Jean-François Duval-La Rivière

De Wikimanche

Jean-François Duval-La Rivière, né à Gréville-Hague le 4 octobre 1751, mort à Cherbourg le 27 janvier 1800, est un homme politique de la Manche, prêtre et cultivateur de profession.

Un révolutionnaire tourmenté

Parmi toutes les figures que la Révolution fait apparaître dans la Manche, celle de Jean-François Duval-La Rivière est assurément une des plus étonnantes et plus attachantes. La vie de celui qui fut le premier député de Cherbourg est mieux connue depuis qu’en 1973 sa correspondance fut découverte par un de ses descendants, l’amiral de Lacroix de Lavalette, qui en fit une communication devant la Société nationale académique de Cherbourg.

Il naît dans une famille de cultivateurs assez aisés. Son père s'appelle Marin Duval, sieur de Milly, et sa mère, Jeanne Marie Vicq, originaire d'Yvetôt, parente du célèbre médecin valognais Félix Vicq d'Azir [1].

Comme ses nombreux frères, il fait ses études au collège de Valognes où il se distingue par son goût pour la philosophie et où il décide de se faire eudiste. En 1777, il entre au petit séminaire de Caen. Deux ans plus tard, il annonce son entrée à la Trappe « pour expier les péchés » de sa jeunesse. Mais si sa foi chrétienne est solide, sa vocation l’est moins car, quatre ans plus tard, on le retrouve à Paris dans les Gardes françaises ! Il revient à Gréville en 1787. C’est là qu’il accueille avec une ferveur quasiment religieuse le « prodige de la Révolution » et qu’il se lance dans la politique.

Il devient le premier maire de sa commune natale et, peu après, est élu membre du premier Directoire de la Manche où il se fait vite remarquer par son zèle réformateur. Très naïvement, il écrit au roi pour l’inviter à se défaire des ennemis de la Révolution qui l’entourent. Il vise en fait toute la noblesse dont il ne supporte pas l’inutilité.

Élu ensuite premier de la liste à l’Assemblée législative, il va s’établir à Paris où, très vite, il se sent « comme étranger » et déchante devant le « tumulte » de ses pairs. Il ne se sent à l’aise dans aucun parti. Il ne monte qu’une seule fois à la tribune pour prononcer un discours « sur les troubles excités dans les campagnes par les non sarmentés ». Bientôt, notre « révolutionnaire constitutionnel » est saisi par une profonde crise de conscience devant le spectacle des insurrections parisiennes. S’il aspire à des changements radicaux, il répugne au désordre qui constitue à ses yeux la première des injustices.

Catholique dans l’âme, il rejette d’une pièce la Déclaration des droits de l’homme qui lui paraît « en opposition avec le souverain domaine de Dieu et l’autorité de l’Église ». Il est élu conseiller général sans affectation de canton le 21 juin 1790. Il siège au conseil général de la Manche jusqu'en septembre 1791. Sans éclat, il démissionne de son mandat de député le 22 mai 1792, rentre à Gréville et se retire de la vie politique.

Mais le conventionnel Le Carpentier se méfie de ce révolutionnaire tourmenté, le fait arrêter et déporter à Paris où il se cache. Après la chute de Robespierre, il revient définitivement à Gréville où il écrit des poèmes et des méditations religieuses.

Notes et références

  1. Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, volume XXVIII, 1975.

Lien externe