La Glacerie

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Logo officiel de la commune déléguée.

La Glacerie est une ancienne commune du département de la Manche, commune déléguée au sein de Cherbourg-en-Cotentin depuis le 1er janvier 2016.

La Glacerie.png Blason de la commune déléguée de La Glacerie
(commune de Cherbourg-en-Cotentin)
Coordonnées de la mairie annexe Logo-Mairie.png
49° 36' 51.66" N, 1° 36' 14.04" W (OSM)
Arrondissement Cherbourg-Octeville
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Canton Cherbourg-Octeville-2
Ancien canton Tourlaville
Intercommunalité CU de Cherbourg jusqu'au 31 décembre 2015
Gentilé Glacérien(ne)s
Population 5 875 hab. (2015)
Superficie 18,7 km²
Densité 314 hab./km2
Altitude 5 m (mini) - 178 m (maxi)
Code postal 50470
N° INSEE 50203
Maire délégué Jean-Marie Lincheneau
Communes limitrophes de La Glacerie
Cherbourg-Octeville Tourlaville Digosville
Martinvast La Glacerie Le Mesnil-au-Val
Martinvast,
Tollevast
Tollevast Le Mesnil-au-Val,
Brix

L'hippodrome.
L'hippodrome.


Toponymie

Attestations anciennes

  • Glacerie 1757 [1], 1753/1785 [2].
  • la Glacerie 1835/1845 [3].
  • La Glacerie 1901 [4], 1954 [5], 1962 [6], 1978, 1993 [7].
  • Commune de la Glacerie 2007 [8].

Étymologie

Le nom de cette commune, créée en 1901 par démembrement de celle de Tourlaville, est d'abord attesté en tant que hameau sur divers documents du 18e siècle. Cette agglomération correspond à l'implantation au siècle précédent d'une manufacture de verre et de glaces au milieu de la forêt de Brix (voir la section historique ci-dessous).

Géographie

La commune est située au sud-est de Cherbourg-Octeville. Traversée par les vallées du Trottebec et de la Divette, la commune est fortement urbanisée aux abord de l'ancien tracé de la RN 13, mais encore rurale autour du village des verriers, ou village de l'église.

Histoire

Territoire de la paroisse de Tourlaville, La Glacerie ne naît qu'à l'implantation d'une manufacture de verre au 17e siècle. Auparavant, tout n'est que forêt. Vauban écrit à ce propos en 1686 : « le milieu du pays est bossu et couvert de bois fort épais… lesquelles s'étendent jusqu'à un quart de lieue de Cherbourg et font une suite de bois qui a 7 à 8 lieues de long sur 4 de large. » Seule la route reliant Cherbourg à Brix traverse cette forêt, et plus avant encore, au néolithique, un menhir en 1786 à la Pierre-Butée temoignait d'une activité humaine à cet endroit où ont été retrouvés des haches en bronze et des pièces[9].

Vers 1655, Richard Lucas de Néhou profitant du bois à disposition, implante dans la vallée du Trottebec une fabrique de verre et de glaces. Un village dit des Verriers se forme autour. Dix ans plus tard, Colbert crée la Compagnie des glaces à Paris, au faubourg Saint-Antoine, contre le monopole vénitien de la miroiterie. Celle-ci se rapproche de la manufacture de Lucas de Néhou, à laquelle sont accordées des lettres patentes en 1665. Sous le nom de manufactures royales de Saint-Gobain, ces usines se développent à la faveur de l'interdiction d'importation en 1672 décidée par Colbert : les glaces sont soufflées à Tourlaville et polies à Paris. La verrerie produit notamment les miroirs de la galerie des glaces du château de Versailles et l'optique de l'Observatoire de Paris[9].

Fermée en 1834, la manufacture fut totalement détruite lors des bombardements alliés de 1944, à l'exception de la chapelle, convertie en habitation. Le fronton du porche d’entrée de la Manufacture est conservé au musée de La Glacerie.

La commune est issue de sa scission en 1901 du village des verriers d'avec Tourlaville. Le décret signé d'Émile Loubet, président de la République, est publié le 28 mars et promulgué le 17 avril. D'abord fixé au hameau de l'Église, le chef-lieu de la commune fut transféré à celui des Rouges-Terres en 1907 [10]. Henri Menut devient son premier maire. Il l'est toujours quand éclate la Première Guerre mondiale. La commune de 1500 habitants possède alors quatre écoles (les Brûlins et les Rouges-Terres pour les garçons, village de l’Église et les Rouges-Terres pour les filles). 51 Glacériens meurent au combat. L'érection d'un monument aux morts est décidée en novembre 1917, et il est inauguré le 4 septembre 1921.

La Glacerie est une pièce maitresse de la forteresse de Cherbourg imaginée par les Allemands. Le 20 avril 1944, vers 19 heures, l'aviation anglo-américaine bombarde une ligne Brix-Martinvast-La Glacerie et pilonne le hameau de la Réveillerie avec 120 bombes, en visant l'entrepôt de munitions stockées par les Allemands dans le bas des Câbles. Seize corps, dont ceux de neuf enfants et de deux adolescents, sont sortis des ruines du village, et douze blessés sont secourus, parmi lesquels une femme succombe quelques jours plus tard.

À la Libération, l'armée américaine implante un camp de prisonniers à la Motterie, qui accueille jusqu'à 25 000 soldats de l'Axe. Un autre se situé au hameau Quévillon. Le 11 novembre 1948, le secrétaire d’État aux Forces armées, Max Lejeune, remet à la commune la croix de guerre avec étoile de bronze :

« Village de la banlieue cherbourgeoise organisé par l'ennemi en point d'appui et qui fut détruit plus qu'au deux tiers lors du terrible assaut de l'Armée américaine. Population patriote et courageuse, éprouvée à nouveau après la Libération par des explosions de munition. Est resté accroché à ses ruines et s'est remis au travail avec ardeur, donnant ainsi un magnifique exemple de courage civique. »

Le 30 octobre 1955, le Préfet et le maire, Léopold Bellamy inaugurent le nouveau village et le groupe scolaire Lucas-de-Néhou. Durant les années 1950 et 1960, 300 nouveaux logements sont construits. En 1959, l'église est restaurée. Dans les années 1970, l'urbanisation se poursuit : rue Henri-Cornat, cité Montmartre, Beauséjour, La Bricquerie, projets auxquels succèdent dans la décennie suivante La Saillanderie, la Mare aux Canards et Bel-Air[11].

Malgré une forte croissance de la population, qui a été multipliée par trois depuis la Libération, et la densification de la moitié ouest de la commune, La Glacerie conserve une dimension rurale[12], avec une dizaine d'exploitations agricoles en 2015 et un paysage urbain sur seulement un tiers du territoire[9].

En 1973, le Bureau de recherches géologiques et minières creuse un galerie de 200 m dans le secteur des Traînes dans l'espoir, vain, de trouver un filon de titane[9].

Après 114 ans d'existence, la commune de La Glacerie se fond dans la « commune nouvelle » de Cherbourg-en-Cotentin le 1er janvier 2016, gardant un statut de commune déléguée, avec un maire délégué[9].

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793.
À partir du 21e siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[13]. En 2015, la commune comptait 5 875 habitants.

           Évolution de la population depuis 1793  [modifier] (Sources : Cassini [14] et INSEE [15])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
2 007 2 203
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
2 148 1 867 1 844 2 025 2 078 1 875 2 166 2 995 3 840 5 187
1982 1990 1999 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
5 811 5 576 5 401 5 043 5 191 5 340 5 490 5 501 5 578 5 691
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
5 794 5 897 5 875
Notes : De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Sources :
Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis INSEE à partir de 2004.



Administration

Circonscriptions administratives depuis la Révolution

Les maires

Liste des maires
Période Identité Parti Qualité Observations
1901-1919 Henri Menut ingénieur ancien maire de Tourlaville
(1890-1892)
1919-1933 Eugène Lelaidier forgeron, maréchal ferrant
1933-1940 Victor Martin cultivateur
1940-1944 Louis Dupont chef de travaux
1945-1953 Alexandre Picot commis à l'arsenal
1953-1977 Léopold Bellamy employé des chemins de fer
1977-2001 Guy Letouzé DVD ouvrier à l'arsenal de Cherbourg
2001-2014 Christian Lemarchand UMP conseiller régional depuis 2010
2014-2015 Jean-Marie Lincheneau PS retraité, pompier
Toutes les données ne sont pas encore connues.


Liste des maires délégués
Période Identité Parti Qualité Observations
2016-actuel Jean-Marie Lincheneau PS retraité, pompier
Toutes les données ne sont pas encore connues.


Mairie déléguée

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour signaler une erreur cliquez ici)
Lundi 8 h 30 - 12 h 13 h 30 - 17 h
La mairie dans la montée des Rouges-Terres.

La mairie dans la montée des Rouges-Terres.

Adresse : Les Rouges Terres
50470 La Glacerie

Tél. 02 33 88 53 50
Fax : 02 33 88 53 54 - 02 33 88 53 59

Courriel : Contacter la mairie

Site internet : Officiel

Commentaire :

Source : Annuaire Service-Public (26 mai 2012)

Mardi 8 h - 12 h 13 h 30 - 17 h
Mercredi 8 h - 12 h 13 h 30 - 17 h
Jeudi 8 h - 12 h 13 h 30 - 17 h
Vendredi 8 h - 12 h 13 h 30 - 17 h
Samedi 11 h - 12 h -



Religion

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Patronage

  • Patron (présentation) :
  • Dédicace de l'église paroissiale : Notre-Dame.
  • Fête patronale : Saint-Gobain

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Lieux et monuments

Personnalités liées à la commune

Naissances

Décès

  • Olympe Oury (1754-1821), directeur de la manufacture de glaces.
  • Louis-Émile Bertin (1840-1924), ingénieur général du Génie maritime, créateur de la marine militaire du Japon et des arsenaux de Kure et de Sasebo, enterré à La Glacerie.

Autres

Économie

La principale ressource économique provient des zones commerciales de la Banque à Genets et des Marettes, autour du Centre commercial régional du Cotentin et de l'hypermarché Auchan.

Pendant un siècle, la Source des oiseaux (source Giot) a embouteillé son « eau de roches ».

En 1973, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) repère un petit gisement de titane, au lieu-dit La Chasse rouge [17]. Une galerie de 200 m est creusée.

Transports

Lignes Manéo

Éducation

  • Collège Émile-Zola (secondaire), rue Henri-Cornat
  • Groupe scolaire Henri-Menut (primaire), rue Pierre-et-Marie-Curie (141 enfants en 2016[18])
  • Groupe scolaire Bellevue-Kergomard (maternelle, primaire), rue Beauséjour (174 enfants en 2016[18])
  • Groupe scolaire Suzanne-Brès (maternelle), Les Rouges-Terres (80 enfants en 2016[18])
  • Groupe scolaire Louis-Lucas-de-Néhou (maternelle, primaire), village de l'Église (65 enfants en 2016[18])

Culture

Sports

Bibliographie

  • M. de Barmon, « La Glacerie de Tourlaville », in Mémoires de la Société académique de Cherbourg, 1867, p. 244-252.

Notes et références

  1. L. Brion de la Tour, Recueil des Côtes Maritimes de France, Desnos, Paris, 1757, carte n° 9-15.
  2. Carte de Cassini.
  3. cartes d’État-Major (relevés de 1820 à 1866, mises à jour jusqu’à 1889; Basse-Normandie cartographiée entre 1835 et 1845).
  4. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris.
  5. Nomenclature des hameaux, écarts et lieux-dits de la Manche, INSEE, 1954.
  6. Atlas de Normandie, Caen, 1962.
  7. Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
  8. Carte IGN au 1 : 25 000.
  9. 9,0, 9,1, 9,2, 9,3 et 9,4 « À 114 ans, La Glacerie est la benjamine de Cherbourg-en-Cotentin », 'Ouest-France, 28 décembre 2015. (Lire en ligne)
  10. Site Cassini.
  11. « Une vocation de bâtisseurs », La Presse de la Manche, 29 juillet 2011
  12. Jean-Luc Fonty, « La Glacerie : une ville aux deux visages », La Presse de la Manche, 3 août 2013.
  13. Au début du 21e siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  14. Population avant le recensement de 1962.
  15. INSEE : Population depuis le recensement de 1962.
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. La Presse de la Manche, 10 avril 1973.
  18. 18,0, 18,1, 18,2 et 18,3 La Presse de la Manche, 2 septembre 2016.

Liens externes