Ligne ferroviaire Caen-Rennes

De Wikimanche

Le tracé de la ligne.

La ligne ferroviaire Caen-Rennes est une voie de chemin de fer qui traverse la Manche, sur 116 kilomètres.

Partant de Caen (Calvados), elle passe à Bayeux (Calvados), entre dans la Manche à la gare de Lison, traverse Saint-Lô, Coutances, Folligny, Avranches, et ressort du département après Pontorson. Elle passe ensuite à Dol-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) , avant de bifurquer au sud vers Rennes.

Elle emprunte, en partie, les lignes existantes : Paris-Cherbourg entre Caen et Bayeux, dans le Calvados, Lison-Lamballe jusqu'à Dol-de-Bretagne et Saint-Malo-Rennes à partir de Dol-de-Bretagne.

Arrêts

Le train Caen-Rennes fait halte dans la Manche dans les gares de Lison, Saint-Lô, Coutances, Folligny, Avranches et Pontorson.

Histoire

Sous le Second Empire, la ligne Caen-Rennes entre dans la stratégie de liaison entre les deux ports militaires de Brest et Cherbourg [1] par la ligne Lison-Lamballe, autant pour des besoins commerciaux que pour la défense du pays.

1er mai 1860 : ouverture du tronçon de Lison à Saint-Lô [2].

Entre Lison et Saint-Lô, le train desservait les gares ou haltes d'Airel, la Meauffe, Pont-Hébert, siège d'une importante laiterie [3].

20 octobre 1876 : l'adjudication de la section Avranches-Dol est attribuée à la Compagnie de l'Ouest [1].

1878: ouverture du tronçon d'Avranches à Dol-de-Bretagne [2].

30 décembre 1878 : ouverture du tronçon de Saint Lô à Coutances [2].

Entre Saint-Lô et Coutances, la ligne dessert les gares de Canisy, Carantilly-Marigny, Cametours, Belval ; quelques kilomètres avant Coutances, elle est rejointe par la ligne Sottevast-Coutances venant du nord.

29 décembre 1879 : ouverture du tronçon de Coutances à Avranches [2].

À 7 km de Coutances, la gare d'Orval-Hyenville est à l'embranchement d'une ligne de 8 km rejoignant le port de Regnéville-sur-Mer, entre 1902 et 1939. Ensuite, la ligne dessert les gares ou haltes de Quétreville-sur-Sienne, Cérences, Hudimesnil, Folligny où elle croise la ligne Paris-Granville, La Haye-Pesnel et Montviron-Sartilly, pour arriver à Avranches [4].

22 octobre 1883 : la ligne de Fougères est raccordée à celle de Lison-Lamballe en gare de Pontorson [1].

Le 1er juillet 1888, une deuxième voie est posée entre Pontaubault et Avranches et on roule encore dessus en 2012 [1].

En 1889, à Pontaubault, on la raccorde à la ligne venant de Domfront via Saint-Hilaire-du-Harcouët [1].

Le 25 juin 1913 la ligne est mise à double voie entre Lison et Saint-lô, mais elle redeviendra à voie unique en 1958 [3].

Entre 1922 et 1929, on pose une deuxième voie entre Pontaubault et Pontorson [1].

En 1944, durant le débarquement allié, toute la ligne ainsi que les gares qui la jalonnent sont durement touchées par les sabotages, les bombardements et des réactions des troupes allemandes. Les gares sont souvent totalement détruites et des baraquements provisoires" sont en service pendant plusieurs années après la fin de la guerre [3].

Le service omnibus est abandonné le 26 septembre 1971, le trafic marchandises, quant à lui, ne cesse de diminuer pour mourir doucement vers la fin du 20e siècle. Seule une expédition de lait en poudre et de beurre par wagons frigorifiques anime périodiquement les rails entre l'Union Laitière Normande et Milan en Italie via Saint-Lô [3].

La SNCF décide de supprimer le trafic fret le 1er juin 1991. En réaction, le 25 janvier 1991, c'est la création de l'ADPCR ( Association pour la Défense et la Promotion de la ligne ferroviaire Caen-Saint-Lô-Rennes ) à Saint-Lô [3]; sont alors organisées des manifestations dans les gares, des pétitions, des trains de mobilisation.

Le 26 février 1998, c'est la signature, à Avranches, de la convention d'étude de la modernisation de l'axe Caen-Rennes [3].

Il faut attendre 2003 pour la rénovation de la section entre Lison et Saint-Lô, et 2004 pour la modernisation du tronçon de Saint-Lô à Coutances [3] et 2006 pour l'électrification du tronçon de Lison à Saint-Lô.[5].

Le trafic ferroviaire est suspendu cinq mois à partir du 6 janvier 2014 entre Coutances et Rennes pour remplacer une voie (rails, traverses et ballast) entre Dol-de-Bretagne et Avranches et sur sept km au sud de Saint-Lô [4].

Le 28 mai 2014, c'est la réouverture de la ligne Caen-Rennes modernisée dans son ensemble. Trois allers et retours par jour sont assurés entre Caen et Rennes [4].

Du 20 novembre 2017 au 31 mars 2018, 42 km de la deuxième voie entre Dol-de-Bretagne et Avranches sont renouvelés, entraînant la fermeture momentanée des gares d'Avranches, Pontorson et Dol. Un service d'autocars assure la liaison de Coutances à Rennes [6].

Le 9 décembre 2018, la desserte de Granville est augmentée : entre 9 et 11 trains quotidiens avec Caen et 4 avec Rennes [7]. En revanche, les deux haltes de Pont-Hébert et Carantilly-Marigny sont supprimées [7].

Ouvrages d'art

Accidents

  • Le 7 septembre 1946, à 7 h 36 l'omnibus Lison-Lamballe télescope un train de marchandises. La ligne ne comporte qu'une seule voie. Saint-Lô avait lancé ce convoi, croyant qu'il atteindrait Canisy avant le train de voyageurs annoncé comme très en retard. L'accident fait sept morts et quarante blessés [8]
  • Le 4 août 1974, le train déraille en arrivant à Dol-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), causant la mort de 10 voyageurs. Un malaise du conducteur est à l'origine de l'accident.

Bibliographie

  • Jacky Hamoniaux, Sur la ligne de Lison à Lamballe, éd. Alan Sutton, 1997

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 et 1,5 ADPCR-Infos, n° 82, octobre 2014, p. 9 (lire en ligne).
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 « Ligne Lison-Lamballe », Structurae (lire en ligne).
  3. 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 3,5 et 3,6 ADPCR-Infos, n° 79, p. 2 (lire en ligne).
  4. 4,0 4,1 et 4,2 ADPCR-Infos, n° 81, juillet 2014 (lire en ligne).
  5. ADPCR-Infos, n° 78, octobre 2013 (lire en ligne).
  6. Marie-Axelle-Rchard, « Perturbations sur la ligne SNVF Caen-Rennes », Ouest-France, 3 novembre 2017.
  7. 7,0 et 7,1 Christophe Leconte, « Ligne Caen-Rennes : les gagnants et les perdants », Ouest-France, 6 décembre 2018.
  8. Le Train à la conquête de l'Ouest, éd. Ouest-France, hors-série, 2013, p. 73.

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