Charles Brumant

De Wikimanche

Charles Raoul Brumant, né à Harfleur (Seine-Maritime) le 6 décembre 1858 et décédé à Gréville-Hague en 1943, est une personnalité de la Manche.  

La figure du « Vieux pêcheur »

Le père Brumant, alias le Vieux pêcheur.

Tout le monde le connaît. Personne, ou presque, ne sait qui il est. La figure du « Vieux pêcheur », qui a popularisé une marque de café, et qui fut peinte par l’artiste Lucien Goubert pour la  foire-exposition de Cherbourg de 1932, est celle de Charles Brumant, un « barquais » d’Herqueville, dans la Hague.

Ce personnage longtemps anonyme était attiré par la mer et voulait être pêcheur.

N’écoutant que l’appel du large, il embarque à douze ans sur un bateau norvégien. C’est le début d’une très longue carrière puisque Charles Brumant pêchait encore à bord de sa plate à l’âge de quatre-vingts ans ! Parce qu’il y a de la famille, il vient s’installer à Herqueville où il se marie une première fois en 1884. De ce premier mariage, il aura dix enfants. Il en aura huit autres d’un second. On se doute que l’existence est difficile pour ce petit pêcheur dont la mer occupe tous les jours. Patron en 1898 sur « L’Amélie », cet homme peu loquace, au visage tanné par les embruns, aux yeux pétillants et solidement charpenté, est réputé pour vendre du « bon poisson ». Ce fut sa grande fierté.

Le père Menent et le père Brumant (à droite), deux pêcheurs cherbourgeois.

Parmi ses clients, il y a le peintre Lucien Goubert qui est devenu un habitué de la maison Brumant. Au début des années 1930, il cherche un modèle pour l’affiche de la foire-exposition.

Il a tout d’abord songé à une jeune fille du Val de Saire. Mais il est convaincu par le photographe cherbourgeois Gustave Bazire, qui a souvent tiré le portrait du « père Brumant », de porter son choix sur le pêcheur d’Herqueville. Goubert peint donc les traits burinés de Charles Brumant d’après une photographie de Bazire. Et c'est la gloire… pour l’artiste. Le pêcheur, lui, n’en tira ni vanité ni profit.

Mais, l’année suivante, en 1933, lors de l’inauguration de la gare maritime de Cherbourg, c’est lui qui est choisi pour présenter les clés du nouvel édifice au président de la République Lebrun qui, peu après, écrira un petit mot à Charles en se déclarant fier d’avoir serré la main d’un rude pêcheur !

Puis, comme si de rien n’était, la vie de misère du « Vieux pêcheur » reprend son cours à Herqueville. En 1940, Charles Brumant se voit confisquer sa barque par les Allemands.  

Source

  • Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 2, Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, ISBN 2914541147
  • Éric Marie, « La drényire lache ? », Le Viquet, n° 75, 1987