Barfleur

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Barfleur est une commune du département de la Manche.

  • Prononciation dialectale. — API : [bar'fjø]; transcription francisée : bar-fyeu. — Les habitants sont appelés les [barfjo:'té:], bar-fyô-té.


Barfleur.png Blason de la commune de Barfleur Coordonnées géographiques de la mairie Logo-Mairie.png
49° 40' 9.11" N, 1° 15' 58.79" W (OSM)
Arrondissement Cherbourg-Octeville
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Canton Val-de-Saire
Ancien canton Quettehou
Intercommunalité CA du Cotentin
Gentilé Barfleurais(es)
Population 579 hab. (2015)
Superficie 0,6 km²
Densité 965 hab./km2
Altitude 0 m (mini) - 8 m (maxi)
Code postal 50760
N° INSEE 50030
Maire Michel Mauger

Le port de Barfleur
Le port de Barfleur


Étymologie

Voir l'article détaillé Barfleur (étymologie).
Barfleur vu d'avion.

Géographie

Barfleur est situé à l'extrémité orientale de la presqu'île de Cotentin, sur le bord de la Manche.

C'est, en superficie - avec 60 hectares - la plus petite commune de la Manche. Petit port du Val de Saire, Barfleur est inscrit parmi les « plus beaux villages de France[1] ».

Histoire

La cité a été longtemps le premier port du Cotentin. Édouard le Confesseur y équipe 40 navires en 1042 pour reconquérir, vainement, la couronne d'Angleterre[2]. Guillaume le Conquérant et de nombreux barons normands y embarquent pour la bataille d'Hastings en 1066. Le duc de Normandie embarque sur Le Mora, bateau construit à Barfleur [3]. Guillaume le Roux, successeur du Conquérant, débarque à Barfleur en allant secourir le Mans, et revient en Angleterre par la même route. Henri Ier débarque au même lieu avec une flotte, en 1105[2].

Le 25 novembre 1120, le naufrage de La Blanche-Nef sur le rocher de Quillebœuf coûte la vie à de nombreux nobles anglo-normands, dont le fils de roi Henri Ier[2].

C'est encore de Barfleur qu'en 1194 s'embarque Richard Cœur de Lion, pour aller se faire couronner roi d'Angleterre. Puis, avec la domination française de la Normandie, les relations outre-Manche, et le port perd son importance au profit de Cherbourg, privilégié par les souverains français[2].

Barfleur est fortifiée au 13e siècle[2]. En juillet 1346, la ville est incendiée par la soldatesque d'Édouard III, roi d'Angleterre, débarquée à la Hougue[4]. La population est décimée par la peste noire qui sévit en Europe[5]. Barfleur est à nouveau pillé par les Anglais en 1405[2].

En 1549, Barfleur connaît une épidémie de peste. C'est du moins ce que l'on peut déduire d'une note du journal de Gilles Picot, sieur de Gouberville, en date du dimanche 12 mai 1549 : « […] apprès soupper le sieur de Castille, Thomas Drouet, nous allasmes pourmener vers la maison Auvré, nous trouvasmes missire Jacques et missire Jehan, qui nous monstrèrent leurs pépinières et leurs jardins, missire Jacques me demanda congé de loger au presbitaire la femme de Jacques Cleret qui s'en estoyt fuye de Barfleu pour la peste. » [6].

Les fortifications sont démolies à la fin du 16e siècle suite à un ordre d'Henri IV au maréchal de Matignon[2].

En 1692 a lieu la bataille de Barfleur.

En 1804, la commune de Montfarville est réunie à Barfleur et, en 1831, elle reprend son indépendance.

En 1865, c'est à Barfleur qu'est construite la première station de sauvetage sur le modèle des stations anglaises ; cette décision s'explique par le danger que représente la pointe de Barfleur.

En 1944, Barfleur est libérée quinze jours après le Débarquement, le 21 juin. Le port sert aux Alliés pour le ravitaillement des troupes.

Héraldique

De gueules au bar d'argent en pal surmonté d'une fleur de lys d'or.

Démographie

Sous l'Ancien régime

Sous l'Ancien régime, le dénombrement des populations se fait généralement par feux, c'est-à-dire par foyers. Le nombre de personnes habitant sous un même toit variant beaucoup suivant celui d'ascendants et d'enfants [7], ces données sont donc relatives, mais donnent néanmoins une idée de l'évolution démographique.

Depuis la Révolution

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793.
À partir du 21e siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[10]. En 2015, la commune comptait 579 habitants.

           Évolution de la population depuis 1793  [modifier] (Sources : Cassini [11] et INSEE [12])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
896 899 2 553 2 674 2 675 1 158 1 185 1 195 1 271 1 279
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 304 1 253 1 218 1 070 1 005 1 065 1 135 1 189 1 210 1 274
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
1 238 1 116 1 100 1 069 1 065 977 907 847 837 703
1982 1990 1999 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
619 599 642 650 644 659 653 648 643 643
2012 2013 2014 2015 2017 2018 2019 2020 2021 2022
641 621 600 579
Notes : De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Sources :
Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis INSEE à partir de 2004.



Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

Circonscriptions administratives depuis la Révolution

Les maires

Liste des maires
Période Identité Parti Qualité Observations
1790-1796 Louis Baptiste Queslin médecin
1796-1800 Jacques Nicolas Cléret
1800-1813 Jean Charles François Ermisse négociant
1813-1816 Pierre François Michel Salley retraité, militaire
1816-1819 Jacques François Hébert
1819-1825 Pierre Charles Jean-Pascal chirurgien décédé en exercice le 1er mai 1825
1825-1832 Jacques Nicolas François Cléret notaire
1832-1848 Pierre François Michel Salley retraité, militaire
1848-1856 Charles François Jean-Pascal
1856-1879 Louis Victor Dalidan (1814-1893)
1879-1880 Eugène Levaufre
1880-1882 Arsène Magnen (1830-1889)
1882-1915 Jules Albert Hay (1845-1915)
1915-1919 Jules Touroul-Chevalerie (1858- )
1919-1925 Xavier Delacour
1925-1932 Auguste Lemonnier (1858-1932)
1932-1939 Paul Debonnaire (1863-1940)
1939-1943 Jules Langlois (1878-1943)
1943-1945 Louis Gosselin (1885-1952)
1945-1945 Louis Renet (1889-1945)
1946-1947 Georges Leprail (1883-1966)
1947-1959 Albert Cauchon (1890-1974)
1959-1968 Louis Debrix Commerçant (1902-1968)
1968-1975 René Leconte Commerçant (1902-1994)
1975-1983 Pierre Boisard Antiquaire (1938-2015)
1983-1989 Eugène Jaunet Avocat (1908-2005)
1989-1998 Jean Villette Ingénieur (1923-1998)
1998-2008 Jacques Houyvet Enseignant (1931- )
2008-2014 Jean Deville SE Retraité DCNS (1944- )
2014-actuel Michel Mauger SE Ingénieur d'affaires à la retraite (1952- )
Sources : Archives municipales, archives départementales.
À compléter.
Toutes les données ne sont pas encore connues.



Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour signaler une erreur cliquez ici)
Lundi 8 h - 12 h -
Mairie Barfleur.JPG

Adresse : 66 rue Saint-Thomas
50760 Barfleur

Tél. 02 33 23 43 00
Fax : 02 33 23 43 09

Courriel : Contacter la mairie

Site internet : Officiel

Commentaire :

Source : Site web de la commune (22 avril 2012)

Mardi 8 h - 12 h -
Mercredi 8 h - 12 h -
Jeudi 8 h - 12 h -
Vendredi 8 h - 12 h -
Samedi - -



Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Patronage

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Lieux et monuments

Reliquaire de sainte Julie Postel en l'Église Saint-Nicolas
  • Port de pêche, centre du village.
  • Village de maisons en granit et aux toits de lauze, dans la rue principale, notamment La Vicomté (17e/18e s.).
  • Porte Sainte-Catherine, bordée de maisons (14e et 15e s.).
  • Ancien couvent des Augustins (18e s.) : mairie.
  • Église Saint-Nicolas (17e) : remaniée, massive tour carrée (17e s.), toit de schiste vert.
  • Maison natale de Julie Postel, qui fonda la Congrégation des sœurs de la Miséricorde, où elle vécut trente ans.
  • Maison Allexandre, implantée 3, rue St Thomas Becket, siège de l'Amirauté de Barfleur et pendant la Seconde Guerre mondiale, sur réquisition, siège de l'organisation Todt en charge de la construction du mur de l'Atlantique.
  • Pointe de Barfleur.
  • Plaque souvenir à l'extrémité du port.
  • Plages : la Sambière, la Masse et la plage de l'Église.
  • Station de sauvetage.
  • Ancien colombier seigneurial.
  • Chapelle du Pavé.
  • Chapelle de la Bretonne : vitraux 19e s.

Personnalités liées à la commune

Naissances

Décès

Autres

Pêcheurs barfleurais.

Économie

Les ressources du village proviennent du port, dont les échanges avec l'Angleterre sont anciens.

Barfleur est un port de pêche vivant, notamment grâce à la production de moules de pleine mer (Blonde de Barfleur).

Transports

Lignes Manéo
  • Ligne 51 : Ligne estivale du Val de Saire (juillet-août)

Jumelage

Culture

  • Été musical de Barfleur
  • Festival Musik en Saire (musiques actuelles)
  • Le film La Promeneuse d'oiseaux (2006), de Jacques Otmezguine, a été tourné en partie à Barfleur.

Sports

Régates à la voile.

Anecdote

  • « Le dimanche 23 août 1931, jour des régates à Barfleur, c'est l'occasion de lancer le canot. A l'équipage est venu se joindre le docteur Maurice Cabart-Danneville, sénateur de la Manche. Alors que le canot a entamé sa glissade vers l'eau, le talon du gouvernail vient heurter le bord du quai. Le choc projette deux hommes dans l'eau : un marin... et le sénateur, lequel excellent nageur ne tarde pas à remonter sur le quai. Bien que trempé, il reprend sa canne et son chapeau, remercie ses sauveteurs et salue la foule pleine d'émotion... »

Hommages

Bibliographie

par ordre chronologique de parution
Livres
  • Bernard Leblond, Naufragés sous Barfleur, éd. Notre-Dame, sd [1969]
  • Abbé Bellot, Louis Drouet, Notice historique sur la ville de Barfleur, 1894-895, réédition Le Livre d'histoire, 2000
  • E. Hélaine, Barfleur et le phare de Gatteville
Articles
  • Albert Desile, « Barfleur : l'habit d'été et l'habit d'hiver », La Manche Libre, 25 mars 1956
  • Joachim Darsel, « L'amirauté de Barfleur », Revue du département de la Manche, n° 38, avril 1968, p. 102-109
  • Éric Barré, « Barfleur, port médiéval », Revue du département de la Manche, n° 136, 1992
  • « Barfleur, port d'échouage », Pays de Normandie, n° 28, septembre-octobre 2000, pp. 54-65.
  • Jack Lepetit-Vattier, « Aspects de l'activité du port de Barfleur et de ses environs dans le notariat du même nom », Revue du département de la Manche, n° 177, 2003
  • Alain Léauthier, « Barfleur, la mer sans triche », Marianne, n° 642, 8-14 août 2009

Notes et références

  1. les-plus-beaux-villages-de-france.org/fr.
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3, 2,4, 2,5 et 2,6 Girault de Saint-Fargeau, Dictionnaire géographique, historique, industriel et commercial de toutes les communes de la France, 1844, p. 249.
  3. a. i., Cherbourg et ses environs, la Hague et le Val-de-Saire, Michel Lemonnier éditeur, Saint-Germain-en-Laye, 1964.
  4. Vivre au Moyen Âge : archéologie du quotidien en Normandie, 13e-15e siècles, 5 continents, 2002.
  5. Référence manquante
  6. Eugène Robillard de Beaurepaire et le Comte Auguste de Blangy, Le Journal du Sire de Gouberville (t. I), Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie XXXI, Caen, 1892; rééd. Les Éditions des Champs, Bricqueboscq, 1993, p. 10.
  7. Une moyenne de 5 à 6 personnes semble cependant le chiffre le plus vraisemblable.
  8. Dénombrement des généralités de 1713 [BN, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  9. Nouveau dénombrement du royaume par generalités, elections, paroisses et feux […], t. II, Impr. Pierre Prault, Paris, 1735, p. 57a.
  10. Au début du 21e siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  11. Population avant le recensement de 1962.
  12. INSEE : Population depuis le recensement de 1962.
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Dominique Bussillet, « Lettres - Promenades épistolaires sur la côte normande au XIXe siècle », Les Cahiers du temps, 2001, p. 41-43.
  15. Hugues Plaideux, « Jean Giraudoux à Barfleur (août 1922) »,Revue de la Manche, t. 51, fasc. 206, 4e trimestre 2009, p. 2-19.

Lien interne

Lien externe