Prison d'Avranches

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L'ancienne prison d'Avranches

La prison d' Avranches est un ancien lieu de détention de la Manche, situé place Jean-de-Saint-Avit.

Histoire

Elle remplace la geôle qui était située près de la tour nord de la porte de Ponts. Cette geôle « vieille, délabrée et malsaine fut incendiée le 15 vendémiaire an VII (octobre 1798) . Cet incendie fut attribué aux Chouans, qui voulaient enlever leurs chefs prisonniers, notamment le Chevalier des Touches »[1].

Jusqu'à la Révolution, l'évêché primitif d'Avranches, datant du 11e ou 12e siècle, abrite au premier étage l'Officialité, c'est à dire le tribunal ecclésiastique qui « réglait les contestations entre les membres du clergé et les questions de discipline ecclésiastique, sous la direction de l'évêque »[2]. Après la suppression du diocèse d'Avranches, le bâtiment est transformé en prison.

Au début du 19e siècle, d'importants travaux permettent d'y organiser la vie carcérale. On y accède alors depuis la rue d'Office par un guichet contrôlé par le concierge[3]. De lourdes grilles viennent sécuriser les fenêtres. Des cloisonnements de planches (toujours en place) séparent les cellules où les détenus sont enfermés selon leur sexe et la nature de leurs délits[3]. On peut encore y voir, dans l'embrasure d'une fenêtre, un graffiti de 1812 représentant un bateau.

La prison d'Avranches, en raison de sa proximité avec le Mont-Saint-Michel, reçoit à plusieurs reprises des passagers en route pour la prison du Mont Saint-Michel : Armand Barbès y passe la nuit du 16 au 17 juillet 1839 en compagnie de trois aux prisonniers, Blanqui y arrive pour une nuit le 4 février 1840 avec cinq autres détenus[4].

En 1854, la prison d'Avranches n'a qu'un seul gardien[5].

Le 10 avril 1935, près de 2 000 personnes s'apprêtent à prendre la prison d'assaut pour libérer un bouilleur de cru incarcéré après qu'il a botté les fesses d'un gendarme au Teilleul[6].

Pendant l'Occupation allemande (1940-1944), la prison connaît une recrudescence d'activité avec l'incarcération de juifs, de résistants, d'opposants au régime de Vichy et de simples délinquants. Les familles juives d'Avranches, les Rosenthal et les Mainemer y sont incarcérées en 1942 avant leur acheminement vers le camp d'Auschwitz. Le curé de Saint-Laurent-de-Terregatte, accusé d'être membre de la Résistance, y décède. Les résistants Jean Vauzelle et Désiré Lerouxel y sont incarcérés avant leur transfert pour la prison de Saint-Lô[3].

La prison est désaffectée en 1960 [3], la ville d'Avranches achète le bâtiment et y installe en 1963 le musée de l'Avranchin, devenu musée d'art et d'histoire en 2006.

Notes et références

  1. « Avranches, ses rues et places, ses monuments....», Revue de l'Avranchin, tome XIII, 1907, p.18. (lire en ligne)
  2. « Avranches, ses rues et places, ses monuments....», Revue de l'Avranchin, tome XIII, 1907, p.69.
  3. 3,0 3,1 3,2 et 3,3 Panneau de l'exposition Avranches-Mortain : de la percée à la contre-attaque de 2019.
  4. « Nouvelles locales », Journal d'Avranches, 9 février 1840.
  5. Annuaire du Département de la Manche, volume 26, p. 18.
  6. Jean Quellien, « La révolte des bouilleurs de cru de 1935 en Basse-Normandie », Cahier des Annales de Normandie, n° 26, 1995, Mélanges René Lepelley, pp. 565.