Bricquebec

Bricquebec est une commune du département de la Manche.

  • Prononciation (dialectale). — API : [brikˈbe]; transcription francisée : bric-bé.
Bricquebec.png Blason de la commune de Bricquebec Coordonnées : 49° 28′ 14.2″ N, 1° 38′ 01.8″ W
Arrondissement Cherbourg-Octeville
Canton Bricquebec (chef-lieu)
Intercommunalité Canton de Bricquebec-en-Cotentin (siège)
Gentilé Bricquebétais(es)
Population (2010) 4 256 hab.
Superficie 32,66 km²
Densité 130 hab./km2
Altitude 7 m (mini) - 161 m (maxi)
Code postal 50260
N° INSEE 50082
Maire Henri-Louis Védie
Communes limitrophes de Bricquebec
Quettetot Rauville-la-Bigot,
Sottevast,
Saint-Martin-le-Hébert
Rocheville
Le Vrétot Bricquebec L'Étang-Bertrand
Les Perques Saint-Jacques-de-Néhou Magneville,
Néhou

La place Bricqueville, avec le donjon.
La place Bricqueville, avec le donjon.

Sommaire


[modifier] Toponymie

[modifier] Attestations anciennes

  • Bricrebech ~1062 [1].
  • ecclesiam [Sancte Marie de B]ricebec 1051/1066 [2].
  • Brichebec 1180 [3].
  • Brikebec 12e s. [3].
  • Brikebeth [lire Brikebech] 1221 [3].
  • ecclesia de Briquebec 13e s. [4].
  • Briquebec 1273 [5], 1300 [6], 1332 [7], 1338 [8], 1345 [9], 1351/1352 [10].
  • Bricquebec 1550 [11].
  • Briquebec 1608 [12].
  • Bricquebec 1635 [13], 1612/1636 [14], 1677 [15].
  • Briquebec 1694 [16].
  • Bricquebet 18e s. [3].
  • Bricquebec 1713 [17].
  • Briquebec 1716 [18], 1719 [19], 1758 [20], 1753/1785 [21], 1791 [22], 1792 [23].
  • Bricquebec 1793 [24].
  • Briquebec 1801 [25], 1804 [26], 1828 [27].
  • Bricquebec 1829 [28].
  • Briquebec 1854 [29].
  • Bricquebec, Briquebec 1903 [30].
  • Briquebec 1954 [31].
  • Bricquebec 1962 [32], 1972 [33], 1978, 1993 [34], 2007 [35].

[modifier] Étymologie

Toponyme d'origine scandinave, dont le deuxième élément -bec est issu de l'ancien norois bekkr « ruisseau ». Le premier élément, qui a abouti à Bricque-, a toujours divisé les spécialistes, ou du moins suscité leur hésitation.

  • Depuis Auguste Longnon [36], l'une des explications proposées consiste à dire qu'il s'agit d'un anthroponyme que l'on retrouve sans ambiguité dans Bricqueville-la-Blouette, Bricqueville-sur-Mer, Bricqueville (commune du Calvados; hameau à Vesly dans la Manche), et sans doute dans Bricquebosq ainsi que Bricquebost, autre hameau à Vesly. En l'occurrence, il s'agirait de °Briki, nom hypothétique postulé pour expliquer deux toponymes danois en -thorp « village » [37]. François de Beaurepaire [3] considère ce nom comme anglo-scandinave, et pense le retrouver dans les noms des toponymes anglais Brickendon (Hertfordshire), Brigsley (Lincolnshire) et Brigham (Cumberland), que tous les spécialistes britanniques [38] rattachent — avec raison semble-t-il, au vu des formes anciennes — à l'ancien anglais bruċġ « pont ».
  • L'ancien norois brekka « pente, colline » [39] a été initialement proposé par Auguste Vincent [4] pour expliquer la première partie du toponyme. Il fut suivi en cela par Albert Dauzat et Charles Rostaing [40] qui balancent cependant, pour tous les autres noms en Bri(c)que-, entre cette explication et un nom de personne d'origine germanique; puis par Ernest Nègre [41] et à sa suite René Lepelley [42]. François de Beaurepaire considère également cette hypothèse, qui selon lui serait confirmée par l'existence au Danemark du toponyme Birkbaek (Birchebech 1488) [3], mais qui semble néanmoins pouvoir aussi être expliqué par l'ancien norois bjǫrk « bouleau ». Il n'exclut cependant pas une interprétation par « le scandinave brucg, pont » (il faut bien sûr comprendre « l'ancien norois bryggja » : le mot bruċġ est de l'ancien anglais), ni par l'anthroponyme °Briki mentionné plus haut, et que l'auteur cite sans astérisque.

L'hypothèse brekka « pente, colline », aussi séduisante qu'elle soit car associant deux appellatifs scandinaves à valeur géographique pouvant correspondre au site, pose néanmoins deux difficultés, respectivement d'ordre phonétique et syntaxique.

  • D'une part, l'ancien norois brekka aboutit régulièrement à [brɛk] en Normandie, généralement noté bre(c)que [43], par exemple dans le toponyme Houllebrecque (hameau à Saint-Aubin-de-Crétot, en Seine-Maritime), ici combiné avec hollr « creux », ou encore le nom de l'île de Brecqhou. On ne peut guère attribuer la forme Bricque- qu'à une évolution irrégulière, peut-être issue d'une dissimilation °Bre(c)quebec > Bri(c)quebec, dont on n'a par ailleurs aucune trace; ou éventuellement à l'attraction des toponymes en Bri(c)que-, ce qui serait à tout prendre la moins mauvaise des solutions.
  • D'autre part, l'élément brekka apparaît presque exclusivement en seconde position, tant dans Houllebrecque qui vient d'être cité que dans ses occurrences toponymiques anglaises : ainsi, Eilert Ekwall [44] rattache à l'ancien norois brekka les noms de Norbreck, Scarisbrick, Warbreck et Haverbrack dans le Westmoreland et le Lincolnshire, et souligne qu'on ne le trouve employé qu'en tant que second élément; cette interprétation n'est pas remise en cause par Margaret Gelling [45]. Ceci dit, on rappellera en contrepartie l'existence de Brecqhou (l'exception qui confirme la règle ?).

La seule faiblesse de l'explication par le nom de personne °Briki est qu'il n'est pas attesté directement, mais seulement par des toponymes danois (nous n'incluons pas ici les noms anglais cités par François de Beaurepaire, qui ne semblent pas concluants). Néanmoins, l'examen des formes anciennes n'empêche nullement un rapprochement avec les autres noms de lieux en Bri(c)que-, où cet emploi semble indubitable (particulièrement dans le type Bricqueville). En outre, °Briki convient mieux phonétiquement que brekka. C'est pourquoi cette dernière hypothèse semble la plus probable, et l'on pourrait donc voir dans Bricquebec « le cours d'eau de °Briki ».

[modifier] Géographie

Avant son démembrement de 1895, Bricquebec était la plus grande commune du département avec 51,47 km².

[modifier] Histoire

L'origine de la ville est liée à la fondation de la seigneurie de Bricquebec au 10e siècle.

Le bourg est mentionné pour la première fois en 1194.

L'existence de plusieurs foires annuelles est attestée dès le 13e siècle.

François Ier a fait étape au château en avril 1532.

Le bourg connaît un essor important au 18e siècle. Un réaménagement urbain est opéré à la fin de ce siècle, avec notamment la création de nouvelles rues.

En 1895, Bricquebec est démembrée de deux hameaux importants, qui deviennent des communes: le Grand-Hameau qui constitue Rocheville et L'Étang-Bertrand.

[modifier] Démographie

Évolution démographique depuis 1793 (Sources : Cassini[46] et INSEE[47])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
4 266 4 000 4 345 4 349 4 255 4 414 4 484 4 504 4 446 3 988
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
3 969 3 779 3 622 3 667 3 757 3 647 3 661 2 761 2 778 2 817
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
2 816 2 536 2 596 2 604 2 682 2 882 2 732 2 873 3 063 3 142
1982 1990 1999 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
3 724 4 363 4 360 4 221 4 239 4 248 4 252 4 256
De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Notice communale de Bricquebec sur le site Cassini


[modifier] Administration

[modifier] Circonscriptions administratives avant la Révolution

[modifier] Circonscriptions administratives depuis la Révolution

[modifier] Les maires

Liste des maires depuis 1945
Période Identité Parti Qualité Observations
1944-1946 Ferdinand Joseph Alexandre Lucas Gendarme
1946-1963 Marcel Grillard Industriel
1963-1977 Joseph Thiébot Notaire
1977-1996 Paul Philippe Chef d'entreprise
1996-actuel Henri-Louis Védie Professeur
Sources : Étude sur les maires du canton de Bricquebec [48].


[modifier] Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour signaler une erreur cliquez ici)
Lundi 8 h - 12 h 14 h - 17 h
La mairie (2012).

La mairie (2012).

Adresse : Place de la Mairie
50260 Bricquebec

Tél. 02 33 87 22 50
Fax : 02 37 87 22 69

Courriel : Contacter la mairie

Site internet : Officiel

Commentaire :

Source : Annuaire Service-Public (28 avril 2012)

Mardi 8 h - 12 h 14 h - 17 h
Mercredi 8 h - 12 h 14 h - 17 h
Jeudi 8 h - 12 h 14 h - 17 h
Vendredi 8 h - 12 h 14 h - 17 h
Samedi - -



[modifier] Religion

[modifier] Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

[modifier] Patronage

  • Dédicace de l'église paroissiale : Notre-Dame.
  • Patron (présentation) : patron laïc, le seigneur du lieu; Robert Bertran en 1332.
  • Fête patronale : Sainte-Anne.

[modifier] Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

[modifier] Lieux et monuments

La rue de la République, artère principale.
Portail roman (11e).
Flamme postale, 1995.

[modifier] Événements

  • La foire Sainte-Anne (dernier week-end de juillet).
  • Le salon Ramp'Art, créé en 1994 (peintures et sculptures).

[modifier] Personnalités liées à la commune

[modifier] Naissances

[modifier] Décès

[modifier] Autres

[modifier] Politique

[modifier] Économie

  • ACE (tuyauterie industrielle), venue en 2010 de Querqueville : une vingtaine de salariés
  • Orkney (fabrication de bateaux) : fermé
  • DB Composite (liquidation)
  • Marché aux bestiaux : supprimé en décembre 2012
  • Biscuiterie Rouger
  • Nestlé, laiterie et poudre de lait (89 salariés) : fermée en 1997

[modifier] Jumelage

[modifier] Transports

Lignes Manéo

[modifier] Éducation

[modifier] Culture

  • Salle de spectacles (ancienne halle aux grains), inaugurée le 31 janvier 1926
  • Coulisses du Donjon (troupe théâtrale)
  • Les Persévérants (harmonie municipale), fondés en 1874

[modifier] Gastronomie

[modifier] Sports

[modifier] Bibliographie

Lire l'article détaillé Bibliographie de Bricquebec

[modifier] Annexes

[modifier] Notes et références

  1. Jean Adigard des Gautries, « Les noms de lieux de la Manche attestés entre 911 et 1066 », in Annales de Normandie I (1951), p. 19.
  2. Marie Fauroux, Recueil des actes des ducs de Normandie (911-1066), Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XXXVI, Caen, 1961, p. 394, § 205.
  3. 3,0, 3,1, 3,2, 3,3, 3,4 et 3,5 François de Beaurepaire, op. cit., loc. cit..
  4. 4,0 et 4,1 Auguste Vincent, Toponymie de la France, Bruxelles, 1937, p. 159, § 371.
  5. Léopold Delisle, Les cartulaires de la baronnie de Bricquebec, impr. F. Le Tual, Saint-Lô, 1899, p. 10, n° 36
  6. Ibid., p. 21.
  7. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 312E.
  8. Léopold Delisle, Les actes normands de la Chambre des Comptes sous Philippe de Valois (1328-1350), Rouen, Le Brument, 1871, p. 194, § 101.
  9. Ibid., p. 331, § 185.
  10. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 377B.
  11. Eugène Robillard de Beaurepaire et le Comte Auguste de Blangy, Le Journal du Sire de Gouberville (t. I), Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie XXXI, Caen, 1892, p. 73.
  12. François Des Rues, Description contenant les antiquitez, fondations et singularitez des plus célèbres villes, chasteaux et places remarquables du royaume de France : avec les choses plus mémorables advenues en iceluy, Coutances, 1608, p. 386.
  13. Normandia Ducatus (carte du duché de Normandie), Atlas Van der Hagen, 1635.
  14. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BN, ms. fr. 4620].
  15. Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BN, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  16. Jean-Baptiste Nolin, Le duche et gouvernement de Normandie Divisé en Haute et Basse Normandie, en Divers Pays, et par Evechez, Paris, 1694 [BN, IFN-7710251].
  17. Dénombrement des généralités de 1713 [BN, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  18. Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
  19. Bernard Jaillot, Le Gouvernement général de Normandie divisée en ses trois généralitez, Paris, 1719.
  20. G. Robert de Vaugondy, Carte du gouvernement de Normandie, Paris, 1758.
  21. Carte de Cassini.
  22. Les Auteurs de l’Atlas National de France, Précis élémentaire et méthodique de la nouvelle géographie de la France, Bureau de l’Atlas National, Paris, 1791.
  23. Les Auteurs de l’Atlas National de France, Atlas National Portatif de la France, Bureau de l’Atlas National, Paris, 1792.
  24. Site Cassini
  25. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris, 1801-1870.
  26. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, impr. Baudouin, libr. Laporte, vol. I (A-CNO), an XIII (1804), p. 467c.
  27. Louis Du Bois, Itinéraire descriptif, historique et monumental des cinq départements de la Normandie, Mancel, Caen, 1828, p. 407.
  28. Annuaire de la Manche (1829), Statistique de l'arrondissement d'Avranches, p. 165.
  29. V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
  30. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  31. Nomenclature des hameaux, écarts et lieux-dits de la Manche, INSEE, 1954.
  32. Atlas de Normandie, Caen, 1962.
  33. Anne Vallez, Pierre Gouhier, Jean-Marie Vallez, Atlas Historique de Normandie II (économie, institutions, comportements), Université de Caen, Caen, 1972.
  34. Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
  35. Carte IGN au 1 : 25 000.
  36. Auguste Longnon, Les noms de lieux de la France, Paris, 1920-1929 (rééd. Champion, Paris, 1979), p. 281, § 1172.
  37. Jean Adigard des Gautries & Fernand Lechanteur, « Les noms de communes de Normandie », in Annales de Normandie XIV (1964), § 498.
  38. Eilert Ekwall, The Concise Oxford Dictionary of English Place-names (4th edition), Oxford University Press, Oxford, 1960; Margaret Gelling, Place-Names in the Landscape, Phoenix Press, London, 1984; A. D. Mills, A Dictionary of English Place-Names, Oxford University Press, Oxford, 1993.
  39. Ce mot est issu du germanique commun °brenkō- « élévation, hauteur, colline », reposant sur la racine indo-européenne °bhrenk- « s'élever; hauteur, colline »; cf. Julius Pokorny, Indogermanisches etymologisches Wörterbuch, Francke Verlag, Berne, t. 1 1959, n° 167.
  40. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963 (rééd. Guénégaud, avec supplément de Marie-Thérèse Morlet), p. 116a.
  41. Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. II, 1991, p. 1011, § 18225.
  42. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993, p. 79b.
  43. Ce terme n'a rien à voir avec brèque, forme normano-picarde de brèche.
  44. Op. cit., p. 62-63.
  45. Op. cit., p. 129.
  46. Population avant le recensement de 1962
  47. INSEE : Population depuis le recensement de 1962
  48. Jacques Blin, étude sur les maires du canton de Bricquebec à partir des registres d'état civil.
  49. La Presse de la Manche, 6 avril 2012.
  50. La Presse de la Manche, 6 avril 2012.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes