Beuzeville-la-Bastille est une commune du département de la Manche.
[modifier] Attestations anciennes
- Bosonis villa 1082 [1].
- [acc.] Bosonisvillam, [gén.] Bosonisville 1106/1135 [2].
- in nundinis sancti Clementis de Beusevilla 1237 [3].
- Beusevilla in Bautheis 1320/1325 [1].
- la bastide de Beuseville 1374 [2].
- Beuzeville en Bauptez 1417 [1].
- ecclesi[a] de Beusevilla 1332 [4].
- Beusevilla 1351/1352 [5].
- à la bastille de Beuseville 1553 [6].
- Beuseville en Bautes 1553 [7].
- Beuzeville en Bautés 1554 [8].
- Beuseville en Bauttez 1554 [9].
- Beuzeville en Baupte 1612/1636 [10].
- Beuzeville en Bautois 1677 [11].
- Beuzeville en Beauptois 1713 [12].
- Beuzeville la Bastille 1753/1785 [13].
- Beuzeville-en-Bauptois 1789 [2].
- Beuzeville-la-Bastille 1791 [1].
- Beuzeville sur Douve 1793 [14].
- Beuzeville-la-Bastille 1801 [15], 1803/1804 [2], 1828 [16].
- Beuzeville-la Bastille 1854 [17].
- Beuzeville-la-Bastille 1903 [18].
- Beuzeville-la-Bastille 1962 [19], 1972 [20].
- Beuzeville la Bastille 1978, 1993 [21].
Toponyme médiéval en -ville (élément issu du gallo-roman VILLA « domaine rural »). L'ensemble des spécialistes s'accorde à penser que le premier élément est l'anthroponyme (nom de personne) d'origine germanique (francique) Boso [22], d'où le sens global de « domaine rural de Boso » [23]. L'emploi de ce nom au Moyen Âge en Normandie paraît également à l'origine du nom de famille Beux, centré sur la Seine-Maritime.
Un souci d'exhaustivité nous pousse à considérer une autre hypothèse concernant ce premier élément, qui n'a apparemment été avancée par personne, à notre connaissance : celle d'un nom de personne scandinave, ce qui n'aurait ici rien d'extraordinaire. En l'occurrence, l'ancien norois Bósi, particulièrement bien attesté dans les sources danoises et suédoises (ancien danois Bosi, ancien suédois Bose), ainsi qu'en ancien norois de l'ouest sous la forme Bósi [24]. On le relève aussi en Angleterre sous les formes Besy, Besi, reposant sur la variante Bøsi [25]. Il s'agit tantôt d'un nom individuel, tantôt d'un sobriquet, dans les deux cas issu de l'ancien norois bósi « dodu, grassouillet; joufflu » [26]. En tout état de cause, on peut supposer une réfection francique de ce nom en Normandie, qui devient alors indifférenciable de Boso, et à laquelle pourrait également se rattacher le patronyme Beux.
Le premier déterminant de cette paroisse semble avoir été Beuzeville-la-Chaussée, selon les dires d'un antiquaire du 19e siècle [27], en référence à la voie antique dont quelques traces subsistent sur le territoire de la commune. L'auteur précise : « avant le 14e siècle ». Toutefois, les attestations formelles de cette appellation font défaut.
L'ancien français bastille (réfection française de bastide, d'origine provençale, par changement de terminaison) a désigné un ouvrage militaire isolé, parfois provisoire. Il s'est appliqué à l'ouvrage fortifié, attesté dès 1361, qu'avait fait construire Charles le Mauvais, alors qu'il tenait la majeure partie du Cotentin [1]. Adigard des Gautries et Lechanteur [2] en fournissent une mention de 1374 : la bastide de Beuseville assise nouvellement devant […] Saint Sauveur. Ce terme apparaît en tant que déterminant de Beuzeville sur la carte de Cassini (1753/1785), et n'a donc rien à voir avec une commémoration révolutionnaire de la prise de la Bastille, comme l'affirme curieusement François de Beaurepaire [1]. Tout au plus peut-on dire que son adoption officielle en est une conséquence, et remplace le déterminant -en-Bauptois (employé du 14e au 18e siècle), qui suggérait le nom d'un ancien doyenné et donc d'une circonscription ecclésiastique. Mais on notera également l'appellation alternative de Beuzeville-sur-Douve, d'après le nom du fleuve, qui apparaît brièvement à l'époque de la Révolution (sans que l'on puisse affirmer qu'il s'agit là l'une dénomination révolutionnaire).
Elle s'inscrit dans le Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin.
Évolution démographique depuis 1793 (Sources : Cassini[28] et INSEE[29])
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[modifier] Administration
[modifier] Circonscriptions administratives avant la Révolution
[modifier] Circonscriptions administratives depuis la Révolution
- Horaires d'ouverture
[modifier] Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution
- Dédicace de l'église paroissiale : Saint-Vincent.
- Patron (présentation) : l'abbé de Lessay.
- Fête patronale : ?
[modifier] Circonscriptions ecclésiastiques actuelles
[modifier] Lieux et monuments
- Église Saint-Vincent, d'origine gothique : La Trinité (16e), maître-autel (18e)
- Château de Plain-Marais (17e), inscrit à l'Inventaire des monuments historiques (IMH)
- Motte féodale du Câtelet.
- Port sur la Douve.
- Traces de voie romaine.
- Manoir du Gros Palmier (Grosparmy).
- L'Yvetot.
- Le Landais.
[modifier] Personnalités liées à la commune
- Centre d'élevage de trotteurs de réputation mondiale.
- Haras de Bellevent
[modifier] Notes et références
- ↑ 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4 et 1,5 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 79.
- ↑ 2,0, 2,1, 2,2, 2,3 et 2,4 Jean Adigard des Gautries & Fernand Lechanteur, “Les noms de communes de Normandie”, in Annales de Normandie XIII (juin 1963), § 313.
- ↑ Julie Fontanel, Le cartulaire du chapitre cathédral de Coutances, Archives départementales de la Manche, Saint-Lô, 2003, p. 438, § 198.
- ↑ Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 327F.
- ↑ Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, op. cit., 1903, p. 375D.
- ↑ Eugène Robillard de Beaurepaire et le Comte Auguste de Blangy, Le Journal du Sire de Gouberville (t. II), Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie XXXII, Caen, 1895, p. 22.
- ↑ Ibid., p. 27.
- ↑ Ibid., p. 111.
- ↑ Ibid., p. 132.
- ↑ Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BN, ms. fr. 4620].
- ↑ Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BN, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
- ↑ Dénombrement des généralités de 1713 [BN, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
- ↑ Carte de Cassini.
- ↑ Site Cassini.
- ↑ Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris.
- ↑ Louis Du Bois, Itinéraire descriptif, historique et monumental des cinq départements de la Normandie, Mancel, Caen, 1828, p. 394.
- ↑ V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
- ↑ Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
- ↑ Atlas de Normandie, Caen, 1962.
- ↑ Anne Vallez, Pierre Gouhier, Jean-Marie Vallez, Atlas Historique de Normandie II (économie, institutions, comportements), Université de Caen, Caen, 1972.
- ↑ Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
- ↑ Plus précisément, il s'agit d'une forme adjectivale Bosa « de Boso », accordée avec villa.
- ↑ L'anthroponyme Boso est l'hypocoristique d'un nom germanique dont le premier élément est bos- « mauvais », tels que Boswald; cf. Marie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, Paris, CNRS, t. I (les noms issus du germanique continental et les créations gallo-germaniques), 1968, p. 60b. L'élément bos- repose sur le radical germanique commun °baus- « enflé, gonflé », d'où « en colère; violent, emporté », et enfin « méchant, mauvais » (cf. ancien saxon bōsi; allemand böse, néerlandais boos « méchant, mauvais »; norvégien baus « fier; violent, emporté »), dérivé de la racine indo-européenne °bheu- « gonfler », au degré en o, soit °bhou-; cf. également l'anglais to boast « se vanter », initialement « se gonfler ».
- ↑ Lena Peterson, Nordiskt runnamnslexikon, Språk- och folkminnes-institutet, état du 30/09/2005, s.n. Bósi.
- ↑ Gillian Fellows-Jensen, Scandinavian Personal Names in Lincolnshire and Yorkshire, Copenhagen, Akademisk Forlag, 1968, p. 70, s.n. Bøsi.
- ↑ Ce mot repose lui aussi sur le germanique commun °baus- « enflé, gonflé ».
- ↑ M. Renault, « Histoire et Antiquités. Notes historiques et archéologiques », in Annuaire de la Manche, 1873 (45e année), p. 16.
- ↑ Population avant le recensement de 1962
- ↑ INSEE : Population depuis le recensement de 1962