Église Saint-Michel (Herqueville)

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L'église d'Herqueville.

L'église Saint-Michel d'Herqueville est un édifice catholique de la Manche, situé à La Hague. Dédiée à saint Michel, elle relève de la paroisse Bienheureux Thomas-Hélye centrée à Beaumont-Hague.


Histoire

L’église d’Herqueville est à son origine constituée en prieuré-cure de l’abbaye du-Vœu :

1145 : afin de raviver le vœu fait par ses grands-parents, Mathilde, petite fille de Guillaume le Conquérant et Mathilde de Normandie, réactive[1] l'abbaye du-Vœu à Cherbourg.

1160 : Mathilde installe une communauté de chanoines réguliers augustins de l’abbaye Saint-Victor de Paris, sur les conseils probables de l'évêque de Coutances, Algare ou Richard de Bohon. Mathilde et son fils Henri dotent l'abbaye de nombreuses propriétés dans le Cotentin dont l’église et fief de Beaumont-Hague, ainsi que l’église et fief d'Herqueville.

1187 : Henri II confirme l'établissement de l'ordre de Saint-Victor et, pour accroître sa puissance, unit à l'abbaye le monastère arrouaisien de Saint-Hélier – fondé en 1125 à Jersey par Guillaume Hamon.

1450 : l’abbaye, sans protection, écartée des fortifications de Cherbourg, est régulièrement pillée et brûlée, contraignant les religieux à la quitter. À l’issue d’incessantes batailles franco-anglaises, les revenus encore très importants de la congrégation permettent de rebâtir les bâtiments dans lesquels les chanoines sont revenus. Les propriétés de l’abbaye se répartissent alors sur soixante-dix-sept paroisses dans le Cotentin et les îles Anglo-Normandes.

XVe siècle : on recense le plus ancien élément d’architecture que l’on peut encore observer, la « piscine » trilobée. C’était une cuvette pratiquée ordinairement à la gauche de l'autel (côté de l'épître), dans laquelle le célébrant faisait ses ablutions après la communion.

1659 : approbation du livre de Dom J. Le Court, curé de Herqueville et poète, par Bazire, docteur en théologie, trésorier et chanoine de Coutances. Ce livre titre en première partie la vie de la bienheureuse sainte Avoye…

1755 : la cloche Anne-Françoise est fondue en bronze. Elle porte l’inscription : « L'an 1755, j'ay été bénie par Messire Joseph Simon, prieur curé d'Herqueville, et nommée Anne-Françoise par noble dame Anne-Françoise de Cairon, dame de Lapallu, Saint André en Messey, Saint Vigor, Nay et autres lieux, assistée de Messire Pierre Jallet, chevalier seigneur Comte de Beaumont, Herqueville, Digulleville, Mélinde en Digulleville, Néeville, Beaumont en Néevile, Ouville, Rautot en Mommartin et autres lieux, son époux. »

1758 : la communauté voit ses terres annexées par les autorités françaises pour la construction du port militaire de Cherbourg.

1774 : la vie régulière dans l'abbaye se termine.

1785 : reconstruction du chœur, comme en atteste l'inscription en clef de voute : « D.D. Comesa Bellomontio,& CT.Belin Prior.hunc Chorum reaedificaverunt Anno 1785 » ce qui peut se traduire par « Année 1785 : cette reconstruction du chœur (Hunc chorum reaedificaverunt) par donation (DD = Dono Dedit) du comte de Beaumont (comesa Bellomontio) & à une date ultérieure (CT = Cum Tempore) du prieur Belin »

1789 et suivantes : la cloche d’Herqueville est détruite. Celle qui surmonte l’édifice provient d’Omonville-la-Petite dont les deux cloches ont été préservées.

1808 : établissement en succursale.

1909 : restauration de la toiture de l’église.

1978-1982 : inscription aux « Monuments Historiques » des statues, des éléments d’architecture, des mobiliers et autres objets du culte ; la cloche Anne-Françoise est classée MH en 1980[2].

1997 : restauration de la charpente et toiture du chœur et de la sacristie.

2004 : restauration de la charpente, toiture et voûte de la nef.

2006 : restauration des bancs.

Notes et références

  1. ou fonde ; des incertitudes subsistent
  2. « Notice n°PM50000538 », base Palissy (mobilier), plateforme ouverte du patrimoine (POP), ministère de la Culture.

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