Lucien Goubert

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Lucien Goubert.

Lucien Georges Léon Goubert, né à Flamanville le 27 juin 1887 et mort à Rauville-la-Bigot le 10 janvier 1964, est un peintre, caricaturiste et photographe de la Manche.

Biographie

Il naît chemin de la Cad'huse, au Hameau de Caubus à Flamanville.

De 1890 à 1898, la famille Goubert vit à Guernesey où le père de Lucien travaille comme tailleur de pierre. De retour dans le Cotentin, à Cherbourg, il fréquente l'école Émile-Zola où son instituteur l'encourage à développer son don pour le dessin. Malheureusement, son père meurt peu après et Lucien doit travailler pour subvenir aux besoins de la famille. D'abord apprenti ébéniste, il occupe divers emplois tout en suivant les cours du soir de l'école municipale de dessin de Cherbourg.

Il obtient une petite notoriété locale en devenant caricaturiste, suivant l'exemple de son compatriote manchois devenu publiciste à Paris, François Énault. Certaines de ses caricatures sont reprises en cartes postales, en particulier au moment des élections législatives et municipales.

Sa peinture ne lui permettant pas de vivre, il s'installe comme photographe en 1914, non pas à Cherbourg où la concurrence aurait été forte pour un débutant, mais à Bricquebec. Boitant depuis un accident dans son enfance, il n'est pas mobilisé lors de la Première Guerre mondiale. En 1920, il épouse Marguerite Cornavin, de Rauville-la-Bigot, et transfère son atelier rue Tour-Carrée à Cherbourg où il ne se consacre plus qu'à la peinture.

La même année, sa troisième exposition à la librairie Choubrac à Cherbourg marque le début d'un succès qui ne va plus se démentir. Il expose à Caen, à Rouen puis à Paris. En 1929, on s'arrache ses toiles à l'exposition Lebarbenchon-Bernadi et certaines partent même pour les États-Unis. Avec Émile Dorrée, il représente la Basse-Normandie à l'Exposition universelle de 1937. À cette époque, il voyage en Tunisie.

La réalisation d'affiches publicitaires fait beaucoup pour sa célébrité locale. La plus connue est sans doute celle représentant un couple en habits traditionnels du Cotentin [1], allant faire ses emplettes Tcheu Ratti, le célèbre magasin cherbourgeois [2]. Il en réalise d'autres pour les foires-expositions de Cherbourg dans les années 1920 et 1930. L'une d'elle, représentant en premier plan un célèbre pêcheur local, le père Brumant, sera reprise sur les paquets du Café du Vieux Pêcheur distribués durant de nombreuses années dans le Cotentin.

Il décore la salle de spectacles de Bricquebec, inaugurée le 31 janvier 1926 [3].

Portraitiste, paysagiste, peintre de la mer et des intérieurs normands, illustrateur d'un Prêtre marié ou d'une Histoire sans nom, romans de Jules Barbey d'Aurevilly, il maniait l'huile, la gouache, l'aquarelle avec autant de bonheur que le crayon et l'eau forte. Son ami Louis Beuve a dit de lui qu'il « peignait en patois ». Il est également ami avec le photographe Gustave Bazire.

En 1941, pour fuir les bombardements de Cherbourg, Lucien Goubert se réfugie à Rauville-la-Bigot où sa femme vient aider sa mère à la boulangerie familiale. Ils emménagent dans une maison face à la boutique, au lieu dit La Régale. C'est là qu'il vit le reste de son existence, avec de fréquents séjours dans son atelier de Flamanville. Jusqu'à sa mort, il ne cessera de peindre et de dessiner.

Il est inhumé dans le cimetière de Rauville-la-Bigot.

Distinctions

Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1938.

Hommages

Aujourd'hui, le collège de Flamanville, l'école publique de Rauville-la-Bigot et des rues à Bricquebec et à Cherbourg-en-Cotentin perpétuent sa mémoire.

En 1971, une plaque est posée sur sa maison natale à Flamanville.

Les Archives départementales de la Manche achètent le 23 novembre 2003 un fonds de 761 photographies de l'artiste à la salle des ventes de Bayeux (Calvados) [4].

À l'occasion du cinquantenaire de sa mort, plusieurs expositions sont organisées :

Ventes

Bibliographie

  • Pierre Leberruyer, Lucien Goubert dessinateur, éd. Manche-Tourisme, Saint-Lô, 1970
  • Lucien Lepoittevin, « Lucien Goubert », Le Viquet n° 94, Noël 1991
  • Goubert, promenade dans la Hague (recueil de dessins), éd. Livory-Quémerais, 1991
  • Emmanuelle Lemesle, Sur les pas de Lucien Goubert peintre & photographe, Association 3Angles, Cherbourg-Octeville, 2014
  • Jeannine Bavay, « Lucien Goubert, peintre de notre terroir : Bricquebec, les années de jeunesse », in La Voix du donjon n° 82, septembre 2014
  • Jean-Pierre Le Goupillot et Jeannine Bavay, « Lucien Goubert à Rauville-la-Bigot », La Voix du donjon n° 83, décembre 2014

Notes et références

  1. Lui en Bllâodot et Capé de Brix, elle avec sa bounette. Lucien Ratti tenait sans doute à faire savoir que son grand magasin convenait aussi bien aux ruraux qu'aux gens de la ville, et qu'ils étaient tous réjouis d'y venir.
  2. Marguerite Cornavin, la propre épouse de Lucien Goubert, et Gustave Bazire, photographe et ami de l'artiste, ont servi de modèles pour les deux personnages.
  3. « 120 ans en Cotentin », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2009, p. 87.
  4. Fonds Lucien Goubert, Archives départementales de la Manche, affiches et photos (lire en ligne).
  5. « Un livre sur le peintre Lucien Goubert »], Ouest-France, 18 avril 2014 (lire en ligne).
  6. La Presse de la Manche, 12 août 2011.

Lien interne

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