Le Mont-Saint-Michel

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Le Mont-Saint-Michel est une commune du département de la Manche. Elle tient son nom du rocher du mont Saint-Michel (avec un seul trait d'union) où s'élève la célèbre abbaye du même nom.

  • Le tiret et la majuscule permettent de différencier le nom du mont lui-même et celui de la commune :
    « le mont Saint-Michel » pour le rocher insulaire et « (Le) Mont-Saint-Michel » pour la commune.


Gravure de Matthäus Merian, 1657.


Mont-Saint-MichelV.png Blason de la commune du Mont-Saint-Michel Coordonnées : 48° 37′ 22.1″ N, 1° 31′ 17.8″ W
Arrondissement Avranches
Canton Pontorson
Intercommunalité Avranches - Mont-Saint-Michel
Gentilé Montois(es)
Population (2011) 43 hab.
Superficie 3,97 km²
Densité 11 hab./km2
Altitude 5 m (mini) - 57 m (maxi)
Code postal 50170
N° INSEE 50353
Maire Yann Galton
Communes limitrophes du Mont-Saint-Michel
Mer de la Manche Mer de la Manche Mer de la Manche
Mer de la Manche, Beauvoir Le Mont-Saint-Michel Mer de la Manche, Pontorson
Beauvoir Beauvoir Beauvoir

Le Mont-Saint-Michel (2006).
Le Mont-Saint-Michel (2006).

Sommaire



L'architecture prodigieuse du mont Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie et le troisième de France (après la tour Eiffel et le château de Versailles) avec quelque 3 200 000 visiteurs chaque année.

Une statue de saint Michel placée au sommet de l'église abbatiale culmine à 170 mètres au-dessus du rivage. Classé Monument historique en 1874, le site figure depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

Géographie

Le rocher

Le mont Saint-Michel, gravure de Nicolas Tassin, 1631.
Le mont Saint-Michel, lithographie de 1842.
Le mont Saint-Michel, gravure de 1884.

Le mont Saint-Michel est donc un îlot rocheux granitique situé à l'est de l'embouchure du fleuve du Couesnon, rocher sur lequel a été construit un sanctuaire en l'honneur de l'archange saint Michel à partir de 709. Antérieurement à cette date, il fut connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il fut couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaelis in periculo maris).

Le rocher ne représente qu'une petite partie de la commune qui s'étend aussi sur la digue et plusieurs dizaines d'hectares de polders. La partie essentielle du rocher est couverte par l'emprise au sol de l'abbaye du mont Saint-Michel et de son domaine.

Le mont Saint-Michel, situé à 48°38'10" de latitude nord et à 1°30'40" de longitude ouest, baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche (mer). L'îlot est une excroissance granitique d'environ 960 mètres de circonférence, qui atteint 92 mètres d'altitude et offre une superficie émergée d'environ 280 ha, au dessus de laquelle s'élève l'abbaye. Cet îlot s'élève dans une grande plaine sablonneuse que la marée envahit deux fois par jour.

En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi, avec l'emphase de cette époque, mais qui rend encore bien compte de la réalité : « Le Mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s'affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel [la flèche actuelle ne date que de 1899, n.d.l.r.], dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l'environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires » (in L'Avranchin monumental et pittoresque, t. 2, 1846, p. 310.)

La baie

Pêcheurs du Mont Saint-Michel,
gravure de 1842.

Le mont Saint-Michel (l'îlot ou l'abbaye) a donné à son tour son nom à la baie du Mont-Saint-Michel.

Elle est située entre la Bretagne (au Sud) et la péninsule normande du Cotentin (à l'Est), la baie appartient au club des plus belles baies du monde. Le marnage très important dans la région (plus de 10 mètres) permet à une grande partie de cette baie d'être découverte à marée basse. Trois rivières se jettent dans cette baie (et la traversent à marée basse): le Couesnon, maintenant endigué à l'ouest du Mont-Saint-Michel, la Sée et la Sélune. La très faible pente de la baie et l'important marnage provoque par grande marée la formation d'un mascaret (“barre”) dans ces rivières qui peut remonter plusieurs kilomètres dans les terres. Deux îlots granitiques se trouvent dans la baie du Mont-Saint-Michel, Tombelaine et le Mont-Saint-Michel.

La légende de la forêt de Scissy et l'invasion de la mer

Au temps des Gaulois, le mont Saint-Michel de même que le rocher de Tombelaine voisin s'élevaient, dit-on, « au milieu de la forêt de Saint-Pair-sur-Mer, car à cette époque, le rivage englobait Chausey, à plus de 48 kilomètres de distance ». D'après cette légende, le niveau du sol environnant se serait progressivement affaissé, engloutissant la forêt à partir du IIIe siècle - lors de la transgression flandrienne ; selon un manuscrit du XVe siècle, la marée d'équinoxe de 709 particulièrement violente aurait porté le coup de grâce à la forêt. Les études scientifiques menées par le Centre de recherche archéologique d'Aleth et le Centre de documentation des historiens locaux de Gévezé ont aujourd'hui démontré que l'existence de la forêt de Scissy relève du mythe.

Les divagations des rivières

Le mont fut ensuite ballotté par les divagations des cours des trois fleuves qui abreuvent encore la baie du Mont-Saint-Michel. Ces cours d'eau sont : la Sélune, la Sée et surtout le Couesnon qui, marquant autrefois la frontière entre la Normandie et la Bretagne se mit dit-on soudainement à couler à l'ouest du mont, faisant ainsi passer ce dernier en Normandie. En réalité, jusqu'au XVIIIe siècle, l'embouchure de ce dernier se trouvait à 6 km du rocher. Ceci est donc une légende qui amuse les habitants frontaliers qui savent que la frontière ne se situe pas sur le Couesnon proprement dit mais sur la terre ferme à 4 km à l'ouest, au pied du massif de Saint-Brelade. Un vieux dicton local a cependant immortalisé l'événement :

« Li Couesnon a fait folie

Si est le Mont en Normandie »

« Le Couesnon dans sa folie

A mis le Mont en Normandie »

Les plus importantes marées d'Europe

Le parking est inondé
Les marées dans la baie du Mont-Saint-Michel ont de quoi impressionner : d'une amplitude de près de 13 m les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. Selon l'expression de Victor Hugo, elle revient « à la vitesse d'un cheval au galop » [1]. La vérité est qu'elle est plus proche de la vitesse d'un homme qui marche, mais elle a malheureusement coûté la vie à beaucoup d'incrédules.

La tangue

Les alluvions fluviales continuellement brassées par le flux et reflux des marées, mélangées aux coquillages brisés donne naissance à la « tangue », un riche fertilisant qui fut longtemps utilisé par les paysans des environs pour amender leur sols.

  • voir aussi : Abbé Alphonse Jarry, La Tangue, les tanguiers et les tanguières de la baie du Mont Saint-Michel, 1943.

Les sables mouvants

La baie présente la particularité d'être pratiquement plate et donc sujette à l'envasement (sables mouvants, décrits de façon spectaculaire par le texte de Victor Hugo « L'enlisement » dans « Les Misérables », tome V, « Jean Valjean », chapitre V : « Pour le sable comme pour la femme il y a une finesse qui est perfidie ». La traversée des grèves de la baie peut s'avérer dangereuse en l'absence d'un guide expérimenté. La traversée de la Sée et de la Sélune n'oppose qu'une maigre difficulté, mais il existe plusieurs zones de sables mouvants dans les parties sableuses de la baie, surtout les chenaux, comme dans toute zone très plate, qui divaguent de jour en jour.

Dans les sables mouvants

Conjuguée à une amplitude de marée exceptionnelle, cette configuration rend la zone dangereuse, par temps de brume (perte totale de repères), causant des noyades non par réel enlisement, mais par épuisement : on ne peut marcher dans une vase thyxotropique, sans être aguerri, car le sol se dérobe tout à la fois sous le mouvement et bloque si on ne bouge pas. Si le chenal se remplit alors, il convient de dégager ses pieds au maximum et de nager à la force des bras ; la théorie prévoit que l'on flotte, mais l'hypothermie tue si on ne se dégage pas rapidement. Il faut noter qu'essayer d'empêcher une personne de s'enliser en la tractant afin qu'elle retrouve la terre ferme est impossible, puisque son poids équivaut approximativement à celui d'une voiture dans cette situation.

Beaucoup plus souvent des désagréments arrivent aux voitures garées un peu trop longtemps sur des places un peu basses. Leur masse volumique importante les enlise ; il est toujours inutile de les tracter, même avec une voiture : il faut les dégager à la grue, après avoir fluidifié le sable bloquant la voiture.

Les travaux de désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel ont débuté le vendredi 16 juin 2006.

La digue

Seule la digue...
Au fil des années, la baie du Mont-Saint-Michel fut sujette à la poldérisation de la part de ses propriétaires riverains. L'action la plus marquante en ce sens fut la construction en 1880 d'une digue insubmersible par les Ponts et chaussées, malgré l'opposition de diverses autorités.

Cette digue et celle de La Roche-Torin précipitèrent l'ensablement de la baie, et il est maintenant question de démolir la digue qui relie le mont au continent, ceci afin d’endiguer cet ensablement qui menace l'insularité du mont.

La digue d'accès construite au XIXe siècle, qui retient le sable, aggrave donc l'ensablement naturel de la baie, au point que le mont pourrait cesser d'être une île.

Rappel de quelques données

La baie s’étend de la pointe du Grouin à la pointe Champeaux selon un axe ouest-est ; et le canal du Couesnon de Pontorson, Beauvoir, au barrage de la Caserne se prolonge en une digue vers le nord jusqu’au Mont-Saint-Michel (MSM), puis Tombelaine, le bec d’Andaine et Saint-Jean-le-Thomas. À l’ouest, Cancale, à l’est, Avranches sur la Sée, au nord de la Sélune.

L'estran dégage environ 6 km pour un marnage de 10 m en moyenne, sur 240 km². Ce marnage exceptionnel (un peu comme celui de la baie de Fundy, Canada) est dû aux mêmes raisons : forme en entonnoir de la baie, pour une onde progressive de marée qui se dirige vers la Manche et la mer du Nord, et donc se heurte au Cotentin (donc impédance réflexive type quart d'onde) plus la force de Coriolis toujours déviant à droite. Donc très fort marnage ; et très logiquement le chenal montant n'est pas le même que le chenal descendant ; d'où selon la force du vent et bien d'autres paramètres (force du mascaret, profondeur du chenal, tenue du sable (où fourmille la faune d'estran),une divagation des chenaux de sortie des trois 'fleuves' principaux. En mer, le marnage est beaucoup plus réduit !

Comme la baie d'Authie, la baie de la Somme, ou la baie de la Seine, la mer ne cesse d'apporter des « vases » : 1,5 mm³/an environ. En effet, la marée montante mobilise par forte tempête les fonds marins et les déposent par sédimentation à marée descendante, le rôle des diatomées n'étant sans doute pas neutre dans ce processus : la slikke monte ; les herbes halophiles progressent, la salicorne en tête, puis le schorre s'installe avec ces obiones, puccinella, asters et autres laitues de mer: aux endroits où le schorre recule (cela arrive aussi), on peut voir à certains endroits jusqu'à 1 m de dépôts récents déposés en lits, chronologiquement datés par la marée de Vive eau. Ces dépôts sont du sable coquiller et de la tangue (la tangue est ce calcaire blanc de granularité très fine 20 microns qui va former le marais blanc de Dol (environ 20 m d'épaisseur et (100 km²). Au sud, l'eau à l'intérieur croupit et la tourbe se forme (le marais noir) : 15 km². Les photographies fausses couleurs révèlent immédiatement ce paysage. Sur les zones en formation, on peut voir de manière assez caractéristique du point de vue géologique, le chenal creusé dans la tourbe ancienne “assez” résistante, le comblement de ce « V » par la tangue, puis quand l'assèchement progressif se produit, la tourbe se rétracte en s'affaissant laissant apparaître la surélévation de la tangue (de 10 à 50 cm selon le chenal). L'analyse hydraulique du Guyoult confirme ce scénario assez bien connu.

Se rajoute à ce phénomène naturel, la montée régulière de la mer, de 1,2 mm/an, ce qui justifie depuis l'holocène récent les 20 m de dépôt du marais blanc et l'emprise à l'intérieur des terres du mont Dol.

Vient l'action de l'Homme : on a besoin de nourriture, donc d'agriculture, donc de marais asséchés : il pleut trop ; il faut évacuer l'eau ; on ne cessera de favoriser l'écoulement de l'eau par drainage. Les moines y passeront leur Moyen Âge. Il faut se chauffer : les lambeaux de forêt disparaissent. Ceci dit, le phénomène est global à toute l'Europe : l'immense forêt tempérée a disparu, comme vont disparaître celles de la savane et tropicale actuellement pour les mêmes raisons.

C'est donc, via les premières digues et vannes, l'empêchement de la mer à monter sur le schorre à pleine mer, et l'écoulement d'eau douce vers la mer en Basse mer ; premiers pas vers la conquête de nouvelles terres : symboliquement, de 1769 à 1969 : deux cents ans de poldérisation.

Henri Bertin, contemporain de Turgot et des physiocrates, croit à la domination-domestication de la Nature : concession est accordée à tout demandeur de “mer à poldériser” ; on a vu et admiré le travail hollandais. Quinette de la Hague se voit concéder de La Roche Torin à l'Est jusqu'à Broladre : hélas, 30 ans à peine, et la mer et les divagations du Couesnon ont détruit toutes les digues, placées bien trop au large.

Deuxième tentative en 1856 : Mosselmann se voit attribuer cette fois de la chapelle Sainte-Anne jusqu'à La Roche Torin en passant juste au niveau de la Merveille. On canalise le Couesnon jusqu'au barrage de la Caserne et c'est gagné : les polders progressent le long du trait Sainte-Anne Mont-Saint-Michel ; tout un parcellaire est formé, jusqu'en 1934 au bord du chenal du Couesnon et du Barrage. Entre temps, l'île a cessé d'être une prison (Louis Auguste Blanqui et Armand Barbès y furent, entre autres, enfermés) et l'on songe de plus en plus à régulariser le déplacement des pèlerins vers le Mont-Saint-Michel. Une décision importante pour l'avenir du mont est prise.

Construction de la digue-route en 1879

À peine finie, querelles et protestations de toutes sortes (Georges Clemenceau (1881) par anticléricalisme : dépenser de l'argent pour des moines ! Victor Hugo (janvier 1884) par symbolique de l'île, de Guy de Maupassant (juillet 1884) et une foule d'autres) sont exprimées. Mais bientôt le train arrive (il restera jusqu'en 1918). Le canal sert de réserve d'eau douce en été ; il permet d'éviter l'inondation de Pontorson ; il aide à la sédimentation du marais blanc. Le schorre (les herbus ou prés-salés) s'étend. Après la Seconde Guerre mondiale, où l'armée allemande a délibérément inondé (en eau de mer !) les polders, il faut reconstruire, et on repoldérise cette fois aussi en rive droite du Couesnon.

Un immense projet (Centre d'études des marées) voit le jour : séparer la baie en deux bassins, un à l'ouest et l'autre à l'est et jouer de la marée et du Couesnon convenablement orienté vers deux déversoirs pour faire une immense centrale hydroélectrique de marée. Au nom du progrès ! Heureusement cela ne sortira des cartons qu'en miniature (l'usine de la Rance) : les ostréiculteurs et les mytiliculteurs ont eu gain de cause (et actuellement bien que le naissain vienne toujours de Marennes, l'essentiel de la production française de moules est celle des Hermelles juste au nord du Vivier-sur-Mer).

1969 : le péril vert est écarté ! On prend conscience de la valeur patrimoniale du site, et surtout pécuniaire : le tourisme est lancé et ne s'arrêtera plus (3,3 millions de touristes en 2005 : il faut à la fois un parking et que l'île reste île. 1979 : l'île est inscrite par l'Unesco au Patrimoine mondial de l'humanité, au titre de l'Art, et au titre de la Culture. La loi Littoral est votée.

1983 : très symboliquement, François Mitterrand vient non pas poser la première pierre, mais ôter la première pierre de la digue (submersible) de La Roche-Torin. Dès 1975, l'ingénieur Mignot avait très rigoureusement analysé la baie et comparé avec les relevés de 1958 (qui étaient plus approximatifs : la slikke ne dépendait ni du SHOM ni de l'IGN). De 1975 à 1995, se feront des études en bassin (la SOGREAH, qui s'occupe aussi de la Somme). Pas faciles, ces études en bassin : la nacre pilée et la sciure remplacent le sable, il faut ajuster convenablement les débits des rivières, des pluies, de l'évapo-transpiration et du cycle des marées, « caler » les paramètres du modèle réduit puis passer de la rétrospective à la prospective. On se trompe, on rectifie avec observations sur le terrain ; on passe des thèses. Bref 1995 : les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la Commission du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés :

D'où le projet (voir aussi Projet Mont-Saint-Michel) :

  • suppression du parking : il sera ramené au sud du barrage de la Caserne, et une navette spéciale amènera le quidam par une belle route-passerelle au Mont ; dans le futur, une gare SNCF sera construite avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3) ;
  • Côté île : on sait bien maintenant qu'on ne peut lutter contre la nature ; il faut ruser ; la ruse c'est de faire que le Couesnon soit chenalisé de part et d'autre du Mont-Saint-Michel, 2/3 à l'ouest en Bretagne et 1/3 à l'est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m³. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). L'écosystème sera préservé : pour conserver les 40 crapauds mâles, on a déjà enlisé une excavatrice dans la vase, qu'il a fallu extraire à la grue et non pas en traction (voir ci-dessus : sables mouvants) : cette excavatrice devait faire les mares nécessaires avant de pouvoir dégager et curer le Couesnon. Évidemment, l'entrée d'eau de mer se fera par l'eau de surface (beaucoup moins turbide) et la chasse sera brutale pour bien évacuer, selon des chenaux régulés, toute la vase et donner un « bel aspect » au Mont-Saint-Michel, débarrassé de son encombrant parking, mais entouré de douves « naturelles ».

Du coup, on barre la route aux halophytes comme la salicorne, puisque le schorre sera contenu, et on ouvre la route à la navette des néophytes.

Le coût des travaux a augmenté au fil du temps : 72 M€ en 1999, puis 94 M€, puis 134 M€, puis, crise du pétrole aidant, 220 M€ en 2004 : pendant ce temps, la vase s'accumule et cela à raison de 2,6 mm/an maintenant, sur 240 km².

Communes limitrophes

Les communes limitrophes de celle du Mont-Saint-Michel sont Beauvoir et Pontorson dans la Manche, d'une part, et Roz-sur-Couesnon et Saint-Georges-de-Gréhaigne en Bretagne, d'autre part. Ardevon, anciennement limitrophe du Mont-Saint-Michel, de Beauvoir et de Pontorson, a fusionné en 1972 avec la commune de Pontorson.

Histoire et économie

Histoire

Répères chronologiques

  • VIe siècle : des ermites installent deux sanctuaires sur le mont Tombe.
  • 709 : Aubert, évêque d'Avranches, aménage un sanctuaire pour les reliques de saint Michel ramenées de Gargano (Italie).
  • 966 : le duc Richard Ier transforme le sanctuaire devient une abbaye : 12 moines venus de Saint-Wandrille s'y installent.
  • 1103 : le côté nord de la nef de l'église romane s'effondre, entraînant des bâtiments conventuels proches.
  • 1154 : Robert de Torigni devient le prieur du Mont.
  • 1204 : le Mont est incendié par les Bretons.
  • 1228 : fin de la construction de l'abbaye.
  • 1518 : François Ier vient en pèlerinage. Il reviendra en 1532.
  • 1562 : Charles X est le dernier roi de France à venir en pèlerinage.
  • 1792 : les moines sont chassés par la Révolution. Le Mont-Saint-Michel doit désormais être appelé « le mont Libre ».
  • 1863 : fermeture de la « maison de force et de correction »
  • 1865 : le culte est rétabli.
  • 1874 : le Mont, très endommagé, est classé Monument historique. Mac Mahon décrète son « relèvement ».
  • 1879 : une digue relie désormais le Mont au continent.
  • 1897 : la statue de saint Michel est posée au sommet du Mont.
  • 2005 : début des travaux visant à rétablir « le caractère maritime » du Mont.
  • 2012 : le Mont est désormais interdit aux automobiles : on ne peut plus s'y rendre qu'à pied depuis le barrage de la Caserne (2 km), ou en empruntant un service de navettes [2].
  • 2013 : le 24 juillet, le Mont redevient véritablement une île pour la première fois depuis 1879 lors d'une marée de coëfficient 108 [3].

L'histoire ancienne de la commune étant peu dissociable de l'histoire de l'abbaye elle-même, nous renvoyons l'article consacré à l'abbaye du mont Saint-Michel, y compris pour les périodes gauloise et romaine.

Le temps des pèlerinages

Arrivée d'un pèlerinage au Mont-Saint-Michel, début du 20e siècle.

Le village, implanté sur le mont en 709, s'est développé à l'ombre de son abbaye médiévale. Au nord de l'église Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d'œuvre de l'architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.

L'économie du Mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à saint Michel, notamment jusqu'à la Révolution française. On venait de toute l'Europe du nord en pèlerinage à l'abbaye : depuis l'Angleterre, la France du nord et de l'ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l'attrait touristique important que représente le site et sa baie.

Le temps du tourisme

Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au Mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tel Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l'une des premières destinations touristiques de France.

Une association, les « Amis du souvenir et de la liberté », parrainée par le consul des États-Unis, commémorent chaque année au Mont-Saint-Michel, au cimetière américain de Saint-James et au cimetière allemand de Huisnes-sur-Mer la libération du Mont et de la baie du Mont-Saint-Michel[4].

Démographie

Évolution démographique depuis 1793 (Sources : Cassini[5] et INSEE[6])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
234 234 282 904 390 385 1 082 1 100 1 182 1 153
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 056 203 193 184 209 211 199 230 235 238
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
232 230 247 250 231 186 268 132 105 114
1982 1990 1999 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
80 72 46 41 41 42 44 43 43
De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Notice communale du Mont-Saint-Michel sur le site Cassini


Naissances

Évolution des naissances
1956-1962 1962-1968 1968-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999
xx 13 16 8 6 4

Décès

Évolution des décès
1956-1962 1962-1968 1968-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999
xx 6 6 4 5 3

La commune accueille jusqu'à 20 000 visiteurs par jour pendant la saison estivale. Parmi les 43 Montois dénombrés en 2006, il y a 12 moines.

Administration

Les maires

Liste des maires
Période Identité Qualité
1796 - 1806 Louis Alexandre Ridel
1806 - 1815 Etienne Jean Gabriel Vidal
1815 - 1819 Pierre Richard
1819 - 1831 Jean Etienne Chénin
1832 - 1835 Jean Charles Blouet
30 mars 1835- octobre 1835 Claude Chénin
1835 - 1840 Gabriel François Pierre Hedou
1840 - 1843 Alphonse Louis Charles Mangon de la Lande
1843 - 1847 Gabreil Roger
1847 - 1857 Jean Baptiste Louis Lecourt
1857 - 1859 Frédéric Amboise Poirier
1859 - 1861 Alphonse Marquet
1861 - 1870 Féréric Ménard
1870 - 1874 Louis Yger
1874 - 1875 André Antoine Leplat
1875- ? Jean Baptiste Louis Lecourt
1876- ? André Antoine Leplat
1883-1888 Jean Baptiste Louis Lecourt
1888-après 1892 Gémy Fontenier
... ...
1945-1959 J R Galton
1959-1965 René Nalleau
1965-1971 J R Galton
1971-1983 Julien Nicolle
1983-2001 Éric Vannier
2001-2008 Patrick Gaulois
2008-2014 Éric Vannier
2014- en cours Yann Galton
Source : Pour la liste des maires de 1796 à 1892, voir l'état civil de la commune numérisé par les archives départementales

Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour signaler une erreur cliquez ici)
Lundi 8 h 30 - 12 h 14 h - 18 h
Image par défaut

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Adresse : Boulevard Porte du Roy - BP 20
50170 Le Mont-Saint-Michel

Tél. 02 33 60 14 06
Fax : 02 33 58 07 18

Courriel : Contacter la mairie

Site internet : Pas de site officiel

Commentaire :

Source : Annuaire Service-Public (10 mai 2012)

Mardi 8 h 30 - 12 h 14 h - 18 h
Mercredi 8 h 30 - 12 h 14 h - 18 h
Jeudi 8 h 30 - 12 h 14 h - 18 h
Vendredi 8 h 30 - 12 h 14 h - 18 h
Samedi - -



Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Manifestations religieuses

  • Pèlerinage des grèves, qui perpétue la tradition des grands pèlerinages du Moyen Âge ; environ 1500 participants chaque année.

Lieux et monuments

De nombreux immeubles du site sont, à titre individuel, classés au titre des monuments historiques.

Patrimoine religieux

  • Abbaye du Mont-Saint-Michel : parfois vantée comme la « huitième merveille du monde », elle impose sa fière allure et sa magnifique architecture à plusieurs dizaines de kilomètres alentour.

Mais il existe d'autres monuments religieux sur le rocher :

  • Église paroissiale Saint-Pierre. À l'origine, c'était l'église des habitants du Mont, les Montois. Saint-Pierre a conservé son titre de paroisse et se distingue encore aujourd'hui au spirituel - comme autrefois - de l'abbaye. Elle est desservie par un curé nommé par l'évêque de Coutances. L'église a gardé quelques vestiges du XIe siècle, dans ses piliers, mais d'une manière générale, elle appartient aux XV et XVIe siècles. Sa nef ne possède qu'un seul bas-côté, ce qui décentre son chœur vers la gauche. Munie d'un petit clocher, elle est riche de beaux objets cultuels : un vitrail du XVe siècle, un gisant médiéval décapité, un autel et son rétable à colonnes daté de 1660, des fonts baptismaux primitifs du XIIIe siècle; une Vierge à l'Enfant et une Éducation de la Vierge (Sainte Anne enseignant à Marie) des XVe et XVIe siècles. Enfin, une copie de la statue de saint Michel. L'église Saint-Pierre, qui est encore entourée de son cimetière, est inscrite depuis 1909 à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques (ISMH).
  • Chapelle Notre-Dame-sous-Terre
  • Notre-Dame-des-Trente-Cierges.
  • Notre-Dame du Mont Tombe
  • Chapelle Saint-Aubert
  • Statue de Notre-Dame du Mont-Tombe (ancien nom du Mont-Saint-Michel). Selon la plaque, elle fut érigée dans la crypte en mémoire de Notre-Dame-sous-Terre
  • Fontaine Saint-Aubert

Patrimoine civil

Fortifications
Vue intérieure, 1839.

La ville actuelle est l'une des rares villes françaises à avoir conservé l'ensemble de ses fortifications médiévales. Cette enceinte urbaine date des XIIIe et XVe siècles. Elles est entièrement classée Monument historique. La muraille se compose de courtines flanquée de tours semi-circulaires et d'une tour bastionnée :

  • la tour Claudine
  • la tour du Nord
  • la tour de la Liberté
  • la tour de l’Arcade
  • la tour du Roi
  • la tour Boucle (bastionnée)
L'une des tours aujourd'hui.

Le chemin de ronde et les parapets sont du XVe siècle ainsi que divers ouvrages de défense comme :

  • la porte du Roi
  • l’avancée et sa porte
  • le Boulevard et sa porte
  • le corps de garde des Bourgeois - XVIe siècle

L'enceinte des Fanils, qui continue les murs du Monteux, de Cantilly et de la Pillette, date du XVIe siècle, avec la tour Gabriel, qui porte en son chef un moulin à vent.

Habitations classées
  • maison de l’Artichaut
  • maison de la Coquille
  • maison de la Licorne
  • maison au Pot de Cuivre
  • maison de la Truie qui File, classée aux Monuments Historiques depuis le 15 février 1908. Ancienne taverne et boutique de marchands d’images et de souvenirs destinés aux pèlerins, c’est une longue maison composée d’un seul rez-de-chaussée formé d’une suite d’arcades.
  • logis de Saint-Aubert
  • logis de Tiphaine Raguenel
  • logis Saint-Symphorien
  • hôtel du Dauphin
  • hôtel du Mouton-Blanc
  • hôtel de la Mère Poulard
  • hôtel Saint-Pierre (restauré conformément à l’ancienne maquette)

Le Mont dans les arts

Littérature
Cinéma
Peinture

Personnalités liées à la commune

Transports

Pour faciliter l'accès des touristes au Mont-Saint-Michel, une offre de transports en commun leur est offerte : ligne Baie.

Liaisons ferroviaires

Au début du 20e siècle, l'on pouvait se rendre au pied du Mont-Saint-Michel en train directement de Paris. Époque révolue : la gare la plus proche se trouve désormais à Pontorson

Liaisons routières

Routes

Deux routes mènent au Mont-Saint-Michel :

Lignes Manéo

Jumelage

La commune s'est officiellement jumelée le 16 mai 2009 avec la ville japonaise de Miyajima. Miyajima est le plus grand site spirituel et culturel du Japon. Celui-ci, comme le Mont-Saint-Michel, attire chaque année 3,5 millions de visiteurs.

Gastronomie locale

Le Mont-Saint-Michel se situe à l'embouchure du Couesnon, frontière naturelle séparant la Normandie de la Bretagne. Côté terre, des aménagements de digues datant déjà anciens ont permis jusqu'à aujourd'hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l'agriculture et à l'élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons de pré-salé). Le mouton ou l’agneau de pré-salé est ainsi une spécialité locale, à déguster de préférence grillé au feu de bois.

Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard, entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d'œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.

Sports

Hommages

Marcophilie

Flamme postale, 1994.

Fréquentation

On compte aujourd'hui trois millions de visiteurs annuels, dont un tiers seulement monte jusqu'à l'abbaye [7]. Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. Il y a jusqu'à 20 000 visiteurs par jour en période estivale. On ne dénombre que 30 000 visiteurs en 1886 et seulement 100 000 en 1910 [8].

Bibliographie

voir l'article détaillé Bibliographie du Mont-Saint-Michel

Galerie de photographies

Notes et références

  1. « La baie entre vents et marées », Détours en France, n° 143, mai 2010.
  2. Éric Bléas, « Ave navette, ceux qui vont marcher te saluent », Ouest-France, 30 avril 2012.
  3. Christian Gauvry, « Le Mont-Saint-Michel a goûté à l'insularité, une première depuis 1879 », AFP, 24 juillet 2013, 22 h 22 ; Jacques Serais, « 134 ans après, le Mont redevient une île », Ouest-France, 25 juillet 2013.
  4. La Manche Libre, 26 février 2011.
  5. Population avant le recensement de 1962
  6. INSEE : Population depuis le recensement de 1962
  7. 1 122 321 visiteurs en 2006, François Desbos, « La fréquentation des sites touristiques en France depuis une quinzaine d'années : tendances et enseignements », Observation, développement et ingénierie touristiques (Odit France), 2008.
  8. « Mont-Saint-Michel 1 300 ans d'histoire », supplément à dimanche Ouest-France, juillet 2008.

Source

Cet article est extrait de l'article « Le Mont-Saint-Michel », sur Wikipédia (Auteurs)

Articles connexes

Liens externes