Le Canada et la Manche

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Drapeau du Canada.

Le Canada a une relation ancienne avec la Manche.

Histoire des relations

Même si le Cotentin et l'Avranchin n'ont pas fourni le plus de colons, en comparaison d'autres régions françaises de l'Ouest, comme le Perche et le Poitou, plusieurs des premiers explorateurs et conquérants de la Nouvelle-France sont originaires du département de la Manche. On compte parmi eux la famille Chapdelaine, originaire de Plomb.

Dès le XVIe siècle, des Granvillais pêchent la morue à Terre-Neuve.

Parmi les pionniers, on note Guillaume de Bricqueville qui a fondé plusieurs comptoirs en Acadie, et surtout Jean Nicollet, coureur de bois et interprète débarqué au Canada en 1618, négociant de fourrure pour le compte des compagnies françaises, explorateur de la région du lac Michigan, négociateur des alliances françaises avec les nations indigènes. On compte aussi le récollet Nicolas Viel, assassiné par les Indiens en 1625, année où Jean de Brébeuf est envoyé en Nouvelle-France pour évangélisant les Hurons et les Neutres avant d'être tué par les Iroquois. Il est le saint patron du Canada depuis 1940.

Ensuite, Marie-Catherine de Saint-Augustin, embarque pour le Québec en 1648 au sein de la communauté des Hospitalières de Dieppe de l'Hôtel-Dieu de Québec, Philippe Mius d'Entremont fonde la baronnie de Pobomcoup en 1651, tandis qu'Hector de Callières (1646-1703) est nommé gouverneur de Montréal en 1684 puis gouverneur-général de la Nouvelle-France de 1698 à 1703.

Suite au traité d'Utrecht de 1713, aux négociations duquel participe l'abbé de Saint-Pierre, et qui prévoir entre autres, la cession d'une partie de l'Acadie aux Britanniques contre un droit de pêche exclusif au large de Terre-Neuve, le frère du prélat, Louis-Hyacinthe Castel, comte de Saint-Pierre et marquis de Crèvecœur et de Kersilis obtient en 1720 le monopole de la pêche, de la construction navale, du commerce et de l’agriculture sur l’île Saint-Jean, contre l'envoi de cent colons français la première année, puis cinquante annuellement[1].

Jean-François Gaultier, envoyé en 1742 comme médecin de l'Hôtel-Dieu de Québec, étudie les plantes du Canada pour l'Académie royale des Sciences.

Avec le développement de la pêche à la morue, certains normands viennent travailler au large de la Gaspésie, et parfois s'y installent. Ainsi, le capitaine granvillais Michel Mahiet s'associe à Joseph Cadet à Mont-Louis, et deviendra seigneur de ce fief. De même, pour son établissement qu'il créé en 1752 à Gaspé, le grenoblois Pierre Revol emploie 300 pêcheurs originaires du diocèse de Coutances, de Granville et d'Avranches[2].

En 1758, les Anglais déportent des Acadiens de l'île Royale et de l'île Saint-Jean à Cherbourg, où ils demeurent au lendemain de la Révolution française.

Suite à la Révolution française, plusieurs prêtres réfractaires émigrent et poursuivent leur ministère au Québec et en Acadie, à l'image de Gabriel Champion et François Lejamtel.

Alexis de Tocqueville et Gustave de Beaumont, durant leur voyage d'études aux États-Unis en 1831, visitent le Bas-Canada. Débarqués à Montréal le 23 août, ils arrivent à Québec le 25 à bord du vapeur John-Molson. Le 31, ils repartent à Montréal avec le Richelieu, et regagnent les États-Unis le 2 septembre[3].

En 1864, le canton de Cherbourg est créé au Québec, avant de donner son nom aux municipalités de Saint-Jean-de-Cherbourg et Saint-Thomas-de-Cherbourg.

En 1889, Charles Savary meurt au Canada où il s'est réfugié et a obtenu la nationalité canadienne.

Les échanges se sont poursuivis au cours du XXe siècle : Charles Birette est envoyé au Québec au début du siècle, Clément Rosset enseigne la philosophie à Montréal entre 1965 et 1967, Angèle Delaunois, romancière née en 1946 à Granville est naturalisée canadienne, Jean Vinet, né en Gaspésie en 1961, dirige la Brèche à Cherbourg jusqu'en 2011

La Canadian Pacific, compagnie transatlantique nationale fait escale à Cherbourg, entre Southampton et Québec, de 1922 à 1939, liaisons reprises après guerre par la Greek Line[4]. Les autres compagnies desservent également depuis Cherbourg, Halifax, Québec ou Montréal.

Culture et jumelages

Le conseil général de la Manche a développé un partenariat avec les îles de la Madeleine, et deux communes de la Manche sont jumelées avec des municipalités québécoises : Coutances-La Pocatière et Granville-Rivière-du-Loup.

Culturellement, le groupe Mes souliers sont rouges s'est inspiré notamment du folklore québécois et acadien. Cette culture, issue du brassage des origines des colons français, parmi lesquels des normands, tient également une place privilégiée dans des festivals tels Les Virées francophones de La Glacerie et Les Traversées de Tatihou.

Odonymes

Bibliographie

  • Alexis de Tocqueville et Claude Corbo, Regards sur le Bas-Canada, Typo, 2003
  • Remy de Gourmont, Les Canadiens de France, Firmin-Didot, [s. d]
  • René Le Tenneur, Les Normands et les origines du Canada français, éd. Ocep, 1973
  • « À propos de l'émigration manchoise vers le Canada », Mélanges, 16e série, n° 74, Société d'archéologie de la Manche, 1987-89

Notes et références

  1. Lieu historique national du Canada de Port-la-Joye- Fort-Amherst, Parc Canada, 2009.
  2. Gilbert Pilleul, Les premiers Français au Québec, Archives & Culture, 2008, p. 72
  3. Claude Corbo, « Alexis de Tocqueville et le Bas-Canada en 1831 », Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française, 2007
  4. Frédéric Patard, Cherbourg, port du Titanic et des transatlantiques, La Presse de la Manche, 2011.
  5. Boucherville est une ville québécoise de l'agglomération de Longueil, fondée sur les rives du Saint-Laurent en 1667 par le Percheron Pierre Boucher.

Articles connexes