Château de Cherbourg

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AU 16e siècle.
Gravure ancienne.

Le château de Cherbourg est un ancien château de la Manche, situé à Cherbourg.

Histoire

On ne connaît pas avec précision la date de construction du château. On sait en revanche qu'il a été édifié à l'emplacement d'un camp romain, grâce à Vauban, qui y a trouvé des restes de maçonneries de cette époque lorsqu'il est venu l'inspecter en 1688 [1].

On trouve une première mention du château au 10e siècle. Il subit de nombreuses transformations au cours de sa tumultueuse histoire.

Sa destruction commence en 1689 et s'étale sur trois ans [2].

Chronologie

Plan de Cherbourg au 16e siècle, par Jacques Comboust.
En 1532, François Ier est accueilli à la porte du château.
Vers 1620, vu de l'est.

En 998, Richard II dote le château d'une église.

En 1026, le château est mentionné comme élément de la dote, lors du mariage du duc Richard III et d'Adèle de France [3].

En 1300, Philippe le Bel fait fortifier la ville.

En 1347 et 1348, d'importants travaux de réparation sont engagés par Philippe VI de Valois.

En 1354, Jean Le Bon cède le château à Charles le Mauvais, qui fait entreprendre de nouvelles réparations en 1358, venant, dit-on, superviser lui-même le début des travaux [4],[5].

En 1404, le roi de Navarre vend la ville et le château à la France pour 200 000 francs [3].

le 28 avril 1532, le roi François Ier est accueilli en grandes pompes aux portes du château.

En 1680, Vauban rédige un mémoire à Louis XIV sur les travaux à entreprendre pour l'amélioration des défenses du château.

Le château est démoli à partir de 1689, à l'instigation de Louvois, de crainte que les Anglais le conquièrent et en face une place inexpugnable. Les travaux de démolition durent trois ans, jusqu'en 1692, mobilisant 3 500 ouvriers.

Emplacement

Le plan du château.
Autre plan du château.

La forteresse est tout naturellement bordée par la mer au nord et la Divette à l'est. Des fossés l'isolent au sud et à l'ouest, qui correspondent à peu-près aujourd'hui au tracé des rues Albert-Mahieu et François-La Vieille, jusqu'à la place Napoléon [6].

Le château a proprement parlé se situe au niveau de l'actuel parking Notre-Dame. Le donjon s'élevait au nord.

Les fortifications de la ville forment un polygone à l'intérieur des rues Foch, Albert-Mahieu et François-La Vielle, de la place de la République, du parking de la Trinité, de la rue de la Marine, de la place Briqueville et du quai de Caligny. Le bastion Saint-François s'élève entre les rues Gambetta, des Portes et Albert-Mahieu ; le bastion du Moulin entre la rue Foch et la rue Jean-Baptiste-Biard. Le nord est protégé par les tours de Gouberville et de l'Église, la Tour-Carrée se dresse à l'entrée de la rue François-La Vieille et de la place de la République, la tour Cornette est située au nord de la place de la Fontaine, la tour du Moulin au niveau de l'entrée du pont tournant, la tour des Sarrasins sur la place de Briqueville.

La porte Notre-Dame donne sur le bastion Saint-François, la porte de la Hague sur l'actuelle place de la République.

Dans un manuscrit de 1838 restitué par Robert Lerouvillois, l'abbé Demons décrit Cherbourg en 1378. Il nous dit qu'à l'époque, la ville fortifiée s'étend plus du nord au sud que de l'est à l'ouest, sur environ 220 toises de long et 140 toises de large. Ses murailles renferment l'église et la place du même nom, la rue d'Espagne, la Grande Venelle ou rue des Sœurs, la rue du Nord, toutes trois parallèles, la place de la Trinité, la rue de la Trinité et son prolongement, la rue de la Tour-Carrée, la rue du Nouet, la chasse Digard, la rue Onfroy ou de la Vase, la rue au Fourdray, le Boël-Mesnil ou Meslin, la Grande-Rue avec ses arcades, et la rue des Fossés, dont les maisons d'un côté donnaient sur les fossés du Château[7].

Presque au sud, le carré irrégulier du château se situe sur les actuelles rues Foch (ex-rue du Quai du bassin), du Château, des Fossés, et le port, et encore au-delà de ces limites dans quelques endroits. Il mesure près de 70 toises sur sa diagonale la plus longue, presque est / ouest, et 60 du nord au sud. Des fossés entourent le château et d'autres le donjon, placé au nord du château. Formant un carré long, le donjon est long, hors fossés, de 23 toises et large de 15. Le château avait treize tours, dont les quatre du donjon, dont la grande tour, possédant trois voûtes l'une sur l'autre, culmine à 96 pieds au dessus de sa base et 120 pieds au-dessus du niveau de la mer, plus haut que l'église paroissiale. Cette tour a 40 pieds de diamètre à sa base et 28 à son sommet. Une autre tour du donjon s'appelle la Tour Longis. Le fossé du donjon, au pont-levis, est large de 12 pieds.

L'église du château est un bâtiment large et bas, d'environ 60 pieds de long sur 12 pieds, doté d'un chevet plat et muni de bas-côtés[8]. Placée sous le vocable de Notre-Dame, sa mention la plus ancienne remonte à 1063 et est appelée Saint-Benoît lors de sa démolition en 1688. L'entrée du château se fait au bout de la rue des Fossés. Il ajoute que le château possédait des souterrains très vastes, dans lesquels que l'on a trouvé, lors de sa démolition, une grande quantité de pierres de granite rondes, jetées sur l'ennemi lors des sièges[7].

Ce qu'il en reste

Plusieurs rues, par leurs dénominations, rappellent l'existence du château : rue du Château, rue des Portes, rue des Fossés, rue Grande-Rue, rue Tour-Carrée.

Le chevet de la Basilique Sainte-Trinité laisse voir un pan de fortification.

Bibliographie

  • Mémoire du maréchal de Vauban sur les fortifications de Cherbourg (1686), 1851 (lire en ligne)
  • Émile Le Chanteur de Pontaumont, « Documents inédits pour servir à l'histoire des villes et château de Cherbourg », Revue du département de la Manche, vol. X, 1871
  • Auguste de Blangy, Composition des ville, chastel et donjon de Cherbourg, Caen, 1891
  • Jacqueline Pilet-Lemière, « Premières fouilles archéologiques sur le site du château de Cherbourg (Manche) : l’occupation du Bas-Empire », Actes du 105e congrès des société savantes, Caen, 1980, Paris, 1984, p. 217-225

Notes et références

  1. Vauban, « Mémoire sur les fortifications de Cherbourg », Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, vol. VI, 1852.
  2. Voisin La Hougue, Histoire de la ville de Cherbourg (continuée depuis 1728 jusqu'en 1835 par Vérusmor), Boulanger, 1835.
  3. 3,0 et 3,1 Charles Duhérissier de Gerville, « Anciens châteaux de l'arrondissement de Cherbourg », Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, 1824.
  4. La Tourelle, Études historiques sur Cherbourg, sd [1352], réédition Gérard Montfort, sd [1980].
  5. En 1363, selon Voisin La Hougue, Histoire de la ville de Cherbourg (continuée depuis 1728 à 1835 par Vérusmor), Impr. Boulanger, 1835.
  6. Raymond Lefèvre, Histoire anecdotique de Cherbourg à l'intention de nos écoliers, éd. La Dépêche, 1973, p. 10.
  7. 7,0 et 7,1 Robert Lerouvillois, Cherbourg n'est point a conquerre : la légendaire forteresse océane, éditions Paoland, Connaissance (Lassy), 2002.
  8. Jacqueline Pilet-Lemière, « Manche. — Cherbourg. Parking Notre-Dame », Archéologie médiévale, tome 10, 1980/ (lire en ligne)

Articles connexes

Liens externes