Charles Mauger

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Charles Mauger, né à Cherbourg le 17 avril 1900, mort au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau (Allemagne, aujourd'hui Pologne) le 5 janvier 1943, est un résistant de la Manche.

29 octobre 1941.

Biographie

Il n'a pas accompli son service militaire car un document administratif le déclare réformé définitif.

Le 18 septembre 1920 à Cherbourg, Charles Mauger se marie avec Augustine Héleine. Ils auront deux enfants puis divorceront.

Avant la guerre, il est charpentier en fer à l’Arsenal de Cherbourg. En 1928, Charles Mauger est un militant “libertaire”, membre du Secours Rouge international et des syndicats unitaires. Il est archiviste CGTU à l’Arsenal. Il adhère au Parti communiste en 1931 : il en sera le candidat aux élections législatives de 1932 à Valognes et aux cantonales de 1934.

Il est inscrit aux Renseignements généraux (carnet B) à la suite de sa participation le 23 avril 1934 à une manifestation organisée par le Parti communiste contre la présence à Cherbourg de l'Ostsee, navire allemand battant pavillon nazi [1] .

Lors des élections cantonales d’octobre 1937, le Parti communiste le présente comme candidat au Conseil d’arrondissement dans la circonscription de Valognes. Il est élu à la Commission exécutive de la nouvelle Union Départementale CGT au Congrès de 1935, et à la Commission administrative de 1936 à 1939. En 1935, Charles Mauger est élu conseiller municipal d’Octeville.

Candidat du Parti communiste à diverses élections, il devient conseiller municipal d’Octeville en 1935.

En 1937, il gère le journal du comité local du mouvement pacifiste et antifasciste Amsterdam-Pleyel. C’est aussi un syndicaliste CGT actif. En janvier de la même année, il devient le gérant de La lutte antifasciste, organe cherbourgeois du Comité mondial de lutte contre le fascisme et la guerre.

En 1940, il est révoqué de son travail en raison de ses opinions politiques comme René Fouquet et Lucien Levaufre. Pendant l’occupation, il milite au sein du Parti communiste interdit, diffuse des tracts dénonçant le régime de collaboration de Vichy, assiste aux réunions clandestines de son groupe au cours desquelles sont examinés les meilleurs moyens de poursuivre la lutte contre l’hitlérisme.

Le 16 avril 1940 à Octeville, en secondes noces, Charles Mauger épouse Eugénie Drouet, employée de commerce à Cherbourg. Ensemble, ils ont un autre enfant.

En mai 1941, il participe à une grève menée par le mouvement de Résistance Front National au Camp d’aviation de Gonneville-Maupertus.

Charles Mauger est arrêté à son domicile du village du Ferronay à Octeville par la police française, aux ordres de la Gestapo, le 19 septembre 1941. Dans le même temps, sont arrêtés : Louis Hamel, Marcel Hodiesne, Léon Lecrées, Auguste Marie, Léon Truffert ; tous ouvriers de l’arsenal de Cherbourg, militants communistes, syndicalistes CGT. Au moment de son arrestation, il travaille comme aide-cuisinier.

Charles Mauger est écroué à la maison d’arrêt de Cherbourg en attendant son transfèrement au camp français de Gaillon (Eure) [2].

Le 4 mai 1942, Charles Mauger est remis aux autorités d’occupation à leur demande et transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise). Il est déporté le 6 juillet 1942 au camp de concentration d'Auschwitz. Aumont, Bonnifet, Breton, Cadiou, Cardin, Cariou, Datin, Doucet, Fouquet, Hamel, Hodiesne, Lebreton, Édouard et Maurice Lechevalier, Lecrées, Leriche, Levaufre, Longle, Marie, Michel, Morin, Passot, Paouty, Picquenot, Richard, Siouville, Truffert font aussi partie de ce convoi.

Le 8 juillet 1942, Charles Mauger est enregistré au camp souche d’Auschwitz sous le numéro 45864 [3].

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, au cours duquel Charles Mauger se déclare sans religion, il est envoyé au travail dans un Kommando. Le 13 juillet, il est dans la moitié des détenus du convoi qui est ramenée au camp principal.

Le 7 août, il est admis au Block 20 de l’hôpital d’Auschwitz, dont il sort le 17 août.

Charles Mauger meurt à Auschwitz, dans la nuit du 4 au 5 janvier 1943 [4] [5] [6].

Déclaré “Mort pour la France”, et malgré un certificat d’appartenance à la Résistance intérieure française, le titre de Déporté Résistant lui a été refusé [7].

Hommage

Deux cellules du Parti communiste français ont pris son nom ; celle d'Octeville et celle de Cherbourg.

Notes et références

  1. D'après les recherches de Madame Martine Reby-Hinard. Jean Defrance (frère d'André Defrance), Paul Nicol et Georges Demard sont également repérés et fichés. Les journaux de l'époque parlent d'une cinquantaine de manifestants. (Une photo de l'Ostsee figure dans la brochure « 120 ans en Cotentin »).
  2. Centre de séjour surveillé, c'est un château Renaissance isolé sur un promontoire surplombant la Seine et transformé en centre de détention au 19e siècle, puis en caserne
  3.  Ce matricule sera tatoué sur son avant-bras gauche quelques mois plus tard.
  4. Selon un rescapé, Emmanuel Michel de Saint-Pierre-Église : abattu par un SS pour refus de travail.
  5. Selon le registre de la morgue, le corps de Charles Mauger arrive du Block 28 (médecine interne) de l’hôpital d’Auschwitz-I avec ceux de plusieurs dizaines d’autres détenus
  6. La cause officielle enregistrée sur l’acte de décès du camp est une néphrite
  7. Claudine Cardon-Hamet, Déportés politiques à Auschwitz : la carte de Déporté-Résistant

Sources

  • André Defrance : Attestation d’activité de Charles Mauger dans la Résistance.
  • Association : Mémoire vive des convois des 45 000 et des 31 000 d’Auschwitz-Birkenau.

Voir aussi