Mortain

De Wikimanche

Mortain est une ancienne commune du département de la Manche, commune déléguée au sein de Mortain-Bocage depuis le 1er janvier 2016.

Mortain est une sous-préfecture de 1800 à 1926.


Mortain.png Blason de la commune déléguée de Mortain
(commune de Mortain-Bocage)
Coordonnées de la mairie annexe Logo-Mairie.png
48° 38' 52.09" N, 0° 56' 29.75" W (OSM)
Arrondissement Avranches
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Canton Mortainais (bureau centralisateur)
Ancien canton Mortain (chef-lieu)
Intercommunalité CA Mont-Saint-Michel-Normandie
Gentilé Mortainais(es)
Population 132 hab. (2015)
Superficie 7,44 km²
Densité 18 hab./km2
Altitude 102 m (mini) - 327 m (maxi)
Code postal 50140
N° INSEE 50359
Maire délégué Hervé Desserouer

Vue aérienne du centre ville.
Vue aérienne du centre ville.


Géographie

Situé dans la vallée de la Cance, creusée dans un massif de grès, qui forme deux cascades.

Histoire

Le nom de Mortain proviendrait de Mauritanus, évoquant les Maures des légions romaines, ou du nom de personne germanique Martwin.

Ruines du château de Mortain, gravure de 1839

L'origine de Mortain est indécise. Si certains auteurs invoquent une fondation par les Romains, les premières mentions de la cité ne sont contemporaines que des invasions normandes [1].

Capitale du comté de Mortain, rattaché au duché de Normandie en 933, Mortain possède un château dès le milieu du XIe siècle. Son baron, Guillaume Werleng, appartient aux rebelles qui s'opposent au jeune duc Guillaume de Normandie. Banni, son fief est donné par Guillaume à son demi-frère, Robert. Le comté s'étend alors sur le Maine, le Cotentin, l'évêché de Lisieux, jusqu'à Quillebœuf et Honfleur [1]. Mortain élargit alors son influence à l'Avranchin.

En 1082, le nouveau comte fait bâtir une église dédiée à saint Évroult à Mortain, et le prieuré bénédictin de Notre-Dame-du-Rocher[1].

À sa mort, le titre de comte de Mortain revient à son fils, Guillaume, qui se voit confisquer ses biens en Angleterre après avoir pris le parti de Robert Courte-Heuse, prétendant au trône, puis à Robert de Vitré, fils d'Agnès de Mortain et d'André de Vitré. Mais Henri Ier d'Angleterre s'en empare pour le donner en 1112 à son neveu, Étienne de Boulogne, qui lui même revendique ensuite le trône d'Angleterre aux dépens de Mathilde l'Emperesse et son mari, Geoffroi Plantagenet. Lors de cette guerre de succession, le Mortainais est ravagé à plusieurs reprises par les soldats de Mathilde basés à Domfront sous les ordres des capitaines Enguerrand et Alexandre de Benhau. Geoffroi Plantagenet prend la ville en 1137, Étienne la reconquiert peu après jusqu'à sa soumission à Mathilde en 1152. Le fils d'Étienne, Guillaume de Boulogne, retrouve le titre de comte de Mortain jusqu'à sa mort. Son genre, Mathieu de Flandres, est privé de l'héritage par Henri II [1].

Jean sans Terre reçoit le comté de Mortain par le testament de son père, possession que confirme son frère, Richard-Cœur-de-Lion, en 1190[1].

Des soldats américains patrouillent dans Mortain détruit (août 1944).

Le roi de France, Philippe-Auguste, unit en 1202 son fils Philippe Hurepel à Mathilde de Dammartin, issue de la famille de Boulogne, à condition qu'elle ait en dot les comtés de Mortain, de Dammartin et de Boulogne. Après la reconquête de la Normandie en 1204, Renaud de Dammartin, père de Mathilde, reçoit le comté de Mortain, mais le suspectant de félonie, Philippe-Auguste le sommé de lui remettre toutes ses places fortes, et face au refus du comte, il assiège Mortain qui tombe en trois jours. Renaud se réfugie auprès de l'empereur Othon d'Allemagne jusqu'à sa capture à Bouvines en 1214 et son emprisonnement à Péronne, où il meurt [1].

Philippe Hurepel reçoit les seigneuries dues à son alliance avec Mathilde de Dammartin, puis Louis VIII se réserve la garde du château de Mortain en 1223, et Louis IX réunit le comté au domaine royal en 1270. Philippe-le-Hardi l'offre à Jeanne, fille unique de Louis-le-Hutin, en échange du royaume de Navarre et du comté de Champagne et de Brie en 1319, qui épouse Philippe-le-Bon, comte d'Évreux. Érigé en comté-pairie par Philippe de Valois en 1331, Mortain devient possession de leur fils, Charles-le-Mauvais, en 1343, en même temps que la Navarre et le comté d'Évreux. Charles-le-Mauvais s'alliant avec les Anglais, Mortain est assiégé vainement par le roi de France en 1354 mais lui est remis l'année suivante. Du Gesclin reprend la place en 1378 pour Charles V, et fait raser les fortifications[1].

À la fin de l'Ancien régime, les comté et châtellenie de Mortain ressortent du diocèse d'Avranches et de la généralité de Caen. La cité est le chef lieu de l'élection de Mortain et le siège d'un bailliage, d'une vicomté, et d'une maîtrise particulière des eaux et forêts.

La commune fusionne entre 1790 et 1794 avec Le Rocher.

Elle est le lieu de féroces combats lors de la Libération d'août 1944. Bombardée par les Allemands dès le début du débarquement allié, la ville est détruite par des incendies dans la nuit du 5 au 6 août 1944.[2]. Puis vient le temps de la reconstruction.

Mortain fusionne le 1er janvier 2016 avec Bion, Notre-Dame-du-Touchet, Saint-Jean-du-Corail et Villechien pour former la commune nouvelle de Mortain-Bocage[3].

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793.
À partir du 21e siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[4]. En 2015, la commune comptait 132 habitants.

           Évolution de la population depuis 1793  [modifier] (Sources : Cassini [5] et INSEE [6])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
2 439 2 650 2 376 2 527 2 511 2 521 2 523 2 429 2 514 2 560
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
2 490 2 443 2 378 2 337 2 397 2 408 2 231 2 411 2 212 2 229
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
1 909 1 603 1 673 1 707 1 786 1 364 1 947 2 145 2 339 2 683
1982 1990 1999 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
2 644 2 416 2 191 1 893 1 875 1 812 1 767 1 733 1 698 1 687
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
1 685 132 132
Notes : De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Sources :
Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis INSEE à partir de 2004.



Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

  • Généralité : Caen.
  • Élection : Mortain.
  • Sergenterie : Hallé.

Circonscriptions administratives depuis la Révolution

Les maires

Liste des maires depuis 1945
Période Identité Parti Qualité Observations
1945-1947 Charles Jouenne
1947-1968 Louis Hourdin
1968-1983 Gilles Buisson médecin
1983-1995 Gabriel Destais notaire
1995-2008 Noël Blin médecin
2008-2014 Michel Desfoux retraité
2014-actuel Hervé Desserouer
Sources :liste établie par Jean Pouëssel et Jacqueline Langlois pour 601 communes et lieux de vie de la Manche. [8]
.




Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour signaler une erreur cliquez ici)
Lundi 8 h 30 - 12 h 13 h 30 - 18 h
La mairie (2014).

La mairie (2014).

Adresse : 2 rue du 12e Arrondissement
50140 Mortain-Bocage

Tél. 02 33 79 30 30
Fax : 02 33 59 75 70

Courriel : Contacter la mairie

Site internet : Officiel

Commentaire :

Source : Site web de la commune (15 mai 2017)

Mardi 8 h 30 - 12 h 13 h 30 - 16 h 30
Mercredi 8 h 30 - 12 h 13 h 30 - 16 h 30
Jeudi 8 h 30 - 12 h 13 h 30 - 16 h 30
Vendredi 8 h 30 - 12 h 13 h 30 - 18 h
Samedi - -



Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Circonscriptions ecclésiastiques en 2011

  • Diocèse : Coutances et Avranches.
  • Archidiaconé : Avranches.
  • Doyenné : Mortainais.
  • Curé-doyen : Père Philippe Navet.
  • Pôle missionnaire et spirituel du Sud-Manche (rue de la 30e D.A.).

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Lieux et monuments

Affiche de Charles Hallé pour les Chemins de fer de l’État « Excursions en Normandie », vers 1910.
  • Abbaye Blanche : ancienne abbaye cistercienne, fondée en 1105, et affiliée à celle de Cîteaux.
  • Collégiale Saint-Évroult : collégiale de style gothique, reconstruite au 13e.
  • Monument 30th Infantry Division dédié aux soldats qui combattirent dans le secteur de Mortain en août 1944. La division était commandée par le Major General Leland S. Hobbs[9].
  • Plaque 120e Régiment d'infanterie / Vitrail SHAEF rappelant les combats des soldats du 2nd Battalion du 120th US Infantry Regiment, qui résistèrent sur ces hauteurs du 7 au 12 août 1944. Le 120th US Infantry Regiment était commandé par le Colonel Hammond D. Birks. À la fin des combats les défenseurs, surnommés le « bataillon perdu », avaient subi 227 pertes (tués, prisonniers et disparus). Au-dessus de l'entrée de la chapelle, on peut voir un vitrail représentant l'emblème du Supreme Headquarter Army Expeditionnary Force[9].
  • Plaque 3e Division blindée commémorant l'engagement du CCB de la 3rd US Armored Division dans ce secteur, en soutien de la 30th US Infantry Division face à l'offensive Lüttich[9].
  • Plaque espace Frank Towers en l'honneur du vétéran du 120th Infantry Regiment de la 30th US Infantry Division[9].
  • Panneau cote 314 signalant la cote 314, qui fut l'un des points de résistance des soldats américains[9].
  • Petite chapelle ou chapelle Saint-Michel.
  • Grande cascade sur la Cance.
  • Petite cascade sur le Cançon.
  • Montjoie : colline au sommet de laquelle est située la chapelle Saint-Michel.
  • Les Quatre Vents.
  • Rocher de l'Aiguille (pratique de l'escalade).
  • Rocher Brûlé

Galerie de photos

Personnalités liées à la commune

Naissances

Décès

Autres

Économie

  • Acome, société coopérative spécialisée dans la fabrication de câbles et de fibres optiques (1 200 employés).
  • Transports du Petit Cançon, transport routier.

Transports

Lignes Manéo

Éducation

Culture

  • Salon du livre, créé en 1999

Sports

  • Athlétisme : Avenir Athlétisme.
  • Basket-ball : Basket club mortainais.
  • Badminton.
  • Cyclisme : Vélo-club Sourdeval-Mortain ; Union cycliste du Mortainais (fusion du VC Sourdeval-Mortain et de la Roue d'or teilleulaise)
  • Danse : Association Entr'n Danse.
  • Football : Jeunesse sportive de la Cance (équipes de jeunes, avec Romagny et Fontenay) ; Avenir de Mortain (disparu) ; Union sportive mortainaise (regroupant l´Avenir de Mortain et le RFCB (Romagny-Fontenay-Chèvreville-La Bazoge) depuis 2008).
  • Escalade : La Grimpe.
  • Gymnastique volontaire.
  • Handball : HB Mortainais
  • Hippisme : Société hippique du Mortainais.
  • Judo : Dojo mortainais ; Association de développement du judo dans le Sud-Manche (ADJSM).
  • Karaté : Karaté club mortainais.
  • Natation : piscine ; aqua-gym.
  • Rugby : Club de l'Ovalie Mortainais.
  • Tennis : Tennis Sud Manche, regroupant les clubs de Mortain et de Saint-Hilaire-du-Harcouët.
  • Tennis de table : Entente mortainaise de tennis de table (EMTT).
  • Tir.
  • Yoga.

Hommage

Bibliographie

voir l'article détaillé Bibliographie de Mortain

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4, 1,5 et 1,6 Aristide Guilbert, « Mortain », Histoire des villes de France, volume 5, Furne et cie, 1848
  2. Michel Coupard, Jack Lecoq et Sylvette Gauchet, Le Sud-Manche, éd. Alan Sutton, 2008, p. 154
  3. L'arrêté préfectoral n° 15-219 fixant les conditions est publié le 14 décembre 2015. « Arrêtés portant création de communes nouvelles », manche.gouv.fr, décembre 2015 (lire en ligne).
  4. Au début du 21e siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  5. Population avant le recensement de 1962.
  6. INSEE : Population depuis le recensement de 1962.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. 8,0 et 8,1 « 601 communes et lieux de vie de la Manche », René Gautier et 54 correspondants, éd. Eurocibles, 2014, p. 425
  9. 9,0, 9,1, 9,2, 9,3 et 9,4 Monument commémoratif Mortain

Liens internes

Liens externes