Alexis de Tocqueville

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Alexis de Tocqueville.

Alexis Charles Henri Clérel, vicomte de Tocqueville, né à Paris le 29 juillet 1805, mort à Cannes (Alpes-Maritimes) le 16 avril 1859, est un philosophe et un homme politique de la Manche.

Biographie

Origines et jeunesse

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Caricature par Honoré Daumier, en 1849.

Alexis de Tocqueville appartient par son père à une grande famille aristocratique normande, les Clérel[1]. Son père, le comte Hervé de Tocqueville (1772-1856) a été membre de la garde royale de Louis XVI, maire de Verneuil-sur-Seine de 1804 à la chute de l'Empire, puis préfet sous la Restauration, avant d'être nommé pair de France. Il est également, par sa mère, Louise Madeleine Marguerite Le Peletier de Rosanbo (1772-1836), issu de la noblesse de robe, dont le plus illustre membre est son arrière grand-père, Chrétien Guillaume de Malesherbes (1721-1794), président de la Cour des Aides et directeur de la Librairie, protecteur des philosophes, et avocat de Louis XVI.

Il est le troisième enfant du couple, né après Hippolyte (1797-1877) et Édouard de Tocqueville (1800-1874). Né à Paris, Alexis grandit sous l'Empire au château de Verneuil-sur-Seine, avec sa mère, de santé fragile, ses deux frères aînés et ses cousins, Louis et Christian de Chateaubriand, fils de la sœur de Mme de Tocqueville et de Jean Baptiste de Chateaubriand, frère de l'écrivain François René de Chateaubriand, le couple ayant été guillotiné sous la Terreur en même temps que Malesherbes.

En 1817, Alexis revient à Paris avec sa mère et l'abbé Lesueur, précepteur de son père avant d'être celui de ses frères et le sien jusqu'en 1820. L'enseignement dispensé par l'abbé est profondément catholique, teinté de jansénisme, contre-révolutionnaire et anti-libéral. Tocqueville baigne dans le milieu légitimiste inspiré par Joseph de Maistre.

En 1820, Alexis est inscrit au Collège royal de Metz, ville où son père est préfet de Moselle, suivant les cours de rhétorique puis de philosophie jusqu'au baccalauréat obtenu en 1823. Durant cette période messine, il découvre les écrits des Lumières qui ébranlent son éducation aristocratique et catholique. Il a une enfant naturelle, Louise Meyer, avec une employée de la préfecture, et est blessé à la poitrine lors d'un duel en 1823 motivé par sa liaison avec Rosalie Malye, fille de l’archiviste de la préfecture.

Voyage en Amérique

Licencié en droit après une année d'études à Paris, Alexis de Tocqueville est nommé en avril 1827 juge auditeur au tribunal de Versailles[1] où il se lie d'amitié avec un jeune substitut : Gustave de Beaumont. Ils assistent ensemble aux cours de l'historien François Guizot.

Alexis prête serment, sans conviction, le 16 août 1830 au régime de Louis Philippe, mais il est conscient comme Beaumont que le changement de régime est défavorable à la poursuite de sa carrière judiciaire et de celle de Beaumont. Ayant le goût des voyages (il fait un troisième voyage en Suisse en 1826, l'Italie et la Sicile, avec Édouard, de la fin 1826 à avril 1827, il retournera en Italie en 1850, voyagera en Angleterre et en Irlande en 1833, 1835 et 1857, en Suisse à nouveau en 1836 et plusieurs fois en Allemagne -1836, 1849, 1854- en Algérie en 1841 et 1846…)[2], il décide avec Beaumont de partir étudier le système politique américain. Les deux amis obtiennent en 1831, du ministre de l'Intérieur, Camille de Montalivet, la mission d'aller étudier, à leurs frais, le système pénitentiaire aux États-Unis. Lors de ce voyage, d'un an entre avril 1831 et février 1832, ils rencontrent l'élite américaine, visitent les prisons de Sing-Sing et d’Auburn, avancent jusqu'au lac Huron encore terrain des pionniers, séjournent à Montréal et Québec, vont jusqu'à La Nouvelle-Orléans, rencontre le président Jackson à Washington.

Tocqueville, peu enthousiasmé par son poste non rémunéré où il s'ennuie et toujours bloqué dans sa carrière, démissionne le 21 mai 1832 en réaction à la révocation de Beaumont qui a refusé de représenter le ministère public au procès de la baronne de Feuchères pour la mort du duc de Condé.

En 1833, ils obtiennent, conjointement, le prix Montyon de l'Académie française pour la publication de leur rapport : Du système pénitentiaire aux États-Unis et de son application en France, dans lequel ils vantent les mérites du système de Pennsylvanie avec l'isolement de chaque détenu. Tocqueville s'inscrit ensuite comme avocat et voyage un mois en Angleterre.

Il publie en 1835 le premier tome De la démocratie en Amérique, œuvre fondatrice de sa pensée politique. Le succès de l'ouvrage, qui nécessite plusieurs rééditions et récolte de glorieuses critiques, en France et à l'étranger, lui vaut d'être nommé, bien malgré lui, chevalier de la Légion d'honneur (1837)[3]

En 1835, il présente également à la Société académique de Cherbourg un premier Mémoire sur le paupérisme, inspiré par sa rencontre avec l'économiste britannique Nassau William Senior. Il écrit également sur la misère économique et sociale observée lors d'un nouveau séjour anglais, entre avril et août avec Beaumont.

Le 26 octobre 1835, il épouse à Paris une roturière anglaise, Marie Mottley, rencontrée quelques années plus tôt à Versailles, avec comme témoin son ami Beaumont et son cousin Louis de Kergorlay.

À la demande de John Stuart Mill, il publie en 1836 L’État social et politique de la France avant et depuis 1789 dans la London and Westminster Review.

Il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques (6 janvier 1838), puis à l'Académie française (1841), après la parution de la seconde partie De la Démocratie (1840), dont l'accueil public fut plus mitigé, car plus théorique et plus contradictoire, puisque Tocqueville, défenseur de la démocratie, s'étend longuement sur les risques de celle-ci, même si John Stuart Mill y voit un ouvrage remarquable.

Carrière politique locale et nationale

Gravure d'un artiste inconnu.

À la mort de sa mère en 1836, il hérite du château de Tourlaville mais l'échange avec son frère Édouard pour le château de Tocqueville alors inhabité depuis près de vingt-cinq ans. Avec son épouse, il en assure la restauration et la décoration. Dans ses écrits, il dit le plaisir d'y séjourner au calme[1]. Son père le fait également accéder au majorat, sans qu'il ne fasse beaucoup usage du titre de vicomte.

À la même époque, il entame une carrière politique. Il hésite dans le choix de sa circonscription entre Versailles et la Manche. Son choix pour la Manche étant fait, il songe à se présenter dans la circonscription de Cherbourg, mais y renonce devant la solide implantation de son concurrent Hippolyte Alphonse Quénault [4]. Ce sera donc Valognes. Candidat vaincu au second tour par Jules-Polydore Le Marois lors des élections législatives de 1837 avec 200 voix contre 245, il se retrouve face au même adversaire en 1839 après avoir écarté l'invitation d'électeurs cherbourgeois et repoussé le soutien du gouvernement Molé, en étant élu cette fois par 317 voix contre 241, député de la Manche, siège qu'il conserve jusqu'au coup d'État du 2 décembre 1851[1],[5].

Médiocre tribun (« sa parole élégante, élevée, nourrie, dit un historien, avait quelque chose d'un peu tendre, laborieux et terne »[5]), rétif à troquer sa liberté de pensée pour appartenir à un groupe, et opposant à la Monarchie de Juillet sans manichéisme, il ne peut jouer un rôle de premier rang à l'Assemblée. Son rapport à la démocratie, il l'écrit en 1841 dans une note personnelle : « L’expérience m’a prouvé que chez presque tous les hommes, mais à coup sûr chez moi, on revenait toujours plus ou moins à ses instincts fondamentaux et qu’on ne faisait bien que ce qui était conforme à ces instincts. Recherchons donc sincèrement où sont mes instincts fondamentaux et mes principes sérieux. J'ai pour les institutions démocratiques, un goût de tête, mais je suis aristocrate par instinct, c'est-à-dire que je méprise et crains la foule. J'aime avec passion la liberté, la légalité, le respect des droits, mais non la démocratie. Voilà le fond de l'âme. Je hais la démagogie, l'action désordonnée des masses, leur intervention violente et mal éclairée dans les affaires, les passions envieuses des basses classes, les tendances irréligieuses. Voilà le fond de l'âme. Je ne suis ni du parti révolutionnaire, ni du parti conservateur ; mais cependant et après tout, je tiens plus au second qu'au premier. Car je diffère du second plutôt par les moyens que par la fin, tandis que je diffère du premier tout à la fois par les moyens et la fin. La liberté est la première de mes passions. Voilà ce qui est vrai. »[6]. En 1850, il écrit à son cousin Louis de Kergorlay : « Je n'ai pas de traditions, je n'ai point de parti, je n'ai point de cause, si ce n'est celle de la liberté et de la dignité humaine ; de cela, je suis sûr. »[7]

Mais son travail parlementaire est reconnu par ses pairs. Ainsi, il produit un rapport sur l'abolition de l'esclavage dans les colonies (1839), puis un autre sur la réforme des prisons (1843)[2] qui conduit à une loi votée en 1844 sans être jamais appliquée. Réélu député, le 9 juillet 1842, par 465 voix contre 177 à Le Marois[5], il tente un rapprochement avec le chef de la gauche dynastique, Odilon Barrot, qui ne donne pas suite.

Il publie dans Le Siècle en 1843 mais souhaite un journal propice à relayer ses idées libérales. Avec Corcelle ou Lanjuinais, il participe au rachat du Commerce en 1844, qu'il abandonne après un an. Il plaide pour la liberté de l'enseignement (1844) et pour le système du libre-échange[5].

Reconduit par les élections du 1er août 1846 par 409 voix contre 70 à Le Marois, dans une chambre dominée par les conservateurs, il s'oppose au ministère Guizot[5] et fonde le parti de « la Jeune gauche », dont il ébauche un programme dénonçant les inégalités entre la classe dirigeante et le peuple, prônant un impôt progressif pour lutter contre la pauvreté, une représentation électorale plus large et une politique sociale et familiale. Il participe à la fin de l'année à la commission parlementaire sur la colonisation en Algérie, et produit un dernier rapport (1847) favorable à la présence française mais très critique de la colonisation militaire menée par le général Bugeaud qu'il juge vouée à la catastrophe s'il elle se poursuit ainsi.

Le 27 janvier 1848, il prononce l'un de ses discours les plus remarqués, en annonçant à ses collègues députés que la révolte gronde même si le peuple semble calme[8]. Quand surviennent les émeutes de février 1848 qui mettent à terre la Monarchie de Juillet, Tocqueville apparaît comme un prophète.

« Républicain du lendemain », il est élu à l’assemblée constituante le 23 avril 1848, le 3e sur 15, par 110 764 voix, malgré le passage au suffrage universel masculin. Il est un des 18 membres de la commission de rédaction de la constitution, dans laquelle il défend avec succès l’élection du président au suffrage universel pour un mandat de quatre ans, non renouvelable immédiatement, mais échoue à y faire insérer la création d'une deuxième chambre parlementaire et à donner plus de compétences aux pouvoirs locaux. Il s’oppose aux idées socialistes portées par les républicains, comme la reconnaissance du droit au travail.

Il appartient au comité de l'instruction publique, et vote presque avec la droite pour le rétablissement du cautionnement et de la contrainte par corps, pour les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière, contre l'amendement Grévy en soutenant qu'il faut faire confiance au peuple pour le choix d'un président de la République, contre le droit au travail, pour l'ordre du jour en l'honneur de Cavaignac, pour la proposition Rateau demandant la dissolution de la Constituante, pour l'interdiction des clubs, pour les crédits de l'expédition romaine, contre l'amnistie… [5]

Il est envoyé par le général Cavaignac, chef du pouvoir exécutif, de représenter la France à la conférence diplomatique de Bruxelles, convoquée pour le règlement des affaires d'Italie[5].

Tocqueville s'oppose à la candidature présidentielle de Louis-Napoléon Bonaparte auquel il préfère Cavaignac[5]. Reconduit aux législatives, le 13 mai 1849, le 1er sur 13, par 82 404 voix, et élu vice-président le 1er juin, il est ministre des Affaires étrangères du gouvernement Barrot du 3 juin au 30 octobre 1849, sous la présidence de Louis-Napoléon Bonaparte[1]. Il doit gérer l'expédition romaine, décidée avant sa nomination par le Président de la République alors que les constituants s'y étaient opposés. Cette crise provoque le renvoi du gouvernement.

Pour des raisons de santé, il séjourne en Italie durant l'hiver, puis revient à l'Assemblée où il vote à droite tout en s'opposant au gouvernement bonapartiste[5]. Il est rapporteur du projet de révision constitutionnelle devant permettre à Louis-Napoléon Bonaparte de se représenter, afin d'éviter un coup de force bonapartiste. Le projet obtient une majorité, mais n'atteint pas les trois-quarts des voix nécessaires.

Conseiller général de la Manche pour le canton de Montebourg depuis 1842, il est élu en son absence président du Conseil général de la Manche en 1849. Au sein de l'assemblée départementale, il s'intéresse particulièrement aux enfants trouvés (rapports en 1843, 1844, 1845, 1846) et à la création de la ligne de chemin de fer Paris-Cherbourg (1844, 1845, 1846, 1852).

Opposé au Coup d'État du 2 décembre 1851, il fait partie des parlementaires qui se réunissent à la mairie du Xe arrondissement à Paris et signe le décret de déchéance du président pour forfaiture. Incarcéré à Vincennes puis relâché au bout de quelques jours, il décide de quitter la vie politique. Il publie, anonymement, dans le journal anglais The Times, le 11 décembre 1851, un article dénonçant le coup de force et la propagande bonapartiste. Il se fâche politiquement avec son frère Édouard, qui souhaite être candidat au Corps législatif en 1852, ainsi qu'Hippolyte, qui soutient Édouard et se rapproche de l'Empire.

Il conserve son mandat de président du Conseil général après le coup d’État, dirigeant une session en mars 1852 lors de laquelle il lit un ultime rapport sur la ligne de chemin de fer Paris-Cherbourg puis démissionne de la présidence, avant de se démettre de son mandat cantonal par une lettre à ses électeurs le 29 avril 1852. Élu plus pour sa personne que pour son étiquette, il explique à son ami Beaumont l'attachement à ses fonctions locales : « J'occupais dans mon département une position qui n'avait que des agréments sans trouble ; c'était la direction morale de toutes les grandes affaires du pays, une sorte de gouvernement des esprits fondé sur la considération personnelle, indépendamment des opinions politiques. Il sortait de ce côté de la vie publique un certain reflet sur la vie privée qui rendait celle-ci plus agréable. »[9].

Les dernières années

Il poursuit alors l'écriture de L'Ancien Régime et la Révolution, commencé dès 1850 et s'installe successivement à Saint-Cyr-les-Tours (Indre-et-Loire), Compiègne (Oise) et Paris, voyage en Allemagne pour étudier l'histoire politique du pays, avant de se réinstaller à Tocqueville en juillet 1855. Le livre paraît en 1856, mais la maladie ne lui permettra pas d'achever la seconde partie de l'ouvrage.

Frappé par la tuberculose depuis 1850, il s'installe à la fin de 1858 à la villa Montfleury à Cannes, où il meurt le 16 avril 1859. Le cimetière de Tocqueville reçoit ses restes mortels le 10 mai suivant, en présence d'une « foule émue et recueillie »[10].

Sa femme, Marie Mottley, meurt à Valognes, au 72 rue de Poterie, le 22 décembre 1864[11].

Tocqueville et la Manche

Les relations d'Alexis de Tocqueville avec le département de la Manche

voir l' article détaillé

Œuvres

Page manuscrite de la Démocratie en Amérique (vers 1840).
"Mémoire sur le paupérisme"
  • De la démocratie en Amérique, Folio
  • L'Ancien Régime et la Révolution, Garnier-Flammarion
  • Lettres choisies et souvenirs (1814-1859), Gallimard, 2003.
  • De la démocratie en Amérique, Souvenirs, l'Ancien Régime et la Révolution, éd. Robert Laffont/Bouquins, 1986
  • Œuvres complètes, Gallimard, 1951-2002 (29 volumes parus)
  • Sur l'Algérie, éd. GF Flammarion
  • Mémoire sur le paupérisme (1835), Mémoires de la Société académique de Cherbourg, 1835
  • Mémoire sur le paupérisme (1837), Mémoires de la Société académique de Cherbourg, 1837

Bibliographie

par ordre chronologique de publication
Livres
  • Antoine Redier, Comme disait Monsieur de Tocqueville, Libraire académique Perrin, Paris, 1925
  • Edmond L'Hommedé, Un Département français sous la monarchie de Juillet. Le Conseil général de la Manche et Alexis de Tocqueville, Éd. Boivin, Paris, 1933
  • André Jardin, Alexis de Tocqueville : 1805-1859, Hachette, Paris, 1984
  • Antoine Leca, Lecture critique d'Alexis de Tocqueville, Presses universitaires d'Aix-Marseille, 1988
  • Pascal Dupont, La Bannière étiolée : voyage sur les traces de Tocqueville, Le Seuil, Paris, 1993
  • Françoise Mélonio, Tocqueville et les Français, Aubier-Montaigne, Paris, 1993
  • Pierre Manent, Tocqueville et la nature de la démocratie, Fayard, Paris, 1993 ; rééd. Gallimard, coll. « Tel », Paris, 2006
  • Laurence Guellec, Tocqueville : l'apprentissage de la liberté, Éd. Michalon, Paris, 1996
  • Jacques Coenen-Huther, Tocqueville, PUF, coll. « Que sais-je ? », Paris, 1997
  • Jacques Rollet, Tocqueville, Éd. Montchrestien, coll. « Clefs - Politique », Paris, 1998
  • Éric Keslassy, Le Libéralisme de Tocqueville a l'épreuve du paupérisme, L'Harmattan, Paris, 2000
  • Gilles de Robien, Alexis de Tocqueville, Flammarion, Paris, 2000
  • John Stuart Mill, Essais sur Tocqueville et la société américaine (1835-1840), Éd. Vrin, Paris, 2000
  • Anne Amiel, Le vocabulaire de Tocqueville, Éditions Ellipses, Paris, 2002
  • Serge Audier, Tocqueville retrouvé : Genèse et enjeux du renouveau tocquevillien, Éd. Vrin, coll. « Contextes », Paris, 2004
  • Jean-Louis Benoît, Comprendre Tocqueville, Armand Colin, coll. « Cursus », Paris, 2004
  • Jean-Louis Benoît, Tocqueville moraliste, Honoré Champion, Paris 2004
  • Laurence Guellec, Tocqueville et les langages de la démocratie, Honoré Champion, Paris, 2004
  • Jean-Louis Benoît, Alexis de Tocqueville. Textes essentiels : Anthologie critique, Pocket, coll. « Agora », Paris, 2004
  • Jean-Louis Benoît, Tocqueville : un destin paradoxal, Bayard, Paris, 2005
  • Jean-Louis Benoît et Éric Keslassy, Alexis de Tocqueville. Textes économiques : Anthologie critique, Pocket, coll. « Agora », Paris, 2005
  • Pierre Leberruyer, Alexis de Tocqueville : sur les chemins de la liberté, Éditions du Bout du monde, Amfreville, 2005
  • Charlotte Manzini, Qui êtes-vous Monsieur de Tocqueville ?, Archives départementales de la Manche, Saint-Lô, 2005
  • Raymond Boudon, Tocqueville aujourd’hui, Odile Jacob, Paris, 2005
  • Vanessa Gendrin, Archives d'Alexis de Tocqueville, Archives départementales de la Manche, Saint-Lô, 2007
  • Gilles Le Béguec, Tocqueville et la modernité politique, Éditions Mille Sources, Tulle, 2007
  • Arnaud Coutant, Tocqueville et la constitution démocratique, Éditions Mare & Martin, Paris, 2008
  • Lucien Jaume, Tocqueville : Les sources aristocratiques de la liberté, Fayard, Paris, 2008
  • Hippolyte Wouters, Tocqueville humoriste, Éd. Michel de Maule, Paris, 2011
  • Jean-Louis Benoît, Tocqueville, Perrin, coll. « Tempus », Paris, 2013
  • Jean-Patrice Lacam, Les indiens de Tocqueville : Témoignage et réflexions sur l'Amérique indienne des années 1830, L'Harmattan, Paris, 2013
  • Hélène Thomas, Tocqueville en Alabama, Éditions du Croquant, Brignais, 2014
  • Christine Kerdellant, Alexis ou la vie amoureuse du comte de Tocqueville (Roman), éd. Robert Laffont, 2015
  • Jean-Louis Benoît, Dictionnaire Tocqueville, éd. Nuvis, 2017
Articles
  • Léon Déries, « Les idées d'Alexis de Tocqueville », Revue d'études normandes, n° 7, mai 1908
  • Charles Pouthas, Alexis de Tocqueville, représentant de la Manche 1837-1851, communication à la Société nationale académique de Cherbourg, 18 avril 1959
  • Dominique Husson-Le Saint, « Un Normand en Amérique », Revue du département de la Manche, n° 92, 1981
  • Jean-Louis Benoît, « Considérations tocquevilliennes sur les liens de l'Église et de l'État », Revue du département de la Manche, n° 174, 2002
Colloques
  • « L'Actualité de Tocqueville », à la Maison du département à Saint-Lô les 11 et 12 septembre 1990
  • Colloque de Cerisy « Tocqueville entre l'Europe et les États-Unis », mai 2005, puis « Alexis de Tocqueville : An International Conference Commemorating the Bicentennial of His Birth », 30 septembre-1er octobre, Beinecke Rare Book and Manuscript Library

Études tocquevilliennes

Lancée en 1979, The Tocqueville Review / La revue Tocqueville est une revue scientifique bilingue à publication biannuelle. « Depuis l'origine, [elle] s'est définie beaucoup moins comme une revue consacrée à l’œuvre de Tocqueville que comme une revue de méthode et d'esprit tocquevilliens dans les champs de la sociologie, de la science politique ou de l'histoire »[12].

Tocqueville vu par ses contemporains

Sainte-Beuve : « Tocqueville est un auteur si distingué et dont la réputation gagnera tellement dans l'avenir, qu'on ne doit pas craindre d'insister et d'appuyer à son sujet !... Je le reconnais volontiers aujourd'hui en me relisant ; avec lui je suis plutôt resté en deçà que je ne suis allé jusqu'à la limite de la juste louange qui lui est due et que l'avenir lui réserve. »[13]

Hommages

Le penseur politique laisse son nom à plusieurs lieux et institutions dans la Manche, dont :

Un timbre-poste lui est consacré en 2005 à l'occasion du bicentenaire de sa naissance.

Notes et références

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3 et 1,4 Yves Lecouturier, Célèbres de Normandie, OREP, Cully, 2007.
  2. 2,0 et 2,1 Eric Keslassy, « Vie de Tocqueville », Melchior.fr
  3. En tant qu'« homme de lettres », sur proposition du ministre de l'instruction publique (cf. dossier de la légion d'honneur sur la Base Leonore).
  4. Charles Pouthas, « A. de Tocqueville, représentant de la Manche », Alexis de Tocqueville - Livre du centenaire, éditions du CNRS, 1960, p. 18-19.
  5. 5,0, 5,1, 5,2, 5,3, 5,4, 5,5, 5,6, 5,7 et 5,8 A.Robert et G.Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889. (En ligne)
  6. Antoine Redier, Comme disait Monsieur de Tocqueville…, 1925.
  7. Lettre à Louis de Kergorlay, 15 décembre 1850.
  8. Alexis de Tocqueville : « Je crois que nous nous endormons sur un volcan » (27 janvier 1848), « Les Grands moments d'éloquence », sur le site de l'Assemblée nationale. (lire en ligne).
  9. Lettre à Gustave de Beaumont, 1er mai 1852.
  10. Marcel Leloutre, Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, vol. XXVI, 1961, p. 20.
  11. Cherbourg et le Cotentin, impr. Le Maout, 1905.
  12. Editorial d'Emmanuelle Loyer, directrice de la publication, dans le n° 1 - 2009 de la revue.
  13. Nouveaux lundis, tome 10, 1868.

Articles connexes

Liens externes