Chanteloup

Chanteloup est une commune du département de la Manche.

Commune de Chanteloup Coordonnées : 48° 53′ 57.2″ N, 1° 29′ 10.9″ W
Arrondissement Coutances
Canton Bréhal
Intercommunalité Entre Plage et Bocage
Gentilé Chanteloupais(es)
Population (2010) 331 hab.
Superficie 4,17 km²
Densité 79 hab./km2
Altitude 24 m (mini) - 72 m (maxi)
Code postal 50510
N° INSEE 50120
Maire Denis Lebouteiller
Communes limitrophes de Chanteloup
Bréhal Bréhal, Cérences Cérences
Bréhal Chanteloup Cérences
Coudeville-sur-Mer, Hudimesnil Hudimesnil Cérences

Site de Chanteloup et du ruisseau de Corbignysur la carte de Cassini, 1753/1785.
Site de Chanteloup et du ruisseau de Corbigny
sur la carte de Cassini, 1753/1785.


[modifier] Toponymie

[modifier] Attestations anciennes

  • villa quę dicitur Chantelou 1022/1026 [1].
  • Fulcho Paginellus, vavassor de Chantelo 1172 [2].
  • Cantelou 1205 [3].
  • Chantelou 1210 [3].
  • [abl.] Cantu lupi ~1280 [3].
  • Chantelou 1324, 1349 [3].
  • ecclesi[a] de Cantulupi 1332 [4].
  • Cantus lupi 1351/1352 [5].
  • Chantelou 1418 [6], 1420 [7].
  • les chastel, terre et seigneurie de Chantelou 1427 [8].
  • chasteau de Chantelou 1449 [9].
  • Chantelou 1461 [10], 1612/1636 [11], 1677 [12], 1689 [13], ~1700 [14], 1713 [15].
  • Chãteloup 1716 [16].
  • Chanteloup 1719 [17], 1758 [18], 1753/1785 [19], 1793 [20], 1801 [21], 1804 [22].
  • Chanteloup-sur-Corbigni 1828 [23].
  • Chanteloup 1829 [24], 1854 [25], 1889 [26], 1903 [27], 1962 [28], 1972 [29], 1978, 1993 [30], 2007 [31].

[modifier] Étymologie

Loup chanteur

Toponyme médiéval issu de l'ancien français chante lou « chante loup ». Ce type toponymique, très répandu, désigne des endroits où l'on pouvait entendre le hurlement des loups [32]. En l'occurrence, c'est l'équivalent français (ou francisé) de la variante normande représentée dans la Manche par Canteloup. On notera que la forme normano-picarde cante est attestée une fois en 1205, ce qui est attendu car Chanteloup se trouve très légèrement au nord de la ligne Joret. Cependant, c'est la forme française Chantelou qui s'est imposée à l'usage; à noter que la graphie moderne Chanteloup n'apparaît qu'au début du 18e siècle.

Il est curieux de constater qu'en toponymie, le loup ne hurle jamais. On l'entend parfois huquer, huer, huler, huper et jupper dans les microtoponymes normands, mais il chante dans l'écrasante majorité des cas. On est en droit de s’interroger sur cette étrange propension qu’a le fissipède toponymique à presque exclusivement chanter, penchant lyrique qui est en Normandie à l’origine des trois types de base Chanteloup, Canteloup et Canteleu « chante-loup », attestés cinquante et une fois au moins dans cette région.

Deux remarques s’imposent ici. D’une part, ce nom a donné lieu à une interprétation radicalement différente par certains linguistes, qui ont voulu y voir un ancien oronyme (nom de hauteur) formé par la combinaison tautologique [33] de deux éléments pré-latins, voire pré-indo-européens : °kan-t- [34] (que l’on retrouverait entre autres dans le nom du Cantal en France, des monts Cantabriques en Espagne et dans celui des falaises crayeuses du Kent en Angleterre) [35] et °lup- / °lop- (cf. le massif de la Loube dans le Var ou le mont du Lubéron dans le Vaucluse; cet élément est aussi à l’origine de beaucoup de noms de ruisseaux et rivières de montagne du type Loup, Louve, Louvette, etc.). Cette combinaison °kan-t- + °lup- à valeur oronymique aurait été remotivée par la suite en « chante-loup », étant donné l’association sémantique récurrente « hauteur » / « lieu fréquenté par les loups », et d’autres toponymes de ce dernier type auraient alors vu le jour par la suite.

Une variante de cette théorie consiste à considérer uniquement le premier élément comme oronymique, et à interpréter l’ensemble par un ancien composé signifiant « la hauteur du loup », « le mont du loup », solution somme toute plausible : le loup a fréquemment été associé à des noms de hauteurs en toponymie.

Le débat n’est pas clos, et l’on peut envisager en effet que certains C(h)anteloup et variantes aient eu cette origine, sans qu’il soit vraiment possible de le prouver de façon formelle. Nous n’entrerons pas davantage dans la polémique (dont il est cependant nécessaire de faire état), et considèrerons ici que Canteloup s’analyse simplement en « chante-loup ».

En outre, sans doute serait-il bon de s’interroger sur la formation de ce type toponymique à la lumière du très fort tabou linguistique qui frappe le nom du loup dans de nombreuses langues. On pourrait ainsi se demander si ce refus de faire hurler le loup (cri effrayant, synonyme de danger) ne reflète pas une pratique analogue : transformer le hurlement en chant, c’est rendre inoffensif, d’une certaine manière, un prédateur redouté. C’est aussi introduire une certaine distanciation, et conjurer avec humour, voire avec dérision, la crainte ancestrale que le Canis lupus a toujours inspirée [36].

☞ On notera en 1828 l'appellation de Chanteloup-sur-Corbigni, attribuable à Louis Du Bois, et visant à distinguer cette commune de Chanteloup dans l'Eure, appelée dans le même document Chanteloup-la-Poterie. Elle fait référence au ruisseau de Corbigny, ancien nom du cours supérieur du ruisseau de la Chaussée qui passe à Chanteloup. Ce nom, qui ne fut jamais officiel, n'eut pas de succès.

[modifier] Géographie

[modifier] Histoire

Il est fait mention en 1449 du fief et château de Chanteloup. Il appartenait à cette époque à Louis, sire d'Estouteville, à cause de sa femme Jeanne Paynel, dont le père Nicole Paynel en était le seigneur. Le château fut plusieurs fois investi puis abandonné par les Anglais au cours de la guerre de Cent Ans [37].

[modifier] Démographie

Évolution démographique depuis 1793 (Sources : Cassini[38] et INSEE[39])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
527 623 576 560 506 518 503 507 469 435
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
397 392 376 361 362 338 301 302 283 254
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
254 213 203 222 216 200 223 204 190 149
1982 1990 1999 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
159 185 241 289 301 313 325 331
De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Notice communale de Chanteloup sur le site Cassini


[modifier] Administration

[modifier] Circonscriptions administratives avant la Révolution

[modifier] Circonscriptions administratives depuis la Révolution

[modifier] Les maires

Liste des maires
Période Identité Qualité
(1829)
Boudier-de-la-Valeinerie
(1861), (1868)
Toupet
.... - ....
.... - ....
.... - ....
Georges Talvat
.... - 2008
Maurice Thomas
2008 - ....
Denis Lebouteiller
Source 1829, 1861, 1868 : Annuaire de la Manche.
(....) : en exercice en cette année.
À compléter.

[modifier] Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour signaler une erreur cliquez ici)
Lundi - 14 h - 16 h
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Adresse : 7 Place Marché
50510 Chanteloup

Tél. 09 62 34 50 66
Fax : 02 33 51 77 95

Courriel : Contacter la mairie

Site internet : Officiel

Commentaire :

Source : Site web de la communauté de communes (28 mai 2012)

Mardi - -
Mercredi 9 h - 12 h -
Jeudi - -
Vendredi 9 h 30 - 12 h 30 -
Samedi - -



[modifier] Religion

[modifier] Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

[modifier] Patronage

  • Dédicace de l'église paroissiale : Saint-Pierre.
  • Patron (présentation) : patron laïc, le seigneur du lieu; le seigneur de Hambye en 1332 (Fulcoyus Paganelli (Foulques Paynel) à cette date, en raison de sa femme Agnes de Chanteloup).
  • Fête patronale : ?

[modifier] Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

[modifier] Monuments et lieux

[modifier] Personnalités liées à la commune

[modifier] Naissances

[modifier] Bibliographie

  • J. Tardif, « Les seigneurs et les capitaines du château de Chanteloup pendant l'occupation anglaise (1418-1449) », in Le Pays de Granville, septembre-décembre 1913 (9e année, n° 3-4), p. 259-267.

[modifier] Notes et références

  1. Marie Fauroux, Recueil des actes des ducs de Normandie (911-1066), Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XXXVI, Caen, 1961, p. 161, § 43.
  2. Léopold Delisle, Chronique de Robert de Torigni, abbé du Mont-Saint-Michel, A. Le Brument, Rouen, vol. II, 1873, p. 300, § XXXIII. François de Beaurepaire, dans Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 98, donne également pour cette forme la date de 1186, issue du même document. Après vérification, il n'agit du nom d'un certain Radulfus de Cantelo (p. 337, § LVIII), dont le contexte ne permet pas de décider s'il correspond à Chanteloup ou Canteloup.
  3. 3,0, 3,1, 3,2 et 3,3 François de Beaurepaire, op. cit., loc. cit..
  4. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 284B.
  5. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, op. cit., p. 367G.
  6. Rôles Normands et Français et autres pièces tirées des archives de Londres par Bréquigny en 1764, 1765 et 1766, Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie XXIII (3e série, 3e volume), 1re partie, Paris, 1858, p. 9b, § 79.
  7. Ibid., p. 147a, § 858.
  8. Siméon Luce, Chronique du Mont-Saint-Michel (1343-1468), Firmin-Didot, Paris, t. I, 1879, p. 258, § LXXXVIII.
  9. Siméon Luce, op. cit., t. I, 1879, p. 49.
  10. Siméon Luce, op. cit., t. I, 1879, p. 67.
  11. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BNF, ms. fr. 4620].
  12. Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BNF, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  13. G. Mariette de La Pagerie, cartographe, Unelli, seu Veneli. Diocese de Coutances, divisé en ses quatre archidiaconés, et vint-deux doiennés ruraux avec les Isles de Iersay, Grenesey, Cers, Herms, Aurigny etc., chez N. Langlois, Paris, 1689 [BNF, Collection d'Anville, cote 00261 I-IV].
  14. Gerard Valk, Normannia Ducatus, tum Superior ad Ortum, tum Inferior ad Occasum, Praefectura Generalis […] Anglici Caesarea sive Jarsey…, Amsterdam, ~1700.
  15. Dénombrement des généralités de 1713 [BNF, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  16. Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
  17. Bernard Jaillot, Le Gouvernement général de Normandie divisée en ses trois généralitez, Paris, 1719.
  18. G. Robert de Vaugondy, Carte du gouvernement de Normandie, Paris, 1758.
  19. Carte de Cassini.
  20. Site Cassini.
  21. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris, 1801-1870.
  22. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, impr. Baudouin, libr. Laporte, vol. I (A-CNO), an XIII (1804), p. 619b.
  23. Louis Du Bois, Itinéraire descriptif, historique et monumental des cinq départements de la Normandie, Mancel, Caen, 1828, p. 418.
  24. Annuaire de la Manche (1829), Statistique de l'arrondissement d'Avranches, p. 118.
  25. V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
  26. Carte de la Manche, in Adolphe Joanne, Géographie du département de la Manche, Hachette, Paris, 1889.
  27. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  28. Atlas de Normandie, Caen, 1962.
  29. Anne Vallez, Pierre Gouhier, Jean-Marie Vallez, Atlas Historique de Normandie II (économie, institutions, comportements), Université de Caen, Caen, 1972.
  30. Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
  31. Carte IGN au 1 : 25 000.
  32. Ce nom est souvent associé à des hauteurs, en particulier des revers de plateau un peu abrupts. C'est le cas de Chanteloup, situé entre deux ruisseaux aux rives escarpées.
  33. La combinaison tautologique (c’est-à-dire une combinaison d’éléments ayant le même sens) est un phénomène fréquent en toponymie. Voir par exemple à ce sujet Dominique Fournier, « Le type Montcoq dans la toponymie normande : un cas de composition tautologique cyclique », in Nouvelle Revue d’Onomastique n° 15-16 (1990), Société Française d’Onomastique, p. 101-104.
  34. Ce radical représenterait l’élargissement en -t- d’une base oronymique °kan-, présente par exemple dans le nom du mont Canigou dans les Pyrénées, et sans doute dans celui de la ville de Cannes dans le Var.
  35. Cf. en particulier Charles Rostaing, Essai sur la toponymie de la Provence, Paris, 1950, p. 135-136.
  36. Pour une réflexion plus approfondie sur ce thème , cf. Dominique Fournier, « Quand le loup sort du bois (les références au loup dans la toponymie normande) », dans Bulletin de la Société historique de Lisieux n° 65 (avril 2008), p. 43-71, repris sous une forme légèrement augmentée dans Histoire et Traditions Populaires n° 102 (juin 2008), p. 107-154.
  37. Siméon Luce, op. cit., t. I, 1879, p. 49, n. 1.
  38. Population avant le recensement de 1962
  39. INSEE : Population depuis le recensement de 1962