Oscar Havard

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Oscar Havard.

Oscar Havard, Jean, Joseph, né à Villedieu-les-Poêles le 24 mai 1845, décédé à Paris (7e arrondissement) le 25 mai 1922, et inhumé à Saint-Pair-sur-Mer, est un homme de lettres, historien et journaliste originaire de la Manche et installé à Paris. Il est aussi connu sous le nom de Havard de la Montagne, tout comme son père Jacques (1809-1855), capitaine de la Garde Nationale et industriel à Villedieu-les-Poêles.

Biographie

Issu d'une vielle famille normande installée à Villedieu-les-Poêles depuis le XVIe s., il débute ses études dans sa ville natale à l'Institution Lemoine , puis entre au Petit séminaire de Notre-Dame de l'Abbaye Blanche, près de Mortain où il effectue ses études secondaires.

A 19 ans, il s'engage dans le journalisme en 1864, en intégrant à la demande de M. Beau, la rédaction politique et littéraire du Journal d'Avranches, qu'il vient d'acheter, et de la Semaine religieuse de Coutances et d'Avranches, qu'il vient de fonder sous les auspices de Mgr Bravard. Le Journal d'Avranches est une feuille d'opposition monarchique et catholique qui mène une campagne contre L'Avranchin, organe gouvernemental et démocratique. En novembre 1865, il quitte la Normandie pour la Bretagne et entre au Conteur Breton de Ludovic Hamon. Ses articles sont parfois signés Octave d'Irmoy ou H. Pern. En juin 1866, il s'installe définitivement à Paris et entre au journal Le Croisé et à la Revue du monde catholique, puis au quotidien Le Français et comme rédacteur en chef (1869) de L'Avenir catholique.

La guerre de 1870 survient. Le 27 août, Havard rejoint le bataillon de la Garde mobile d'Avranches, où il est incorporé en qualité de lieutenant de la compagnie de Villedieu, sous les ordres du commandant Arthur de Clinchamps. Il prend part à la campagne de la Loire. Lors du dernier combat livré à Sillé-le-Guillaume (Sarthe) le 19 janvier 1871, il commande la compagnie de Villedieu. À la suite de la campagne, par décret du 28 septembre 1875, Havard est nommé, par le ministre de la Guerre, capitaine au 79e territorial de Granville.

À l'issue de la guerre, Havard rentre à Paris où il intègre en 1872 la rédaction du journal Le Monde (ne pas confondre avec l'actuel quotidien du même nom, héritier du Temps) sous la direction d'Armand Ravelet. On lui confie la rédaction parlementaire de la Correspondance française. L'année suivante, il dirige la Correspondance A Z, du groupe de droite de l'Assemblée nationale.

Le 16 mai 1872, il prête son concours au Ministère de l'Intérieur, et ce jusqu'à la chute du gouvernement. Il refuse par la suite toutes les propositions qui lui sont faites de conserver ses fonctions dans le gouvernement suivant.

Sous les pseudonymes de H. de La Montagne (Salut public de Lyon), de Ménalque, de Valère, etc, il est le correspondant de plusieurs journaux conservateurs des départements. Il envoie aussi des correspondances à de nombreux journaux étrangers.

Il suit de près le mouvement folkloriste en France. Il écrit sur ce sujet des chroniques et des études qu'il publie. Un grand nombre de légendes, de contes et de chansons ont paru dans les journaux tels la Semaine des Familles, La France Illustrée, etc.

Rédacteur au journal Le Monde, il traite des questions politiques et d'ordre parlementaire avant de fournir des articles sous la rubrique Au jour le jour, qui furent très remarqués. Egalement longtemps rédacteur au quotidien Le Soleil il en devient le directeur (avec Arthur Loth) en 1913.

Il meurt à son domicile, 109 rue de Grenelle à Paris. Il est inhumé dans le cimetière de Saint-Pair-sur-Mer où il passait de nombreux étés au chalet Saint-Paterne. Il est le père de Robert Havard de La Montagne (1877-1963), écrivain et respectivement journaliste à L'Express du Midi, Le Nouvelliste de la Sarthe, Le Nord patriote et à L'Action française, et de Georges Havard de la Montagne (1883-1936), journaliste successivement à L'Echo rochelais, au Télégramme des provinces de l'Ouest, au Nouvelliste de Lyon, à L'Express du Midi et à la Revue des lectures.

Chevalier de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand (1882), il est l'un des fondateurs en 1886 de la Corporation des publicistes chrétiens. Il figure parmi les personnalités qui ont patronné en octobre 1914 la fondation du Collège d'Hulst à Paris (actuellement situé 21 rue de Varenne).[1].

Œuvres

  • Le futur concile et les questions qu'il soulève, suivi de la bulle Aeterni Patris (Paris, 1868)
  • Le Mont Saint Michel, guide du pèlerin et du touriste (Paris, 1873)
  • Le Moyen Âge et ses institutions (Tours, 1876, in-8)
  • Guide de Rome... suivi d'un manuel de conversation en italien et en français (Paris, 1877)
  • Les Femmes illustres de la France (Tours, 1885, 4 réimpressions entre 1886 et 1901)
  • Ernest Hello et Georges Seigneur (Paris, 1885, tiré-à-part extrait du journal Le Monde du 4 août 1885)
  • M. Ed. Drumond... (Paris,1886, brochure 42 p.)
  • Les Fêtes de nos pères (Tours, 1898)
  • Villedieu-les-Poêles, sa commanderie, sa bourgeoisie, ses métiers (en collaboration avec J. Grente, Paris, 1899, 1900, 2 vol.)
  • La Persécution et la résistance (Paris, 1907)
  • Histoire de la Révolution dans les ports de guerre (Paris, 1911, 1913, 2 vol.) Prix Montyon de l'Académie française
  • Jeanne d'Arc, la libératrice de la France (Paris, 1916, Collection Historique Populaire, n° 3)
  • Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche (Paris, 1916, Collection Historique Populaire, n° 14)
  • Marie-Antoinette, reine de France [sous le pseudonyme H. de Villeneuve], (Paris, 1916, Collection Historique Populaire, n° 8)
  • Le Prêtre-soldat dans l'histoire (Paris, 1918). Prix Montyon de l'Académie française.

Source

  • Dictionnaire universel... de la France contemporaine, Jules Lermina (Paris, 1885).
  • Nouvelle biographie normande, Oursel, tome I (1886) et 2e supplément (1912).
  • Dictionnaire international des écrivains du jour, A. de Gubernatis, tome II ( Paris, 1890).
  • Dictionnaire biographique comprenant la liste et les biographies des notabilités... du département de la Manche (Paris, 1894).
  • Dictionnaire biographique international des écrivains, Henry Carnoy, tome III (Paris, 1899).
  • Polybiblion, revue bibliographique universelle, tome 94, 1922, p. 299.
  • Bulletin de l'Association des journalistes parisiens, 1923, n° 38, p. 32.
  • Catholicisme hier, aujourd'hui, demain, fascicule 19 (Paris, 1958).
  • Dictionnaire de la politique française, Henry Coston, tome II (Paris, 1972).
  • Dictionnaire de biographie française, tome XVII (Paris, 1989).
  • Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, R. Aubert, tome XXIII (Paris, 1990).
  • Contes populaires de Haute-Normandie..., Jean-Louis Le Craver, p. 415 (La Bouèze, 2007).
  • La Voix du patrimoine de Sienne, n° 39, mai 2011, page 8, association Saint-Pair Vivum [1].

Notes et références

  1. La Semaine religieuse de Paris, n° 3155 du samedi 27 juin 1914, p. 990 et Bulletin de l'Institut catholique de Paris, année 1914, p. 143