Tamerville

De Wikimanche

Tamerville est une commune du département de la Manche.

Commune de Tamerville Coordonnées géographiques de la mairie Logo-Mairie.png
49° 31' 59.20" N, 1° 27' 10.32" W (OSM)
Arrondissement Cherbourg-Octeville
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Canton Valognes
Ancien canton Valognes
Intercommunalité CA du Cotentin
Gentilé Tamervillais(es)
Population 669 hab. (2018)
Superficie 18,2 km²
Densité 37 hab./km2
Altitude 33 m (mini) - 126 m (maxi)
Code postal 50700
N° INSEE 50588
Maire Jean-Pierre Berteaux
Communes limitrophes de Tamerville
Sauxemesnil Sauxemesnil Montaigu-la-Brisette
Saint-Joseph Tamerville Saint-Germain-de-Tournebut
Valognes Valognes Huberville

50588-Tamerville-Sols.png
Infrastructure et occupation des sols en 2018.

Histoire

Antiquité

Une dalle prétendument gallo-romaine est découverte en 1837, près de l'Arche de Chiffrevast [1]. Son authenticité est fortement discutée, elle serait un faux, « une blague faite à un érudit »[2]. Elle est cependant conservée au Musée Emmanuel-Liais à Cherbourg.

Moyen-âge

Vers 1330, c'est un certain Nicol de Chiffrevast[3] (ou Nicolas) qui est seigneur de Tamerville[4], c'est lui qui donne le nom au château, qui à cette époque est bien sûr fortifié. Ce Nicol est « capitaine de Cherbourg », au moins pour les années 1354 à 1356. Il aura maille à partir avec un dénommé Godefroy de Harcourt, (ou Geoffroy) sire de Saint-Sauveur, qui envahit les propriétés de Chiffrevast à la tête de rien moins que cinq à six-cents hommes. C'est non seulement le château de Tamerville qui est détruit, mais aussi les manoirs du Valdécie, de Bricquebosq, de Prêtreville (Calvados), les moulins de Huberville et Barnavast[5], et encore le Manoir de Bunehou. L'affaire finit devant les tribunaux à Caen, où le roi Jean II le Bon vient en personne condamner Harcourt à dédommager Chiffrevast. Tout cela tourne mal, Harcourt déclarant au final la guerre au roi de France, ce qui ne lui réussira que modérément puisqu'il fut tué dans l'épisode.

En 1424, la seigneurie change de main et passe dans la famille d'Anneville (ou Danneville suivant les scripteurs). Robin d'Anneville[6], deuxième du nom, hérite du domaine par mariage avec Guillemette de Percy, descendante de Nicol de Chiffrevast. Cette famille gardera ses titres, dont ceux de « seigneur et patron de Tamerville », jusqu'à la révolution. En d'autre termes ils y prélèvent les impôts (seigneur), et nomment les curés du lieu (patron). Autant dire que pendant trois siècles, leur emprise sera tout sauf négligeable sur le quotidien du petit peuple tamervillais.

Renaissance et époque moderne

Épitaphe de Guillaume Danneville dans l'église de Tamerville

Le 23 décembre 1538, les Danneville, noblesse d'épée, voient Guillaume, sixième du nom, prendre un mauvais coup d'arquebuse du côté de Sens dans l'Yonne, de retour d'une guerre de succession en Allemagne. Selon un protocole assez effrayant, il est enterré sur place et seul son cœur est inhumé dans le… chœur de l'église paroissiale de Tamerville. On y trouve aujourd'hui encore une gigantesque épitaphe gravée en latin d'église dans un marbre noir du plus bel effet[7].

Vers 1615, les restes du château-fort sont rasés pour permettre la création de l'actuelle bâtisse, par Hervé d'Anneville[8][9]. Il obtient l'autorisation de l'évêque de Coutances de faire dire la messe en la chapelle de son château en 1617.

1624 est l'année du plus ancien registre paroissial conservé jusqu'à nos jours.

Description ancienne :

  • 1726[10] : «C'est une grande Paroisse dont la Cure est à la nomination du Seigneur, qui est M. de Chiffrevast, qui y a un très beau Château avec de beaux dehors. Il y a aussi un très-grand trait de dixmes à lui.»

Le premier couvent

En 1754[11] et 1772[12] il est fait mention du décès de deux religieuses de la « Compagnie des filles de la charité de Saint Vincent de Paul » au « couvent ». Ce bâtiment (aujourd'hui fortement remanié et agrandi), est maintenant converti en chambres d'hôtes et gites, sous l'appellation de Domaine Saint-Michel. Il aura l'occasion d'abriter d'autres institutions, on y reviendra.

106 ans et 4 mois…

On parle de Roberde Fichet, habitante de Tamerville, jusque dans les bonnes feuilles de la Belgique de l'époque.

Parce que cette brave dame a choisi de rendre l'âme le 1er décembre 1755, à l'âge cent-six ans. On trouve effectivement - en ligne - l'acte de son inhumation à l'endroit désigné par le journal belge[13] de l'époque (enfin, à peu près à l'endroit prévu) qui dit aussi qu'elle a capitulé à cet âge là.

Il reste qu'on ne sait pas où elle est née: le registre de Tamerville reste muet à l'année calculée de sa naissance.

« La nommée Roberte Fichet, Veuve de Jean-Baptiste Mouchel, est morte au Village de Tamerville , dans l'Election de Valogne, âgée de 106 ans & 4 mois. Jusqu'au Mois de Septembre dernier, elle alloit à pied a sa Paroisse, quoiqu'elle en fut éloignée d'une demie lieuë; Elle avoit encore la vûë très bonne, & n'a été vraiment malade que les 8 derniers jours de sa vie.[14] »

La forge

De 1659 à environ 1675, une « forge » a fonctionné au lieu-dit Le Fourneau. Par forge, il faut comprendre un « haut-fourneau » avec la technologie du XVIIe siècle. Un article de Wikimanche lui est spécifiquement dédié

Les ventiers

Sur la période de 1731 à 1762[15], la paroisse voit passer une catégorie socio-professionnelle bien particulière : les ventiers. Ce sont des Marchands de bois qui achètent une forêt sur pied, et la font exploiter sur les lieux.[16]

Ceci est une définition générale, le terme employé à Tamerville dans les registres paroissiaux, désigne en fait une catégorie sociale plus qu'une profession: le ventier est à la forêt ce que le fermier est à la terre arable. À la différence que le Ventier achète la ressource et l'exploite jusqu'à épuisement, au lieu de louer la terre pour exploitation. Leur nombre semble considérable, en dépouillant les registres, on peut l'estimer entre cinquante et cent nouveaux arrivants dans une paroisse qui compte habituellement 900 âmes. Ce sont des familles venant de paroisses plus au sud dans le département, qui progresseront de « vente » en « vente » vers le nord, au fur et à mesure de l'essartage.

Par ailleurs on constate (toujours dans le registre) que c'est la totalité de la ressource qui est exploitée, bois de charpente, de chauffage, charbon de bois et "Sabots".

Durant cette période le territoire de la commune semble divisé en « ventes » :

  • La vente du Mont Epinguet
  • La Fieffe Neuve
  • Le Triage des Houguettes
  • Le Piège

etc.

On peut signaler que le terme triage désigne un droit attribué au seigneur, en vertu de l'ordonnance de 1669, de reprendre un tiers de la forêt ou des pâtis communaux concédés à une communauté d'habitants[17].

C'est dans cette période que le paysage du Cotentin devient un bocage, oubliant peu à peu la forêt de Brix

Le 30 octobre 1744, un sabotier participant à l'essartage décède. L'acte d'inhumation vaut d'être cité intégralement, il renseigne tant sur la vie des ventiers que sur la vie de la paroisse (l'orthographe est celle du prêtre) :

  1. Jean Le Tourneur fils Michel natif de la paroisse des perques, sabottier
  2. de profession, demeurant en cette paroisse dans la vente du Montaipinguet
  3. y mourut agé de soixante & dix ans environ après avoir reçu les saints
  4. sacrements dans une bijude[18] joignante le ruisseau de la fontiene des
  5. Blanqueherbes, le quel suivant le raport des antiens fait séparation de cette
  6. paroisse de celle de Brix, le Mercredy vingt neuvieme octobre mil sept
  7. cents quarante quattre & fut inhumé le landemain dans le cymmetierre de cette
  8. Église par moy pretre desservant soussigné en presence de Michel Le Tourneur
  9. son fils Georges le Charretois, Jacques Pesnel qui a marqué et declaré
  10. ne scavoir signer & pierre jullien Blestel Diacre sousigné.

La retraite du Mont Epinguet

Le 7 août 1758, le Mont Epinguet (cité ci-dessus) est le lieu d'un épisode peu glorieux de la Guerre de 7 ans, qui a vu les 17 000 hommes de troupe censés défendre Cherbourg, battre retraite jusque là, sans commandement, face au débarquement de moins de 7 000 soldats anglais[19]. À l'heure actuelle, le nom Mont Epinguet reste seulement attaché à un manoir sur la commune de Brix

La révolution

La Révolution française laisse bien entendu des traces à Tamerville.

Par exemple l'histoire de Bonaventure Mouchel, « né dans cette paroisse par accident », qui est officier au château de Chiffrevast, chez les Danneville, c'est à dire « en charge de l'office », quelque chose entre cuisinier et maître d’hôtel.

On trouve dans Gallica, le Recueil des actes du Comité de salut public[20] où figure le récit de la dénonciation d'une cachette contenant « 450 marcs d'argent » appartenant à la famille Danneville. Dénonciation faite en 1794 par notre Bonaventure Mouchel. Lequel en 1789 faisait pourtant baptiser son fils par le « patron » qu'il dénoncera plus tard : François Henri d'Anneville, dit : le Comte de Chiffrevast.

Nous n'avons pas le fin mot de l'histoire, mais ce qu'on en sait semble assez grinçant.

Toujours dans Gallica, on trouve un étrange recueil nommé « Souvenirs thermidorien »[21].

Si on l'a trouvé c'est parce qu'il raconte (entre autres) avec force détail les derniers jours du marquis de Chiffrevast : Guillaume René Danneville, autrement dit le dernier seigneur et patron de Tamerville. Curieusement ce récit est complétement farfelu.

La description de l'arrestation du bonhomme en juillet 1794 et de sa décapitation à Paris dans la foulée tirerait des larmes au plus insensible des républicains contemporains.

Las, quand on lit le registre des décès de 1790[22], on y découvre que le marquis en question est mort dans son lit à Tamerville « muni des sacrements », et qu'il est paisiblement enterré dans le cimetière paroissial.

D'ailleurs, de marquis il n'avait que le surnom. et ça c'est le Dictionnaire de la noblesse[23] qui nous le dit.

En fait, s'il y a bien un d'Anneville guillotiné, il s'agit de François Henri, déjà cité, fils du marquis.

La même année 1790 voit élire le premier maire de la commune : Jean François Mouchel (dit: Les Longchamps)

En 1794, le château abrite un « hôpital militaire ambulant »[24]

Vers 1803, c'est le duc de Plaisance, digne représentant de la nouvelle classe dominante, qui se porte acquéreur du domaine de Chiffrevast.

Premier empire

Révolution des armées européennes, artillerie moderne, conscription de masse… Tamerville[25] n'échappe pas à la boucherie, et ce sont 14 jeunes hommes qu'on retrouve décimés aux quatre coins de l'Europe, tous décédés « des suites de fièvres »… Il faut croire qu'ailleurs les moustiques sont plus dangereux que l'artillerie de campagne…

Les actes de décès sont rédigés par des commissaires des guerres chargés de la police de l'hôpital militaire, et consciencieusement recopiés par le maire dans le registre d'état civil.

La carte où l'on peut situer leurs décès[26] laisse pantois : Belgique, Italie, Espagne, Prusse.

De Tamerville à Königsberg à pied, toute cette route pour mourir d'une simple fièvre…

La pratique du « tour »

La liste tragique des enfants trouvés à Tamerville montre une augmentation catastrophique du nombre d'entre eux à partir de l'année 1800. En effet, depuis le plus ancien registre connu (1624) jusqu'à 1799, on ne comte que 7 mentions d'enfants trouvés sur une période de 175 ans (en moyenne, un tous les 25 ans).

Brutalement, sur le premier quart du XIXe siècle (1800-1824) on mentionne 27 enfants trouvés à Tamerville : plus d'un par an.

Ce qui révulse, c'est que sur ce nombre :

  • 22 ne survivent pas à leur premier anniversaire
  • 3 ne passent pas les cinq ans.
  • 2 seulement semblent se tirer d'affaire.

Les deux survivants sont les deux seuls qui ont été « trouvés » sur le territoire de la commune.

Tous les autres ont été « abandonnés » à l'hospice de Valognes. Puis ils sont placés par l'institution chez des nourrices, en l’occurrence à Tamerville.

À cette époque, l'hospice de Valognes a un « tour ». Le « tour » est un dispositif ménagé dans l'enceinte des hospices permettant d'y déposer anonymement l'enfant qu'on abandonne. Leur origine reste mal connue[27]. Si leur généralisation commence au XVIIIe siècle, ils sont imposés aux hospices par le décret impérial du 19 janvier 1811.

Ce décret impose un vocabulaire dédié : « enfants trouvés » quand les parents sont inconnus, « enfants abandonnés » dans le cas contraire. Les hospices s'occupent également des orphelins : « ceux qui n'ayant ni père ni mère n'ont aucun moyens d'existence ». Il prévoit au final, après la mise en nourrice puis la mise en pension (à partir de six ans, avec une pension dégressive jusqu'à douze ans), de mettre « les enfants mâles en état de servir à la disposition du ministre de la marine ». Hardis moussaillons.

Cette révolution conceptuelle ne se fait pas sans conséquences économiques. On trouve localement les traces de débats houleux sur la gestion des hospices, le placement des enfants, le montant des pensions, et la suppression des tours au profit de « bureaux d'admission »[28].

Évidemment les âmes bien pensantes du moment attribuent le phénomène à une dégradation des mœurs due à la révolution et ses suites. On peut aujourd'hui constater que la France est restée un pays catholique, même après 1789. Et que ce qui fait pratiquer le « tour », n'est pas tant cette prétendue perte de valeurs que la diminution drastique des infanticides cachés dans le fond du jardin, incroyablement courants auparavant.

1812-1832 Le couvent de Marie Madeleine Postel (sainte)

Portrait de Marie Madeleine Postel en l'église Notre-Dame d'Alleaume.

La Congrégation des sœurs des Écoles chrétiennes de la Miséricorde a été fondée en 1807 par Marie-Madeleine Postel. Cet ordre a successivement occupé des locaux à Octeville-l'Avenel, Valognes, Tamerville, avant de s'établir définitivement en 1832 à Saint-Sauveur-le-Vicomte.

Si la congrégation est supposée compter une quinzaine de sœurs en 1832, sur la période 1812 à 1832, ce ne sont pas moins de 10 religieuses (plutôt jeunes) qui sont décédées à Tamerville. C'est bien évidemment la conséquence logique des règles de vies draconiennes (et manifestement très mauvaises pour la santé) qu'elles se sont imposées.

La sainte y perdra d'ailleurs sa sœur : Jeanne Charlotte Postel, qui décède au couvent le 5 décembre 1829, sans qu'on puisse déterminer si elle y est de passage ou bien dans les ordres.

La congrégation est installée dans les bâtiments du premier couvent cité plus haut.

Vers 1840, c'est Napoléon Daru, futur député de la Manche et éphémère ministre de Napoléon III, qui hérite des terres et du château de Chiffrevast. Un certain Jean Mouchel y est fermier, qui sera nommé maire de Tamerville en septembre 1848. Le parallèle entre les seigneurs et patrons, qui nommaient les curés de la paroisse, et Daru qui fait nommer son fermier à la mairie est remarquable…

Dans la nuit du 3 au 4 août de la même année 1840, une ferme est incendiée sur le territoire de la commune par un « météore igné[29] » observé par plusieurs témoins.

Second empire

Jean Louis Le Roux, grenadier natif de Tamerville, meurt le 14 juillet 1859 de typhoïde à l'hôpital militaire provisoire de Milan[30]. Nous sommes en pleine campagne d'Italie. Il aurait contracté le virus le 24 juin à Solferino, qu'on n'en serait pas plus étonné que ça. Éventuellement accompagné d'une livre de plomb sorti d'un fusil à canon rayé, merveilleuse invention de l'époque

Le 11 juin 1860, Jean Baptiste Blestel[31] décède chez lui, « à la maison d'école ». Il est le premier instituteur connu en tant que tel à Tamerville, et ce depuis au plus tard 1826. Il est très souvent témoin dans les actes d'état civil.

Jean Jacques François Dussaux, maire de Tamerville, tient à saluer le personnage :

« [il] est décédé en son domicile, à la maison d'école, dans la quarante cinquième année de pénibles fonctions d’instituteur, remplies dignement dans sa commune natale »

Salut l'artiste…

Le 3 avril 1866 Marie Touzard, décède à 13 ans, «pensionnaire au Couvent de Tamerville»[32]. Elle est effectivement orpheline, et native d'Orglandes. Il s'agit probablement de la première mention relative à ce qu'on appellera plus tard : «l'Orphelinat Saint-Michel» qui cessera son activité en 1971. C'est donc la troisième institution à s'installer dans les bâtiments du Couvent. Il semble que « l'Amicale des anciens de l'orphelinat Saint Michel de Tamerville » soit toujours une association active[33].

L'année de la variole

Nombre de décès par années à Tamerville entre 1850 et 1876.
51 décès en 1871 pour une moyenne d'un peu moins de 25 sur la période entière (ligne bleue).

En 1871, non seulement on meurt beaucoup à Tamerville[34], mais surtout on meurt à n'importe quel âge : nourrissons, enfants, adolescents, adultes et vieillards passent l'arme à gauche sans faire de différence. Pire les « hécatombes familiales » sont de retour : fratries décimées avec leurs parents, en l'espace de quelques jours. Ce qu'on n'observait plus depuis l'ancien régime.

Autre indice, on ne meurt pas autour de quatre heures du matin (comme souvent), mais n'importe quand dans la journée…

La raison nous est probablement donnée dans l'acte de décès de Pierre Auguste Bienaimé Bertaux[35].

Quoique le malheureux soit allé mourir soldat à Angoulême, l'acte donne une information importante : la variole.

Une brève recherche permet d'étayer l'hypothèse qu'on meurt massivement de cette maladie, précisément cette année là, à Tamerville. Un article des «Annales de Normandie» nous renseigne dès son titre : « Une catastrophe démographique : la variole en Basse-Normandie.1870-1871[36] ».

Cette surmortalité est un effet secondaire de la guerre, qui a aidé à propager l'épidémie par les mouvements de troupe massifs.

Tamerville n'a manifestement pas fait exception.

La laiterie

Fin XIXe, Eugène Bretel se porte acquéreur du château, et rachète ou créée la laiterie située au lieu-dit le Pont de l'Arche, à proximité du moulin de Chiffrevast.

La gare

Vers 1890 la gare de Tamerville-Huberville est aménagée sur la ligne Valognes-Barfleur.

Vingtième siècle

Le monument aux morts.

Ce sont 38 Tamervillais qui décèdent durant la Première Guerre mondiale, c'est du moins ce que nous apprend le monument aux morts [37]

En 1929, pour la création de la commune nouvelle de Saint-Joseph (avec Brix, Négreville et Valognes), la commune de Tamerville cède un territoire d'environ 100 hectares, situé dans sa partie la plus occidentale, peuplé de 18 habitants[38].

Dès le 9 juin 1944 [39], ou le 20 du même mois [40] suivant les sources, l'armée américaine installe un centre de communication dans les sous-sols du château, qui avait auparavant abrité un état major de l'armée allemande.

Quatre avions de l’USAF, s'écrasent sur le territoire de la commune. Une stèle commémorative apposée sur le mur du cimetière rend hommage à leurs occupants [41].

La Seconde Guerre mondiale, voit neuf Tamervillais disparaitre[37], et celle d'Indochine encore deux.

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793.
À partir du 21e siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[42]. En 2018, la commune comptait 669 habitants.

           Évolution de la population depuis 1793  [modifier] (Sources : Cassini [43] et INSEE [44])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
1 264 1 255 1 401 1 224 1 363 1 294 1 328 1 262 1 181 1 058
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 026 1 039 991 992 919 882 836 774 731 722
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
696 636 663 680 680 657 665 564 530 478
1982 1990 1999 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
479 553 577 573 580 578 600 622 644 661
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 - - -
669 663 658 652 652 659 669
Notes : De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Sources :
Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[45] puis INSEE à partir de 2004.


Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

Circonscriptions administratives depuis la Révolution

Les maires

Liste des maires depuis 1903
Période Identité Parti Qualité Observations
1903-1953 Léon Jaunet
1953-1977 Charles Thibert agriculteur
1977-1989 Léon Dorange agriculteur réside à Malherbe
1989-1995 Louis Viel
1995-2014 Janine Mouchel-Cadet agricultrice réside à La Saint-Yverie
2014-actuel Jean-Pierre Berteaux agriculteur
Source : liste établie par Jean Pouëssel, Charly Guilmard et Séverine James pour 601 communes et lieux de vie de la Manche, éd. Eurocibles, 2014, p. 640.


Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour envoyer un mail et signaler une erreur cliquez ici)
Lundi - -
La mairie (2018)

La mairie (2018)

Adresse : 28, route de l'Église
50700 Tamerville

Tél./Fax : 02 33 40 14 37
Courriel : Contacter la mairie
Site internet : Pas de site officiel
Commentaire : site web en cours de refonte
Source : Annuaire Service-Public (10 octobre 2020)

Mardi 10 h - 12 h -
Mercredi - -
Jeudi - -
Vendredi - -
Samedi 9 h - 12 h -


Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Lieux et monuments

Personnalités liées à la commune

Naissances

Décès

Autres

  • Charles-François Lebrun (1739-1824), a possédé le château de Chiffrevast.
  • Napoléon Daru (1807-1890), a possédé le château de Chiffrevast
  • Eugène Bretel (1842-1933), a possédé le château de Chiffrevast.
  • Marie-Madeleine Postel a installé son établissement religieux dans l'ancien couvent des Filles de la Charité (1811-1813), ensuite, après être allée à Valognes, au hamel au Bon - maintenant chemin Marie-Madeleine Postel - (1814-1816), puis dans l'école primaire de filles de la commune (1816-1832).

Éducation

Économie

Anciens établissements économiques

Tamerville a compté au moins trois, peut-être quatre moulins, dont un au moins était un moulin foulon :

  • Le Moulin de Chiffrevast au lieu dit L'Arche, ou Pont de l'Arche.
  • Le Moulin de Canteraine, au lieu dit Canteraine.
  • Le Moulin de la Ramée.

Rappelons aussi :

Établissements actuels

  • Élevage des Hougues : chevaux.

Sports

  • Cyclisme : Cyclo-cross de Tamerville, organisé par l'UC Bricquebec

Article connexe

Bibliographie

  • Philippe Wiel, « Une grosse paroisse du Cotentin aux XVIIe et XVIIIe siècles : Tamerville (démographie, société, mentalité) », Annales de démographie historique, 1969
  • « Du nouveau sur les transformations de Chiffrevast au XVIIIe siècle », supplément ronéotypé de la Revue de la Manche, janvier 1991

Notes et références

  1. Jean-Louis Adam, « Valognes », Cherbourg et le Cotentin, Impr. Émile Le Maout, Cherbourg, 1905, p. 592.
  2. Les collections gallo-romaines du muséum de Cherbourg, (.pdf) Catalogue de 79 pages, Page 68.
  3. Dictionnaire de la noblesse : contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France. Tome 1 / par de La Chenaye-Desbois et Badier page 581
  4. Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg Lepoitevin, éditeur à Cherbourg - 1875 - Page 391.
  5. Il s'agirait plutôt de l'actuel lieu-dit « Château de Barnavast », à Brix, et pas du Bois de Barnavast à Teurthéville-Bocage
  6. Dictionnaire de la noblesse page 585 page 579
  7. Dictionnaire de la noblesse page 585.
  8. Dictionnaire de la noblesse page 585.
  9. Hervé Danneville dans Rodovid.
  10. Saugrain, Claude-Marin, Dictionnaire universel de la France ancienne et moderne... - Tome 3, Paris, 1726 (lire en ligne)
  11. Archives de la Manche ­— (BMS) Tamerville 1738 1760 (E6) — Vue : 215GaucheBas.jpg
  12. Archives de la Manche ­— (BMS) Tamerville 1761 1772 (E7) — Vue : 233GaucheHaut.jpg
  13. Journal encyclopédique ou Universel Volume 3, Partie 1.
  14. Mercure historique et politique chez Frederic Staatman, 1756
  15. Pour toute cette période de l'essartage de la forêt de Brix sur la paroisse de Tamerville, on pourra consulter le relevé des registres paroissiaux riche d'enseignements sur le wiki Rodovid, à cette page Ventier au Mont Epinguet (Tamerville)
  16. Wiktionaire
  17. Voir : la définition de «triage» sur le site du CNTRL
  18. Une Bijude est un terme de patois désignant une cabane. Voir Contes populaires, préjugés, patois, proverbes, noms de lieux, de l'arrondissement de Bayeux etc. Frédéric Pluquet, 1834
  19. Mémoires de l'Académie nationale des sciences, arts et belles-lettres de Caen, 1906 Gallica
  20. Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 15 / publié par F.-A. Aulard,... p 151.
  21. Souvenirs thermidoriens. par Georges Duval, page 137
  22. Archives de la Manche ­— (BMS) Tamerville 1783-1792 (E9) — Vue : 207GaucheBas.jpg
  23. Dictionnaire de la noblesse page 589
  24. Archives de la Manche ­— (NMD) Tamerville 1793 1797 (3E 588/1) — Vue : 138GaucheBas.jpg
  25. Voir les sources, soldat par soldat, dans cette Catégorie]
  26. Voir la carte des décès de soldats du premier empire natifs de Tamerville
  27. Isabelle Le Boulanger, « L’abandon d’enfants », Presses universitaires de Rennes, 2011, www.pur-editions.fr
  28. Voir, par exemple : Annuaire du Département de la Manche, Volume 16 pages 117 et suivantes
  29. Astronomie populaire : oeuvre posthume. Tome 4 / par François Arago,... ; publiée d'après son ordre sous la direction de M. J.-A. Barral, page 227
  30. Archives de la Manche ­— (NMD) Tamerville 1853 1862 (3E 588/12) — Vue : 396DroiteBas.jpg
  31. Archives de la Manche ­— (NMD) Tamerville 1853 1862 (3E 588/12) — Vue : 321GaucheBas.jpg
  32. Archives de la Manche ­— (NMD) Tamerville 1863 1872 (3E 588/13) — Vue : 150DroiteHaut.jpg
  33. Voir cette page, consacrée à l'amicale.
  34. La courbe jointe est bâtie très simplement en relevant les décès dans l'état civil mis en ligne par les archives départementales.
  35. Archives de la Manche ­— (NMD) Tamerville 1863 1872 (3E 588/13) — Vue : 310GaucheBas.jpg
  36. Désert Gabriel. Une catastrophe démographique : la variole en Basse-Normandie.1870-1871. In: Hors-série des Annales de Normandie. Recueil d'études offert en hommage au doyen Michel de Boüard - Volume I. 1982. pp. 191-211.
  37. 37,0 et 37,1 Relevé sur Mémorial Gen Web
  38. Impressions : projets, propositions, rapports… / Sénat (Lire en ligne)
  39. Fond photographique aux archives départementales
  40. « Château de Chiffrevast : luxe au cœur du bocage », Ouest-France, 25 mai 2019 (voir en ligne)
  41. « Tamerville, Monuments et vestiges, la Libération », 1944 la bataille de Normandie, la mémoire, site internet (voir en ligne)
  42. Au début du 21e siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  43. Population avant le recensement de 1962.
  44. INSEE : Population depuis le recensement de 1962.
  45. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.

Lien externe