Pèlerinage au Mont-Saint-Michel

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Pélerinage au Mont aujourd'hui

Le pèlerinage au Mont-Saint-Michel est un voyage fait par dévotion menant des catholiques à l'abbaye du Mont-Saint-Michel.

Histoire

Pèlerinage traversant les grèves.
Procession en 1913

Le moine franc Bernard donne le premier récit d'un pèlerinage au Mont effectué vers 867. La réputation du lieu est accrue par des récits nombreux de miracles. On implore saint Michel pour obtenir une guérison.

Le pèlerinage se développe au XIe siècle après la construction d'une nouvelle abbatiale et de structures d'accueil. Le nombre de pèlerins va croissant jusqu'à la Guerre de Cent Ans et à l'occupation anglaise du Mont au début du XVe siècle. Au XIVe siècle se développent les pèlerinages d'enfants (les pastoureaux) qui viennent en groupe.

Jusqu'à la fin du XVIe siècle, la plupart des rois de France accomplissent le pèlerinage, de saint Louis à François Ier en passant par Philippe le Bel et Louis XI. Les ducs de Normandie sont aussi des familiers du pèlerinage.

La Révolution supprime les pèlerinages, qui ne reprennent qu'en 1863, lorsque l'édifice est rendu au culte. Après la séparation des églises et de l'État, en 1905, les pèlerins ne peuvent plus arriver qu' à l'église paroissiale du Mont [1]

À partir de 2014, l'ancien prieuré d'Ardevon est un lieu d'accueil des pèlerins qui ne peuvent tous trouver refuge à la Maison du pélerin située en haut de la Grand-Rue du Mont.

Michelot ou miquelot

Le nom de « michelot » est donné aux pèlerins [2]. La tendance aujourd'hui est de lui préférer le nom de « miquelot ». « Sur les 2,5 millions de visiteurs annuels, le sanctuaire du Mont-Saint-Michel ne recense que 700 à 800 pèlerins qui, chaque année, demandent à loger sur le Mont ou font tamponner leur « carnet du miquelot » [3].

Les chemins montais

Sur un chemin de Saint-Michel

À l'inverse des autres pèlerinages célèbres, il n'existe pas de routes officielles pour se rendre au Mont. De nombreuses croix de chemin agrémentées d'un pèlerin attestent du passage des pèlerins dans le sud du département de la Manche, en divers endroits.

Cependant, un balisage spécifique se met peu à peu en place. Il se caractérise par des traits de peinture bleu cyan accompagnés de la silhouette du Mont, de la coquille et du bourdon, emblèmes des pèlerins. Certaines villes ont adopté un balisage spécifique sur leurs trottoirs formé de clous en bronze de 15 centimètres de diamètre ornés du même logo.

La traversée à pied de la baie se fait principalement à partir de Genêts, de Vains, depuis la pointe du Grouin du sud, du Val-Saint-Père, depuis le Gué-de-l'Épine, de Courtils et de Beauvoir. Elle est dangereuse. On ne compte plus les victimes emportées par les marées ou les sables mouvants. Aujourd'hui, cette pratique se fait sous la conduite de guides professionnels ou de pèlerins particulièrement avertis.

Depuis 1998, l'association Les chemins de saint Michel [4] promeut ce pèlerinage en essayant de lui rendre son authenticité spirituelle.

Le 15 septembre 1999, on inaugure les « chemins aux anglais » à Barfleur, le groupe de pèlerins s'étoffe au fil des étapes pour arriver le 29 septembre au Bec d'Andaine avant de traverser les grèves en compagnie de Mgr Jacques Fihey[5].

Enseignes de pèlerins

Plomb de pèlerinage

Dès le 12e siècle, naissent, sous le contrôle de l'abbaye, la fabrication et le commerce de souvenirs qu'on appelle « enseignes ». Ce sont des petits bijoux, souvent en plomb, que les « michelots » accrochent à leurs vêtements, sortes de badges, témoignages de l'aboutissement du pèlerinage. En 2001, on découvre au Mont des moules à enseignes des 14e et 15e siècle, attestant la présence d'un atelier de fabrication.[6]

Bibliographie

Livres

  • Étienne Dupont, Le Pèlerinage d'un enfant au Mont Saint-Michel au quinzième siècle, éd. Société Saint-Augustin, Desclée, De Brouwer & Cie.
  • Lucien Musset, « Recherches sur les pèlerins et les pèlerinages en Normandie jusqu'à la Première Croisade », Annales de Normandie, 12ᵉ année, n°3, 1962. pp. 127-132. (lire en ligne)
  • Christine Étienne, Les chemins de Pèlerinage dans la Manche. Pèlerins de saint Michel et de saint Jacques, éd. Ouest-France, 1999
  • Pierre Bouet, Henry Decaens, Juliane Hervieu, Vincent Jugel, Gaële de La Brosse et Thérèse Le Jeune, Les Chemins du Mont-Saint-Michel : En marche vers l'Archange, éd. Desclée de Brouwer, 2010
  • François-Xavier Maigre, Sur les traces de l'Archange (450 km jusqu'au Mont-Saint-Michel), éd. Bayard, 2012
  • Bernard Ollivier; Sur les chemins des ducs : la Normandie, à pied, de Rouen au Mont-Saint-Michel, éd. Phébus, 2013
  • « Un pèlerinage au Mont-Saint-Michel en 1631 », Le Viquet n° 37.
  • Françoise Labaune-Jean, Le plomb et la pierre : petits objets de dévotion pour les pèlerins du Mont-Saint-Michel, de la conception à la production XIVe-XVe siècles., Presses universitaires de Caen, 2016

Articles

Du bulletin des Amis du Mont-Saint-Michel
  • L. Poulain, « Le miracle de la Pèlerine et les pèlerinages d’enfants », n°38, 1930, p.123-126.
  • L. Poulain, « Les pèlerinages d’enfants au Mont-Saint-Michel, leurs sources, 295-298.», n°33, 1927, p.123-126.
  • Sauvanaud (Chanoine M. L.), « Les pèlerinages – Les coutumes, de 730 à 1800 », n°61,1952-1953, p. 911-913.
  • Riquet (R.P. Michel, s.j.), « Le pèlerinage de Saint Louis au Mont en 1256 », n°76, 1971, p. 17-24.

Notes et références

  1. David Nicolas-Méry et François Saint-James, Le Tour du Mont en 1300 ans, éd. Ouest-France, 2011.
  2. Henri Voisin, Le Mont-Saint-Michel, impr. H. Rebuffé, Fougères, sd, p. 10.
  3. Mickaël Corre, « Le Mont Saint Michel, renaissance d'un pèlerinage oublié », La Croix, 2-3 août 2014, p. 2.
  4. Association Les Chemins de saint Michel (site officiel en ligne).
  5. « Les chemins du Mont ressuscités », Manche Informations, n° 32, 1999, p.33
  6. David Nicolas et François Saint-James, « Le tour du Mont en 1300 ans », éd. Ouest-France, 2011

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