Bréhal

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Bréhal est une commune du département de la Manche.

Brehal.png Blason de la commune de Bréhal Coordonnées géographiques de la mairie Logo-Mairie.png
48° 53' 55.95" N, 1° 30' 46.60" W (OSM)
Arrondissement Coutances
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Canton Bréhal (bureau centralisateur)
Ancien canton Bréhal (chef-lieu)
Intercommunalité CC de Granville, terre et mer
Gentilé Bréhalais(es)
Population 3 277 hab. (2015)
Superficie 12,71 km²
Densité 258 hab./km2
Altitude 4 m (mini) - 71 m (maxi)
Code postal 50290
N° INSEE 50076
Maire Daniel Lécureuil

L'église Notre-Dame.
L'église Notre-Dame.


Toponymie

Attestations anciennes

Étymologie

Ce toponyme est aujourd'hui encore mal expliqué. Il a donné lieu à différentes interprétations, dont les moins hasardeuses se limitent à le déclarer d'origine obscure.

  • Le nom de Bréhal est ignoré, avec le problème y afférent, par les deux grands Auguste : Longnon [24] et Vincent [25].
  • Albert Dauzat [26] est, comme souvent, le premier spécialiste à mentionner ce cas difficile, et à proposer une explication, ou plutôt un jeu de piste : dans son dictionnaire, Bréhal renvoie à Bréal, qui renvoie à Bréau, qui renvoie à Breil ! L'auteur assimile donc implicitement Bréhal à une simple variante de l'appellatif breuil < ancien français brueil, broil « buissons, broussailles, fourré; bois taillis; bois clos » [27]. Les formes anciennes connues actuellement (Dauzat n'en cite aucune) n'incitent pas à conserver cette hypothèse.
  • François de Beaurepaire [1] associe le nom de Bréhal à deux homophones d'Ille-et-Vilaine, Bréal-sous-Montfort et Bréal-sous-Vitré, ainsi qu'à Bréel dans l'Orne, dont les attestations anciennes sont similaires. Il fait remarquer que la finale -al est commune à un certain nombre de toponymes de la France de l'Ouest (Croyal, Noyal, Sougeal, Tréal, Vergeal, en Ille-et-Vilaine; Céral, dans l'Orne), qu'il interprète par « une finale prélatine -allum » et rapproche de l'élément gaulois °-ialon (forme latinisée -ialum) « lieu défriché; clairière », puis simplement « lieu habité », à l'origine des nombreux noms de lieux français en -e(u)il < -ó-ialon [28]. Il ne dit rien, cependant, de l'élément principal du toponyme, aboutissant au radical Bréh-. À sa suite, René Lepelley [29] se limite à un prudent « sens obscur ». Le moins que l'on puisse dire est que ce dernier rapprochement est osé : le radical du gaulois °ialon est °ial-, qui n'a aucune raison particulière de se réduire à -al(l)-. Il existe par ailleurs un élément pré-latin °al(l)- à valeur hydronymique, qui conviendrait mieux d'un point de vue phonétique; mais rien ne dit non plus qu'il s'agisse de celui-ci.
  • Le dernier spécialiste à se pencher sur ce nom a été Ernest Nègre [30], qui associe Bréhal, Bréal (Ille-et-Vilaine) et Bréel (Orne), mais les dissocie implicitement des autres noms en -al, en les interprétant comme les fixations toponymiques d'un nom de personne d'origine germanique Blīdald (attesté en Gaule sous la forme Blidaldus) [31], « traité comme °Bridalus » [32]. Le bon abbé est un familier des artifices phonétiques permettant de résoudre les cas difficiles, et l'on en a un bel exemple ici : il faut supposer dans un premier temps une réduction de °Blīdald à °Blĭdal, qui ne semble motivée par rien, sinon la volonté d'obtenir d'une part une finale en -al [33], et d'autre part une voyelle radicale [e] et non [i] [34]. Enfin, il lui faut une dissimilation Blĭdal > Brĭdal pour aboutir à Bréhal. Ces trois altérations successives (ou plus ou moins simultanées) ne sont pas impossibles séparément; leur accumulation les rend improbables, d'autant plus que les deux premières ne paraissent pas motivées. Enfin, le cheminement Blīdald > °Blĭdal > °Brĭdal ne rend absolument pas compte de la variante en [a] Brahal, attestée aux 12e et 13e siècles.

Il ne semble exister aucune solution satisfaisante aujourd'hui. Le statut de la finale, probablement pré-latine, reste incertain. Quant à l'initiale, elle pourrait s'expliquer phonétiquement par un radical gaulois brat-, attesté par exemple dans les mots brater- « frère » ou bratu « gratitude; vœu » [35], mais l'ensemble reste trop aléatoire pour permettre de proposer quoi que ce soit de plausible.

Géographie

Histoire

La commune fusionne entre 1795 et 1800 avec Saint-Martin-le-Vieux.

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793.
À partir du 21e siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[36]. En 2015, la commune comptait 3 277 habitants.

           Évolution de la population depuis 1793  [modifier] (Sources : Cassini [37] et INSEE [38])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
1 159 1 373 1 265 1 519 1 732 1 637 1 693 1 577 1 665 1 627
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 538 1 494 1 439 1 517 1 504 1 450 1 400 1 352 1 299 1 294
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
1 350 1 351 1 252 1 352 1 396 1 420 1 523 1 525 1 568 1 988
1982 1990 1999 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
2 390 2 351 2 599 2 945 2 971 2 987 3 017 3 045 3 073 3 070
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
3 100 3 187 3 277
Notes : De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Sources :
Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[39] puis INSEE à partir de 2004.



Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

Circonscriptions administratives depuis la Révolution


Les maires

Liste des maires
Période Identité Parti Qualité Observations
1789-1796 François Lemonnyer-Duparc
1796-1844 Paul-Bernard Brohon juge de paix conseiller général
1844-1871 Gustave Brohon conseiller général
1871-1877 Louis Lebreton médecin
1877-1878 Louis Jules Guillaume Couraye du Parc
1878-1878 Eugène Marie Delisle
1878-1884 César Héon pharmacien
1884-1925 Théogène de La Bellière médecin conseiller général
1925-1944 Georges Delalande propriétaire
1944-1945 Léon Buteux
1945-1953 René Rapilly médecin conseiller général
1953-1955 Louis Mayeux notaire
1955-1956 Gabriel Lebreton éleveur
1956-1959 Maurice Follain assureur
1959-1989 Michel Cléraux assureur
1989-1995 André Clément professeur
1995-2014 Jules Périer PS professeur retraité
2014-actuel Daniel Lécureuil SE comptable finances publiques
Toutes les données ne sont pas encore connues.



Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour signaler une erreur cliquez ici)
Lundi 9 h - 12 h 13 h 30 - 17 h 30
La mairie (2012).

La mairie (2012).

Adresse : 20 rue du Général de Gaulle - BP 4
50290 Bréhal

Tél. 02 33 61 61 24
Fax : 02 33 61 35 36

Courriel : Contacter la mairie

Site internet : Officiel

Commentaire :

Source : Annuaire Service-Public (28 avril 2012)

Mardi 9 h - 12 h 13 h 30 - 17 h 30
Mercredi 9 h - 12 h 13 h 30 - 17 h 30
Jeudi 9 h - 12 h -
Vendredi 9 h - 12 h 13 h 30 - 17 h 30
Samedi 9 h - 12 h -



Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Patronage

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Lieux et monuments

Flamme postale, 1994.
Le moulin de Saint-Martin.

Personnalités liées à la commune

Naissances

Décès

Autres

  • Théophile Maupas (1874-1915), soldat fusillé pour l'exemple à Suippes (Marne), instituteur à Bréhal ; l'une des rues de la commune porte son nom.
  • Edmond-Marie Poullain (1878-1951), peintre, graveur, aquafortiste et juge de Paix s'installe à Bréhal en janvier 1928. Il recevra dans sa demeure ses amis Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Fernand Fleuret, André Salmon, qui viendra s'y réfugier en 1946, à l'abri de tracasseries administratives...
  • Guy Môquet (1924-1941), résistant, fusillé à 17 ans le 22 octobre 1941 à Chateaubriant (Loire-Inférieure). L'une des rues de la commune porte son nom. Son père, Prosper Môquet, est né dans la commune voisine de Chanteloup et est décédé à Bréhal en 1986.

Économie

Transports

Lignes Manéo
  • Ligne 54 : Ligne estivale du Coutançais au Granvillais par la côte (juillet-août).

Éducation

Jumelage

Événements

Associations

Sports

Bibliographie

  • Pierre Béhier, Bréhal, Chanteloup, huit siècles d'histoire, éd. Ocep, 1969

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3 et 1,4 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 86.
  2. Wace, Roman de Rou, 1160-1174, édition de Frédéric Pluquet, Rouen, Frère ed., 1827, t. II, v. 8512
  3. Léchaudé D’Anisy, Grands Rôles des Échiquiers de Normandie, première partie, Mémoires de la société des Antiquaires de Normandie XV, 2e série, 5e volume, Paris, 1845, p. 5b.
  4. Léchaudé D’Anisy et Antoine Charma, Magni Rotuli Scaccariæ Normanniæ sub regibus Angliæ, pars secunda, Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XVI, 2e série, 6e volume, Paris, 1852, p. 3a.
  5. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 368B.
  6. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BN, ms. fr. 4620].
  7. Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BN, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  8. Jean-Baptiste Nolin, Le duche et gouvernement de Normandie Divisé en Haute et Basse Normandie, en Divers Pays, et par Evechez, Paris, 1694 [BN, IFN-7710251].
  9. Dénombrement des généralités de 1713 [BN, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  10. Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
  11. Bernard Jaillot, Le Gouvernement général de Normandie divisée en ses trois généralitez, Paris, 1719.
  12. Herman van Loon, D2.me [= Deuxième] carte particuliere des costes de Normandie contenant les costes du Cotentin depuis la Pointe de la Percée Jusqu'a Granville ou sont Comprises les Isles de Jersey, Grenezey, Cers, et Aurigny, avec les Isles de Brehat. Comme elles paroissent a basse Mer dans les grandes marées, Atlas Van Keulen, Amsterdam, 1753 [BN]
  13. G. Robert de Vaugondy, Carte du gouvernement de Normandie, Paris, 1758.
  14. Carte de Cassini.
  15. Site Cassini.
  16. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris.
  17. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, impr. Baudouin, libr. Laporte, vol. I (A-CNO), an XIII (1804), p. 444c.
  18. Louis Du Bois, Itinéraire descriptif, historique et monumental des cinq départements de la Normandie, Mancel, Caen, 1828, p. 405.
  19. Annuaire de la Manche (1829), Statistique de l'arrondissement de Coutances, p. 135.
  20. V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
  21. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  22. Atlas de Normandie, Caen, 1962.
  23. Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
  24. Auguste Longnon, Les noms de lieux de la France, Paris, 1920-1929; rééd. Champion, Paris, 1979.
  25. Auguste Vincent, Toponymie de la France, Bruxelles, 1937.
  26. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963 (rééd. Guénégaud, s.d.), p. 112a.
  27. Du gallo-roman °BROGILU < bas-latin brogilum, accusatif de brogilus < gaulois °brogilos « bois entouré d’une haie », dérivé diminutif en -ilos de °brogi « champ » (attesté en latin dans les Scholie à Juvénal sous la forme brogæ) < celtique commun °mrogi- « terre, pays » (cf. gallois et breton bro « pays »; ancien irlandais mruig « terre, terrain; manoir », irlandais bruig « pays »), initialement « territoire délimité, marqué », dérivé de la racine indo-européenne °merg- « frontière, limite » (cf. germanique °mark- « frontière, limite de territoire », d'où le français marche; latin margo « bord, bordure; frontière », d'où le français marge).
  28. Cf. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 2001, p. 156-157.
  29. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993.
  30. Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. II , 1991, p. 834, § 14493-14494.
  31. Marie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, Paris, CNRS, t. I (les noms issus du germanique continental et les créations gallo-germaniques), 1968, p. 59a.
  32. Le nom de personne germanique masculin Blīdald résulte de la combinaison des éléments Blīd- « heureux, joyeux » et -ald < -wald «force, puissance; gouverner ».
  33. La forme Blīdald aboutirait en effet à °Bliaud.
  34. Le ī long de Blīdald ne peut en effet aboutir qu'à [i] en français, à moins d'un accident en cours de route.
  35. Cf. Xavier Delamarre, op. cit., p. 73.
  36. Au début du 21e siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  37. Population avant le recensement de 1962.
  38. INSEE : Population depuis le recensement de 1962.
  39. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.

Liens externes