Saint-James

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Saint-James est une commune du département de la Manche.


Blason ville fr Saint-James 50.svg Blason de la commune de Saint-James Coordonnées géographiques de la mairie Logo-Mairie.png
48° 31' 33.26" N, 1° 19' 28.42" W (OSM)
Arrondissement Avranches
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Canton Saint-Hilaire-du-Harcouët
Intercommunalité CA Mont-Saint-Michel-Normandie
Gentilé Saint-Jamais(es)
Population 4 902 hab. (2018)
Superficie 86,41 km²
Densité 57 hab./km2
Altitude 28 m (mini) - 151 m (maxi)
Code postal 50240
N° INSEE [1] 50487
Maire David Juquin
Communes limitrophes de Saint-James
Pontorson Saint-Senier-de-Beuvron Saint-Senier-de-Beuvron
Pontorson Saint-James Montjoie-Saint-Martin
Pontorson Le Ferré (Ille-et-Vilaine) Le Ferré (Ille-et-Vilaine)

50487-Saint-James-Sols.png
Infrastructure et occupation des sols en 2018.


Géographie

Saint-James est située dans le sud du département, à la frontière avec l'Ille-et-Vilaine.

La commune subit dans les années 1960-1970 un remembrement radical qui détruit le bocage, haies, talus, etc. pour laisser placer à de grandes étendues de terres labourables[2].

Histoire

Saint-James, petite ville située aux confins de la Normandie et de la Bretagne, possède un riche passé. De par la configuration de son terrain et sa situation sur un éperon rocheux elle a joué jadis un rôle important dans la région.

Les premiers hommes s’y sont installés (pour preuve le polissoir de Saint-Benoît). Plus tard, les Gaulois y ont construit un pagus dans la vallée du Beuvron. Les Romains y ont aussi marqué leur passage (des monnaies ont été retrouvées dans les environs).

Cité normande

Plan de Saint-James au Moyen âge,
dressé par Émile-Aubert Pigeon.

Mais l’histoire de cette cité est mieux connue à partir du 10e siècle. Pour verrouiller de façon efficace la frontière avec la Bretagne, les premiers ducs normands construisent la Haye de Terre, énorme talus haut de 4 mètres, de 9 mètres de large à la base avec un fossé rempli d’eau de chaque côté. Cette levée de terre mesurait 1 300 mètres de long et joignait la vallée du Beuvron à celle de la Guerge.

Mais c’est à partir du 11e siècle que la cité prend son essor. Vers 1027 les ducs Robert le Magnifique (père de Guillaume le Conquérant) et Robert III (son oncle) élèvent le Prieuré et son église dédicacée à Saint Jacques le Majeur et donnée à l’abbaye royale de Fleury-sur-Loire.

Quarante ans plus tard, Guillaume le Conquérant bâtit le château (à l’emplacement de la place du Calvaire actuel) et édifie les remparts, dont il ne reste aujourd'hui que la Tour de la Redoute. Pour renforcer la défense, il fait noyer la vallée du Beuvron pour former trois étangs très profonds, séparés par des digues. Deux lignes de fortifications protégent alors Saint-James du côté de Pontorson à l’ouest. À cette époque, la ville est donc à l’abri des invasions.

Cité drapière

Peu à peu, la population de Saint-James augmente et le Moyen Âge voit la pleine expansion de la cité. Un commerce très fleurissant fait sa renommée :le bourg devient un bourg drapier. Une cinquantaine de drapiers fabrique jusqu’à 5 000 draps par an. L’artisanat parallèle se développe : la pelleterie, la tannerie, etc. Les moulins à blé, à tan, à foulon tournent à plein rendement. Quatre foires annuelles voient le jour (il ne subsiste que la Saint-Mathieu ou Saint-Macé, qui a lieu le dernier lundi du mois de septembre).

Malheureusement, la peste en 1362-1364 vient ralentir l’activité.

Au 15e siècle, la cité - qui s’appellle jusqu’alors Saint-Jacques-du-Beuvron - devient Saint-James suite à l’occupation anglaise (1378-1419). Au 16e siècle, les guerres de religions affaiblissent la place forte (démantèlement du château en 1590).

La Révolution

Pendant la Révolution de 1789, les chouans investissent la ville et les révolutionnaires séjournent au château de la Paluelle; la ville devient le siège de combats entre les bleus et les chouans bien implantés dans la région. Deux batailles ont marqué les annales : celle du 12 septembre 1795 et celle du 4 décembre 1795.

Saint-James s’appelle alors Beuvron-les-Monts.

XIXe siècle

En 1801, Saint-James absorbe Saint-Benoît-de-Beuvron.

Vers 1850, une industrie lainière se développe et remplace la fabrication des draps du Moyen Âge. Les filatures s’implantent aux Bas des Rivières et les Tricots Saint-James prennent le relais de cette tradition. Aujourd’hui, l’usine est en plein développement sur la zone industrielle employant plus de 300 personnes qui travaillent sur des machines à la pointe du progrès. Les Tricots Saint-James contribuent à la renommée mondiale de la ville.

A la fin du XIXe siècle, nouveauté à Saint-James : une usine de lanternes vénitiennes se développe et employe 300 ouvrières travaillant pour la plupart à domicile. Le renom de cette industrie atteind Paris et la fabrique se voit récompenser par l’attribution d’une médaille d’or à l’exposition universelle de 1889. Les lanternes sont expédiées hors de nos frontières, jusqu’au Japon. L’arrivée de l’électricité est la cause de la fermeture de l’usine en 1936.

XXe siècle

De 1901 à 1936, un tramway relie Saint-James à Avranches.

Dès 1940, quelques patriotes se regroupent à Saint-James pour lutter contre l'occupant allemand : ils ont à leur tête le docteur Mothay et Léon Desfontaines, lieutenant des sapeurs pompiers ; à partir de 1942, des réfugiés de Cherbourg viennent étoffer le groupe dont l'activité d'intensifie.

Saint-James est libérée le 1er août 1944 ; dès le lendemain, les Américains installent un terrain d'aviation provisoire sur la commune.

Du 5 au 9 août, la 2e DB du général Leclerc stationne au château de la Paluelle et dans les environs : à la ferme du Bourget à Saint-Aubin-de-Terregatte et autour du château de Chassilly à Saint-Senier-de-Beuvron [3]. Le campement est la cible de bombardements aériens allemands dans les nuits du 6 au 7 août et du 8 au 9 août, faisant plusieurs victimes parmi les soldats et le personnel de santé [3]. La 2e DB connait ainsi ses premières pertes humaines depuis son débarquement. Lors du passage de colonne Leclerc, 21 jeunes se joignent aux hommes de Leclerc, cinq ne sont pas revenus [3].

À proximité de la cité sur la commune de Montjoie-Saint-Martin, le cimetière américain rappelle le souvenir de 4 410 soldats morts au cours de la libération de notre pays.

Aujourd'hui

Lieu de passage depuis l’Antiquité, voie romaine au début du premier millénaire, chemin de Paradis pour les pèlerins du Mont Saint-Michel et aujourd’hui traversée par l’autoroute des estuaires (A84), Saint-James et son canton ont toujours attiré de nombreux visiteurs.

Le 1er janvier 2017, Saint-James fusionne avec Argouges, Carnet, La Croix-Avranchin, Montanel, Vergoncey et Villiers-le-Pré.

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793.
À partir du 21e siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[4]. En 2018, la commune comptait 4 902 habitants.

           Évolution de la population depuis 1793  [modifier] (Sources : Cassini [5] et INSEE [6])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
2 515 2 522 2 666 2 646 3 104 3 203 3 236 3 278 3 363 3 274
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
3 270 3 230 3 199 3 088 3 249 3 265 3 067 2 965 2 996 2 764
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
2 624 2 250 2 412 2 365 2 302 2 386 2 329 2 415 2 452 2 489
1982 1990 1999 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
2 766 2 976 2 917 2 735 2 706 2 678 2 687 2 678 2 718 2 758
2013 2014 2015 2016 2017 2018 - - - -
2 798 2 821 5 061 5 006 4 954 4 902
Notes : De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Sources :
Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis INSEE à partir de 2004.


Liste des communes déléguées de la commune nouvelle
Nom Code
Insee
Intercommunalité Superficie
(km2)
Population
(dernière pop. légale)
Densité
(hab./km2)
Canton
Saint-James (commune déléguée) 50487 CA Mont-Saint-Michel-Normandie 17,96 2 750 (2018) 153 Saint-Hilaire-du-Harcouët
Argouges 50018 CA Mont-Saint-Michel-Normandie 16,41 502 (2018) 31 Saint-Hilaire-du-Harcouët
Carnet 50100 CA Mont-Saint-Michel-Normandie 10,18 497 (2018) 49 Saint-Hilaire-du-Harcouët
La Croix-Avranchin 50154 CA Mont-Saint-Michel-Normandie 10,79 440 (2018) 41 Saint-Hilaire-du-Harcouët
Montanel 50337 CA Mont-Saint-Michel-Normandie 15,40 338 (2018) 22 Saint-Hilaire-du-Harcouët
Vergoncey 50627 CA Mont-Saint-Michel-Normandie 7,73 188 (2018) 24 Saint-Hilaire-du-Harcouët
Villiers-le-Pré 50640 CA Mont-Saint-Michel-Normandie 7,94 187 (2018) 24 Saint-Hilaire-du-Harcouët

Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

Les maires

Période Identité Parti Qualité Observations
1790-1792 Isaac Le Hurey
1792-1793... Jean André Masselin
.......-....... François Lemoyne ...1795...
.......-1797 Joseph Bailleul
1797-1798... Étienne Marie Roulier
.......-1808 C. Collin Deslongschamps ...1800
1808-1816 François de Carbonnel de Canisy
1817-1847 Eugène Sursois médecin
1847-1848 P.M. Besnard-Locherie
1849-1849 Eugène Sursois
1849-1850 Louis Despreaux
1850-1855 P.M. Besnard-Locherie
1855-1874 Valentin Belloir
1874-1888 Hippolyte Morel, père juge de paix
1888-1919 Hippolyte Morel, fils homme politique auditeur au Conseil d'État
1919-1925 André Payen
1925-1934 Léon Legallais chef d'entreprise propriétaire des filatures Saint-James
1934-1935 Jules Gardin teinturier
1935-1945 Léon Legallais chef d'entreprise propriétaire des filatures Saint-James
1945-1954 Jacques Guesnier comptable
1954-1959 Martial Gérard quincaillier
1959-1983 Charles Houssard notaire
1983-1983 Louis Ménard commerçant
1983-2014 Michel Thoury UMP chirurgien dentiste président de la CC de Saint-James depuis 1993
2014-2017 Nathalie Panassié maire déléguée à compter de 2017 création de la commune nouvelle
2017-2020 Carine Mahieu enseignante conseillère départementale pour le canton de Saint-Hilaire-du-Harcouët (2015)
2020-actuel David Juquin SE comptable maire délégué également
Source : liste établie par Jean Pouëssel et Jean-Pierre Bagot pour 601 communes et lieux de vie de la Manche. [8]
À compléter.

--- Pour les anciens maires des communes historiques, voir les sections « Administration » de : Argouges, Carnet, La Croix-Avranchin, Montanel, Vergoncey et Villiers-le-Pré.

Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour envoyer un mail et signaler une erreur cliquez ici)
Lundi 9 h - 12 h 14 h - 17 h 30
La mairie.

La mairie.

Adresse : 21, rue de la Libération
50240 Saint-James

Tél. 02 33 89 62 00
Fax : 02 33 89 62 01
Courriel : Contacter la mairie
Site internet : Officiel
Commentaire :
Source : Annuaire Service-Public (3 juillet 2021)

Mardi 9 h - 12 h 14 h - 17 h 30
Mercredi 9 h - 12 h 14 h - 17 h 30
Jeudi 9 h - 12 h 14 h - 17 h 30
Vendredi 9 h - 12 h 14 h - 17 h
Samedi 9 h - 12 h -


Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Lieux et monuments

Patrimoine religieux
Patrimoine militaire
Patrimoine civil

Personnalités liées à la commune

Naissances

Décès

Autres

Économie

Entreprises

Éducation

  • Collège Le Clos-Tardif
  • Collège de l'Immaculée-Conception (privé)
  • Groupe scolaire Michel-Thoury (publique, primaire)
  • École de Vergoncey (RPI Vergoncey/La Croix-Avranchin)
  • École de La Croix-Avranchin (RPI Vergoncey/La Croix-Avranchin)

Animations

Associations

  • Club de l'amitié
  • Saint-James Événements

Sports

  • Badminton : Association omnisports cantonale
  • Basket-ball : Association omnisports cantonale
  • Boxe
  • Cyclisme : Vélo club saint-jamais
  • Cyclotourisme : Cyclotouriste Saint-James
  • Équitation
  • Football : Patriote Saint-Jamaise, club omnisports fondé en 1909, à l'origine destiné à la préparation militaire (sections athlétisme, football, tir, préparation militaire et surtout gymnastique). Il ne subsiste aujourd'hui que la section football.
  • Judo : Judo club de Saint-James
  • Marche nordique : Nordik Saint-James
  • Randonnée : Saint-James Randonnée
  • Tennis
  • Tennis de table : TT Saint-James

Bibliographie

Livres
  • Victor Ménard, Histoire de la ville et du château de Saint-James de Beuvron , imprim. de A. Perrin, Avranches, 1891(lire en ligne)
  • Victor Ménard, Histoire religieuse, civile et militaire de Saint-James de Beuvron, depuis sa fondation jusqu'à nos jours, d'après les documents d'archives, avec le plan de la ville et du château au moyen âge, Impr. de A. Perrin, Avranches, 1897 (lire en ligne)
Articles

Notes et références

  1. Le code INSEE des communes nouvelles est celui de leur chef-lieu (en général l'ancienne commune principale), les codes INSEE des autres communes sont supprimés. Source Préfecture de la Manche.
  2. Un ancien bocage délibérément ouvert par les remembrements au sud de Ducey (lire en ligne)
  3. 3,0 3,1 et 3,2 Stèle commémorative près du monument aux morts.
  4. Au début du 21e siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  5. Population avant le recensement de 1962.
  6. INSEE : Population depuis le recensement de 1962.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. René Gautier et 54 correspondants , 601 communes et lieux de vie de la Manche , éd. Eurocibles, 2014, p. 548

Lien interne

Lien externe