 : Richard Ier
  • 1204-1225 : Eudes
  • 1225-1235 : Guillaume Ier
  • 1235-1240 : Roger Ier de Vauville
  • 1240-1256 : Roger II Poutrel
  • 1256-1267 : Raoul Ier Macquerel
  • 1267-1282 : Richard II Durand
  • 1282 : Guillaume II de Gatteville
  • 1282-1295 : Raoul II du Clos
  • 1295-1331 : Robert II du Coudray
  • 1332-1349 : Robert III le Pouchin
  • 1349-1351 : Jean Ier
  • 1351-1386 : Guillaume III de Troismonts
  • 1388-1394 : Onfroy
  • 1394-1409 : Richard III
  • 1409-1418 : Philippe de Barneville
  • 1419-1422 : Robert V
  • 1422-1431 : Michel Foubert
  • 1431-1444 : Jean II Basan
  • 1444-1459 : Jean III Baudaire
  • 1459-1478 : Gautier Le Blond
  • 1478-1487 : Jean IV de Kerquendlanem
  • 1487-1491 : Thomas Léonard
  • 1492-juin 1504 : Jean V Hubert
  • 1504-1514 : Jean VI Noël
  • 1514-1518 : Jacques Marette
  • 1518-1552 : Léobin Le Fillastre, démissionnaire au profit de son neveu, le suivant.
  • 1552-1583 : Guillaume Le Fillastre, curé du Theil mais non religieux.
Abbés commendataires[57]

Galerie

Bibliographie

Ouvrages
  • Abbé Demons, Histoire civile et religieuse de Cherbourg
  • Philippe Vial, Les possessions de l'abbaye du Vœu dans la Hague, mémoire complémentaire pour l'obtention du DES d'histoire, Faculté des lettres de Caen, 1967
  • Robert Lerouvillois, Chronique de l'Astrolabe. I. Chante-Grenouille, Cherbourg, Isoète, 1992
  • Jacqueline Vastel, L'Abbaye du Vœu « près Chierebourg », collection UNICA, éditions Ville de Cherbourg-Octeville, 2008
Articles
  • Louis Couppey, « L'abbaye de Notre-Dame du Vœu près Cherbourg », Chronique des abbés, Évreux, 1913
  • Geneviève Le Blond, « L'abbaye du Vœu à Cherbourg », Ouest-France, 14 et 17 février 1964
  • Geneviève Le Blond, « La cheminée de l'abbaye du Vœu », Ouest-France, 26-27 février 1964
  • Jeannine Bavay, « L'abbaye du Vœu », Vikland, n° 3, octobre 2012

Notes et références

  1. Léopold Delisle, Le cartulaire normand de Philippe-Auguste, Louis VIII, saint Louis et Philippe le Hardi, Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XVI (2e série, 6e vol.), Paris, 1852, p. 253b, § 989.
  2. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 293A.
  3. « Examen critique d'un fait de l'histoire de Cherbourg regardé communément comme constant, savoir, le vœu de l'impératrice Mathilde », Annuaire de la Manche, 1841.
  4. « L’histoire avec un grand H : Robert Lerouvillois, l’historien du Cotentin », Reflets, n° 64, ville de Tourlaville, février 2002.
  5. Jacqueline Vastel, L'Abbaye du Vœu « près Chierebourg », collection UNICA, éditions Ville de Cherbourg-Octeville, 2008, p. 9.
  6. Le Cotentin et ses îles, Caen, 1870-85, tome 1, p. 321.
  7. « Hic terrae steriles et vinea nulla supertes, silva caret foliis ; desunt sua pascua pratis ». Cité par Charles Gerville, op. cit..
  8. 8,00, 8,01, 8,02, 8,03, 8,04, 8,05, 8,06, 8,07, 8,08, 8,09, 8,10, 8,11, 8,12, 8,13, 8,14, 8,15, 8,16 et 8,17 Éric Broine, « Quelques points de repères dans l'historique de l'abbaye », Arts funéraires et décors de la vie : Normandie XIIe-XVIe siècles, Publications du CRAHM, 2003.
  9. 9,0, 9,1, 9,2, 9,3, 9,4 et 9,5 Jacqueline Vastel, « L'Abbaye du Vœu “près Chierebourg”, un destin violent », Art de Basse-Normandie.
  10. Jacqueline Vastel, L'Abbaye du Vœu « près Chierebourg », op. cit., p. 13.
  11. 11,0 et 11,1 Jacqueline Vastel, op. cit., p. 15.
  12. Pères Richard et Guiraud, Bibliothèque sacrée, ou Dictionnaire universel historique, dogmatique..., Paris, 1827, tome VII, p. 12-13.
  13. Jean Fleury, « Le vieux Cherbourg : l'abbaye du Vœu » in Jean Fleury et Hippolyte Vallée, Cherbourg et ses environs : nouveau guide du voyageur à Cherbourg, Cherbourg, Imprimerie de Noblet, 1839, p. 97-108.
  14. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 17.
  15. 15,0, 15,1, 15,2 et 15,3 Jean Margueritte, Cherbourg, au gré de la mer, coll. « La ville est belle », OREP, 2006.
  16. 16,0 et 16,1 Jacqueline Vastel, op. cit., p. 22-23.
  17. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 76.
  18. 18,0, 18,1, 18,2 et 18,3 Jacqueline Vastel, op. cit., p. 26-27.
  19. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 28.
  20. 20,0, 20,1 et 20,2 Jacqueline Vastel, op. cit., p. 29.
  21. 21,0, 21,1 et 21,2 Jacqueline Vastel, op. cit., p. 32.
  22. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 34.
  23. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 35.
  24. 24,0, 24,1 et 24,2 Jacqueline Vastel, op. cit., p. 37.
  25. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 39-43.
  26. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 45.
  27. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 46.
  28. actuels 19 et 21 de la rue au Blé.
  29. 29,0 et 29,1 Jean Fleury et Hippolyte Vallée, Nouveau guide du voyageur à Cherbourg, Impr. de Noblet, Cherbourg, 1839.
  30. 30,0, 30,1 et 30,2 Jacqueline Vastel, op. cit., p. 21.
  31. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 48.
  32. 32,0 et 32,1 Jacqueline Vastel, op. cit., p. 66.
  33. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 48-49.
  34. 34,0, 34,1, 34,2 et 34,3 Jacqueline Vastel, op. cit., p. 50-51.
  35. Éric Broine date le rattachement à 1641.
  36. 36,0 et 36,1 Jean Fournée, « Un aspect original des réformes du XVIIe siècle chez les chanoines réguliers. Les constitutions et la congrégation dites de Bourg-Achard », Aspects du monachisme en Normandie.
  37. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 52
  38. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 54
  39. Acqueville, Angoville-en-Saire, Beaumont-Hague, Biville, Bretteville-en-Saire, Bricqueboscq, Carneville, Cherbourg, Couville, Digosville, Digulleville, Éculleville, Équeurdreville, Flottemanville-Hague, Gréville-Hague, Hainneville, Hardinvast, Héauville Helleville, Herqueville, Jobourg, La Haye d'Ectot, Le Gravier-en-Alleaume, Le Rozel, Le Theil, Les Pieux, Martinvast, Maupertus, Nacqueville, Nouainville, Octeville, Omonville-la-Rogue, Pierreville, Querqueville, Saint-Paul-des-Sablons, Saint-Christophe-du-Foc, Saint-Martin-le-Gréard, Sainte-Croix-Hague, Sideville, Siouville, Tollevast, Tonneville, Tréauville, Urville-Bocage, Valognes, Vasteville, Vauville, Virandeville.
  40. Anneville-en-Saire, Barfleur, Brillevast, Canteloup, Clitourps, Fermanville, Gatteville, Gouberville La Pernelle, Montfarville, Quettehou, Réville, Sainte-Geneviève, Valcanville, Videcosville, Octeville-l'Avenel.
  41. Cauquigny, Émondeville, Fontenay, Foucarville, Le Ham, Méautis, Neuville, Ravenoville, Saint-Marcouf, Sainte-Marie-du-Mont, Sainte-Mère-Église.
  42. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 58.
  43. 43,0 et 43,1 Jacqueline Vastel, op. cit., p. 61.
  44. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 62.
  45. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 63.
  46. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 67.
  47. 47,0 et 47,1 Jacqueline Vastel, op. cit., p. 68.
  48. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 69.
  49. 49,0 et 49,1 Jacqueline Vastel, op. cit., p. 71.
  50. 50,0 et 50,1 Jacqueline Vastel, op. cit., p. 73.
  51. « 120 ans en Cotentin », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2009.
  52. 52,0, 52,1 et 52,2 Éric Broine, « Des recherches à poursuivre », Arts funéraires et décors de la vie : Normandie XIIe-XVIe siècles, op. cit..
  53. Art de Basse-Normandie, n° 24, 1961. Cité par Jacqueline Vastel, « L'Abbaye du Voeu “près Chierebourg”, un destin violent », op. cit..
  54. Jacqueline Vastel, op. cit., p. 75.
  55. 55,0, 55,1 et 55,2 Victor Le Sens, « Notice sur les armoiries de l'ancienne abbaye de Notre-Dame du Vœu à Cherbourg », Mémoires de la Société impériale académique de Cherbourg, 1867.
  56. L. de Pontaumont, Origine de l'église Notre-Dame-du-Vœu de Cherbourg, Cherbourg, Auguste Mouchel, 1856.
  57. 57,0 et 57,1 Jacqueline Vastel, L'Abbaye du Vœu « près Chierebourg », op. cit. Charles de Gerville cite Jonas en deuxième abbé, et compte 11 abbés commendataires.
  58. Yves Murie, « Un abbé de cour sous Louis XV. Claude François Murie, dit l'abbé de Mury (1704-1772) », Revue de l'Avranchin, t.94, n° 451, 2017, p.135-148
  59. Gerville le dit 43e et dernier abbé.

Lien interne

Situation

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