Sée

De Wikimanche

La Sée entre Le Mesnil-Gilbert et Le Mesnil-Adelée.

La Sée est un fleuve de la Manche.

Hydrographie

Les bords de Sée (Saint-Jean-de-la-Haize)

Elle prend sa source à Chaulieu et se jette dans la baie du Mont Saint-Michel. Elle draine un bassin couvrant 460 km2[1].

Navigable, elle est longue de 78 km. Elle traverse, entre autres, les communes de Chaulieu, Sourdeval, Chérencé-le-Roussel, Cuves, Vernix, Brécey, Tirepied, Saint-Brice, Saint-Jean-de-la-Haize, Ponts, Avranches et Marcey-les-Grèves.

Lors des marées de grand coefficient, lorsque la mer remonte, elle crée une vague puissante que l’on appelle un mascaret.

Elle est réputée pour sa faune piscicole (truites et saumons) et ses moulins.

La Sée, le Couesnon et la Sélune chassent vers le large, autour du Mont-Saint-Michel, les sédiments apportés par la marée.

Affluents

De sa source à son embouchure :

Histoire

Pont en ciment armé sur la Sée

Sur une trentaine de kilomètres, entre Sourdeval et Brécey, en pleine révolution industrielle au courant du 19e siècle, la vallée de la Sée voit se développer de nombreuses entreprises qui profitent de l’énergie hydraulique pour prospérer, d’où son nom de « vallée des cent moulins ». Le 20e siècle annonce le déclin de ces industries qui ferment les unes après les autres.

Entre 1908 et 1935, le « petit train de la côte » relie Sourdeval à Granville, en passant par Avranches, Saint-Jean-le-Thomas, Carolles, Jullouville.... Il franchit la Sée sur un pont en béton armé entre Avranches et Marcey-les-Grèves. Longtemps utilisé par les piétons et les cyclistes, ce viaduc est démoli en 2007 pour être remplacé par une passerelle empruntée désormais par le GR 223.

À Marcey-les-Grèves, après la Seconde Guerre Mondiale, la Sée est la piscine naturelle de la commune : un plongeoir est installé (face au garage Peugeot), on se baigne dans le Sée; des fêtes nautiques sont organisées, on fait la course en nageant avec une cuillère dans la bouche et un œuf dedans, ou encore dans un demi-tonneau pour embarcation. [2]

À partir de 1987, les kayaks du canoë-Club d'Avranches naviguent sur la Sée entre Tirepied et l'embouchure.

Crues

En 1762, un certificat de baptême de l’époque rapporte  : «  église de Ponts inondée, seules les croix du cimetière dépassaient ».[3]

La Sée a aussi connu de fortes crues en 1926, 1947 ou 1949, juin 1951, octobre 1965, décembre 1966, juin 1973, 1974, 31 mai 1981, 15 février 1990, avril 1995, octobre 1996, novembre 1998, décembre 1999 , novembre 2000.[3]

Un plan de prévention du risque d'inondation de la Sée dans la commune d'Avranches est approuvé le 29 juin 2007. Les principaux sites concernés sont l'école André Parisy et l'église Saint-Étienne. [3]

Association Odyssée

L'association Odyssée, créée en 1997 a pour objectif le développement, la dynamique et la sauvegarde de la vallée de la Sée. Elle fédère des collectivités locales, des organisations socioprofessionnelles, des usagers et des associations présentes sur l'unité hydrographique de la Sée[4].

Natura 2000

Depuis le 2 octobre 2014, la vallée de la Sée est classée au titre des habitats d’espèces en zone Natura 2000 (zone spéciale de conservation FR 2500110). En effet, la Sée et six de ses affluents (les ruisseaux de la Soufficière, le Pierre Zure, le Glanon, le Saint-Laurent, le Bieu et le Moulin du Bois) abritent quatre espèces animales d’importance communautaire (en danger d’extinction, vulnérables, rares ou endémiques). Ces espèces sont le saumon atlantique, le chabot, la lamproie de Planer et la lamproie marine.

Pêche

À Marcey-les-Grèves, après la Seconde Guerre Mondiale, on pêche au carrelet. Avec un carrelet de 2 m² on prend des plies, des anguilles, des truites et parfois du saumon. [2]

La Sée est aujourd'hui « la meilleure rivière à saumon de France » : un saumon sur dix capturé à la ligne en France est pêché dans cette rivière [5]. Pour Arnaud Richard, ingénieur au Conseil supérieur de la pêche : « La Sée est entièrement colonisée par le saumon. On en trouve partout, de 5 km de la source à 5 km de la mer » [5].

Sports

Mascaret sur la Sée, au Pont Gilbert à Avranches
  • Espace VTT : 270 kilomètres à travers 17 parcours de 5 à 60 km, sont aménagés pour tous les niveaux (lire en ligne)
  • Le Canoë-Club d'Avranches est basé sur les bords de la Sée.

À voir

Toponymes

Le nom de la Sée figure dans ceux de Beauficel-sur-Sée et Cuves-sur-Sée, anciennes appellations alternatives de Beauficel et de Cuves.

Bibliographie

  • André Nove, « La vallée de la Sée de Chérencé-le-Roussel à Avranches » (étude de géographie rurale), DES de l'Institut de géographie de la Faculté de lettres de Caen, 1965
  • Philippe Mathière et Jacques Fauchon, « La justice de la seigneurie du “Val de Sée” », Revue de l'Avranchin, n° 254, mars 1968, p. 57-62
  • Michel Josseaume, « Le fief du Val de Sée en 1681 », Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, n° 259, juin 1969
  • Yvon Le Ravallec Les industries liées à la force hydraulique du bassin de la Sée, in Annales de Normandie, 32ᵉ année, n°3, 1982. Études sur le patrimoine industriel en Normandie. p. 273-297 (consultable sur persee.fr)
  • Mathieu Brillon, Bassin versant de la Sée. Conditions de réussite d'un schéma d'aménagement et de gestion des eaux, Mémoire de DESS aménagement et collectivités locales, Rennes 2 Université de Haute-Bretagne, 1997
  • Michel Coupard, La vallée de la Sée, de Saint-Pois à l'estuaire, éd. Alan Sutton, 1998

Notes et références

  1. Fernand Verger, « Colmatage et génie civil aux environs du Mont-Saint-Michel », Mappemonde, n° 63, mars 2001.
  2. 2,0 et 2,1 Marcey-les-grèves-magazine, décembre 2013
  3. 3,0, 3,1 et 3,2 Commune d'Avranches, Document d'information communale sur les risques majeurs, 2009, p.7(lire en ligne)
  4. « Quatre communautés au chevet de la Sée», Ouest-France, 28 janvier 2016,(lire en ligne)
  5. 5,0 et 5,1 « La Sée savoure ses saumons », Basse-Normandie notre région, n° 27, juin 1997.