Séminaire de Valognes
Le séminaire de Valognes est un ancien établissement scolaire religieux, situé à Valognes.
Créé en 1652, il ferme en 1675 pour cause de jansénisme, avant de rouvrir en 1675 [1].
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[modifier] Séminaire
Il est fondé en 1654, dans le Manoir-l'Évêque, par l'abbé de la Luthumière.
Selon René Toustain de Billy, ce séminaire devient « le plus bel ornement de la ville de Valognes, mais aussi de toute la Basse-Normandie, moins par la beauté de ses bâtiments et de ses jardins, de sa riche bibliothèque et autres choses semblables, que par les grands biens que l'on y faisait et les avantages publics qui en provenaient ».
Pour Hesseln (p. 451), « le Séminaire est le plus bel édifice qui soit à Valognes... Les jardins sont vastes et vraiment magnifiques. Autour du premier jardin règne une terrasse en fer à cheval comme celle du palais du Luxembourg à Paris. Sur cette terrasse était ci-devant le plus beau berceau qu'on ait peut-être vu en Normandie. M. de la Luthumière, poursuit l'auteur, était un prêtre d'une éminente piété, qui y passa la plus grande partie de sa vie, et qui y est inhumé ; il est mort le 15 septembre 1699. Son établissement fut extrêmement traversé par l'envie. La calomnie, à laquelle fait allusion le célèbre Sauteuil dans les vers qu'il a consacrés à la gloire de ce séminaire, lui enleva ses élèves en 1672 et surtout en 1685. Ce bel établissement fut rouvert en 1702 et dirigé par des prêtres séculiers jusqu'en 1730, époque à laquelle l'évêque de Coutances le confie aux Eudistes.
[modifier] Séminaire-collège
Les missionnaires Eudistes annexent le 26 septembre 1731. Ils y tiennent selon Hesseln (p. 452), des classes d'humanités, une chaire de philosophie, et une autre de théologie remplie par un Eudiste. « Les autres ne peuvent l'être par des professeurs de cette Congrégation, mais par des externes, qui ordinairement les obtiennent par la voie du concours ou par le choix de la ville ».
Le père. Costil affirme que « la jeunesse du collège se composait alors de 300 enfants ».
En 1774, le Collège renferme près de 600 élèves, concurrençant l'école de latin de Cherbourg alors en décadence. L'élève Constant Demons, de Cherbourg, raconte dans un de ses manuscrits qu'ils sont 101 dans la classe de philosophie en 1772 et que le collège comptait jusqu'à la rhétorique inclusivement 377 élèves en 1778, 270 en 1786 et 264 en 1788.
En 1789, un élève de philosophie, Mariette de Wauville, y élabore une proposition de constitution.
[modifier] Collège
En 1790, les bâtiments du Séminaire-Collège de Valognes sont nationalisés, et vendus pour moitié pour 28180 francs à Laurent Lapierre-Jacquelin, de Valognes, le 25 septembre 1796, tandis que l'autre moitié est cédée à la ville pour y établir un collège. La chapelle est convertie en salle d'armes et plus tard en bibliothèque.
Ouvert de nouveau et réorganisé en 1810.
[modifier] Petit-séminaire
Il devient Petit-Séminaire et Collège diocésain, en 1853.
Parmi ses élèves, on trouve Léopold Delisle.
[modifier] Collège municipal
En 1907, la ville de Valognes ne renouvelle pas le bail aux ecclésiastiques et un principal est nommé par le ministère de l'Instruction publique, qui organise l'enseignement exclusivement avec des professeurs laïcs. Il devient mixte en 1926 et porte alors, jusqu'en 1969, l'appellation de Collège municipal mixte de Valognes.
[modifier] Lycée d'État
En 1969, l'établissement devient lycée d'État et prendra le nom d'Henri Cornat.
[modifier] Sources
- Abbé J.L. Adam, Quelques notes sur Valognes, Impr. Emile Le Maout, Cherbourg, 1905.
[modifier] Notes et références
- ↑ « Chronologie de la répression du protestantisme en Normandie et dans la Manche », Le Didac'doc, Service éducatif des Archives départementales de la Manche, n° 3, novembre 2009.