Bricqueboscq

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Bricqueboscq est une commune du département de la Manche.

  • Prononciation. — API : [brik'bo]; transcription francisée : bric-bô.
Commune de Bricqueboscq Coordonnées géographiques de la mairie Logo-Mairie.png
49° 31' 57.81" N, 1° 43' 9.58" W (OSM)
Arrondissement Cherbourg-Octeville
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Canton Les Pieux
Ancien canton Les Pieux
Intercommunalité CA du Cotentin
Gentilé Bricquebosais(es)
Population 585 hab. (2016)
Superficie 8,05 km²
Densité 73 hab./km2
Altitude 59 m (mini) - 128 m (maxi)
Code postal 50340
N° INSEE 50083
Maire Hubert Collas
Communes limitrophes de Bricqueboscq
Sotteville Saint-Christophe-du-Foc Couville
Sotteville Bricqueboscq Breuville
Sotteville Grosville, Rauville-la-Bigot Rauville-la-Bigot

L'église Saint-Michel.
L'église Saint-Michel.


Toponymie

Attestations anciennes

  • Bikrobot 998/1008 [1].
  • Brichebot 1104 [2], daté « vers 1100 » par François de Beaurepaire [3].
  • Brickebo 1224 [3].
  • Bricquebo 1279 [3].
  • Briquebosc ~1280 [3].
  • Briquebo 1332 [4].
  • Briqueboc 1351/1352 [5].
  • Briquebosc 1555 [6], 1560 [7].
  • Briquebost 1560 [8].
  • Briquebosc 1612/1636 [9].
  • Bricqueboscq 1677 [10].
  • Briquebosq 1694 [11].
  • Bricquebosc 1713 [12].
  • Briquebosc 1716 [13].
  • Briquebosq 1719 [14], 1758 [15].
  • Bricqueboscq 1753/1785 [16].
  • Bricquebosq 1793 [17].
  • Briquebost 1801 [18].
  • Bricqueboscq 1804 [19].
  • Briquebost 1828 [20].
  • Bricquebost 1829 [21].
  • Bricqueboscq 1861 [22].
  • Briquebosq 1854 [23].
  • Bricqueboscq 1868 [24], 1903 [25].
  • Bricquebosq, Bricqueboscq 1962 [26].
  • Bricqueboscq 1972 [27], 1978, 1993 [28], 2007 [29].

Étymologie

Toponyme d'origine scandinave, dont le deuxième élément -bos(c)q est issu de l'ancien norois de l'est bóð « habitation », comme le démontrent toutes les premières attestations en -bot, puis -bo après l'amuïssement régulier de la consonne finale. Cet élément a généralement pris la forme -beuf ou -bœuf dans la toponymie normande. La graphie erronée -bosc apparaît dès la fin du 13e siècle, par analogie avec d'autres toponymes ainsi terminés (par exemple Bonnebosq ou Grimbosq dans le Calvados, Auzebosc ou Colbosc en Seine-Maritime, etc.), et comportant l'ancien appellatif toponymique bosc «bois» dont la prononciation était alors identique.

Le premier élément, qui a abouti à Bricque-, a toujours divisé les spécialistes, ou du moins suscité leur hésitation.

  • Auguste Longnon n'a pas commenté le nom de Bricqueboscq, mais voyait dans l'élément Bricque- un anthroponyme non identifié par lui, mais qu'il pensait retrouver dans les Bricqueville de la Manche (Bricqueville-la-Blouette, Bricqueville-sur-Mer; aussi hameau à Vesly) et du Calvados (Bricqueville), ainsi que dans Bricquebec [30]. François de Beaurepaire [3] a repris cette hypothèse (entre autres), en s'appuyant sur l'existence à Vesly du hameau de Bricquebost, et donc dans cette commune de la paire toponymique Bricqueville / Bricquebost suggérant fortement le nom de la même personne. À ceci nous ajouterons un dernier exemple du type Bricquebosq à Gorges (Bricquebo 1299 [31], Briquebost 1316 [32]). Cet anthroponyme serait °Briki, nom hypothétique postulé pour expliquer deux toponymes danois en -thorp « village » [33]. François de Beaurepaire [3] considère ce nom comme anglo-scandinave, et pense le retrouver dans les noms des toponymes anglais Brickendon (Hertfordshire), Brigsley (Lincolnshire) et Brigham (Cumberland), que tous les spécialistes britanniques [34] rattachent — avec raison semble-t-il, au vu des formes anciennes — à l'ancien anglais bruċġ « pont ». René Lepelley considère également la possibilité de cette explication.
  • À côté de l'explication par un nom de personne, plusieurs spécialistes ont également envisagé d'autres solutions. La plus répandue est celle de l'ancien norois brekka « pente, colline » [35]. Elle a été initialement proposée par Auguste Vincent [36] pour expliquer la première partie de Bricquebec, seul toponyme en Bricque- étudié par lui. Il fut suivi en cela par Albert Dauzat et Charles Rostaing [37] qui balancent cependant, pour tous les autres noms en Bri(c)que-, entre cette explication et un nom de personne d'origine germanique; puis par Ernest Nègre pour Bricquebec [38] et Bricqueboscq [39]. René Lepelley, quant à lui, est indécis entre cette hypothèse et la précédente [40]. François de Beaurepaire considère aussi cette explication, sans exclure une interprétation par « le scandinave brucg, pont », rendu possible par le passage de la Divette à cet endroit (il faut bien sûr comprendre « l'ancien norois bryggja » : le mot bruċġ est de l'ancien anglais) [41].

L'hypothèse brekka « pente, colline », aussi séduisante qu'elle soit car associant deux appellatifs scandinaves à valeur géographique pouvant correspondre au site, pose néanmoins deux difficultés, respectivement d'ordre phonétique et syntaxique.

  • D'une part, l'ancien norois brekka aboutit régulièrement à [brɛk] en Normandie, généralement noté bre(c)que [42], par exemple dans le toponyme Houllebrecque (hameau à Saint-Aubin-de-Crétot, en Seine-Maritime), ici combiné avec hollr « creux », ou encore le nom de l'île de Brecqhou. On ne peut guère attribuer la forme Bricque- qu'à une évolution irrégulière, peut-être issue d'une dissimilation dans °Bre(c)quebec > Bri(c)quebec, dont on n'a par ailleurs aucune trace; ou éventuellement à l'attraction des toponymes en Bri(c)que-, ce qui serait à tout prendre la moins mauvaise des solutions.
  • D'autre part, l'élément brekka apparaît presque exclusivement en seconde position, tant dans Houllebrecque qui vient d'être cité que dans ses occurrences toponymiques anglaises : ainsi, Eilert Ekwall [43] rattache à l'ancien norois brekka les noms de Norbreck, Scarisbrick, Warbreck et Haverbrack dans le Westmoreland et le Lincolnshire, et souligne qu'on ne le trouve employé qu'en tant que second élément; cette interprétation n'est pas remise en cause par Margaret Gelling [44]. Ceci dit, on rappellera en contrepartie l'existence de Brecqhou (l'exception qui confirme la règle ?).

La seule faiblesse de l'explication par le nom de personne °Briki est qu'il n'est pas attesté directement, mais seulement par des toponymes danois (nous n'incluons pas ici les noms anglais cités par François de Beaurepaire, qui ne semblent pas concluants). Néanmoins, l'examen des formes anciennes n'empêche nullement un rapprochement avec les autres noms de lieux en Bri(c)que-, où cet emploi semble indubitable (et particulièrement dans le type Bricqueville). En outre, °Briki convient mieux phonétiquement que brekka. C'est pourquoi cette dernière hypothèse semble la plus probable, et l'on pourrait donc voir dans Bricqueboscq « l'habitation de °Briki ».

Géographie

Histoire

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793.
À partir du 21e siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[45]. En 2016, la commune comptait 585 habitants.

           Évolution de la population depuis 1793  [modifier] (Sources : Cassini [46] et INSEE [47])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
507 569 657 627 657 654 647 580 551 492
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
464 507 472 503 428 435 437 423 426 410
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
429 406 401 413 404 436 425 380 389 366
1982 1990 1999 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
386 414 447 476 480 488 487 510 532 555
2013 2014 2015 2016 - - - - - -
567 579 582 585
Notes : De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Sources :
Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[48] puis INSEE à partir de 2004.


Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

Circonscriptions administratives depuis la Révolution

Les maires

Liste des maires
Période Identité Parti Qualité Observations
.......-....... Pierre Martin (1790)
.......-....... Hervé Mourier (1790)
1791-....... Jacques Leroux (1794)
.......-....... Hervé Mourier (1797)
1798-1798 Pierre Martin
1798-1800 Jacques Leroux
1800-1808 Philippe Mauquest
1808-1815 Nicolas Pellerin
1815-1821 Jean-Baptiste Le Moignie décédé en exercice le 21 février 1851
1821-1830 François Lemoigne
1830-1835 Léonord Martin
1835-1838 Jean-Baptiste Brisset
1838-1851 Léonord Martin décédé en exercice le 18 mai 1851
1851-1851 Jean Quenault faisant fonction
1852-1860 Jean Quenault
1860-1868 Louis Martin
1868-1869 Hippolyte Martin
1870-1873 Frédéric Martin
1874-1876 Jean Étienne Pezet
1876-1878 Jean-François Legoupil
1878-1880 Louis Cottebrune
1880-1884 Louis Cottebrune faisant fonction
1884-1885 Louis Cottebrune
1886-1888 Jean Legoupil
1888-1892 Louis Cottebrune
1892-1894 Jean Quenault
1894-1896 François Thomasse
1896-1900 Désiré Mancel
1900-1909 Jean Lampérière
1909-1928 Désiré Mancel
1928-1935 Jean Escolivet
1935-1971 Louis Cottebrune
1971-1977 Jean Le Terrier
1977-2001 Gaston Mahieu SE agriculteur retraité
2001-2014 Yves Lebatard SE ouvrier d'état (DCNS)
2014-actuel Hubert Collas SE retraité
Sources : État civil de 1790 à 1892 - De 1892 à 1964 : 601 communes et lieux de vie de la Manche.
Toutes les données ne sont pas encore connues.


Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour envoyer un mail et signaler une erreur cliquez ici)
Lundi 10 h - 12 h -
La mairie (2012).

La mairie (2012).

Adresse : 4A Village de l'Église
50340 Bricqueboscq

Tél. 02 33 04 40 14
Fax : 02 33 04 41 07
Courriel : Contacter la mairie
Site internet : Pas de site officiel
Commentaire :
Source : Annuaire Service-Public (27 mai 2012)

Mardi 10 h - 12 h -
Mercredi - -
Jeudi 10 h - 12 h -
Vendredi 10 h - 12 h -
Samedi - -


Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Patronage

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Lieux et monuments

La Grande Maison de Bricquebosq

Personnalités liées à la commune

Naissances

Décès

Économie

Associations

  • Au bonheur des aînés, créé en 1983

Sports

  • Football : Bricqueboscq SCGS (deux équipes seniors[49])

Notes et références

  1. Marie Fauroux, Recueil des actes des ducs de Normandie (911-1066), Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XXXVI, Caen, 1961, p. 85, § 11.
  2. Jean Adigard des Gautries & Fernand Lechanteur, « Les noms de communes de Normandie », in Annales de Normandie XIV (1964), § 495.
  3. 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 et 3,5 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 88.
  4. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 316A.
  5. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, op. cit., p. 376F.
  6. Eugène Robillard de Beaurepaire et le Comte Auguste de Blangy, Le Journal du Sire de Gouberville (t. I), Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie XXXI, Caen, 1892, p. 116.
  7. Eugène Robillard de Beaurepaire et le Comte Auguste de Blangy, Le Journal du Sire de Gouberville (t. II), Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie XXXII, Caen, 1895, p. 547.
  8. Ibid., p. 548.
  9. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BN, ms. fr. 4620].
  10. Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BN, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  11. Jean-Baptiste Nolin, Le duche et gouvernement de Normandie Divisé en Haute et Basse Normandie, en Divers Pays, et par Evechez, Paris, 1694 [BN, IFN-7710251].
  12. Dénombrement des généralités de 1713 [BN, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  13. Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
  14. Bernard Jaillot, Le Gouvernement général de Normandie divisée en ses trois généralitez, Paris, 1719.
  15. G. Robert de Vaugondy, Carte du gouvernement de Normandie, Paris, 1758.
  16. Carte de Cassini.
  17. Site Cassini
  18. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris, 1801-1870.
  19. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, impr. Baudouin, libr. Laporte, vol. I (A-CNO), an XIII (1804), p. 462a.
  20. Louis Du Bois, Itinéraire descriptif, historique et monumental des cinq départements de la Normandie, Mancel, Caen, 1828, p. 407.
  21. Annuaire de la Manche (1829), Statistique de l'arrondissement d'Avranches, p. 130.
  22. Annuaire de la Manche (1861), Statistique de l'arrondissement d'Avranches, p. 149.
  23. V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
  24. Annuaire de la Manche (1868), Statistique de l'arrondissement d'Avranches, p. 100.
  25. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  26. Atlas de Normandie, Caen, 1962.
  27. Anne Vallez, Pierre Gouhier, Jean-Marie Vallez, Atlas Historique de Normandie II (économie, institutions, comportements), Université de Caen, Caen, 1972.
  28. Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
  29. Carte IGN au 1 : 25 000.
  30. Auguste Longnon, Les noms de lieux de la France, Paris, 1920-1929 (rééd. Champion, Paris, 1979), p. 281, § 1172.
  31. Julie Fontanel, Le cartulaire du chapitre cathédral de Coutances, Archives départementales de la Manche, Saint-Lô, 2003, p. 338, § 209.
  32. Ibid., p. 367, § 235.
  33. Jean Adigard des Gautries & Fernand Lechanteur, « Les noms de communes de Normandie », in Annales de Normandie XIV (1964), § 498.
  34. Eilert Ekwall, The Concise Oxford Dictionary of English Place-names (4th edition), Oxford University Press, Oxford, 1960; Margaret Gelling, Place-Names in the Landscape, Phoenix Press, London, 1984; A. D. Mills, A Dictionary of English Place-Names, Oxford University Press, Oxford, 1993.
  35. Ce mot est issu du germanique commun °brenkō- « élévation, hauteur, colline », reposant sur la racine indo-européenne °bhrenk- « s'élever; hauteur, colline »; cf. Julius Pokorny, Indogermanisches etymologisches Wörterbuch, Francke Verlag, Berne, t. 1 1959, n° 167.
  36. Auguste Vincent, Toponymie de la France, Bruxelles, 1937, p. 159, § 371.
  37. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963 (rééd. Guénégaud, avec supplément de Marie-Thérèse Morlet), p. 116a.
  38. Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. II, 1991, p. 1011, § 18225.
  39. Ibid., p. 1014, § 18273.
  40. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993, p. 79b.
  41. Cependant, on attend plutôt °Brigueboscq, le [g] de bryggja n'ayant aucune raison de s'assourdir.
  42. Ce terme n'a rien à voir avec brèque, forme normano-picarde de brèche.
  43. Op. cit., p. 62-63.
  44. Op. cit., p. 129.
  45. Au début du 21e siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  46. Population avant le recensement de 1962.
  47. INSEE : Population depuis le recensement de 1962.
  48. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  49. La Presse de la Manche, 6 avril 2012.