Crasville

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Crasville est une commune du département de la Manche.

  • Prononciation. — API : [kʁɑ'vil]; transcription francisée : crâ-vil’.
Commune de Crasville Coordonnées géographiques de la mairie Logo-Mairie.png
49° 33' 8.71" N, 1° 20' 18.28" W (OSM)
Arrondissement Cherbourg-Octeville
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Canton Val-de-Saire
Ancien canton Quettehou
Intercommunalité CA du Cotentin
Gentilé Crasvillais(es)
Population 266 hab. (2015)
Superficie 7,18 km²
Densité 37 hab./km2
Altitude 2 m (mini) - 87 m (maxi)
Code postal 50630
N° INSEE 50150
Maire Jacqueline Hubert
Communes limitrophes de Crasville
Quettehou Quettehou Morsalines
Octeville-l'Avenel Crasville Mer de la Manche
Octeville-l'Avenel Aumeville-Lestre Aumeville-Lestre

Map commune FR insee code 50150.png


Toponymie

Attestations anciennes

Étymologie

Toponyme médiéval en -ville (du gallo-roman VILLA « domaine rural »), dont le premier élément pose un certain nombre de problèmes. Il a suscité diverses interprétations chez les spécialistes. On considère généralement qu'il s'agit d'un nom de personne (scandinave ou francique), mais quelques auteurs y voient l'ancien français cras « gras ». Ce type toponymique est en tous cas limité à la Normandie septentrionale (Manche, Eure, Seine-Maritime), et inconnu ailleurs. On le retrouve à deux autres reprises dans la Manche en tant que nom de hameau à Réville et Teurthéville-Hague.

  • Auguste Longnon [31] n'envisage qu'un anthroponyme : il rapproche Crasville de Crabec (comme Carville de Carbec, Varengeville de Varenguebec, etc.), et identifie le premier élément avec le nom de personne scandinave Krakr.
  • Auguste Vincent [32] ne propose aucune interprétation.
  • Albert Dauzat [33] est le premier à envisager deux solutions différentes : soit le nom de personne germanique Chramn (qui ne convient pas très bien ici, au vu des formes anciennes), soit l'ancien français cras « gras, gros ».
  • Marie-Thérèse Morlet [34] n'inclut pas ce type toponymique dans son ouvrage consacré aux noms de personnes dans les noms de lieux, ce qui signifie qu'elle rejette l'hypothèse d'un nom germanique (mais non celle d'un nom scandinave, cette catégorie n'y étant pas traitée).
  • François de Beaurepaire [1] se tourne résolument vers la solution reposant sur l'ancien français cras « gras », auquel il attribue le sens de « riche, important ». Il ajoute cependant un commentaire concernant ce mot, « jadis invariable au féminin », sur lequel il sera nécessaire de revenir plus bas. René Lepelley [35] reprend presque mot pour mot cette dernière analyse.
  • Ernest Nègre [36] voit dans le radical Cras- le premier élément d'un nom germanique tel que Crasmarus (forme latinisée), donc implicitement l'hypocoristique non attesté °Crasso [37].

L'hypothèse de l'ancien français cras appelle deux principales remarques :

  • Si le sens de « gras », d'où « fertile » pour une terre est attesté (en particulier par le dérivé crasserie « pâturages, champs gras et fertiles », et celui de « gros, important » par l'adverbe crassement « amplement », il n'en reste pas moins que la connotation du mot est souvent négative, comme elle l'était en latin où crassus signifiait « épais, gras, (trop) gros, grossier », etc. En ancien français, cras veut également dire « crasseux, grossier », et en tant que substantif, « graisse » et « crasse ». Dans le cadre de cette hypothèse, on pourrait donc tout aussi bien considérer le sens de « ville crasseuse », qui est également celui de la Merdosa villa à l'origine de l'actuelle Bonneville.
  • L'affirmation selon laquelle l'adjectif cras aurait été « invariable au féminin » (comprendre : ne prenait pas de terminaison féminine en -e) est très contestable. Nous n'en connaissons aucun exemple, et d'ailleurs ce mot n'aurait eu aucune raison de l'être : il repose sur le latin crassus, dont le féminin crassa a naturellement évolué en crasse « grasse ». Il semble qu'il se soit produit dans l'esprit de l'auteur de cette remarque une confusion avec les adjectifs dits épicènes en ancien français, tels que fort, grand, vert, tel, etc., tous issus d'adjectifs latins en -is (fortis, grandis, viridis, talis…) dont les formes masculine et féminine étaient identiques [38]. Ce n'est évidemment pas le cas de cras, qui devrait normalement générer une forme °Crasseville et non Crasville. La seule manière de justifier l'explication par l'ancien français cras est de le déclarer invariable, ce qu'il n'est manifestement pas [39].

En conséquence, il semble préférable de considérer comme plus vraisemblable l'hypothèse faisant du premier élément de ce toponyme un nom de personne. Sa localisation exclusive en Normandie septentrionale suggère fortement un anthroponyme d'origine scandinave, dont Krákr est apparemment le seul candidat possible [40], quoique la lénition du [-k] final pose un problème phonétique. En revanche, l'hypothèse émise par Ernest Nègre, à savoir celle d'un hypocoristique °Crasso d'origine germanique continentale, convient parfaitement d'un point de vue phonétique; sa seule faiblesse est que ce nom n'est pas attesté sous cette forme [41]. Rien ne permet, pour l'instant, de pencher pour l'une ou l'autre de ces explications.

Géographie

Elle s'inscrit dans le Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin.

Histoire

La commune fusionne en 1818 avec Grenneville.

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793.
À partir du 21e siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[42]. En 2015, la commune comptait 266 habitants.

           Évolution de la population depuis 1793  [modifier] (Sources : Cassini [43] et INSEE [44])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
381 453 460 661 642 614 588 554 510 457
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
445 438 381 422 384 365 341 342 322 329
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
323 295 276 286 281 285 256 219 211 186
1982 1990 1999 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
176 216 255 243 242 240 246 250 254 258
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
262 266 266
Notes : De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Sources :
Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[45] puis INSEE à partir de 2004.



Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

Circonscriptions administratives depuis la Révolution

Les maires

Liste des maires
Période Identité Parti Qualité Observations
1790-1792 Jean-François Viel
1792-1793 Guillaume Varette
1793-1795 Jean Hubert
1795-1796 Jacques Langlois
1796-1797 Jacques Legoupil faisant fonction
1797-1800 Noël Viel
1800-1807 Louis Hubvert
1807-1830 François Dursus de Carnanville
1830-1840 J. Cadel des Jardins
1840-1846 Auguste Halley cultivateur
1846-1848 Jean Godefroy
1848-1858 Louis Onfroy
1858-1876 Louis Creully
1876-1878 Jean Joly
1878-1888 Louis Creully
1888-1900 François Basroger
1900-1916 Bienaimé Pierre
1916-1919 Charles Lefrançois
1919-1935 Armand Hamel
1935-1971 Maurice Legoupil
1971-1995 Jean Joly SE agriculteur
1995-2008 Pierre Em SE agriculteur
2008-actuel Jacqueline Hubert SE agricultrice
Sources : État civil de 1790 à 1892 - De 1892 à nos jours : 601 communes et lieux de vie de la Manche
Toutes les données ne sont pas encore connues.


Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour signaler une erreur cliquez ici)
Lundi - -
La mairie (2014).

La mairie (2014).

Adresse : 11 Hameau Viel
50630 Crasville

Tél./Fax : 02 33 54 15 81

Courriel : Contacter la mairie

Site internet : Officiel

Commentaire :

Source : Site web de la communauté de communes (1 mai 2012)

Mardi - 15 h - 17 h
Mercredi - -
Jeudi - -
Vendredi - -
Samedi 9 h 30 - 11 h 30 -



Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Patronage

  • Dédicace de l'église paroissiale : Sainte-Colombe.
  • Patron (présentation) : l'archidiacre de Cotentin.
  • Fête patronale : ?

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Lieux et monuments

  • Pavillon de Grenneville (16e/19e), inscrit à l'Inventaire des monuments historiques (IMH)
  • Motte féodale de Grenneville
  • Maison forte de Carnanville (15e/17e) englobée dans des constructions plus récentes
  • Église Sainte-Colombe (16e/18e) : ensemble de trois autels, chaire en bois de chêne sculptée
  • La Cour de Crasville.
  • Église de Grenneville (13e/18e) : saint Antoine ermite (15e/16e)
  • Redoute du Lanier (17e)
  • Ferme de Tilly

Personnalités liées à la commune

Décès

Autres

Bibliographie

  • Joseph Decaens, « Sépultures franques à Grenneville, commune de Crasville », in Annales de Normandie, tome XV, n° 3, octobre 1965.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2 et 1,3 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 107.
  2. Léopold Delisle, Recueil des actes de Henri II, revu et publié par Élie Berger, Imprimerie Nationale, Paris, t. II, 1920, p. 153, § DCXXXIX.
  3. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 295D.
  4. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, op. cit., p. 380F.
  5. Eugène Robillard de Beaurepaire et le Comte Auguste de Blangy, Le Journal du Sire de Gouberville (t. II), Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie XXXII, Caen, 1895, p. 624.
  6. Ibid., p. 764.
  7. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BnF, ms. fr. 4620].
  8. Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BnF, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  9. G. Mariette de La Pagerie, cartographe, Unelli, seu Veneli. Diocese de Coutances, divisé en ses quatre archidiaconés, et vint-deux doiennés ruraux avec les Isles de Iersay, Grenesey, Cers, Herms, Aurigny etc., chez N. Langlois, Paris, 1689 [BnF, collection d'Anville, cote 00261 I-IV].
  10. P. Mortier / H. Jaillot, Le Duché et Gouvernement de Normandie divisée en Haute et Basse Normandie, Amsterdam, 1695.
  11. Dénombrement des généralités de 1713 [BnF, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  12. Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
  13. Bernard Jaillot, Le Gouvernement général de Normandie divisée en ses trois généralitez, Paris, 1719.
  14. L. Brion de la Tour, Recueil des Côtes Maritimes de France, Desnos, Paris, 1757, carte n° 9-15.
  15. Carte de Cassini.
  16. Site Cassini.
  17. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris.
  18. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, impr. Baudouin, libr. Laporte, vol. II (COA-H), an XIII (1804), p. 96c.
  19. Louis Du Bois, Itinéraire descriptif, historique et monumental des cinq départements de la Normandie, Mancel, Caen, 1828, p. 432.
  20. Annuaire de la Manche (1829), Statistique de l'arrondissement de Valognes, p. 168.
  21. J. G. Masselin, Dictionnaire universel de géographie physique, commerciale, historique et politique du Monde Ancien, du Moyen Age et des Temps Modernes comparées / Dictionnaire universel de géographie, t. I, Auguste Delalain, Paris, 1830, p. 370b.
  22. Dictionnaire géographique universel ou description de tous les lieux du globe sous le rapport de la géographie physique et politique, de l’histoire, de la statistique, du commerce, de l’industrie, etc., etc., Sociétés de Paris, Londres et Bruxelles pour les publications littéraires, Bruxelles, 1837, t. I, p. 570b.
  23. V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
  24. Abbé Auguste Lecanu, Histoire du diocèse de Coutances et d'Avranches depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours; suivie des actes des saints et d'un tableau historique des paroisses du diocèse, impr. de Salettes, Coutances, t. II, 1878, p. 432.
  25. Carte de la Manche, in Adolphe Joanne, Géographie du département de la Manche, Hachette, Paris, 1889.
  26. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  27. Atlas de Normandie, Caen, 1962.
  28. Anne Vallez, Pierre Gouhier, Jean-Marie Vallez, Atlas Historique de Normandie II (économie, institutions, comportements), Université de Caen, Caen, 1972.
  29. Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
  30. Carte IGN au 1 : 25 000.
  31. Auguste Longnon, Les noms de lieux de la France, Paris, 1920-1929 (rééd. Champion, Paris, 1979), p. 281 § 1172 et p. 297 § 1252.
  32. Auguste Vincent, Toponymie de la France, Bruxelles, 1937.
  33. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963 (rééd. Guénégaud, avec supplément de Marie-Thérèse Morlet), p. 226a.
  34. Marie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, Paris, CNRS, t. III (les noms de personnes contenus dans les noms de lieux), 1985.
  35. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993, p. 103b.
  36. Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. II, 1991, p. 931, § 16627.
  37. Le bon abbé, qui a une sainte horreur des noms hypothétiques, tourne sa phrase de manière à circonvenir le tabou : « peut-être NP germ. Cras-, le 1er terme de Crasmarus ».
  38. Il nous en reste la grand-mère, la grand-route ou encore la grand-messe, ainsi que des locutions telles qu‘à grand peine ou avoir grand faim).
  39. Ma douce suer, m’amie chere, / Con [= comme] vos estieez tendre et crasse !, lit-on par exemple dans le Roman de Renart (édition Ernst Eduard Martin, t. 1, K. J. Trübner, Strasbourg / Ernest Leroux, Paris, 1882, p. 10, v. 320-321). L'adjectif cras s'accorde sans exception au féminin dans ce grand classique de la littérature médiévale des 12e-13e siècles.
  40. Cf. Geirr Bassi Haraldsson, The Old Norse Name, Studia Marklandica, I, Olney, MD, Markland Medieval Militia, 1977, p. 13 s.v. Krákr; Gillian Fellows-Jensen, Scandinavian Personal Names in Lincolnshire and Yorkshire, Copenhagen, Akademisk Forlag, 1968, p. 181, s.v. Krákr. Ce nom n'a pas d'étymologie assurée.
  41. L'élément Cras- d'un nom germanique tel que Crasmarus (forme latinisée de °Crasmari) représente la forme mutée de gras- « herbe ». Ce dernier est le radical du germanique commun °grasam « herbe » < indo-européen °gʰrə-so-m, dérivé du degré zéro de la racine °gʰrē- < °gʰreə- « pousser, croître; verdoyer » (cf. anglais grass « herbe »; grow « pousser, croître »; green « vert ».
  42. Au début du 21e siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  43. Population avant le recensement de 1962.
  44. INSEE : Population depuis le recensement de 1962.
  45. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.