Eugène Leseney

De Wikimanche

Eugène Leseney.

Eugène Raymond Pierre Leseney, né à Coutances le 11 novembre 1931 [1] et mort à Saint-Lô le 15 septembre 2014 [2], est un architecte de la Manche.

Biographie

Eugène Leseney est issu d'une famille « pauvre et nombreuse » de Coutances [3], il est l'aîné des huit enfants, d'Eugène et Jeanne Leseney.

En 1954, il épouse, au temple du Port-Royal à Paris, Claudine Bouloc, originaire de l'Aveyron, qu'il a rencontré à Coutances en 1948, avec qui il aura deux enfants.

En 1957, il effectue pendant dix-huit mois son service militaire à Angers (Maine-et-Loire), Versailles (Yvelynes)) puis à Tlemcen et El Aricha (Algérie) où Il construit un camp de cantonnement pour le 62e bataillon du génie, construction très appréciée des civils après le départ des troupes françaises.

En décembre 1964, Eugène Leseney arrive à Saint-Lô où il installe son cabinet-atelier rue de la Marne. Les débuts sont difficiles car les reconstructeurs sont encore là et monopolisent la commande publique.

Il débute en 1972 avec l'école Calmette-et-Guérin. S'éloignant des concepts en vogue, il privilégie « les formes géométriques » et « la suppression des couloirs » [3]. Il conçoit ensuite des maisons individuelles à Coutainville et Granville, des logements collectifs (dont les derniers en date sont les HLM du boulevard de la Dollée), et des équipements publics tel le CROSS Jobourg, le collège Prévert de Coutances, le collège du Moulin-de-Haut à Percy, la Citadelle douce à Hérouville-Saint-Clair (Calvados), et la restructuration de l'hôpital Louis-Pasteur à Cherbourg. Saint-Lô concentre l'essentiel de ses édifices, qui rompent avec l'architecture de la reconstruction des années 1940 et 1950 : le centre culturel, l'hôtel de la communauté de communes, le centre de formation des apprentis, le siège de la Sécurité sociale. L'essentiel de son œuvre se trouve dans le département. « J'aime beaucoup Saint-Lô, Coutances, la Manche, confie-t-il à Ouest-France. Je les respecte d'autant plus qu'ils ont pris un sacré coup » [3].

Il prend sa retraite en 2008. Il meurt à l'hôpital mémorial de Saint-Lô, le , âgé de 82 ans [3]. Ses obsèques sont célébrées le 19 septembre suivant en l'église Saint-Jean-Eudes du Val-Saint-Jean de Saint-Lô, où il est inhumé au cimetière communal.

« Il a offert des bâtiments baignés de lumière, des volumes harmonieux et adaptés à l'échelle des enfants, témoigne François Brière, maire de Saint-Lô. Il avait un grand respect pour les gens qui allaient vivre dans les bâtiments qu'il concevait, mais aussi pour les compagnons qui œuvraient à ses côtés. » [3].

Études

Eugène Leseney fait ses études secondaires au Lycée de Coutances. En 1944, âgé de 12 ans, il subit le bombardement de Coutances du 6 juin, et cet évènement oriente le cours de sa vie.

  • Entre 1946 et 1950, il quitte le lycée. Comme il est doué en dessin, il entre au service d'un architecte de la reconstruction, Maurice Anquetil, pour participer aux relevés à l'identique puis aux premiers projets. Louis Arretche est alors architecte en chef de la reconstruction dans la Manche. L'architecte Max Klein y participe activement.
  • Entre 1952 et 1957, il entame des études à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, à l'atelier de Georges Gromort-Louis Arretche. Durant ses études il travaille chez Max Klein, Paul Vimond, puis Paul Bossard.
  • Début 1959, de retour en France après son service militaire, il reprend ses études d'architecture, et sort logiste [4], le 25 juin 1963 [5], au concours de Rome à Fontainebleau (Seine-et-Marne), qu'il obtient en septembre.
  • En novembre 1964 [5], il obtient son diplôme d'architecte avec « Une promenade chez les Tancrède », un projet de musée en plein air entre le parvis de la cathédrale et le Bulsar [6].

Réalisations

Voyages

  • Voyage à Prague sur invitation de l'école d'architecture de Prague, exposé sur la Citadelle Douce d'Hérouville Saint-Clair (Calvados) et l'Hôpital Pasteur, un hôpital dans la ville à Cherbourg
  • Voyages d'études au Mexique et au Guatemala, en Egypte, en Turquie, en Indonésie, au Yémen, au Brésil, d'où il ramène de nombreux carnets de croquis. La plupart de ces voyages sont organisés par un groupe d'architectes à l'initiative de Marie-Thérèse Mathieu, rédactrice en chef de la revue spécialisée "Recherche et Architecture", qui consacra diverses partitions aux réalisations de l'atelier Leseney.

Distinction

  • En 1978, Eugène Leseney reçoit la Grande médaille d'argent de l'Académie d'architecture, prix Jean-François Delarue, dont il est membre depuis 1982.

Hommages

AFFICHE EXPO IMAGINARIUM LOGOS.jpg
  • En 2014, peu de temps avant sa mort, une exposition intitulée « Dans les jardins d'Eugène » est consacrée à son activité de peintre à L'Usine Utopik à Tessy-sur-Vire [8].
  • En 2015, une exposition d'aquarelles intitulée « Sérénité » à l'initiative de sa fille Francine, a lieu au Salon Indien, à Paris, du 15 septembre au 20 octobre
  • En 2018, son nom est soumis à une consultation populaire pour désigner une école flambant neuve à Saint-Lô. Sans succès, la nouvelle école s'appellera école Samuel-Beckett[9].
  • En 2021, une exposition à l'initiative de sa fille Francine, intitulée « Eugène Leseney, 60 ans d'architecture » est organisée du 15 septembre au 6 octobre à la boutique d’art et d’artisanat L'imaginarium à Saint-Lô. Le fonds privé d'Eugène Leseney sera présenté au public et des acquisitions seront possibles. Ensuite ces archives doivent gagner le fonds existant des Archives départementales d'une part et l'Académie d'architecture, cité de l'Architecture d'autre part.

Bibliographie

  • Leseney, architecte, Arts et architectures de l'Ouest, 2008

Notes et références

  1. « Fichier des personnes décédées », data.gouv.fr, Insee, année 2014.
  2. « Acte de décès n° 511 - État-civil de Saint-Lô - Fichier des personnes décédées », data.gouv.fr, Insee, année 2014.
  3. 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 et 3,5 Christophe Leconte, « Nécrologie : Eugène Leseney, l'architecte saint-lois », Ouest-France, 16 septembre 2014.
  4. Celui qui entre en loge pour certains concours des Beaux-Arts.
  5. 5,0 et 5,1 « Dictionnaire des élèves architectes de l’École des beaux-arts de Paris (1800-1968) », Institut national d'histoire de l'art (France) - notice 157098, 2015 (voir en ligne) - Consulté le 29 août 2021
  6. « D'hier et d'aujourd'hui : Leseney et Coutances, en perspectives », Cosedia, magazine d'information de Coutances, décembre 2014, n° 110 (lire en ligne)
  7. « Notice n°EA14000007, secteur urbain dit La Citadelle douce », base Mérimée (architecture), médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, ministère de la Culture.
  8. Émilie Michel, « Eugène Leseney, un architecte nourri d'art », Dimanche Ouest-France, 13 juillet 2014.
  9. « Sondage. Manche : comment s’appellera la nouvelle école de Saint-Lô ? », Côté Manche, site internet, 28 novembre 2018 (lire en ligne).

Source

Lien externe