Montaigu-la-Brisette

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Montaigu-la-Brisette est une commune du département de la Manche.

Commune de Montaigu-la-Brisette Coordonnées géographiques de la mairie Logo-Mairie.png
49° 33' 53.86" N, 1° 25' 12.62" W (OSM)
Arrondissement Cherbourg-Octeville
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Canton Valognes
Ancien canton Valognes
Intercommunalité CA du Cotentin
Gentilé Montaiguais(es)
Population 511 hab. (2015)
Superficie 14,71 km²
Densité 35 hab./km2
Altitude 37 m (mini) - 131 m (maxi)
Code postal 50700
N° INSEE 50335
Maire Alain Dufour

Map commune FR insee code 50335.png


Géographie

La commune se partage entre les bassins versants de la Saire (quart nord) et de la Sinope (sud). Le Querbot, affluent de la Saire, et la Sinope quittent la commune à une altitude inférieure à 40 m. Ces rivières sont séparées par des vallonnements atteignant 127 m d'altitude. Le site de l'église, à 131 m d'altitude, découpe particulièrement sur l'environnement car il est presque encerclé par la Sinope et un de ses affluents (Canteraine-Franqueterre) venant de Tamerville. Le paysage est bocager, avec des bois résiduels sur les parties hautes. De l'église, la vue s'étend en mer jusqu'à Port-en-Bessin (Calvados) et aux buttes de Doville et d'Étenclin.

Flore

La flore sauvage comporte certaines originalités.

Les merisiers (Prunus avium) sont endémiques sur les haies du bocage. Leurs fruits, rouges ou noirs, acidulés ou sucrés, ont fait – avec les pommes à cidre – la réputation du terroir de Montaigu-la-Brisette près de la population cherbourgeoise. Autrefois, un artisanat du kirsch s’était développé, notamment au village de la Rue.

D’autres plantes des haies et des champs, sans intérêt économique, offrent certaines particularités anatomiques. Ainsi, la primevère commune (Primula vulgaris), qui est ordinairement jaune, présente presque partout des spécimens blancs, roses ou rouges. La cardamine des prés (Cardamine pratensis), appelée localement « pentecôte », existe sous une forme à fleurs doubles. La petite centaurée (Centaurium erythrœa), normalement rose, est aussi présente sous une forme à fleurs blanches.

Étymologie

Le nom Montaigu correspond au sens des attestations anciennes de Mons Acutus et provient de la position élévée du site de l'église, avec vue sur la baie de Saint-Vaast.

Pour la Brisette, deux origines sont proposées. Dans une hypothèse, elle proviendrait de terres brisées, donc défrichées pour la mise en culture. Dans l'autre, de la pratique des guides qui faisaient traverser la forêt et se repéraient en brisant des branchages sur leur itinéraire (brisetiers). Pour traverser la forêt de Montaigu, qui était alors très étendue, Gilles de Gouberville, après s'être égaré en allant à Montaigu [1], lors d'une chevauchée du Mesnil-au-Val vers Lestre (une façon de rejoindre le passage des Veys) a recours à un guide qui convoyait les voyageurs jusqu'à Bidros à Octeville-l'Avenel[2]. En sens inverse, il demandait un guide jusqu'à l'hôtel Postayre au Theil[3] pour rentrer de Teurthéville-Bocage. Ces portes de la forêt sont éloignées de 10 km à vol d'oiseau.

Histoire

L'ancien fief de la Brisette a donné l'affixe ajouté au nom de la paroisse vers 1650, mais repris officiellement par la commune seulement en 1956 (avant 1650, on écrivait Montaigu au Boscage). Toutefois le domaine actuel de la Brisette se trouve partagé entre Montaigu, qui comprend l'essentiel du bois de la Brisette, et la commune de Saint-Germain-de-Tournebut, où se trouve notamment le château (construit sur le site de ce qui s'appelait antérieurement la Cour de Montaigu).

Période romaine

Gerville avait fait un relevé d’une zone de Montaigu parsemée de restes de tuiles, où la découverte de monnaies romaines avait été signalée. Des fouilles menées sur plusieurs campagnes depuis 1999, précisent maintenant les caractéristiques de l’agglomération gallo-romaine du hameau Dorey.

C’était une agglomération secondaire liée à Alauna (dont elle était distante de 10 km), datant des Ier au IIIe siècles. Le bâti utilisait la brique et la tuile, la maçonnerie à la chaux et la pierre calcaire, tous éléments représentatifs de l’apport technique romain. La bourgade, qui s’étendait sur 15 ha, comportait un périmètre cultuel de 7000 m2, avec un sanctuaire composite de dates échelonnées, sur une hauteur et une zone d’habitat et d’activités centrée sur le ruisseau de la fontaine aux Praëls (ruisseau tributaire de la Saire). La partie résidentielle incluait des thermes publics de 750 m2 d’emprise. Le cours d’eau était aménagé de canaux, d’un moulin. Les restes de fours à briques et tuiles ainsi que de 2 fours à chaux sont identifiés. L’ensemble disposait d’un réseau de voirie important sur 6 axes dont le principal de 10 m de large, revêtu de galets et de fragments de tuiles. La céramique domestique trouvée sur place permet de dater l’occupation et de caractériser le mode de vie, mais elle était fabriquée ailleurs. Aucun outillage agricole ne subsiste sur le site. Les investigations vont être poursuivies.

Les seigneurs de Montaigu

Possédée au XIe siècle par les barons de La Haye-du-Puits, la paroisse de Montaigu fut échangée, au commencement du XIIe siècle, contre un fief que les Camprond, seigneurs du Lorey, possédaient au Lancashire, depuis la Conquête.

Henri d'Anneville, fils de Guillaume d'Anneville et d'une demoiselle de Camprond (fille d'Adrien, seigneur du Lorey), était seigneur de Montaigu en 1248. Des d'Anneville furent seigneurs de Montaigu jusqu'en 1550 environ. Ils portaient d’argent semé d’hermines à la fasce de gueule.

La seigneurie est ensuite passée à une famille Le Jay par le mariage vers 1550 de l’héritière des d’Anneville, Marie avec Guillaume Le Jay, seigneur de Cartot (à Rauville-la-Place).

Ensuite c’est une famille Basan qui devint titulaire de la seigneurie de Montaigu au Boscage par le mariage de Jeanne Le Jay, héritière de Montaigu, avec Guillaume Basan, sieur de Querqueville (né à Valognes en 1607) vers 1632. Son frère Jean Le Jay était décédé en 1620 sans héritier direct.

La seigneurie passa ensuite aux Gigault de Bellefonds par le mariage de Jeanne Basan (fille de Guillaume susnommé) avec Jacques Gigault, seigneur de Bellefonds et de Hainneville, en 1661. Pierre Basan, frère aîné de Jeanne, sans héritier direct, fut seigneur de Montaigu jusqu’à son décès en 1715.

Démographie et histoire (1572-1615)

Reconstitution sur un site externe *Montaigu-la-Brisette 1572-1615 de l’histoire des familles à partir de l’ensemble des informations des registres paroissiaux[4].

En parcourant cette documentation, on obtient beaucoup d’éléments sur cette société rurale sous les règnes d’Henri III et d’Henri IV.

  • Le prénom est toujours unique à cette époque. Des prénoms, en plus des Marie, Jean, Jeanne et Pierre, sont bibliques (Abraham, Aharon, Isaac, Jacob), fleurent le Molière ou le vieux calendrier (Arnulphe, Théobald, Nicodème), ou cotentinois (Floxel, Marcouf) et on rencontre aussi de beaux prénoms, maintenant inusités ou revenus en grâce (Mondine, Pétronille, Géraldine, Aliénor, Hiéronime, Orphée). Ce prénom est celui du parrain le plus souvent, celui d’un grand-parent et l’on reprend celui du frère qui est décédé. On inscrit parfois les nouveaux-nés sous des diminutifs spécifiques qui leur restent attachés (Nicolas, Colas, Colin).
  • Beaucoup de patronymes sont alors signifiants, avant certaines évolutions privatives de sens (Lepraël, Lescrouel, Sourdine) et en tout cas chronologiquement proches de leur création.
  • La place des notables comme parrains, témoins et parfois pères d’enfants naturels, est importante. Ces personnes sont en partie résidentes à Montaigu, mais surtout à Valognes. On fait un étalage de leurs nom, souvent à particule, titres et qualités : le registre, si souvent laconique, devient Bottin mondain. Le parrainage par notable hors famille semble souvent recherché, sinon les normes sont classiques (oncle et tante, notamment par alliance, grand-parent, frère et sœur).
  • Les professions sont seulement indiquées pour les prêtres (curé, vicaire, chapelain, recteur), qui sont nombreux, les hommes de loi (avocat, tabellion, greffier, procureur), les fonctionnaires (des Eaux et Forêts, de police), les hommes d’armes, quelques artisans (charpentier, maréchal) et un industriel (verrier). Pour la majorité, il n’est pas mentionné de profession: il s’agit donc des cultivateurs (riches et pauvres), des journaliers, ouvriers agricoles et domestiques, de la plupart des artisans (on n’identifie donc qu’indirectement les Legendre qui « raccoutraient » les charrues de Gilles de Gouberville).
  • Les contagions sont terribles, notamment en 1582 et surtout la peste de 1592 (178 inhumations mentionnées en moins de deux ans, des familles disparaissent en quelques jours, le mari et la femme à un ou deux jours d’intervalle). La mort en couches ou dans les jours qui suivent est le sort final de beaucoup de femmes (naissance de l’enfant, suivie de la mort de la mère et souvent suivies de la mort de l’enfant est un triptyque classique du registre paroissial). On note un homicide et des morts suspectes où la police a enquêté. Les sépultures se font en majorité dans l’église (60%) où les familles avaient leur coin. On enterrait à l’extérieur les enfants et les familles ayant peu d’ancienneté dans la paroisse.
  • Les alliances permettent de distinguer des strates sociales de familles dans lesquelles se réalisent les unions. On note la faible fréquence des conjoints de paroisses différentes ; cependant il n’y a pas de mariages consanguins car aucune dispense n’est intervenue bien que le 8e degré canon soit sévère. Les remariages (parfois multiples, à bref délai pour les pères de jeunes enfants) peuvent s’analyser en termes d’âge des conjoints et on constate que rien n’est nouveau dans notre siècle (sauf que l’origine était toujours le veuvage).
  • Il n’est fait référence à aucune trace de protestantisme (abjurations, etc.), ni aux guerres de religion (ligueurs, etc.) pendant cette période. Le latin était la langue de ces registres (tenus par des vicaires), jusqu’à 1604. Il n’y a malheureusement aucune indication de hameau de résidence.
  • La base de données fournit des statistiques démographiques (mais beaucoup sont biaisées par le manque d’exhaustivité des actes). L’âge au premier mariage des hommes et des femmes, l’âge au décès des adultes, le taux de célibat semblent fiables (la longévité moyenne est de 42 ans, avec réserves). Les naissances sont sur-représentées en janvier-avril avec 45.76%, pour un tiers de l’année.

Tremblement de terre de 1889

Le soir de l'Ascension 1889 "un tremblement de terre ébranla et lézarda les vieux murs de la nef de l'église. Une partie notable avait été construite avec de petites pierres et dans l'appareil appelé arête de poisson. La charpente, surchargée de très grosses pierres de Tourlaville, céda et les murs s'écartèrent, surtout celui du nord qui ne comportait pas de conterforts."[5]

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793.
À partir du 21e siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[6]. En 2015, la commune comptait 511 habitants.

           Évolution de la population depuis 1793  [modifier] (Sources : Cassini [7] et INSEE [8])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
1 080 1 180 1 187 1 105 1 108 1 164 1 142 1 071 1 001 935
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
906 891 821 859 770 785 758 703 640 647
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
615 602 592 569 539 556 559 472 420 395
1982 1990 1999 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
401 407 428 466 468 471 482 494 506 509
2012 2013 2014 2015 2017 2018 2019 2020 2021 2022
504 507 509 511
Notes : De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Sources :
Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis INSEE à partir de 2004.



Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

  • Bailliage : Alençon.
  • Vicomté : Alençon en Cotentin, avec Montaigu-la-Brisette chef-fief et Valognes siège du tribunal vicomtal.
  • Fief : Montaigu.

Montaigu-la-Brisette était chef-fief de la vicomté d'Alençon en Cotentin, au moins jusqu'en 1690 et probablement jusqu'à la suppression des vicomtés en Normandie par un édit de Louis XV en avril 1749. Cette vicomté appartenait au bailliage royal d'Alençon et était enclavée dans le bailliage de Valognes.

Circonscriptions administratives depuis la Révolution

Les maires

Liste des maires depuis 1947
Période Identité Parti Qualité Observations
1947-1959 Albert Lepoitevin-Descourcières agriculteur né en 1883 à Montaigu-la-Brisette
domicilié village de La Rue
1959-1989 Henri Picquenot agriculteur né en 1908 à Négreville
domicilié village Fleury
1989-2001 André Lepoitevin-Descourcières agriculteur né à Montaigu-la-Brisette
domicilié village de La Rue
2001-2014 Alain Dufour DVD retraité, notaire assistant né à Montaigu-la-Brisette
domicilié village de L’Eglise
2014-actuel Dominique Godan SE fonctionnaire
Sources :liste établie par Jean Pouëssel et Charly Guilmard pour 601 communes et lieux de vie de la Manche. [10]
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Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour signaler une erreur cliquez ici)
Lundi - -
La mairie (2018)

La mairie (2018)

Adresse : La Bonne Vierge
50700 Montaigu-la-Brisette

Tél./Fax : 02 33 40 18 18

Courriel : Contacter la mairie

Site internet : Officiel

Commentaire :

Source : Site web de la communauté de communes (14 mai 2012)

Mardi - 14 h - 17 h
Mercredi - -
Jeudi - -
Vendredi - -
Samedi 9 h - 12 h -



Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Lieux et monuments

L'église Saint-Martin.
  • Église (13e / 15e / 18e) y compris l' ossuaire, le calvaire et la fontaine inscrits à l'Inventaire des monuments historiques (IMH), avec portail
  • Enclos paroissial, inscrit à l'IMH, avec cimetière bordé de hêtres et ossuaire carré (14e)
  • Chapelle Sainte-Anne (13e / 16e)
  • Oratoire Notre-Dame-de-Lourdes (dite Vierge Mesnage)
  • Oratoire de la Vierge de l'école
  • Monuments mégalithiques
  • Agglomération gallo-romaine du hameau Dorey (1er au 3e siècles), sur le ruisseau de la fontaine aux Praëls (fouilles)
  • Vestiges d'un camp romain
  • Deux anciens moulins à eau (de Bardet, Fleury), emplacement du troisième (à tan).
  • Bois de Barnavast
  • Bois de la Roquette
  • Bois de la Brisette
  • Vallon de la Sinope
  • Ruines du manoir du Briset
  • Ruines du manoir de la Tourelle
  • Ancien presbytère
  • Fontaines
  • Nombreuses sources
  • Calvaires
  • Parc animalier Saint-Martin

Personnalités liées à la commune

Naissance

Bibliographie

Livres
  • Gustave Boudet, Les Principales familles et histoire de Montaigu-la-Brisette, manuscrit, AD, 1914
  • Gaspard Brey, Un petit village dans la grande forêt... Hier... Aujourd'hui... Montaigu-la-Brisette, Imprimerie commerciale Cherbourg, 1976
Articles
  • Érik Groult, « Montaigu-la-Brisette », Patrimoine normand, n° 18, décembre 1997-janvier 1998, pp. 6-11.
  • Laurent Paez-Laurence Jeanne, « Montaigu-la-Brisette : première campagne de sondages archéologiques », Revue du département de la Manche, n° 184, 2004
  • Duclos, « L'agglomération secondaire de Montaigu-la-Brisette », Revue du département de la Manche, n° 190, 2005
  • Laurence Jeanne, « Le hameau Gréard : quatre siècles d'occupation rurale en marge de la ville romaine », Revue du département de la Manche, n° 200, avril 2008

Notes et références

  1. 15 octobre 1554
  2. le 20 janvier 1556
  3. 23 décembre 1555
  4. Ces registres sont riches de parrains et témoins, cependant avant 1600, les mariages sont absents, la mère n’est pas mentionnée au baptême et, pour les autres actes, la femme mariée est identifiée seulement par son prénom. De plus, certaines années ne figurent pas aux registres et il est évident qu'un grand nombre de cérémonies n’ont pas été transcrites.. Les données présentées sont établies sur la base du dépouillement des registres réalisé par le Cercle généalogique de la Manche (1572-1792). Les données connues, hors paroisse, ont été intégrées.
  5. Notes de l'abbé Morisset, curé de Montaigu
  6. Au début du 21e siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  7. Population avant le recensement de 1962.
  8. INSEE : Population depuis le recensement de 1962.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. 10,0 et 10,1 « 601 communes et lieux de vie de la Manche », René Gautier et 54 correspondants, éd. Eurocibles, 2014, p. 302