Abbaye de Savigny

De Wikimanche

L'entrée du réfectoire classée

L'abbaye Sainte-Trinité de Savigny est un monument historique de la Manche, sis à Savigny-le-Vieux.

Fondée par saint Vital de Mortain en 1112, elle connaît la prospérité jusqu'au XVIe siècle, puis décroit jusqu'à sa destruction lors de la Révolution française.

Histoire

Vital, chapelain du comte Robert de Mortain et chanoine de la collégiale de Mortain, décide de se retirer du monde. L'ermite obtient de Raoul de Fougères des terres dans la forêt de Savigny pour élever avec quelques compagnons un monastère en 1112 [1].

Rapidement, l'abbaye fonde d'autres monastères en Normandie et en Angleterre : abbaye Blanche à Mortain (1112 par Adeline de Mortain, sœur de Vital), abbayes des Vaux-de-Cernay (1118, auj. Yvelines), Beaubec-la-Rosière (1127, auj. Seine-Maritime), Buckfast (1136, Devon, Angleterre), Aunay-sur-Odon (1131, Calvados), Quarr (1132, île de Wight), Byland (1134, Yorkshire du Nord, Angleterre), Buildwas (1135, Shropshire, Angleterre), le Breuil-Benoît (1137, Eure), Barbery (1140, Calvados), La Trappe (1140, Orne), Jervaulx (1145, Yorkshire du Nord, Angleterre)...

L'ordre de Savigny rejoint l'ordre de Citeaux en 1147.

L'abbaye s'enrichit, grâce aux dons du duc de Normandie et de ses vassaux. Dans la Manche, elle possède une quinzaine d'églises, dont celles de Moidrey, Le Teilleul et Brécey, des terres à Ducey, Sourdeval et Avranches, des granges à Saint-Martin-des-Champs, Montdoignet[1]...

Elle reçoit la visite du roi Henri II d'Angleterre en 1172, qui y rencontre les émissaires du pape pour laver l'assassinat de Thomas Becket [1].

La construction de la nouvelle église démarre en 1173[2]. En 1220, l'archevêque de Rouen consacre l'abbatiale[1], plus grande que la cathédrale de Coutances[2].

La translation des reliques donne lieu à une grande fête le 1er mai 1243[2].

En 1562 [3], les Huguenots saccagent l'abbaye, volant les cloches, calices et crosse de l'abbé, détruisant les orgues, incendiant le toit de l'abbatiale[1], dégâts rapidement réparés[3].

Malgré l'incendie destructeur du 12 au 13 août 1705, les bâtiments, où vivent encore dix-sept moines[2], sont en très bon état à la veille de la Révolution[3].

Les habitants de Savigny chassent les moines en 1789. En 1791, le mobilier de l'abbatiale est vendu, les bâtiments détruits pour devenir carrière de pierres, et les reliques sauvées par les paroissiens[1].

Il ne reste de la splendeur de l'abbaye que quelques fragments lapidaires, dont la double porte romane de l'ancien réfectoire et les contreforts classés au titre des monuments historiques par décret du 4 juin 1924[4].

Recherches

En 2012, un colloque est organisé du 3 au 6 octobre à Cerisy-la-Salle sur le thème « L'abbaye de Savigny (1112-2012) - Un chef d'ordre anglo-normand ».

En 2016, l'association « Les Compagnons de l'abbaye de Savigny-le-Vieux», présidée par Adrien Gaudin de Villaine participe au montage d'un projet permettant de comprendre le fonctionnement de l'abbaye. L'étude est menée par Jean-Baptiste Vincent, docteur en histoire et archéologie médiévales, et son équipe de bénévoles[5].

Bibliographie

  • Abbé Desroches, « Analyses des titres et chartes inédits de l'abbaye de Savigny », Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie , éd. Mancel, Caen, 1853, p. 252-278 (lire en ligne)
  • Hippolyte Sauvage, Saint Vital et l'abbaye de Savigny, dans l'ancien diocèse d'Avranches, impr. Armand Leroy, Mortain, 1895, 77 pages (lire en ligne)
  • Hippolyte Sauvage, Les bienheureux de l'abbaye de Savigny, impr. Armand Leroy, Mortain, 1896, 52 pages (lire en ligne)
  • Hippolyte Sauvage, Savigny et la Réforme. Émeutes & Révolution dans un Monastère, impr. J. Durand, Avranches, 1897, 18 pages (lire en ligne)
  • Hippolyte Sauvage, Les saints de Savigny, impr. Armand Leroy, Mortain, 1897, 9 pages (lire en ligne)
  • Claude Auvry, Histoire de la congrégation de Savigny, éd. A. Lestringant, trois volumes, 1896, 1897, 1898, réédité en 2018.
  • J. Durand de Saint-Front, L'Abbaye de Savigny, ce qu'elle fut, ce qu'elle devint, Impr. de la Chronique de Fougères, 1959
  • R. Mauduit, « Savigny et son passé prodigieux », Les Annales du Mont-Saint-Michel, septembre-octobre 1970, p. 85-89
  • Claude Groud-Cordray, « Les seigneurs de Saint-Hilaire : une famille de l'aristocratie normande au prisme des sources de l'abbaye de Savigny », Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, Recueil d'études offert en hommage à Emmanuel Poulle , tome 87, fasc. 425, 2010, pages 559 à 576.
  • « Neuvième centenaire de l'abbaye de Savigny » : l'abbaye de Savigny (Brigitte Galbrun), Raoul Ier, seigneur de Fougères et fondateur de l'abbaye de Savigny (Julien Bachelier), Vital et la charte de fondation de l'abbaye de Savigny (Claude Groud-Corday), De Savigny à Fougères : qui est le gisant du château ?, Études préliminaires (Julien Bachelier et Pierre Le Don), La grande charte de confirmation des biens de l'abbaye de Savigny dans l'évêché dAvranches par l'évêque Richard (23 octobre 1179 (Romain Provost de La Fardinière) , Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, n° 430, tome 89, mars 2012
  • Collectif (dirigé par Brigitte Galbrun et Véronique Gazeau), L'abbaye de Savigny (1112-2012). Un chef d'ordre anglo-normand, éd. Presses universitaires de Rennes, 2019

Administration

Adresse : Abbaye de Savigny-le-Vieux
50640 Savigny-le-Vieux
Tél. : 02 33 79 33 79

Site en accès libre
Visites guidées en été

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 et 1,5 Michel Hébert et André Gervaise, Les 15 abbayes de la Manche... et le début du christianisme, éd. Charles Corlet, 2002.
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Centre culturel international de Cerisy, site internet consulté le 21 mai 2019.
  3. 3,0 3,1 et 3,2 Claude Groud-Cordray, « Compte-rendu de sortie à l'abbaye de Savigny », Revue de l’Avranchin, tome 92, p.289-296. (lire en ligne).
  4. « Notice n°PA00110611 », base Mérimée (architecture), médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, ministère de la Culture (voir en ligne).
  5. « Savigny-le-Vieux : des recherches archéologiques à l'abbaye entre mai et juillet », La Manche Libre, 21 mars 2016 (lire en ligne)

Lien interne

Lien externe