Théophile Maupas

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Théophile Maupas.

Théophile Albert Maupas, né à Montgardon le 3 juin 1874 [1] et mort à Suippes (Marne) le 17 mars 1915 [2], est un militaire de la Manche, l'un des quatre caporaux de Souain, fusillés pour l'exemple pendant la Première Guerre mondiale.

Biographie

Lettre à sa femme écrite du front.
Obsèques à Sartilly en 1923.

Reçu à l'École normale de Saint-Lô en 1891, Théophile Maupas devient instituteur[3] à Bréhal à la rentrée 1893 (d'abord stagiaire puis instituteur adjoint en 1900). Il y est également chef de la musique municipale[4]. Il est ensuite muté à Heugueville en septembre 1902, à Rouxeville en 1907, puis au Chefresne en 1912 [5].

Il se marie en premières noces le 8 août 1899 avec Blanche Malard, de Tourville-sur-Sienne [1], qui lui donne un enfant, Suzanne, en mars 1901 [5][6].

Sa femme meurt le 21 juillet 1905, de tuberculose [5].

Il se marie en secondes noces à Blanche Herpin (1883-1962), 23 ans, le 30 juillet 1907 à Heussé [1][7], qui lui donne un enfant, Jeanne, en février 1910 [5].

Mobilisé à 40 ans, le 2 août 1914, il est incorporé au 336e régiment d'infanterie de réserve, unité intégrée par la suite à la 60e division d'infanterie de réserve, sous les ordres du général Réveilhac.

Après que sa compagnie, la 21e, a refusé de s'engager dans une attaque vouée à l'échec, il passe en conseil de guerre avec cinq autres caporaux et 18 soldats en mars 1915.

Le 17 mars, à 13 h, il est fusillé au lieu-dit la ferme du Piémont sur jugement du Conseil de Guerre de la 60e D.I. pour "Refus d'obéissance devant l'ennemi" avec trois autres caporaux, dont deux originaires de la Manche comme lui : Louis Lefoulon, de Condé-sur-Vire, Louis Girard, de Blainville-sur-Mer, et Lucien Lechat, du Ferré (Ille-et-Vilaine) ; les autres accusés ayant été acquittés. Son acte de décès est transcrit sur le registre de la mairie du Chefresne le 2 juin 1915, à huit heures du matin, par le maire Albert Godard [8].

Après la guerre, sa veuve se bat de longues années pour obtenir sa réhabilitation.

Le 9 août 1923, Théophile Maupas est réinhumé dans le cimetière de Sartilly. Le conseil municipal donne son accord pour inscrire son nom sur le monument aux morts.

Le 20 septembre 1925, un monument à la mémoire des quatre caporaux de Souain est inauguré en présence d’une foule considérable (5 000 personnes).

Le 3 mars 1934, la Cour spéciale de justice militaire, réunie à Paris, estime l'ordre donné le 9 mars 1915 « irréalisable » et réhabilite les quatre hommes, accordant un franc symbolique de dommages et intérêts aux quatre veuves [2][5][9].

Blanche Maupas meurt à Avranches en 1962. Elle est enterrée à Sartilly près du monument des caporaux de Souain.

Hommages

Cette affaire inspire largement le film de Stanley Kubrick, Les Sentiers de la gloire, réalisé en 1957 et dont la sortie est retardée en France.

Elle est aussi évoquée dans Fusillés pour l'exemple, le documentaire d’Alain Moreau et Patrick Cabouat (2003) (dossier du CNDP)

Le combat de Blanche Maupas inspire le téléfilm : Blanche Maupas, de Patrick Jamain, avec Romane Bohringer, Thierry Frémont, Jean-Louis Garreau et Sören Prévost, diffusé sur France 2 le 11 novembre 2009.

Bibliographie

  • Blanche Maupas, Le Fusillé, Maison coopérative du livre, 1934, réédité en 1994 par les éditions Isoète
  • Jacqueline Laisné, Pour l'honneur de Théo et des caporaux de Souain fusillés le 17 mars 1915, éd. Isoète, Cherbourg, 1996
  • Jacqueline Laisné, Fusillés pour l'exemple, les caporaux de Souain, le 17 mars 1915, éd. Alan Sutton, Saint-Cyr-sur-Loire, 2002

Notes et références

  1. 1,0 1,1 et 1,2 - Acte de naissance n° 23.
  2. 2,0 et 2,1 - Mémoire des hommes – Fiche militaire .
  3. Son père est lui-même instituteur : Auguste, Pierre, Denis Maupas, âgé de 37 ans à la naissance de son fils Théophile.
  4. « Bréhal. Le nom des rues raconté aux visiteurs », Ouest-France, 10 août 2018.
  5. 5,0 5,1 5,2 5,3 et 5,4 « Obsèques du caporal Maupas, fusillé pour l'exemple en 1915 (Sartilly, 9 août 1923) », Le Didac'doc, n° 42, octobre 2013.
  6. Née à Bréhal, décédée le 6 avril 1999 à Cherbourg.
  7. Acte de mariage n°17, Heussé, 1907.
  8. Acte de décès, numéro 15, Le Chefresne, 1915. L'acte de décès d'un poilu est communiqué à la mairie du lieu de sa résidence et non à la mairie du lieu de sa naissance.
  9. Un projet de loi est voté le 14 janvier 2022, à l'Assemblée nationale, permettant la réhabilitation des plus de 600 fusillés pour l'exemple.
  10. Lieu de résidence de son père

Articles connexes

Liens externes