Bréhal est une commune du département de la Manche.
[modifier] Attestations anciennes
- Ilgerius de Brehelio ~1100 [1].
- Brehal 1160/1174 [2], 1180 [3].
- Brahal 1185 [1].
- Galfridus de Brahal 1198 [4].
- Brehallum 1248 [1].
- Brahal 1264 [1].
- Brehal 1351/1352 [5], 1612/1636 [6], 1677 [7], 1694 [8], 1713 [9], 1716 [10], 1719 [11], 1753 [12], 1758 [13], 1753/1785 [14].
- Bréhal 1793 [15], 1801 [16], 1804 [17], 1828 [18], 1829 [19], 1854 [20], 1903 [21], 1962 [22], 1978, 1993 [23].
Ce toponyme est aujourd'hui encore mal expliqué. Il a donné lieu à différentes interprétations, dont les moins hasardeuses se limitent à le déclarer d'origine obscure.
- Le nom de Bréhal est ignoré, avec le problème y afférent, par les deux grands Auguste : Longnon [24] et Vincent [25].
- Albert Dauzat [26] est, comme souvent, le premier spécialiste à mentionner ce cas difficile, et à proposer une explication, ou plutôt un jeu de piste : dans son dictionnaire, Bréhal renvoie à Bréal, qui renvoie à Bréau, qui renvoie à Breil ! L'auteur assimile donc implicitement Bréhal à une simple variante de l'appellatif breuil < ancien français brueil, broil « buissons, broussailles, fourré; bois taillis; bois clos » [27]. Les formes anciennes connues actuellement (Dauzat n'en cite aucune) n'incitent pas à conserver cette hypothèse.
- François de Beaurepaire [1] associe le nom de Bréhal à deux homophones d'Ille-et-Vilaine, Bréal-sous-Montfort et Bréal-sous-Vitré, ainsi qu'à Bréel dans l'Orne, dont les attestations anciennes sont similaires. Il fait remarquer que la finale -al est commune à un certain nombre de toponymes de la France de l'Ouest (Croyal, Noyal, Sougeal, Tréal, Vergeal, en Ille-et-Vilaine; Céral, dans l'Orne), qu'il interprète par « une finale prélatine -allum » et rapproche de l'élément gaulois °-ialon (forme latinisée -ialum) « lieu défriché; clairière », puis simplement « lieu habité », à l'origine des nombreux noms de lieux français en -e(u)il < -ó-ialon [28]. Il ne dit rien, cependant, de l'élément principal du toponyme, aboutissant au radical Bréh-. À sa suite, René Lepelley [29] se limite à un prudent « sens obscur ». Le moins que l'on puisse dire est que ce dernier rapprochement est osé : le radical du gaulois °ialon est °ial-, qui n'a aucune raison particulière de se réduire à -al(l)-. Il existe par ailleurs un élément pré-latin °al(l)- à valeur hydronymique, qui conviendrait mieux d'un point de vue phonétique; mais rien ne dit non plus qu'il s'agisse de celui-ci.
- Le dernier spécialiste à se pencher sur ce nom a été Ernest Nègre [30], qui associe Bréhal, Bréal (Ille-et-Vilaine) et Bréel (Orne), mais les dissocie implicitement des autres noms en -al, en les interprétant comme les fixations toponymiques d'un nom de personne d'origine germanique Blīdald (attesté en Gaule sous la forme Blidaldus) [31], « traité comme °Bridalus » [32]. Le bon abbé est un familier des artifices phonétiques permettant de résoudre les cas difficiles, et l'on en a un bel exemple ici : il faut supposer dans un premier temps une réduction de °Blīdald à °Blĭdal, qui ne semble motivée par rien, sinon la volonté d'obtenir d'une part une finale en -al [33], et d'autre part une voyelle radicale [e] et non [i] [34]. Enfin, il lui faut une dissimilation Blĭdal > Brĭdal pour aboutir à Bréhal. Ces trois altérations successives (ou plus ou moins simultanées) ne sont pas impossibles séparément; leur accumulation les rend improbables, d'autant plus que les deux premières ne paraissent pas motivées. Enfin, le cheminement Blīdald > °Blĭdal > °Brĭdal ne rend absolument pas compte de la variante en [a] Brahal, attestée aux 12e et 13e siècles.
Il ne semble exister aucune solution satisfaisante aujourd'hui. Le statut de la finale, probablement pré-latine, reste incertain. Quant à l'initiale, elle pourrait s'expliquer phonétiquement par un radical gaulois brat-, attesté par exemple dans les mots brater- « frère » ou bratu « gratitude; vœu » [35], mais l'ensemble reste trop aléatoire pour permettre de proposer quoi que ce soit de plausible.
La commune fusionne entre 1795 et 1800 avec Saint-Martin-le-Vieux.
Évolution démographique depuis 1793 (Sources : Cassini[36] et INSEE[37])
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[modifier] Administration
[modifier] Circonscriptions administratives avant la Révolution
[modifier] Circonscriptions administratives depuis la Révolution
Liste des maires
| Période | Identité | Qualité
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| 1800 - 1843 | Paul Brohon | Juge de paix
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| (1861), (1868) | Brohon |
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| .... - .... | Michel Cléraux |
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| 1995 - .... | Jules Périer |
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Source 1861, 1868 : Annuaire de la Manche. (....) : en exercice en cette année.
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| À compléter.
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- Horaires d'ouverture
| Jours | Matin | Après-midi | Coordonnées de la mairie (Pour signaler une erreur cliquez ici)
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| Lundi
| 9 h - 12 h
| 13 h 30 - 17 h 30
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| Mardi
| 9 h - 12 h
| 13 h 30 - 17 h 30
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| Mercredi
| 9 h - 12 h
| 13 h 30 - 17 h 30
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| Jeudi
| 9 h - 12 h
| -
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| Vendredi
| 9 h - 12 h
| 13 h 30 - 17 h 30
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| Samedi
| 9 h - 12 h
| -
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[modifier] Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution
[modifier] Circonscriptions ecclésiastiques actuelles
[modifier] Lieux et monuments
- Plage de sable fin (Saint-Martin-de-Bréhal).
- Église Notre-Dame (19e s.).
- Hippodrome.
- La Route des matelots passe au village de Saint-Martin-le-Vieux, près de la côte.
- Ruines de l'église Saint-Martin de Saint-Martin-le-Vieux.
- Le Mesnil (18e/19e s.).
- Bellevue.
- La Haulerie.
- Le Mesnage-Sauvage (19e s.).
[modifier] Personnalités liées à la commune
- Théophile Maupas (1874-1915), soldat fusillé pour l'exemple à Suippes (Marne), instituteur à Bréhal ; l'une des rues de la commune porte son nom.
- Edmond-Marie Poullain (1878-1951), peintre, graveur, aquafortiste et juge de Paix s'installe à Bréhal en janvier 1928. Il recevra dans sa demeure ses amis Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Fernand Fleuret, André Salmon, qui viendra s'y réfugier en 1946, à l'abri de tracasseries administratives...
- Guy Môquet (1924-1941), résistant, fusillé à 17 ans le 22 octobre 1941 à Chateaubriant (Loire-Inférieure). L'une des rues de la commune porte son nom. Son père, Prosper Môquet, est né dans la commune voisine de Chanteloup et est décédé à Bréhal en 1986.
- Lignes Manéo
- Festival À fond la cale (en août)
- Association protectrice de la nature et des animaux (APNA) Site officiel
- Kiwis (pratique et démonstrations de kite-surf et de wind-surf à Saint-Martin-de-Bréhal)
- Société des amis de l'école laïque (SAEL)
- Pierre Béhier, Bréhal, Chanteloup, huit siècles d'histoire, éd. Ocep, 1969
[modifier] Notes et références
- ↑ 1,0, 1,1, 1,2, 1,3 et 1,4 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 86.
- ↑ Wace, Roman de Rou, 1160-1174, édition de Frédéric Pluquet, Rouen, Frère ed., 1827, t. II, v. 8512
- ↑ Léchaudé D’Anisy, Grands Rôles des Échiquiers de Normandie, première partie, Mémoires de la société des Antiquaires de Normandie XV, 2e série, 5e volume, Paris, 1845, p. 5b.
- ↑ Léchaudé D’Anisy et Antoine Charma, Magni Rotuli Scaccariæ Normanniæ sub regibus Angliæ, pars secunda, Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XVI, 2e série, 6e volume, Paris, 1852, p. 3a.
- ↑ Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 368B.
- ↑ Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BN, ms. fr. 4620].
- ↑ Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BN, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
- ↑ Jean-Baptiste Nolin, Le duche et gouvernement de Normandie Divisé en Haute et Basse Normandie, en Divers Pays, et par Evechez, Paris, 1694 [BN, IFN-7710251].
- ↑ Dénombrement des généralités de 1713 [BN, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
- ↑ Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
- ↑ Bernard Jaillot, Le Gouvernement général de Normandie divisée en ses trois généralitez, Paris, 1719.
- ↑ Herman van Loon, D2.me [= Deuxième] carte particuliere des costes de Normandie contenant les costes du Cotentin depuis la Pointe de la Percée Jusqu'a Granville ou sont Comprises les Isles de Jersey, Grenezey, Cers, et Aurigny, avec les Isles de Brehat. Comme elles paroissent a basse Mer dans les grandes marées, Atlas Van Keulen, Amsterdam, 1753 [BN]
- ↑ G. Robert de Vaugondy, Carte du gouvernement de Normandie, Paris, 1758.
- ↑ Carte de Cassini.
- ↑ Site Cassini.
- ↑ Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris.
- ↑ Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, impr. Baudouin, libr. Laporte, vol. I (A-CNO), an XIII (1804), p. 444c.
- ↑ Louis Du Bois, Itinéraire descriptif, historique et monumental des cinq départements de la Normandie, Mancel, Caen, 1828, p. 405.
- ↑ Annuaire de la Manche (1829), Statistique de l'arrondissement de Coutances, p. 135.
- ↑ V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
- ↑ Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
- ↑ Atlas de Normandie, Caen, 1962.
- ↑ Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
- ↑ Auguste Longnon, Les noms de lieux de la France, Paris, 1920-1929; rééd. Champion, Paris, 1979.
- ↑ Auguste Vincent, Toponymie de la France, Bruxelles, 1937.
- ↑ Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963 (rééd. Guénégaud, s.d.), p. 112a.
- ↑ Du gallo-roman °BROGILU < bas-latin brogilum, accusatif de brogilus < gaulois °brogilos « bois entouré d’une haie », dérivé diminutif en -ilos de °brogi « champ » (attesté en latin dans les Scholie à Juvénal sous la forme brogæ) < celtique commun °mrogi- « terre, pays » (cf. gallois et breton bro « pays »; ancien irlandais mruig « terre, terrain; manoir », irlandais bruig « pays »), initialement « territoire délimité, marqué », dérivé de la racine indo-européenne °merg- « frontière, limite » (cf. germanique °mark- « frontière, limite de territoire », d'où le français marche; latin margo « bord, bordure; frontière », d'où le français marge).
- ↑ Cf. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 2001, p. 156-157.
- ↑ René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993.
- ↑ Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. II , 1991, p. 834, § 14493-14494.
- ↑ Marie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, Paris, CNRS, t. I (les noms issus du germanique continental et les créations gallo-germaniques), 1968, p. 59a.
- ↑ Le nom de personne germanique masculin Blīdald résulte de la combinaison des éléments Blīd- « heureux, joyeux » et -ald < -wald «force, puissance; gouverner ».
- ↑ La forme Blīdald aboutirait en effet à °Bliaud.
- ↑ Le ī long de Blīdald ne peut en effet aboutir qu'à [i] en français, à moins d'un accident en cours de route.
- ↑ Cf. Xavier Delamarre, op. cit., p. 73.
- ↑ Population avant le recensement de 1962
- ↑ INSEE : Population depuis le recensement de 1962
[modifier] Liens externes