Îles Anglo-Normandes

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Plan de situation.

Les îles Anglo-Normandes sont un ensemble d'îles situées dans la Manche, à l'ouest du Cotentin.

Elles sont parfois dénommées Îles de la Manche, d'où vient leur nom anglais : Channel Islands. On parle aussi parfois de l'archipel normand.

Les îles Anglo-Normandes vues du ciel.

Les îles Anglo-Normandes dépendent de la Couronne britannique mais n'appartiennent pas au Royaume-Uni. Elles sont britanniques car placées sous la souveraineté du duc de Normandie, titre détenu par la monarchie anglaise depuis la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066.

- « Peu nous importe que Jersey, Guernesey, Aurigny et Sercq aient été séparées de nous par les caprices de la géologie et de la politique. Là aussi, la race a mis son sceau indélébile. Au point de vue de l'Histoire ces terres sont les nôtres. » [1]

Géographie

Cartes de Guernesey et Jersey (en bas),
Gerhart Mercator, 1633.
Carte de Justus Danckerts (détail), 1692/1699.
Carte de Herman Van Loon, 1753.

Les principales îles et leurs dépendances :

Plus de nombreux îlots découvrant seulement à marée basse.

Histoire

Les îles de la Manche sont d'abord occupées par les Bretons, au Ve et VIe siècles. Elles deviennent normandes en 933 lorsque Guillaume Longue-Épée reçoit du roi de France le comté de Coutances.

En 1204, le roi de France Philippe-Auguste reprend les terres anglo-normandes continentales du roi d'Angleterre et duc de Normandie Jean sans Terre. L'équivalent territorial de la Normandie actuelle devient français. Depuis, les îles relèvent de la couronne britannique par le biais du duché de Normandie.

Durant le 14e siècle, la France tente à plusieurs reprises d'éliminer cette présence anglaise à quelques encablures de ses côtes, sans succès.

De 1483 à 1689, les îles Anglo-Normandes sont déclarées neutres par le pape et se retrouvent sous la protection de l'Église.

L'évêque de Coutances a exercé son autorité ecclésiastique sur les îles jusqu'en 1569.

Les îles Anglo-Normandes sont la seule partie du territoire britannique à avoir été occupée par les Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale. Elles ne sont libérées que le 8 mai 1945.

Visites royales

Les îles Anglo-Normandes ont reçu les souverains du Royaume-Uni à de nombreuses reprises. ...

  • 1945 (7 juin) : George VI
  • 1957 (25 juillet) : Elizabeth II
  • 1975 : Elizabeth II
  • 1989 (25 mai) : Elizabeth II

...

Institutions

Les îles Anglo-Normandes ne faisant pas partie intégrante du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, elles ne sont donc pas représentées au Parlement britannique. Elles ont conservé leurs lois et un système de gouvernance normand.

Il faut faire la distinction entre le bailliage de Jersey et celui de Guernesey duquel sont dépendants Aurigny, Sercq et Herm. Chaque bailliage est dirigé par un bailli qui a la position d'un chef d'État traditionnel. Un lieutenant-gouverneur est nommé par la reine Élizabeth II d'Angleterre (à titre de duchesse de Normandie) mais il n'a qu'un pouvoir de représentation. Le pouvoir exécutif est exercé par le bailli.

Les bailliages sont divisés en paroisses. Celles-ci sont d'ailleurs quasiment toutes jumelées avec des communes de la Manche.

Culture

Livre des prières en français.

Le normand n'est plus parlé que par une minorité, souvent âgée, de la population. Mais nombre de coutumes et de lieux gardent la marque de la Normandie.

Économie

Le tourisme est la principale activité économique des îles Anglo-Normandes.

Jersey et Guernesey abritent une activité bancaire importante, grâce à une imposition attractive.

L'agriculture reste une activité essentielle de l'île, notamment à travers la culture maraîchère qui bénéficie d'un climat doux, propice à la culture des légumes primeurs (pommes de terre, oignons...).

La vente de timbres-poste spécifiques à Jersey et Guernesey offrent d'intéressantes recettes complémentaires.

Transports

Liaisons maritimes

Depuis le 1er avril 2005, la compagnie Manche Îles Express assure un lien avec les îles Anglo-Normandes, à partir de Granville, Barneville-Carteret et Diélette, et a à sa disposition trois navires.

Détail des liaisons
  • Granville-Saint-Hélier (Jersey) : 60 min
  • Barneville-Carteret-Saint-Hélier (Jersey) : 60 min
  • Barneville-Carteret-Gorey (Jersey) : 45 min
  • Barneville-Carteret-Saint-Pierre-Port (Guernesey) : 80 min
  • Diélette-Aurigny : 45 min
  • Diélette-Saint-Pierre-Port (Guernesey) : 60 min
  • Aurigny-Saint-Pierre-Port (Guernesey) : 60 min
  • Saint-Pierre-Port (Guernesey)-Gorey (Jersey) : 70 min
  • Saint-Hélier (Jersey)-Saint-Pierre-Port (Guernesey) : 60 min
  • Saint-Hélier (Jersey)-Sercq : 50 min
Caractéristiques des navires
  • Le Marin-Marie
    • Catamaran à grande vitesse
    • Capacité : 243 passagers
    • Vitesse commerciale : 33 nœuds
    • Longueur : 40 mètres
  • Le Victor-Hugo
    • Catamaran à grande vitesse
    • Capacité : 195 passagers
    • Vitesse commerciale : 32 nœuds
    • Longueur : 35 mètres
  • Le Tocqueville
    • Navire monocoque à grande vitesse
    • Capacité : 260 passagers
    • Vitesse commerciale : 30 nœuds
    • Longueur : 37 mètres
    • Mise en service : 2007

Le trafic atteint 102 600 passagers en 2005, 139 400 en 2006, 114 600 en 2007 et 103 800 en 2008 [2].

L'archipel est également relié à la Bretagne, par Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Il existe également des liaisons avec l'Angleterre par les ports de Weymouth, Poole et Portsmouth.

Le 2 juillet 1964, mise en service d'une liaison entre Cherbourg et les îles par l'hydrofoil Condor I [3].

Liaisons aériennes

Il existe des aéroports à Jersey, Guernesey et Aurigny.

De Guernesey : vols directs pour Londres Gatwick, Londres Stansted, Manchester, Bristol, Southampton, East Midlands, Dinard et Grenoble assurés par la compagnie Aurigny Air Services[4].

De Jersey : vols directs pour Genève et Zurich (Blue Islands) et Londres Stansted (Aurigny Air Services)[4].

Bibliographie

par ordre chronologique de parution
Livres
  • Charles de Gerville, Recherches sur les îles du Cotentin en général, et sur la mission de S. Magloire en particulier, imprim. Vve H.Gomont, Valognes, 1846 (lire en ligne)
  • Victor Hugo, L'Archipel de la Manche, éd. Calmann Lévy, 1883
  • Roger Vercel, Les Îles Anglo-Normandes, éd. Albin Michel, 1956
  • Édouard Le Héricher, Jersey monumental et historique
  • Édouard Le Héricher, Littérature populaire anglo-normande
  • Jean-Yves Ruaux, Vichy sur Manche. Les îles Anglo-Normandes sous l'Occupation, éd. Ouest-France, 1994
  • Roy Mac Laughlin, Vivre avec l'ennemi, éd. Channel Islands Publishing, 2008
  • Henri Fatôme, La perte des Îles Anglo-Normandes
  • Didier Decoin, Patrick Courault, L'Archipel Anglo-Normand, éd. Isoète, 2000
  • Sylvie Rouch, Îles Anglo-Normandes, éd. Mondéos, 2009
Articles
  • François Emanuelli, Le parler populaire des îles anglo-normandes, première partie, phonétique, 1904 (thèse inédite; résumé dans École nationale des chartes, Position des thèses…, 1904, p. 49-55). Un microfilm de la thèse est consultable aux Archives départementales de la Manche
  • François Emanuelli, « Le français et les parlers populaires dans les îles anglo-normandes », Revue d'études normandes, t. 2, 1907-1908, p. 381-391
  • Colonel C-H. Lemmon, « L'anglo-normand, père de anglais », Les Normands de Paris, n° 260, octobre 1958, p. 10-13, n° 261, janvier 1959, p. 17-20
  • Paul Quentel, « Les noms de Jersey et de Guernesey », Revue internationale donomastique, n° 4, 1968, p. 299-307
  • André Poirier, « Jersey et les îles Anglo-Normandes pendant la Seconde Guerre mondiale », Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, tome 30, 1987

Notes et références

  1. René Herval, La Normandie pittoresque, Paul Duval éditeur, 1930
  2. Ouest-France, 11 juillet 2009.
  3. « Nos années 60 », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2010, p. 68.
  4. 4,0 et 4,1 Site de la compagnie aérienne, consulté le 11 avril 2011.

Lien externe