Canville-la-Rocque

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Canville-la-Rocque est une commune du département de la Manche.

Commune de Canville-la-Rocque Coordonnées géographiques de la mairie Logo-Mairie.png
49° 20' 38.12" N, 1° 38' 12.35" W (OSM)
Arrondissement Coutances
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Canton Créances
Ancien canton La Haye-du-Puits
Intercommunalité CA du Cotentin
Gentilé Canvillais(es)
Population 134 hab. (2015)
Superficie 5,35 km²
Densité 25 hab./km2
Altitude 7 m (mini) - 43 m (maxi)
Code postal 50250
N° INSEE 50097
Maire Patrick Broquet
Communes limitrophes de Canville-la-Rocque
Saint-Lô-d'Ourville, Portbail Portbail Besneville
Saint-Lô-d'Ourville Canville-la-Rocque Besneville
Saint-Lô-d'Ourville Saint-Sauveur-de-Pierrepont, Denneville Neuville-en-Beaumont, Saint-Sauveur-de-Pierrepont

L'église Saint-Malo.
L'église Saint-Malo.


Toponymie

Attestations anciennes

  • Caunvilla ~1095 [vidimus de 1251] [1].
  • Caamvilla 1233 [1].
  • Caanvilla ~1280 [2].
  • Caanville 1308 [2].
  • ecclesia de Canvilla 1332 [3].
  • Canvilla 1351/1352 [4].
  • Canville 1612/1636 [5], 1677 [6], 1689 [7], 1713 [8].
  • Cãville 1716 [9].
  • Canville 1719 [10].
  • Cauville [lire Canville] 1749 [11].
  • Canville 1758 [12], 1753/1785 [13], 1793 [14], 1801 [15], 1804 [16].
  • Canville-Canteraine 1828 [17].
  • Canville 1829 [18], 1854 [19], 1825/1866 [20], 1889 [21], 1903 [22].
  • Canville-la-Rocque 1939 [2], 1962 [23].
  • Canville 1972 [24].
  • Canville la Rocque 1978, 1993 [25].
  • Canville-la-Rocque 2007 [26].

Étymologie

Toponyme médiéval en -ville (élément issu du gallo-roman VILLA « domaine rural »). L'identification du premier élément ne fait pas l'unanimité (c'est le moins que l'on puisse dire) parmi les spécialistes.

  • Albert Dauzat, sans citer (et donc sans connaître) de formes anciennes, y voit un nom de personne d'origine germanique Cano, soit « le domaine rural de Cano » [27]. Cette explication est difficilement compatible avec les formes du 11e au 14e siècle connues aujourd'hui.
  • Adigard des Gautries et Lechanteur [1], les premiers à recueillir les formes en Caun- et Caam-, voient clairement qu'elles présupposent l'amuïssement d'une dentale ([t] ou [d]) entre les deux voyelles, mais n'arrivent pas à percer le secret du premier élément.
  • Marie-Thérèse Morlet identifie l'initiale Caun- / Caam- / Caan- au nom de personne d'origine gallo-romaine Catonus, Catunus [28].
  • François de Beaurepaire [2] considère malgré tout le premier élément comme indéterminé.
  • Ernest Nègre propose, quoique dubitativement, le nom de personne scandinave Skamel [29]. Cette solution est elle aussi difficilement conciliable avec les premières attestations du toponyme, que l'auteur cite pourtant.
  • René Lepelley n'arrive pas à se décider, et reprend, faute de mieux, les deux dernières opinions : élément indéterminé, mais peut-être le nom de personne scandinave Skanel [30].
Site de Canville-la-Rocque et du hameau de Canteraine
sur la carte de Cassini

Le problème posé par ce toponyme est le suivant : les formes anciennes conviennent parfaitement, d'un point de vue phonétique, au nom de personne gallo-romain Catonus, Catunus, proposé par Marie-Thérèse Morlet. Malheureusement, les noms de lieux en -ville commencent à apparaître en Normandie vers les 7e / 8e siècles, époque à laquelle les noms gallo-romains sont déjà supplantés en toponymie par les noms d'origine germanique. C'est la raison pour laquelle les autres spécialistes se sont évertués à chercher dans cette direction; mais les propositions qu'ils ont faites pèchent du côté de la phonétique.

En fait, il existe un petit nombre de toponymes en -ville formés avec des noms gallo-romains. François de Beaurepaire [31] signale par exemple dans la Manche l'existence du lieu-dit Cloville < °Claudii villa « le domaine rural de Claudius » tout près de Clouay < °CLAUDIACU « (le domaine) de Claudius », tous deux formés sur ce nom de personne gallo-romain. L'apparition réelle des noms en -ville, nécessairement antérieure à leurs premières notations par écrit, a dû coïncider avec la fin des noms en -ACU, rendant possible une occasionnelle explication par un nom d'origine gallo-romaine. C'est la raison pour laquelle l'hypothèse de Marie-Thérèse Morlet semble la plus vraisemblable, d'où le sens probable de « domaine rural de Catonus / Catunus » pour le nom de Canville.

En raison de l'existence d'un autre Canville en Seine-Maritime (aujourd'hui Canville-les-Deux-Églises), l'appellation de Canville-Canteraine fut proposée en 1828 par Louis Du Bois pour la commune de la Manche. Le déterminant -Canteraine faisait référence à un hameau qui semble avoir disparu aujourd'hui : il était situé sur l'Olonde, à proximité de la Sivarderie et des Cailloux Quenault. Ce nom, attesté sur les cartes de Cassini (1753/1785) et d'État-Major (1825/1866) sous la forme Cantereine, est issu de l'ancien normand cante raine « chante grenouille », et désigne un lieu humide fréquenté par ces mélodieux batraciens (voir également cante- et Canteraine).

Le déterminant actuel -la-Rocque fut ajouté en 1939, d'après un autre hameau situé sur le territoire de la commune, et aujourd'hui subdivisé en la Rocque de Haut et la Rocque de Bas. On le trouve attesté sur la carte de Cassini sous la forme les Rocq, et sur la carte d'État-Major par la Roque de Ht et la Roque de Bas. Ce nom représente la forme normano-picarde du mot roche < gallo-roman ROCCA, très fréquemment employé en toponymie au sens de « château-fort, place fortifiée ».

☞ Le lieu-dit de la Rocque est identifié par Julie Fontanel [32] au Moulin de la Roque (molendinum de Roca 1063/1066) qu'elle localise à Canville-la-Rocque. Marie Fauroux, qui cite la même charte [33] ne fait pas cette identification. De fait, le type toponymique Moulin de la Ro(c)que ou Moulin de la Roche est très fréquent (moulin dépendant d'un château), et la localisation est ici problématique, aucun autre élément ne la permettant.

Géographie

Elle s'inscrit dans le Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin.

Histoire

Canville-la-Rocque fusionne le 1er janvier 1973 avec Denneville (mise en application de l'arrêté du 27 novembre 1972) avant de reprendre son indépendance le 1er janvier 1980 (arrêté du 17 décembre 1979).

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793.
À partir du 21e siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[34]. En 2015, la commune comptait 134 habitants.

           Évolution de la population depuis 1793  [modifier] (Sources : Cassini [35] et INSEE [36])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
487 518 523 568 586 597 502 522 503 487
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
460 416 397 365 337 321 285 277 250 256
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
232 207 219 202 214 240 228 216 201 182
1982 1990 1999 2004 2006 2007 2008 2009 2010 2011
158 146 129 131 128 129 129 130 130 132
2012 2013 2014 2015 2017 2018 2019 2020 2021 2022
133 133 134 134
Notes : De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Sources :
Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[37] puis INSEE à partir de 2004.



Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

Circonscriptions administratives depuis la Révolution

Les maires

Liste des maires
Période Identité Parti Qualité Observations
1793-1794 Charles Le Conte
1795-1797 Jean Sanson
1797-1797 Charles Le Conte
1798-1799 Jean Sanson
1799-1800 Guillaume Jean
1800-1816 Jean Sanson
1816-1823 LouisLeconte
1823-1824 Pierre Jean faisant fonction
1824-1835 Jean Sanson
1835-1840 Jacques Ferey
1840-1844 Pierre Hostingue
1844-1847 Jean Levéel
1848-1855 Pierre Hostingue
1855-1860 Jean Labanque
1860-1862 François Scelles faisant fonction
1862-1872 Bon François Canu
1872-1881 Jean Labanque
1881-1883 Bon François Canu décédé en exercice le 28 janvier 1883
1884-1894 Louis Mauger
1894-1915 Bon Célestin Canu
1915-1920 Céleste Cartel faisant fonction
1915-1920 Arsène Vasselin faisant fonction
1920-1925 François Piquot
1925-1930 Léon Guilbert
1930-1935 Jean Esnouf
1935-1937 Henri Broquet
1937-1945 Désire d'Hostingue
1945-1949 Louis Canu
1949-1956 Léon Guilbert
1956-1963 Louis Beuve
1963-1969 Bernard Roulland
1969-1972 Aristide Noël
1973-1977 Aristide Noël maire délégué[38]
1977-1979 Guy Roulland maire délégué[38]
1979-2001 Guy Roulland agriculteur
2001-2008 Robert Hurel SE blanchisseur-teinturier
2008-actuel Patrick Broquet SE agriculteur
Sources : État civil de 1790 à 1892 - De 1892 à 1964 : 601 communes et lieux de vie de la Manche.


Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour signaler une erreur cliquez ici)
Lundi - -
La mairie (2015).

La mairie (2015).

Adresse : Village de l'Église
50580 Canville-la-Rocque

Tél. 02 33 04 87 57
Fax : 02 33 52 29 81

Courriel : Contacter la mairie

Site internet : Pas de site officiel

Commentaire :

Source : Annuaire Service-Public (28 avril 2012)

Mardi - -
Mercredi - -
Jeudi - -
Vendredi 10 h - 12 h 14 h - 16 h
Samedi - -



Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Patronage

  • Dédicace de l'église paroissiale : Saint-Malo.
  • Patron (présentation) : patron laïc, le seigneur du lieu; Guillaume de Canteloup en 1332.
  • Fête patronale : ?

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Lieux et monuments

Place de l’église, halle avec un pressoir à pommes.
Borne « Saint-Jacques-de-Compostelle à 1 784 km ».
  • Village perché.
  • Église Saint-Malo (15e/17e/18e) : voûte peinte (15e), fresques (fin 15e) découvertes lors de travaux en 1990, mobilier (17e/19e).
  • Borne « Saint-Jacques-de-Compostelle à 1 784 km »
  • Place de l’église, halle avec un broyeur et un pressoir à pommes.
  • Château d'Olonde (16e/18e), inscrit à l'Inventaire des monuments historiques (IMH) : a servi de cadre au roman de Jules Barbey d'Aurevilly Une Histoire sans nom.
  • Ancien moulin à vent.
  • Vallon du Gris.
  • L'Hommée (17e).
  • La Rosière.

Personnalités liées à la commune

Naissance

Bibliographie

  • Erik Groult, « L'église Saint-Malo de Canville-la-Rocque », Patrimoine Normand, n° 24, décembre 1998 - janvier 1999, pp.10-13.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 Jean Adigard des Gautries & Fernand Lechanteur, « Les noms de communes de Normandie », in Annales de Normandie XVI (juin 1966), § 572.
  2. 2,0, 2,1, 2,2 et 2,3 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 91.
  3. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 332D.
  4. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 374A.
  5. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BNF, ms. fr. 4620].
  6. Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BNF, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  7. G. Mariette de La Pagerie, cartographe, Unelli, seu Veneli. Diocese de Coutances, divisé en ses quatre archidiaconés, et vint-deux doiennés ruraux avec les Isles de Iersay, Grenesey, Cers, Herms, Aurigny etc., chez N. Langlois, Paris, 1689 [BNF, Collection d'Anville, cote 00261 I-IV].
  8. Dénombrement des généralités de 1713 [BNF, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  9. Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
  10. Bernard Jaillot, Le Gouvernement général de Normandie divisée en ses trois généralitez, Paris, 1719.
  11. Nouvelle carte réduite de la Manche, Chez Mr Bellin, Paris, 1749 [BNF, Collection d'Anville, cote 00762 B].
  12. G. Robert de Vaugondy, Carte du gouvernement de Normandie, Paris, 1758.
  13. Carte de Cassini.
  14. Site Cassini.
  15. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris, 1801-1870.
  16. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, impr. Baudouin, libr. Laporte, vol. I (A-CNO), an XIII (1804), p. 538b.
  17. Louis Du Bois, Itinéraire descriptif, historique et monumental des cinq départements de la Normandie, Mancel, Caen, 1828, p. 412.
  18. Annuaire de la Manche (1829), Statistique de l'arrondissement de Coutances, p. 139.
  19. V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
  20. Cartes d’État-Major (relevés de 1825 à 1866, mises à jour jusqu’à 1889).
  21. Carte de la Manche, in Adolphe Joanne, Géographie du département de la Manche, Hachette, Paris, 1889.
  22. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  23. Atlas de Normandie, Caen, 1962.
  24. Anne Vallez, Pierre Gouhier, Jean-Marie Vallez, Atlas Historique de Normandie II (économie, institutions, comportements), Université de Caen, Caen, 1972.
  25. Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
  26. Carte IGN au 1 : 25 000.
  27. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963, p. 143a.
  28. Nom dérivé de Cato (radical Caton-), lui-même formé sur le cognomen latin Catus issu de l'adjectif catus « aigu, pointu », puis « fin, pénétrant », d'où « habile, avisé ».
  29. Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. II, 1991, p. 1021, § 18394.
  30. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993, p. 85b.
  31. Op. cit., p. 37.
  32. Julie Fontanel, Le cartulaire du chapitre cathédral de Coutances, Archives départementales de la Manche, Saint-Lô, 2003, p. 445, § 339.
  33. Marie Fauroux, Recueil des actes des ducs de Normandie (911-1066), Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XXXVI, Caen, 1961, p. 429, § 224.
  34. Au début du 21e siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  35. Population avant le recensement de 1962.
  36. INSEE : Population depuis le recensement de 1962.
  37. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  38. 38,0 et 38,1 pendant la fusion avec Denneville