Histoire du département de la Manche

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Histoire du département de la Manche

De la Préhistoire au bas Moyen Âge

L'actuel territoire de la Manche est peuplé depuis au moins 300 à 400 000 ans, au regard des abris, foyers et galets découverts dans le Nord du Cotentin. De l'époque néolithique (10 000 ans avant notre ère), on retrouve des vestiges d'habitats, des tessons de céramique, et des silex taillés, tandis que l'Âge de Bronze laisse des constructions mégalithiques (dolmens, allées couvertes), des objets en métal et des pêcheries (Saint-Jean-le-Thomas)[1]. Des tumulus et des enclos circulaires servant de sépultures, respectivement à Beaumont-Hague et à Agneaux, témoignent de l'évolution des rites funéraires[2]. Enfin, une fortification longtemps restée mystérieuse, le Hague-Dick, serait daté de l'âge de Fer (v. 900 ans avant JC) [1].

À la veille de la conquête romaine, le territoire est occupé par le puissant peuple celte des Unelles, et par les Abrincates au sud. En l'année 57 avant J.-C., ils accueillirent d'abord sans résistance les troupes romaines, avant de participer l'année suivante à la ligue formée par les peuples des côtes de l'Océan et de la Manche. Leur chef, Viridovix, est un des premiers défenseurs de l'indépendance gauloise que César mentionne dans ses mémoires. À la tête d'une armée nombreuse, secondé par les peuples de Lisieux et d'Évreux, Viridovix se prépara à soutenir le choc des légions que commandait Quintus Titurius Sabinus. Mais les Gaulois, ayant eu l'imprudence d'attaquer l'armée romaine, fortement retranchée, furent mis en déroute, et cette défaite entraîna la soumission des Unelles et des peuples voisins. Parmi ces voisins étaient les Abrincates, dont le chef-lieu prit au 4e siècle le nom du peuple et devint la cité d'Avranches. Ces territoires et leurs populations deviennent dès lors "gallo-romains". Coutances (Cosedia), l'une des plus antiques, prospéra sous la domination romaine, et même, à partir du 4e siècle, elle fut reconnue comme une des sept cités de la seconde Lyonnaise, avec celle d'Avranches. Son nom fut alors changé en celui de Constantia (peut-être en l'honneur de Constance Chlore, qui la fit fortifier), et ce nom, qui devint Coutances par évolution phonétique, est également à l'origine de celui du pays, le Cotentin[3].

À partir de la fin du 3e siècle après JC et jusqu'à la chute de l'Empire au 5e siècle, la Manche subit des incursions franques, barbares et saxonnes[1].

Au 4e siècle après JC, avec la christianisation de l'empire romain par l'édit de Constantin en 313, apparurent le diocèse d'Avranches puis celui de Coutances, dans le cadre de la réforme administrative de la Seconde Lyonnaise dont les frontières sont déjà celles, à peu de chose près, de la future Normandie ducale[3]. L'évangélisation de la contrée à partir du 5e siècle laissa peu de traces dans les pierres, si ce n'est un baptistère du 6e siècle à Portbail ou l'autel mérovingien de l'abbaye du Ham du 7e siècle[1]. Elle fut davantage marquée, par des noms restés célèbres localement : saint Pair, évêque d'Avranches ; saint Lô, cinquième évêque de Coutances, saint Germain, prêtre dans la Hague, puis saint Clair. En 710, Aubert, évêque d'Avranches, éleva, sur le mont Tombe, aujourd'hui Mont-Saint-Michel, les premières constructions d'un monastère qui devint un centre religieux célèbre dans le monde entier. Les rois comblèrent de richesses ce monastère privilégié, qui attira une foule considérable de pèlerins durant tout le Moyen Âge. Lorsque les invasions des Normands répandirent la terreur dans le Cotentin, lorsque les villes mêmes d'Avranches (869) et de Coutances (886) furent dévastées par les pirates, un grand nombre de paysans cherchèrent un refuge sur le Mont-Saint-Michel et formèrent une ville qui s'étagea par gradins sur le versant du rocher[3].

Aux époques mérovingienne et carolingienne, ces territoires appartiennent à la Neustrie, partie occidentale de l'empire Franc, sur la marche de Bretagne. La crise de l'État carolingien du 9e siècle favorise l'émergence de bouleversements importants. C'est dans ce contexte que les deux diocèses d'Avranches et de Coutances sont brièvement rattachés à la Bretagne.

L'État normand

L'émergence de la Normandie, en 911, autour de Rouen et de la Haute-Normandie actuelle, conduisit à la formation du Duché de Normandie, par la signature du traité de Saint-Clair-sur-Epte, en 911, avec le chef viking, Rollon, dans sa configuration quasi définitive, en un peu plus de vingt ans, avec le rattachement des territoires de l'ouest (à peu de choses près les territoires correspondant aux actuels département de Basse-Normandie, dont la Manche) et des îles aujourd'hui appelées « anglo-normandes ». Les Normands s'établirent ensuite à demeure dans le pays qu'ils avaient ravagé et l'histoire de la Manche devient dès lors indissociable de celle de la Normandie et de la formidable épopée scandinave qui commence au 8e siècle et durera plus de trois siècles. Cette extraordinaire aventure conduira les Suédois vers l'est et le sud jusqu'à la Caspienne et l'empire byzantin et les Danois et Norvégiens vers l'ouest jusqu'en Islande et en Amérique (Terre Neuve) et vers le sud, jusqu'en France, en Espagne, en Italie et au Moyen Orient. Cette aventure était à la fois commerciale, guerrière et migratoire. C'est ainsi que, progressivement, tout au long du 9e siècle, des populations nordiques se sont installées en Normandie. Dans la vallée de la Seine et le Calvados, ces populations provenaient du Danemark et, dans le Cotentin, ces populations, après avoir transité par les Nouvelles Hébrides et l'Irlande, provenaient de Norvège.

Ainsi vont cohabiter, dans le duché de Normandie, une population aux origines essentiellement gallo-romaine, saxonne et franque, mais aussi de nouveaux venus, les uns d'origine danoise et les autres, dans le Cotentin, d'origine norvégienne. Les Normands ne devinrent pas immédiatement des cultivateurs paisibles ; mais, possesseurs du sol, intéressés à la prospérité du pays, ils défendirent leurs domaines contre toutes les attaques, et permirent à l'ancienne population de travailler avec sécurité. Au 11e siècle, la Normandie fait partie des États les plus prospères et les mieux organisés de l'Occident chrétien.

Avec l'établissement des Normands coïncida celui du système féodal ; les chefs normands devinrent la tige de maisons puissantes, qui eurent des difficultés à accepter la domination des Ducs. Mais, lorsqu'en 1066, Guillaume le Bâtard entreprit la conquête de l'Angleterre, il fut suivi d'une nombreuse noblesse sortie du Cotentin. Ce fut un évêque de Coutances, Gaufrid ou Geoffroy de Montbray, qui célébra la messe et bénit les drapeaux normands avant la bataille d'Hastings.

La conquête de l'Angleterre, en 1066, est sans aucun doute le temps fort de l'histoire du duché de Normandie, permettant la constitution d'un ensemble anglo-normand puissant et bien organisé. Les traces de Guillaume le Conquérant sont, aujourd'hui encore, partout présentes en Angleterre (bien plus qu'en Normandie) et la reine d'Angleterre ne saurait venir en France sans aller s'incliner sur la tombe du Conquérant, à l'Abbaye aux Hommes à Caen. La conquête de l'Angleterre a été suivie d'une colonisation forte par les Normands, dont nombre d'entre eux étaient originaires de l'actuel territoire de la Manche. La réalisation du Domesday Book, recensant l'intégralité de ce qui existait alors en Angleterre dans toutes les villes et villages, a permis de déposséder les anciens seigneurs Saxons au profit des nouveaux maîtres, seigneurs Normands, membres des familles seigneuriales normandes. Aujourd'hui encore, l'aristocratie anglaise a de fortes origines normandes, avec des patronymes qui ont traversé les siècles, comme les Percy, les d'Orglandes... La conquête s'est aussi accompagnée d'une véritable invasion linguistique. Aujourd'hui, il est couramment admis que 50 % du lexique de la langue anglaise provient du français ou du latin. Plus précisément, il provient partiellement du dialecte normand parlé au nord de la ligne Joret. Par exemple, l'ancien normand carier, correspondant dialectal de l'ancien français charier et du français moderne charrier, est à l'origine du verbe anglais to carry.

La conquête a aussi été le point de départ d'un formidable essor des relations commerciales entre la Normandie et l'Angleterre, auquel le territoire de la Manche a largement participé avec le port de Barfleur, notamment, qui, à l'époque, était une ville d'environ 9 000 habitants. Enfin, la Normandie et, en particulier, la Manche, est le point de départ, au début du 11e siècle, d'une extraordinaire aventure, celle des Hauteville, dont Tancrède, qui vont fonder, avec leurs descendants, le royaume normand de Sicile. Ainsi, nous pourrions dire que la Normandie, dont la Manche qui y a pris une part importante, est une sorte de maillon dans l'aventure "Viking", entre les pionniers arrivés en 911 dans la baie de Seine et leurs glorieux suivants, fondateurs d'États puissants dans la méditerranée et fondateurs de l'ensemble anglo-normand, dont nous savons aujourd'hui qu'il a conquis le monde.

Mais cette conquête de l'Angleterre plaça également la Normandie au milieu des luttes engagées entre les rois d'Angleterre et les rois de France et des conflits qui s'élevaient avec les ducs de Bretagne que les rois anglo-normands souhaitaient réunir à la Normandie. La rivalité la plus sérieuse était celle des rois anglo-normands et des rois de France : elle s'aggrava surtout lorsque la couronne d'Angleterre eut passé à la famille des Plantagenet et que leurs domaines s'enrichirent de la dot de la reine Éléonore de Guyenne. La dynastie des Plantagenêts étend alors son pouvoir au 12e siècle, du sud de l'Écosse aux Pyrénées : de cette époque qui fut un âge d'or datent le rayonnement de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.

Après que Henri II s'engagea dans une lutte violente contre l'Église d'Angleterre, entraînant le meurtre de l'archevêque de Cantorbéry, Thomas Becket, le roi vint faire amende honorable dans la cathédrale d'Avranches, en 1172, devant plusieurs évêques et abbés parmi lesquels l'abbé du Mont-Saint-Michel, Robert de Torigni. Il reçut l'absolution de la main des légats, à la porte de la cathédrale de Saint-André, à genoux sur une pierre qu'on montre encore aujourd'hui. Henri II vit la fin de son règne troublée par les révoltes continuelles de ses fils qu'encourageait le roi Louis VII, et la puissance des rois anglais, qui avait paru d'abord si dangereuse, ne tarda pas à s'affaiblir après le règne de Richard Cœur-de-Lion.

La Normandie française

En 1202, le roi de France, Philippe-Auguste, fait comparaître devant la cour le roi anglais, Jean Sans Terre, son vassal en tant que duc de Normandie, pour répondre à plusieurs charges portées contre lui, notamment par ses seigneurs du Poitou. Jean ne s'y présentant pas, un jugement fut prononcé selon les lois féodales, confisquant le Vexin, la Normandie, le Maine, l'Anjou et la Touraine à la couronne anglaise, au profit du domaine royal. Philippe-Auguste s'empara alors assez facilement de la Normandie, pièce maîtresse de cet ensemble féodal. Le Mont-Saint-Michel résistant aux troupes françaises est pris d'assaut et détruit. La Normandie est définitivement annexée au royaume de France en 1204, à l'exception des îles Anglo-Normandes qui perpétuent jusqu'à aujourd'hui dans leurs institutions particulières le souvenir de la Normandie ducale. À cette occasion, la cathédrale de Coutances est reconstruite en style français mais dotée d'une extraordinaire tour lanterne ou phare visible de la mer qui symbolise le maintien de la juridiction de l'évêque de Coutances sur les îles ; autorité qui se maintiendra jusqu'au 17e siècle.

Après un siècle pacifié, malgré quelques raids anglais sur les côtes, et prospère, éclate la guerre de Cent Ans. Conseillé par Geoffroy d'Harcourt, puissant seigneur de Saint-Sauveur-le-Vicomte souhaitant se venger de Philippe de Valois, qui avait fait décapiter plusieurs seigneurs normands, Édouard III d'Angleterre débarque avec 40 000 soldats à la Hougue, le 12 juillet 1346. Ils traversèrent le Cotentin qui sera particulièrement éprouvé : la ville de Saint-Lô, alors l'une des toutes premières places de foire de Normandie est ravagée par les chevauchées anglaises, le château de Cherbourg est régulièrement assiégé, et change six fois de propriétaire. Le Mont-Saint-Michel en résistant devient l'un des premiers symboles du sentiment national français en construction. Lors de la bataille de Crécy, Geoffroy d'Harcourt voit son frère Jean, comte d'Harcourt, mourir sous l'étendard français, le poussant à quitter l'armée anglaise et se réconcilier avec Philippe de Valois, qui lui octroya sa grâce, lui rendit ses biens et l'autorisa à relever son château de Saint-Sauveur. Ayant participé aux côtés de Charles de Navarre à l'assassinat du connétable Charles de La Cerda, aboutissant par le traité de Mantes, à la cession par le roi de France à Charles le Mauvais du clos du Cotentin avec la ville de Cherbourg, les vicomtés de Carentan, Coutances et Valognes, Geoffroy échappe au guet-apens de Jean le Bon, où sont décapités en 1356 plusieurs barons normands, dont son neveu, Jean V, comte d'Harcourt. Geoffroy se retourne à nouveau vers Édouard III. Une colonne expéditionnaire française poussa une pointe jusqu'à Barfleur, mais l'armée de Robert de Clermont durant sa retraite doit affronter au passage des Veys les hommes de Geoffroy, qui meurt au combat.

La mort de Geoffroy d'Harcourt ne délivra pas cependant le pays des Anglais, qui en restèrent maîtres jusqu'en 1360, avec les partisans du roi de Navarre. Les Navarrais s'étaient solidement établis à Carentan, au Pont-d'Ouve, à Pont-l'Abbé, à Valognes et à Cherbourg. Les Anglais occupaient Barfleur et, au centre de la presqu’île, le château de Saint-Sauveur. Le traité de Brétigny, du reste, laissa à Édouard III les biens de Geoffroy d'Harcourt, que le roi anglais donna à un de ses vaillants guerriers, Jean Chandos. Même après le traité de Brétigny, lorsque la plupart des places du Cotentin eurent été rachetées, les garnisons anglaises de Saint-Sauveur, des forts de Saint-Vaast et de Lingèvre ne cessèrent de désoler les campagnes de la basse Normandie. De plus les Grandes-Compagnies ajoutaient leurs ravages à ceux des Anglais.

Cependant, un temps meilleur s'annonçait : au début du règne de Charles V, Bertrand Du Guesclin, déjà vainqueur des bandes navarraises à la journée de Cocherel (1364), s'avança vers la basse Normandie, et, secondé par Olivier de Mauny, il enleva les principales positions qui étaient au pouvoir des Navarrais dans le Cotentin : Carentan, le Pont-d'Ouve, Néhou, Magneville et Valognes. Toutefois, malgré les succès de du Guesclin, la lutte contre les Anglais et les Grandes-Compagnies dura jusqu'en 1369. En 1375, le château de Saint-Sauveur fut enfin repris. Ces longues luttes avaient amené une misère affreuse: un grand nombre de paroisses étaient entièrement dépeuplées ; les loups erraient librement, et, pour comble de malheur, la guerre civile des Armagnacs et des Bourguignons allait se compliquer de la guerre étrangère. Les Anglais revenaient plus nombreux, plus redoutables sous un chef plus ambitieux qu'Edouard III, Henri V.

La Normandie devint une province anglaise après la prise de Caen (1417) et de Rouen (1418). Le Cotentin fut obligé de recevoir ses anciens maîtres d'outre-mer, et de leur obéir, jusqu'en 1449. Seul le Mont-Saint-Michel resta exempt de la domination étrangère. Aussi les écrivains normands ont-ils exalté cette résistance du célèbre monastère, qui, à partir de 1421, repoussa toutes les attaques. Les chevaliers du pays qui ne voulaient pas courber la tête sous le joug de l'étranger, avaient cherché un asile sur ce rocher invaincu, et leurs noms furent conservés par les religieux qui les avaient fait graver avec leurs armoiries, liste glorieuse qui a été conservée par le bénédictin Dom Huynes.

Les opérations qui firent rentrer la basse Normandie sous la domination française furent dirigées par François, duc de Bretagne, et par le connétable Arthur de Richemont. Au mois de septembre 1449, ces deux barons conduisirent sous les murs de Coutances une armée d'environ 6 000 hommes et firent dresser dans le jardin des Jacobins une grosse bombarde qui devait servir à pratiquer une brèche dans les murailles de la ville. À la vue de ces préparatifs, les habitants manifestèrent hautement le désir qu'ils avaient d'être délivrés de l'occupation anglaise et ouvrirent leurs portes. Saint-Lô se rendit également, et les principaux châteaux du pays tombèrent successivement au pouvoir des Français. Les Anglais cependant ne pouvaient se laisser ainsi enlever la Normandie sans tenter au moins un effort pour la ressaisir. Vers la mi-mars 1450, un corps de cinq mille hommes, commandé par Thomas Kyriel, débarqua à Cherbourg, puis occupa Valognes et se vengea, par des dévastations horribles, des échecs qu'essuyaient depuis si longtemps les Anglais. Puis il voulut gagner le Bessin. Le comte de Clermont, qui était à Carentan, le suivit avec les troupes du Cotentin, et, ayant été rejoint par le connétable de Richemont, livra la bataille de Formigny (Calvados) le 15 avril 1450, qui marqua la reconquête de la Normandie. Cherbourg resta la dernière place occupée par les Anglais. Elle soutint un siége en règle et ne se rendit que le 12 août 1450.

La paix ne régna pas toutefois encore dans la Normandie. Dans le cadre de la Ligue du Bien public, sous le règne de Louis XI, les habitants soutinrent la cause de son frère Charles, qu'il avait été obligé d'investir du duché et qu'il avait ensuite dépouillé. Aussi le roi voulut-il se venger des villes qui s'étaient montrées favorables à son frère, et Coutances eut à subir ses rigueurs (1465). Il fit abattre les fortifications de la ville.

La fin du 15e siècle et le début du 16e offrent une belle période de reprise et de prospérité économique qui font déjà connaître au loin les produits laitiers du Cotentin, rompue par plusieurs conflits successifs, dont le premier est la guerre contre les huguenots. La Réforme fit de rapides progrès dans le Cotentin, et la majorité des habitants de Saint-Lô devint protestante sous l'égide en basse Normandie du comte de Montgomery et du seigneur de Bricqueville-Colombières. Les catholiques avaient à leur tête Jacques de Matignon, lieutenant du roi et gouverneur de Cherbourg. D'abord vainqueurs, les protestants obligèrent Matignon à se renfermer dans Cherbourg, mais ne purent l'y forcer. Valognes, Carentan, Coutances, Avranches, enfin Saint-Lô, sont pris et repris (1562). Matignon toutefois empêcha que le massacre de la Saint-Barthélemy fut imité dans le Cotentin (1572). Ce massacre n'en avait pas moins accru l'irritation du parti protestant, et Montgomery revint d'Angleterre avec une petite armée. La guerre recommença avec plus d'acharnement: les principales villes, Carentan, Saint-Lô, Valognes, tombèrent encore une fois aux mains des protestants, et Cherbourg fut de nouveau assiégé. Montgomery choisit Saint-Lô comme sa place d'armes et s'appliqua à fortifier Carentan, qui était la clef de la presqu'île fermée d'une mer à l'autre par une lisière de marais. Il força les paysans à creuser un canal où la mer peut-être introduite et qui portât ses eaux et celles de la rivière d'Ouve dans les marais voisins pour les rendre inaccessibles. Matignon cependant reprit l'offensive ; il bloqua et assiégea Saint-Lô. Montgomery s'en échappa et courut à Domfront (Orne). Matignon le poursuivit, car la reine Catherine de Médicis lui avait recommandé de s'attacher surtout à prendre Montgomery, l'auteur involontaire de la mort du roi Henri II. Montgomery se rendit, et, conduit à Paris, fut décapité. Son compagnon Bricqueville de Colombières continua de résister dans Saint-Lô, et se fit tuer sur les remparts. La ville fut prise le 10 juin 1574, et les vainqueurs, sans pitié, massacrèrent plus de 300 personnes. Quelques années après la Ligue se formait ; les catholiques, ne comptant plus que sur eux-mêmes, s'associaient et se promettaient de ne reconnaître comme prince qu'un prince catholique. Valognes, Avranches, se distinguèrent par leur attachement à la Ligue. L'avènement d'Henri IV, puis sa conversion en 1595, ramenèrent enfin la paix.

Neustria. Britanniae et Normandiae Typus, carte d'Abraham Ortelius, 1594.
Normandia, carte imprimée de la Normandie par Pierre Bertius, 1606.

Cette paix ne fut troublée, au 17e siècle, que par la révolte des Nu-pieds, ou paysans armés, contre la gabelle. On les appela ainsi parce que marchant nu-pieds pour la récolte de sel. Le gouvernement de Louis XIII envoya contre les révoltés les troupes de Gassion dont la répression fut cruelle (1639).

Sous le règne de Louis XIV, lorsque Colbert eut mis l'industrie en honneur, un établissement situé à Tourlaville attira son attention par les belles glaces qui s'y fabriquaient à l'instar de Venise. Les Vénitiens gardaient pourtant leur secret avec un soin jaloux, car la peine de mort était portée contre les ouvriers qui le révèleraient. Mais deux jeunes gens de Strasbourg s'étaient, à Venise, postés sur les toits pour voir travailler les ouvriers et s'étaient approprié le tour de main qui constituait leur originalité. Ils avaient apporté leur science nouvelle à Tourlaville, et c'est là que le prévoyant et sagace Colbert alla chercher les procédés qui devaient faire de l'industrie des glaces une des plus belles industries françaises.

Mais là encore, la « seconde guerre de Cent ans » que se livrent sur la mer la France et l'Angleterre, du règne de Louis XIV aux guerres napoléoniennes, entrave durablement l'activité économique de la région. Durant les longues guerres de Louis XIV, le Cotentin se vit de nouveau aux prises avec ses éternels ennemis, les Anglais. À l'époque de la ligue d'Augsbourg, lorsque Louis XIV entreprit de rétablir sur le trône d'Angleterre le roi Jacques II, le Cotentin devint le rendez-vous de l'armée qui était chargée de cette expédition, et ce fut non loin de ses rivages que se livra la bataille de Barfleur le 29 mai 1692. À la suite de ce combat, où durant une journée entière la flotte de Tourville soutint les efforts des flottes combinées de l'Angleterre et de la Hollande, doubles de la sienne, les vaisseaux français se virent dans l'impossibilité de trouver un refuge. Cherbourg ne pouvait leur donner asile ; sa rade magnifique était ouverte et la France manquait, sur ce point si exposé, d'un véritable port de guerre. Une partie de la flotte s'échappa par le Raz Blanchard et le passage de la Déroute. Mais une partie des vaisseaux fut obligée avec Tourville, de doubler la pointe de Barfleur et de se réfugier à la Hougue. Tourville y arriva dans la soirée du 31 mai avec douze vaisseaux parmi lesquels l'Ambitieux, de 100 canons, monté par Tourville lui-même. La flotte ennemie le poursuivit et enferma dans la rade de la Hougue les vaisseaux français qui s'y trouvaient. Tourville descendit à terre, où il rencontra le roi Jacques II avec le maréchal de Bellefonds qui commandait 7 000 à 8 000 hommes de troupes françaises et cinq bataillons irlandais destinés à faire une descente en Angleterre. Voyant l'impossibilité de sauver ses vaisseaux, et ne voulant pas les laisser enlever par l'ennemi, Tourville résolut de les faire échouer. Six furent mis à la côte derrière le fort de la Hougue et les autres derrière le fort de Lillet. 200 chaloupes ennemies bien armées s'approchèrent du rivage, les six vaisseaux échoués sous Lillet furent assaillis et brûlés (2 juin) ; le lendemain les six autres furent également brûlés. Tel fut ce qu'on appela le désastre de la Hougue, qui détermina Louis XIV à renoncer à la grande guerre maritime.

Cette leçon, du moins, ne fut pas perdue pour la France, et l'attention se porta dès lors sur le Cotentin. Tandis que certaines de ses villes, heureuses de la paix, ne songeaient, comme Valognes, qu'à copier les modes de Paris, lui valant le surnom de « Versailles normand » dans la comédie Turcaret de Le Sage (1807), Cherbourg devenait la ville principale. Louis XVI faisait commencer les travaux de la digue sur le chantier de laquelle il se rendit le 22 juin 1786, et vit immerger une des grandes caisses coniques qui devaient consolider le môle. La rivalité maritime avec l'Angleterre engendre une forte activité maritime axée sur la pêche à la morue voire la participation ponctuelle au commerce triangulaire avec les Antilles en temps de paix et une activité corsaire à Granville en temps de guerre contre la course de Jersey au service de l'Angleterre.

1789 : naissance d'un département

Le nouveau département de la Manche, 1792.

Quand la Révolution de 1789 mit un terme à l'Ancien Régime, le Cotentin fut à peu près à l'abri des grandes convulsions troublant certaines parties de la France. Il ne fut pas entamé par l'armée vendéenne qui, sous les ordres de la Rochejacquelein, se heurta à la résistance de Granville. Les Vendéens comptaient sur la coopération de la flotte anglaise qui leur fit défaut, et ils furent obligés de se retirer, marquant la fin de la « virée de Galerne ».

Le département est créé le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir de la fusion des deux diocèses de Coutances et d'Avranches faisant partie de la province de Normandie et de la généralité de Caen. Il est divisé en sept districts dont les chef-lieux étaient Cherbourg, Valognes, Carentan, Saint-Lô, Coutances, Mortain et Avranches, en 66 cantons et 703 communes[4].

La division des propriétés, la facilitation des unions, le retour à la vie laïque des moines et nonnes et un relâchement des mœurs ont engendré une augmentation de la population dans la Manche durant les années révolutionnaires, plus particulièrement féminine, malgré un taux de mortalité accru dans les hospices faute de moyens. Dans une situation économique difficile, la population quitte les villes au profit des campagnes[4].

La prospérité des ports commerciaux de Cherbourg et Granville sous l'Ancien Régime a laissé place à de nombreux indigents. La bourgeoisie, essentiellement des hommes de loi, s'enrichit par l'acquisition de biens nationaux et l'accès aux principaux postes administratifs et politiques. La noblesse, aux fortunes très diverses avant abolition des privilèges, conserve une grande partie de ses possessions, puisque vingt anciens nobles font partie des trente propriétaires les plus imposés en l'an XIII. Les aristocrates ont participé pour une partie à la Révolution et conservent des postes dans la nouvelle administration, ou émigré pour une autre part, jusqu'à l'arrivée de Bonaparte, ou encore ont fait profil bas espérant que la fureur révolutionnaire passe. Le clergé demeure très influent sur la population, avec un nombre de réfractaires variable, allant de 40 % dans les districts de Saint-Lô, Coutances, Carentan et Cherbourg, à 50 à 60 % dans ceux de Valognes et Mortain et même plus dans celui d'Avranches. Face aux constitutionnels parfois excessifs, les Manchois préfèrent souvent les réfractaires qui rentrent progressivement d'émigration et reprennent un culte public, alimentant une fracture religieuse qui ne s'apaisera que par le Concordat[4].

Le choix du chef-lieu de la Manche fit alors débat entre Saint-Lô et Coutances. Coutances fit parvenir des « observations sur le chef-lieu du Cotentin », réfutées par le député saint-lois Narcisse Vieillard le 19 décembre 1789, et le décret du 15 janvier-4 mars 1790 fixa à Coutances le siège provisoire de l'assemblée départementale, laissant aux électeurs manchois le choix d'en faire définitivement le chef-lieu. Pour les partisans de la ville épiscopale, la ville est historiquement la capitale du Cotentin, que couvre le nouveau département, dispose déjà des administrations judiciaires et religieuses, et possède un poids économique plus important. Ceux favorables à la ville seigneuriale vantent sa position plus centrale dans le département, sa meilleure desserte, sa plus grande population, ainsi que l'équilibre qui voudrait qu'une ville n'accapare pas tous les pouvoirs. Mais sous l'influence de l'évêque Talaru de Chalmazel, Coutances est choisie le 22 juin 1790, avec une première séance le 20 juillet. Le 19 vendémiaire de l'an IV (11 octobre 1795), la Convention nationale revient sur ce choix au profit de Saint-Lô. En l'an VIII, le conseil général émet le vœu de translation à Coutances, appuyé par le préfet en place, Louis Taupin de Magnytot, sans effet. Même échec lorsqu'à la restauration de la monarchie, la requête de la municipalité de Coutances menée par Frémin du Mesnil est rejetée par le Conseil général par 15 voix contre 4 en juin 1816 [5].

La Révolution s'achève avec le coup d’État du 18 brumaire an VIII qui met fin au Directoire. Les Manchois se méfient d'abord du nouveau pouvoir, mais apprécient le retour à l'ordre qu'offrent la fin de l'état de siège le 16 janvier 1800 grâce à la défense de la population contre les rebelles catholiques et la fin de la chouannerie qui avait combattu en octobre au Lorey et à la Fosse, puis menacé les arrondissements de Mortain et Avranches, jusqu'à la capture de Frotté[4].

Sur la base de la nouvelle constitution du 13 décembre 1799, une nouvelle organisation administrative est définie le 17 février, créant notamment la charge de préfet, qui échoit dans la Manche à Louis Taupin de Magnytot. La loi du 28 pluviôse an VIII créent dans le département cinq arrondissements en remplacement des sept districts, l'ancien district de Cherbourg intégrant l'arrondissement de Valognes alors que celui de Carentan est partagé entre les arrondissements de Saint-Lô et Coutances, avec une population inégalement répartie entre les arrondissements de Valognes et de Coutances dépassant à deux la moitié de la population départementale. Après les réformes de l'an VIII, il subsiste 48 cantons et 672 communes, dont six de plus de 5 000 habitants (par ordre décroissant : Cherbourg, Coutances, Saint-Lô, Valognes, Avranches et Granville). Alors qu'avec 12 000 habitants, Cherbourg n'est le siège d'aucune circonscription administrative importante, Mortain et ses 2 600 habitants, est chef-lieu d'arrondissement, laissant un département administrativement déséquilibré[4].

XIXe et XXe siècles

Statue en honneur de Napoléon Ier qui voulait faire de Cherbourg un port imprenable.

Le Consulat installe sa nouvelle administration départementale en s'appuyant sur des notables bourgeois, pour beaucoup hommes de loi, ayant déjà occupé des places dans les administrations précédentes, et en écartant les Jacobins et les anciens nobles. Si le premier préfet est rapidement évincé au profit de Jean-Pierre Bachasson de Montalivet, les sous-préfets, tous choisis sur les conseils de Caillemer en fonction du rôle qui ont eu durant la Révolution dans leur arrondissement, demeureront longuement en place : à Coutances le modéré Nicolas Frémin de Beaumont, ancien noble et ex-magistrat, à Valognes l'ancien député de la noblesse Lemaignen‎, à Mortain un conseiller au bailliage, Jean-Baptiste Pallix-Deschamps, à Avranches l'administrateur du département, Isaac Julien Le Hurey. Les cinq conseillers de préfecture sont les avocats Gilles René Heudeline, né en 1753, Félix Desprès, né en 1754, et Louis-Antoine Lebrun, né en 1756, le médecin Gabriel Lemarié, né en 1756, tous acquéreurs de biens nationaux, et Luc Barthélémy Hamel, né en 1771. Les premiers conseillers généraux sont tous bourgeois aisés, majoritairement avocats et magistrats. Parmi les maires des six villes de plus de 5 000 habitants, on compte deux anciens lieutenants généraux de police (Valognes et Coutances), un ancien lieutenant général de bailliage (Avranches), un médecin (Cherbourg) et deux anciens officiers (Granville et Saint-Lô). Parmi les 55 conseillers d'arrondissement, 18 sont hommes de loi, 6 fonctionnaires de l'Ancien Régime, 13 propriétaires cultivateurs, 5 médecins et un prêtre. 28 conseillers d'arrondissement ont occupé pendant la Révolution des fonctions administratives départementales, huit ont siégé au Parlement. L'ancienne noblesse retrouve une partie de son influence[4].

Les progrès du port de Cherbourg furent rapides sous le règne de Napoléon Ier, qui était préoccupé de s'assurer une forte position en face de l'Angleterre. Il vint lui-même en 1811 visiter les forts et la digue, dont la construction avançait. Cherbourg fut ensuite la dernière étape du roi Charles X, partant pour l'exil, après la Révolution de 1850. Cette ville, malgré la paix, n'en continua pas moins à voir se développer ses ressources maritimes : arsenaux, bassins, magasins, nouvelles fortifications. La digue, achevée en 1855, fait de la rade une des plus grandioses, une des plus sûres qui soient au monde. Les 19e et 20e siècles voient l'industrialisation du département qui garde cependant une identité profondément rurale. La métallurgie et l'industrie textile se développent : avec l'arrivée du chemin de fer, l'industrie agroalimentaire apparaît et s'exporte.

La loi de séparation des Églises et de l’État votée en 1905 amène les percepteurs à procéder aux inventaires des édifices religieux. En 1906, après le refus de Mgr Guérard de laisser effectuer l'inventaire de la cathédrale de Coutances, on assiste à un véritable soulèvement populaire, surtout dans le sud du département.[6]

Lors de la Première Guerre mondiale, entre 92 000 et 96 000 Manchois servent sous les drapeaux, 20 000 sont tués. La Manche accueille des infrastructures militaires : centres d'instruction, hôpitaux pour soigner les blessés, camps de travail pour prisonniers. Au large du Cotentin, des sous-marins allemands torpillent des navires alliés. La Marine française fait construire un hangar à dirigeables à Écausseville en 1916. Des usines de la Manche modifient leur production : Simon Frères, à Cherbourg fabrique des obus et des pièces d'artillerie et les usines Dior à Granville des composants de gaz asphyxiants.[7]

À la triste occasion de la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande fortifie les côtes de la Manche à partir de 1940 avec le Mur de l'Atlantique. En juin 1944 la Bataille de Normandie se joue en partie sur la côte est du Cotentin, à Utah Beach, puis avec l'« Opération Cobra ». Avec de nombreuses communes détruites à 80 % ou 90 % (comme Saint-Lô, surnommée par Mgr Bernard Jacqueline « la Capitale des ruines »), les années 1945-1960 sont synonymes de retour des populations d'une reconstruction rapide mais pas toujours heureuse... La ville de Coutances reprit temporairement le rôle de préfecture après la Seconde Guerre mondiale en raison de la destruction presque totale de Saint-Lô, et ce jusqu'à la reconstruction de cette dernière.

À la Libération, le général de Gaulle, président du GPRF, nomme un commissaire de la République qui a autorité sur le département de la Manche et les quatre autres départements normands. Mais en 1956, le haut fonctionnaire Serge Antoine divise la Normandie en deux à l'occasion de la création des régions programmes d'action territoriale : le département de la Manche est alors administrativement intégré à la région de programme de Basse-Normandie.

La fin des années 1960 est aussi marquée par la spécialisation nucléaire du Nord-Cotentin avec ses avantages (arrivée de populations nouvelles, emplois et technologies) et aussi ses inconvénients (pollution symbolique et visuelle ; risques liés à la radioactivité).

Mais après la récupération et la modernisation des années de la Reconstruction et l'arrivée de la crise économique de la fin des années 1970, le tissu industriel marqué par les premières crises de surproduction dans l'agroalimentaire et les premières fermetures et délocalisations d'usines de main d'œuvre tend à se distendre. Malgré tout, le département a su maintenir une vitalité démographique qui tend aujourd'hui à décliner : désormais, la population de la Manche vieillit tant à cause du départ massif de ses jeunes diplômés que par l'arrivée de populations retraitées attirées par la qualité de la vie qu'offre un bocage et un littoral encore préservés.

Le tourisme et le développement de la plaisance sont donc des cartes essentielles de l'avenir économique de la Manche. Mais l'avenir est aussi du côté de la valorisation d'une filière agroalimentaire de haute qualité environnementale axée sur les AOC et les terroirs ainsi que d'une filière conchylicole et ostréicole dont le développement exige un environnement marin préservé. De même, un développement du fret portuaire à Cherbourg et à Granville est envisageable dans le cadre de coopérations économiques à l'échelle régionale normande. La qualité territoriale, tant au niveau économique qu'au niveau symbolique est, en effet, devenue l'un des principaux enjeux du développement local et de l'aménagement du territoire.

XXIe siècle

Le 1er janvier 2016, la région de Basse-Normandie à laquelle le département de la Manche est administrativement intégré depuis 1956, est réunifiée à la Normandie.

Le 1er janvier 2018, le territoire de la commune de Pont-Farcy est rattaché au département de la Manche. Cette décision est due à la fusion des communes de Tessy Bocage et de Pont-Farcy, située dans le Calvados. Pont-Farcy rejoint le canton de Condé-sur-Vire et de fait la communauté d'agglomération Saint-Lô Agglo et l’arrondissement de Saint-Lô.

Bibliographie

  • Jean Pouëssel, L'histoire de la Manche aux Archives nationales, guide des sources manchoises conservées aux Archives nationales, site de Paris, éd. Archives départementales de la Manche, 2009, 603 pages.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2 et 1,3 Lola Marie, La Manche, collection « Département poche », Lec édition, 2006, ISBN 2841230635
  2. Fabien Delrieu (dir.), Les Gaulois et la mort en Normandie, Cully, OREP, 2009.
  3. 3,0, 3,1 et 3,2 Adolphe Joanne, Géographie de la Manche, Paris, Hachette, 1880.
  4. 4,0, 4,1, 4,2, 4,3, 4,4 et 4,5 François de Lannoy, « Après la Révolution : les débuts de l'Administration préfectorale dans la Manche », Annales de Normandie, vol 39, numéro 39-4, 1989.
  5. Édouard Lepingard, « Une page de l'histoire de Saint-Lô », Annuaire du Département de la Manche, 1866.
  6. Service éducatif des archives départementales de la Manche, Didac'doc n° 25, janvier 2012
  7. Archives départementales de la Manche, La Manche toute une histoire, 2016, p.174-193

Articles connexes

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