Éric Vannier

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Éric Vannier aux côtés de François Hollande à l'Auberge de la Mère Poulard (2015).

Éric Vannier, né à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), est un chef d'entreprise et homme politique de la Manche.

Né en Île-de-France, dans une famille de Montois, il hérite du Musée historique du Mont-Saint-Michel.

En 1988, il regroupe avec Hubert Boukhobza et Claude Challe les boîtes de nuits parisiennes Le Palace, les Bains Deligny et le Goopoly, rebaptisé Sweet World Café[1] et en devient co-propriétaire,[2].

En 1986, il rachète plusieurs hôtels et restaurants sur le Rocher, dont l'auberge de La Mère Poulard. Il dépose la marque Mère Poulard en 1995 qu'il met sur divers produits alimentaires (galettes au beurre, cidre, œufs...). Il est propriétaire de la totalité des parts du groupe Mère Poulard qui comprend 17 établissements, soit près de la moitié des commerces, restaurants et hôtels du Mont. Le groupe emploie un millier de salariés, dont 200 dans ses unités agroalimentaires.

Il est élu maire du Mont-Saint-Michel en 1983, et réélu en 1989 et 1995. Il constitue une liste, Manche Normandie Avenir, pour les élections régionales de 1992, souhaitant regrouper « toutes les sensibilités » mais sans qu'aucun membre soit affilié à un parti, dont Michel Hamel, président de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA) de Basse-Normandie[3].

Six ans plus tard, il perd ses mandats régionaux et départementaux, et est battu aux municipales de 2001 dès le premier tour [4] par Patrick Gaulois. Il retrouve son fauteuil en 2008 pour une voix d'avance.

Le 27 février 2013, le tribunal de grande instance de Coutances le condamne à 30 000 € d'amende, dont 20 000 € avec sursis, pour prise illégale d'intérêts [5]. Il est reconnu coupable d'avoir pris part en tant qu'élu à une décision fixant près de commerces lui appartenant le lieu de départ des navettes acheminant les touristes vers le Mont-Saint-Michel [5]. Le 2 mars 2015, la Cour d'appel de Caen aggrave la sanction en le condamnant à 50 000 € d'amende [6].

Le 24 février 2014, celui que l'on a surnommé parfois le « maire Poulard  » annonce par un communiqué qu'il ne se présentera pas à sa succession comme maire du Mont-Saint-Michel aux prochaines élections municipales [7] laissant son fauteuil au terme du scrutin à Yann Galton, premier adjoint. Il aura occupé ce fauteuil pendant vingt-quatre ans. Parmi tous les dossiers qu'il a traités, l'Opération de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel est l'un des principaux. « Sans moi, rien aurait été possible », assure-t-il [8]. Il a en effet sensibilisé le Président François Mitterrand au projet dès 1983, puis en 1993 Nicolas Sarkozy, qui a lui-même convaincu Édouard Balladur, alors Premier ministre, d'engager l'État [8]. « Un lourd projet dévoreur de temps, d'énergie, exaltant et crispant à la fois », analyse après coup Éric Vannierl [9].

Le 19 septembre 2014, il est fait maire honoraire [9].

Notes et références

  1. L'Express, 1988.
  2. Le Nouvel Observateur, 1989.
  3. « La préparation des élections régionales MANCHE : le maire du Mont-Saint-Michel constitue une liste. », Le Monde, 13 février 1992
  4. « Surprise au Mont-Saint-Michel : le sortant Éric Vannier exclu dès le premier tour », Ouest-France, 12 mars 2001.
  5. 5,0 et 5,1 Chloé Coupeau, « Navettes du Mont-Saint-Michel : le maire condamné pour prise illégale d'intérêts », AFP, 27 février 2013, 12 h 43 ; Marc Andersson, « Mont-Saint-Michel : le maire condamné », Ouest-France, 28 février 2013.
  6. « L'ex-maire du Mont-Saint-Michel condamné en appel », lamanchelibre.fr, 3 mars 2015 ; Renaud Toussaint, « L'ex-maire du Mont condamné à 50 000 € d'amende », Ouest-France, 3 mars 2015.
  7. « Le maire du Mont-Saint-Michel se retire de la politique », Ouest-France, 25 février 2014.
  8. 8,0 et 8,1 Arnaud Bouillin, « Le Mont-Saint-Michel en eaux troubles », Marianne, n° 1010, 12-18 août 2016.
  9. 9,0 et 9,1 « Éric Vannier maire honoraire du Mont-Saint-Michel », Ouest-France, 23 septembre 2014.