Gérard Férey

De Wikimanche

Gérard Férey, en 2014.

Gérard Robert Marcel Férey, né à Bréhal le 14 juillet 1941 [1] et mort à Paris le 19 août 2017 [2], est une personnalité scientifique de la Manche.

Chimiste, il étudie les minéraux fluorés et parvient à synthétiser des « solides poreux hybrides ». Ses travaux lui valent d'être « le deuxième chimiste français le plus cité dans le monde après Jean-Marie Lehn » et d'obtenir la médaille d'or du CNRS [3].

Biographie

Jeunesse dans la Manche

Gérard Férey est né et a grandi à Bréhal, où son père était secrétaire de mairie [4]. Il a ses racines dans la Hague : ses grands-pères travaillent, l'un à l'arsenal de Cherbourg, l'autre comme gardien de nuit dans une banque à Cherbourg [4]. Il apprend auprès de son oncle, Marcel Launey, directeur de l'école de garçons de Bréhal.

Il quitte à 14 ans Bréhal pour l'école normale. En 1960, à 19 ans, il commence une carrière d'instituteur à Saint-Clair-sur-l'Elle et crée le collège de la commune. « Trois ans de bonheur », dit-il [5].

Professeur de chimie

Il entreprend ensuite une formation de professeur de collège à Caen, puis devient en 1967 assistant, puis maître assistant deux ans plus tard à l'université du Mans. Fondateur du département de chimie de l’Institut universitaire de technologie du Mans en 1968, il est enseignant-chercheur à l'Institut universitaire de technologie du Mans (Sarthe) [6] durant trente ans.

Il obtient son doctorat ès sciences (Paris 6) en 1977 et devient professeur (1981) puis professeur de classe exceptionnelle (1990). Il est vice-président recherche de l'université du Mans entre 1983 et 1988 [7].

Il est directeur scientifique adjoint du département des sciences chimiques du CNRS entre 1988 et 1992[7].

L'institut Lavoisier et les solides poreux

En 1996, il entre à l'université de Versailles-Saint-Quentin (Yvelines) et y crée l'institut Lavoisier dont il est directeur du centre de recherche [5] pour travailler au développement de matériaux poreux.

Ces solides hybrides poreux, mis au point avec son équipe de l'Institut Lavoisier, constitués de parties organiques et inorganiques, sont susceptibles d'être utilisés dans les secteurs de l'énergie, de la santé et du développement durable. Ils peuvent servir à piéger et à stocker du CO2 et à acheminer des doses de médicaments et les diffuser dans l'organisme [6].

Un des produits mis au point, le MIL-101, breveté depuis 2008, est très prometteur : « Un seul litre de notre produit peut stocker 400 litres de CO2 à 25° sans augmenter de volume, le gaz étant comprimé dans les pores », explique Gérard Férey [6]. Il pourrait également permettre de cibler les médicaments anticancéreux ou antisida jusqu'aux organes cibles avec plus d'efficacité. Le MIL-53, exploité par BASF, est capable de séparer des gaz [3].

De 1999 à 2009, il est professeur à l’Institut universitaire de France, occupant la chaire de physicochimie des solides poreux [7].

Il prend sa retraite en 2009.

Honneurs

Gérard Férey est nommé professeur émérite de l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines [8]. Il entre à l'Académie des sciences le 18 novembre 2003 après en avoir été correspondant à partir du 15 avril 1996 [7].

Il préside le Comité national de la Chimie à partir de 2004, est vice-président de la Société française de Chimie à partir de 2007, et siège au Comité consultatif national d'éthique à partir de 2009 [7].

En septembre 2010, il se voit attribuer la médaille d'or du CNRS, la plus haute distinction scientifique française, pour être à l'origine des matériaux poreux, sur lesquels il travaille depuis 1996 [6]. Remise à la Sorbonne le 16 décembre 2010, cette médaille est la 14e récompense pour le scientifique bréhalais, signe de l'importance de ses contributions pour la recherche française [8].

Notes et références

  1. « Fichier des personnes décédées », data.gouv.fr, Insee, année 2017.
  2. « Acte de décès n° 2669 - État-civil de Paris 15e arrondissement - Fichier des personnes décédées », data.gouv.fr, Insee, année 2017.
  3. 3,0 et 3,1 Marc Mennessier , « Gérard Férey, grand architecte de la matière », Le Figaro, 9 septembre 2010.
  4. 4,0 et 4,1 Laurent Le Goff, « Gérard Férey, chimiste et enfant du pays », Ouest-France, 13 septembre 2010.
  5. 5,0 et 5,1 Bernard Le Solleu, « Gérard Férey, ex-instit au sommet de la science », Ouest-France, 27 septembre 2010.
  6. 6,0 6,1 6,2 et 6,3 Annie Hautefeuille, « Une médaille d'or pour un créateur de matériaux capables de stocker du CO2 », AFP, 9 septembre 2010, 17 h 23.
  7. 7,0 7,1 7,2 7,3 et 7,4 CV de Gérard Férey, site de l'académie des Sciences. (lire en ligne).
  8. 8,0 et 8,1 Reflets, n° 78, décembre 2010-janvier 2011, p. 12.

Voir aussi