Louis de La Couldre de La Bretonnière

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Portrait du comte de La Couldre de La Bretonniere, Robert Lefèvre

Louis Bon Jean de la Couldre de La Bretonnière, né à Marchésieux (probablement à La Vantignière) le 6 ou 8 juillet 1741, mort à Paris le 25 novembre 1809, est une personnalité militaire de la Manche, premier concepteur de la rade de Cherbourg.

Biographie

Il est issu de la vieille famille nobiliaire cotentine des La Couldre, originaire de Marchésieux, propriétaire du fief de Champeaux à partir du XVe siècle, et dont les terres de La Bretonnière à Marchésieux sont érigées en 1710 à l'initiative d'un grand-père de Louis de La Couldre, qui y bâtit son château.

Engagé dans la marine royale à 14 ans, le 5 juillet 1755, officier à 16 ans, il participe à la Guerre de Sept ans et à la Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique. À 40 ans, il est nommé capitaine de vaisseau (1781) pour hauts faits d'armes.

En 1763, il engage d'importants travaux hydrographiques pour préciser les cartes côtières.

Sous l'impulsion de Louis XVI qui veut construire un grand port militaire sur les côtes nord-ouest, le duc d'Harcourt, gouverneur de Normandie, et Suffren, lieutenant général des armées navales, le chargent en 1776, du fait de sa parfaite connaissance des côtes, d'inspecter avec Pierre Méchain, les côtes entre Dunkerque et Granville.

L'année suivante, il remet son rapport, où il préconise Cherbourg, proposant de fermer la rade de 4 kilomètres par une digue de pierres perdues à 4 kilomètres de la côte. Sartine puis De Castries valident ce choix en 1780. Trois ans plus tard, la méthode de construction reste à trancher.

Pour La Bretonnière, il faut asseoir la digue sur des vieux bâtiments de guerre immergés et de pierres perdues, et de la maçonner sur sa partie supérieure. Mais on préfère le projet innovant de Louis-Alexandre de Cessart consistant en l'immersion de 90 cônes de bois de 20 mètres de hauteur lestés de pierres.

En 1784, alors que de Cessart est nommé responsable général du projet, La Bretonnière revient d'Amérique comme commandant de la Marine du port de Cherbourg. Il accueille en juin 1786 Louis XVI venu participer à l'immersion du neuvième cône de la digue. Mais cette technique s'avère incapable de résister aux tempêtes. Seuls 20 cônes sont mis à l'eau en cinq ans à l'aube de la Révolution française. Aussi revient-on au projet initial de La Bretonnière en 1788, celui-ci se retrouvant seul à assumer les travaux après le départ du gouverneur Dumouriez et de l'ingénieur en chef de Cessart en 1789. En septembre 1791, le poste de Commandant de marine disparaît contraignant La Bretonnière à la démission le 8 mars 1792.

Ayant cédé son fief de La Bretonnière de Marchésieux en juillet 1787, et ayant été dépossédé à la Révolution des bois du Mont du Roc entre Octeville et Sideville, octroyes par le Roi pour ses services, il devient propriétaire du château de La Bretonnière à Golleville en 1791, sans y résider. Il préfère lors de ses séjours en Normandie, le château de Tourville à Lestre, un hôtel particulier au 57 rue de Poterie, à Valognes, ou dans son logement de l’abbaye du Vœu, puis de la place d’Armes à Cherbourg.

Dénoncé par les Montagnards de Valognes, il séjourne deux semaines en prison en 1793. Il refuse d'être réintégré dans la marine comme simple matelot, comme le propose Lecarpentier.

Retiré dans son hôtel particulier de la rue de Poterie depuis 1792, il est incarcéré le 6 août 1794[1].

Le Premier consul Bonaparte le réintègre comme capitaine de vaisseau en 1803 mais refuse qu'il participe au comité des travaux de Cherbourg, préférant le nommer chef militaire de Boulogne, puis de Dunkerque.

Impotent, il prend sa retraite par décret du 7 avril 1804 et meurt à Paris cinq ans plus tard à 68 ans.

Vicomte par sa naissance, le Roi l'a fait comte en 1787. Il était également membre de la Société des Cincinnati, sur recommandations de George Washington. Sous l'Empire, il est fait chevalier de la Légion d'honneur, le 5 février 1804, puis officier le 14 juin suivant[2].

Bibliographie

de La Bretonnière
  • Lettres inédites du général Dumouriez et du capitaine de vaisseau La Couldre de La Bretonnière au sujet du port de Cherbourg, éd. Hardel, Caen/Aubry, Paris, 1863
sur La Bretonnière

Notes et références

  1. André Chastain, Un convive du “Dîner d'athées” de Barbey d'Aurevilly, éditions Notre-Dame, 1958, page 64.
  2. Base Léonore, ministère de la Culture.

Sources

  • « La Bretonnière, père du port de Cherbourg », La Manche Libre, 16 octobre 2005
  • « La Bretonnière, inventeur du port de Cherbourg », Reflets, ville de Tourlaville