Port de Diélette

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Le port de Diélette, ou Port Diélette, est situé sur les communes de Flamanville et de Tréauville.

L'ancien port de Diélette.

Il porte le label Pavillon bleu en 2013[1].

Histoire

Il s'agit à l'origine d'un port d'échouage protégé au sud par le nez de Flamanville. Il dépend d'un fief de l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte jusqu'au XVIe siècle.

Il est fermé au trafic en 1694 au prétexte qu'il sert aux fraudeurs [2]. Il n'est rouvert qu'en 1778, à la suite d'une décision du Conseil d'État [2].

Une première jetée de pierres sèches est construite en 1731 par les marquis de Flamanville, seigneurs du lieu [3], dont il reste des vestiges dans la petite digue du « petit port ». On peut encore voir le petit fortin, en hauteur, qui défendait le port et sa douane à la fin du XVIIIe siècle.

Il est construit par Hervé Basan et acheté par l'État dans les derniers temps du ministère de Colbert, « moyennant 10 000 livres, dont 6 000 étaient réversibles sur la tête de la marquise de Flamanvillle » [4].

En 1840, la jetée est prolongée d'une vingtaine de mètres et l'on construit à son extrémité, un musoir, le « Caucheton », qui ne résistera pas aux tempêtes [5].

Le port de Diélette est tout naturellement utilisé pour acheminer des blocs de granit extraits des carrières de Flamanville, alors très prospères. Des caboteurs viennent les y charger pour les transporter à Cherbourg, Caen, Honfleur et jusqu'à Rouen ou Paris. En 1845, on compte jusqu'à 245 navires sortant du port [5]. Diélette est alors le port qui affiche « le plus fort tonnage de toute la Manche » [5]. On n'en compte que 137 en 1861 [5]. .

La jetée.

Avec la développement de la mine de fer, une nouvelle jetée est édifiée en 1868, tout en conservant l'ancienne. La jetée mesure 386 m de long et s'appuie sur les rochers de Rougnousse [5]. « Ces travaux consistent dans la construction d'une jetée destinée à donner au port une plus grande superficie et assez de profondeur pour qu'il devienne un excellent refuge pour les navires surpris par les gros temps dans les redoutables passages qui l'avoisinent [6]. » Les travaux ont été « approuvés par le décret du 24 octobre 1866. Adjugés le 28 février dernier, ils sont poussés avec la plus grande célérité[6]. » Estimée d'abord à 320 000 F, la dépense a été définitivement fixée à 365 000 F, avec une subvention départementale de 91 250 F [6].

Une station de sauvetage y est créée en 1868 et une école de voile en 1964.

Il garde jusqu'à la fin du XXe siècle son aspect de petit port de pêche. Les travaux de constructions de la centrale nucléaire de Flamanville ont apporté un nouvel aménagement et une troisième jetée dans les années 1980, dans le petit port, munie d'une nouvelle rampe.

Le nouveau port ou « port Diélette » lui est adjoint, et inauguré en 1997, comportant la transformation du petit port en un port structurant (toujours en eau), la création d'une quatrième jetée faisant face à la grande jetée et fermant le port, l'édification d'un terre plein à usage de stationnement et d'activités. La grande digue est complétée d'un dispositif de brise-lames afin d'éviter les dégradations qu'elle subissait auparavant les jours de tempête. Jusque là, il arrivait que la mer surmonte, l'écume pouvant monter spectaculairement au double de la hauteur de la jetée.

Situation

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Port de plaisance

Le bassin de plaisance permet d'accueillir 420 bateaux à l'année, 80 emplacements sont réservés aux visiteurs [7].

Il est pavillon bleu en 2011, 2013...

L'entreprise Cap West, dirigée par Marc Lepesqueux, loue des voiliers[8].

Fréquentation

1 889 bateaux en 2008, 1 490 en 2007.

Port de voyageurs

Des liaisons commerciales ont été établies avec les îles Anglo-Normandes au départ de Diélette. Par le passé, le car-ferry Isis de la Channel Sea Way faisait la navette entre Jersey et Guernesey et la Manche.

Une ligne de fret devrait voir le jour avec Guernesey et Sercq, à partir du 17 juin 2008. La compagnie Isle of Sark Shipping Company prévoit une liaison bihebdomadaire (mardi et jeudi) avec le car-ferry Sark Viking.

Liaisons assurées en 2017 par Manche Îles Express
  • Diélette-Guernesey (Saint-Pierre-Port)[9]
  • Diélette-Aurigny-Guernesey (Saint-Pierre-Port)[10]
  • Diélette-Jersey (Gorey)

Bibliographie

Articles
  • André Rostand, « Le port de Diélette (Manche) au XVIIIe siècle », Annales de Normandie, n° 3-4, octobre-décembre 1953 (Lire en ligne)
  • Claude Pithois, « Le port de Diélette », Revue du département de la Manche, n° 196, 2007, p. 23-35. Ill

Notes et références

  1. pavillonbleu.org.
  2. 2,0 et 2,1 Paul Ingouf, Fraudes et trafics en Cotentin, Impr. La Dépêche, Cherbourg, 1970, p. 44.
  3. Lise Gavet et Stéphane Jiolle, Flamanville - Tranches de vie, éd. Albin Michel, 1996.
  4. Vérusmor, « Le domaine seigneurial et le château de Flamanville », Annuaire du département de la Manche, vol. 35, Impr. Élie fils, 1863, p. 37 (lire en ligne).
  5. 5,0, 5,1, 5,2, 5,3 et 5,4 Claude Pithois, « Le port de Diélette », Vikland, n° 1, automne 1975.
  6. 6,0, 6,1 et 6,2 Annuaire du département de la Manche, 1868, p. 46.
  7. Basse-Normandie, pays de marins, Région Basse-Normandie, octobre 2001, p. 135.
  8. La Presse de la Manche, 6 avril 2012.
  9. Liaison assurée par Manche Îles Express en 2010.
  10. Liaison assurée par Manche Îles Express et par les Vedettes du Cotentin depuis 2010. Seulement par Manche Îles Express en 2017.

Lien interne