Clitourps

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Clitourps est une commune du département de la Manche.

  • Prononciation. — API : [kli'tuʁ]; transcription francisée : cli-tour.
Commune de Clitourps Coordonnées géographiques de la mairie Logo-Mairie.png
49° 39' 20.31" N, 1° 22' 16.09" W (OSM)
Arrondissement Cherbourg-Octeville
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Canton Val-de-Saire
Ancien canton Saint-Pierre-Église
Intercommunalité CA du Cotentin
Gentilé Clitourpais(es)
Population 200 hab. (2016)
Superficie 6,3 km²
Densité 32 hab./km2
Altitude 53 m (mini) - 137 m (maxi)
Code postal 50330
N° INSEE 50135
Maire Bernard Lebaron
Communes limitrophes de Clitourps
Saint-Pierre-Église Varouville Tocqueville, Valcanville
Saint-Pierre-Église Clitourps Canteloup
Théville Brillevast, Le Vast par un angle, Canteloup Canteloup

Site de Clitourps et du mont Étolan sur la carte d'État-Major (1825/1866).
Site de Clitourps et du mont Étolan sur la carte d'État-Major (1825/1866).


Toponymie

Attestations anciennes

Étymologie

Toponyme d'origine saxonne plutôt que scandinave, issu de l'ancien saxon °thurpa « établissement secondaire; ferme, village » probablement précédé de l'appellatif klif « butte, hauteur », soit « la ferme / le village de la butte ». Dans cette hypothèse, il faut supposer que la butte en question est le mont Étolan, qui culmine à 138 m sur le territoire de Saint-Pierre-Église, et s'étend sur les deux communes.

Ceci dit, chacun de ces éléments a suscité des discussions :

  • -tourps :
    • La plupart des auteurs ayant étudié cet élément l'ont assimilé à l'ancien scandinave thorp « ferme, village », etc. [38], [39], [40], [2], [41], [42].
    • Dans un court article resté néanmoins célèbre, Louis Guinet[43] a contesté l'origine scandinave du type tourp(s) / tour(s) dans le nord du Cotentin et, d'une manière générale, le long du littoral normand. Selon cet auteur, ces formes sont plus anciennes que celles en torp(s) / torpt, et attribuables à un apport différent : en l’occurrence, l’ancien saxon des 3e-5e siècles °thurpa « village », de même origine que l'ancien scandinave thorp. L'argument est d'ordre phonétique : ŏ latin bref et entravé (c'est-à-dire en syllabe fermée) a abouti en gallo-roman à un ǫ ouvert (dans la notation des romanistes; [ɔ] en API) qui n'a jamais évolué ni en français ni en normand[44]. Le [o] du scandinave thorp, quoique d'apparition plus tardive, n'a pu évoluer autrement. Par contre, ŭ latin bref et entravé (et germanique assimilé) est devenu fermé ([o] en API) en gallo-roman puis en ancien français et normand, avant d'évoluer vers [u], aujourd'hui noté ou, au cours du 12e siècle[45]. La conclusion s'impose d'elle-même : la voyelle de -tourps ne peut provenir que d'un ancien ŭ bref entravé, et donc d'une forme germanique antérieure au scandinave thorp[46].
  • Cli- :
    • Étant donné que la quasi-totalité des spécialistes a attribué à -tourps une origine scandinave (voir ci-dessus), ces derniers ont logiquement expliqué le premier élément par un appellatif de même origine, à savoir l'ancien scandinave klif « rocher; butte ».
    • Louis Guinet montre d'une part que le type toponymique saxon existe par exemple en Allemagne (Clifftorp)[43]; et que d'autre part, l'appellatif saxon klif est attesté au moins six fois dans la toponymie normande (Carquelay, Escalleclif, Risleclif, Verclives, Witeclives, Witecliva)[47], rendant tout à fait possible une combinaison entièrement saxonne klif + °thurpa.

Géographie

Histoire

Le prieuré de Torgistorp, fondé en 1120[48] par Henri II d'Angleterre sous le vocable Saint-Michel, appartenait à l'abbaye de Saint-Sauveur.

L'église Notre-Dame est donné au chapitre de Coutances par Simon, fils de Roger, en présence d'Henri Ier Beauclerc en 1120[49].

Dans une charte de 1238, l'évêque de Coutances Hugues de Morville atteste que les moines de Saint-Sauveur abandonnent le manoir de Torgistorps pour 100 sols de rente à Jean d'Essey archidiacre du Cotentin, sa vie durant[49].

Le 12 août 1345, le lieutenant du grand bailli du Cotentin adjuge à Colin Lepicard de Barfleur, les biens situés à Clitourps, échus au roi par suite de forfaiture du chevalier Guillaume Bahans[49].

Parmi les notables habitants de Clitourps, on compte Pierre d'Osber, en 1485, et Lefevre de Graintheville, qui portait d'azur à la fasce d'or accompagnée de deux croix fleurdelisées d'or en chef, et en pointe une rose d'argent en 1576[49].

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793.
À partir du 21e siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[50]. En 2016, la commune comptait 200 habitants.

           Évolution de la population depuis 1793  [modifier] (Sources : Cassini [51] et INSEE [52])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
521 532 622 505 502 511 461 414 398 362
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
333 314 321 330 302 304 270 288 276 292
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
292 268 264 229 225 222 220 183 175 135
1982 1990 1999 2004 2006 2007 2008 2009 2010 2011
145 140 138 164 179 185 191 197 201 209
2012 2013 2014 2015 2016 - - - - -
206 204 201 199 200
Notes : De 1962 à 1999 : Population sans doubles comptes. Depuis 2006 : Population municipale.
Sources :
Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[53] puis INSEE à partir de 2004.



Administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

Circonscriptions administratives depuis la Révolution

Les maires

Liste des maires
Période Identité Parti Qualité Observations
1792-1795 Jean Sorel
1795-1797 Jean Robine Agent national
1797-1797 Charles Jean
1797-1798 Charles-Dominique de la Tour Acquéreur du Prieuré
1798-1800 Nicolas Lemaître
1800-1806 Charles-Dominique de la Tour
1806-1828 Bon Roupsard décédé en exercice le 3 avril 1828
1828-1830 Alexandre Delisle
1830-1835 Charles Lelong
1835-1848 Alexandre Delisle
1848-1848 Jacques Sorin
1848-1870 Alexandre Delisle
1870-1875 Victor Delisle
1875-1902 Alexandre Delisle
1902-1912 Charles Delisle
1912-1937 Xavier Delisle
1937-1964 Gaston Delisle
1964-1977 Charles Delisle
1977-1983 Michel Robine
1983-2001 René Fautrat
2001-actuel Bernard Lebaron UMP contrôleur des aff. mar.
Sources : État civil de 1790 à 1892 - De 1892 à nos jours : 601 communes et lieux de vie de la Manche
Toutes les données ne sont pas encore connues.


Mairie

Horaires d'ouverture
Jours Matin Après-midi Coordonnées de la mairie (Pour signaler une erreur cliquez ici)
Lundi 10 h - 12 h 30 -
La mairie (2015).

La mairie (2015).

Adresse : 10 Hameau de Haut
50330 Clitourps

Tél./Fax : 02 33 54 69 56
Courriel : Contacter la mairie
Site internet : Pas de site officiel
Commentaire :
Source : Annuaire Service-Public (28 mai 2012)

Mardi - -
Mercredi - 18 h - 19 h
Jeudi 10 h - 12 h 30 -
Vendredi - -
Samedi - -


Religion

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution

Patronage

  • Dédicace de l'église paroissiale : Notre-Dame.
  • Patron (présentation) : le chapitre de Coutances (don de Simon, fils de Roger, en 1120).
  • Fête patronale : ?

Circonscriptions ecclésiastiques actuelles

Lieux et monuments

  • Église Notre-Dame (15e/18e) : saint Jean-Baptiste en terre cuite de Sauxemesnil (fin 18e), sainte Marguerite (début 15e), fonts baptismaux (16e).
  • Manoir de Torgitorps (d'origine gothique) : logis massifs à contreforts.
  • Graintheville (16e/18e).
  • Fontenay : un manoir 15e/16e, un manoir 18e.
  • La Carpenterie.
  • La Seiglerie.
  • Bois de Boutron.
  • Sources.

Personnalités liées à la commune

Naissances

Décès

Économie

Cinq éoliennes ont été installées sur le territoire de la commune.

Notes et références

  1. Jean Adigard des Gautries & Fernand Lechanteur, « Les noms de communes de Normandie », in Annales de Normandie XIX (juin 1969), § 729.
  2. 2,0 et 2,1 François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 102.
  3. Julie Fontanel, Le cartulaire du chapitre cathédral de Coutances, Archives départementales de la Manche, Saint-Lô, 2003, p. 117, § 20.
  4. Julie Fontanel, op. cit., p. 118, § 21.
  5. Julie Fontanel, op. cit., p. 469, § 326.
  6. Julie Fontanel, op. cit., p. 407, § 270.
  7. Julie Fontanel, op. cit., p. 118, § 22.
  8. Julie Fontanel, op. cit., p. 116, § 19.
  9. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 307E.
  10. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, op. cit., p. 379A.
  11. Eugène Robillard de Beaurepaire et le Comte Auguste de Blangy, Le Journal du Sire de Gouberville (t. I), Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie XXXI, Caen, 1892, p. 37.
  12. Eugène Robillard de Beaurepaire et le Comte Auguste de Blangy, Le Journal du Sire de Gouberville (t. II), Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie XXXII, Caen, 1895, p. 865.
  13. Jean Bigot sieur de Sommesnil, État des paroisses des élections de Normandie, 1612/1636 [BNF, ms. fr. 4620].
  14. Roles par généralités et élections des paroisses de France et de leur imposition aux tailles, 1677 [BNF, cinq cents Colbert, ms. 261 f° 229 à 275].
  15. G. Mariette de La Pagerie, cartographe, Unelli, seu Veneli. Diocese de Coutances, divisé en ses quatre archidiaconés, et vint-deux doiennés ruraux avec les Isles de Iersay, Grenesey, Cers, Herms, Aurigny etc., chez N. Langlois, Paris, 1689 [BNF, collection d'Anville, cote 00261 I-IV].
  16. Gerard Valk, Normannia Ducatus, tum Superior ad Ortum, tum Inferior ad Occasum, Praefectura Generalis […] Anglici Caesarea sive Jarsey…, Amsterdam, ~1700.
  17. Dénombrement des généralités de 1713 [BNF, ms. fr. 11385, f° 1 à 132].
  18. Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
  19. Guillaume de l’Isle, Carte des Provinces du Maine et du Perche, Paris, 1719.
  20. L. Brion de la Tour, Recueil des Côtes Maritimes de France, Desnos, Paris, 1757, carte n° 10.
  21. Carte de Cassini.
  22. Site Cassini.
  23. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Nationale, Paris, 1801-1870.
  24. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, impr. Baudouin, libr. Laporte, vol. I (A-CNO), an XIII (1804), p. 740b.
  25. Louis Du Bois, Itinéraire descriptif, historique et monumental des cinq départements de la Normandie, Mancel, Caen, 1828, p. 424.
  26. Annuaire de la Manche (1829), Statistique de l'arrondissement de Cherbourg, p. 133.
  27. J. G. Masselin, Dictionnaire universel de géographie physique, commerciale, historique et politique du Monde Ancien, du Moyen Age et des Temps Modernes comparées / Dictionnaire universel de géographie, t. I, Auguste Delalain, Paris, 1830, p. 332b.
  28. Dictionnaire géographique universel ou description de tous les lieux du globe sous le rapport de la géographie physique et politique, de l’histoire, de la statistique, du commerce, de l’industrie, etc., etc., Sociétés de Paris, Londres et Bruxelles pour les publications littéraires, Bruxelles, 1837, t. I, p. 528b.
  29. cartes d’État-Major (relevés de 1820 à 1866, mises à jour jusqu’à 1889; Basse-Normandie cartographiée entre 1835 et 1845).
  30. V. Lavasseur, Atlas National Illustré des 86 départements et des possessions de la France, A. Combette éditeur, Paris, 1854.
  31. Abbé Auguste Lecanu, Histoire du diocèse de Coutances et d'Avranches depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours; suivie des actes des saints et d'un tableau historique des paroisses du diocèse, impr. de Salettes, Coutances, t. II, 1878, p. 314.
  32. Carte de la Manche, in Adolphe Joanne, Géographie du département de la Manche, Hachette, Paris, 1889.
  33. Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903.
  34. Atlas de Normandie, Caen, 1962.
  35. Anne Vallez, Pierre Gouhier, Jean-Marie Vallez, Atlas Historique de Normandie II (économie, institutions, comportements), Université de Caen, Caen, 1972.
  36. Annuaire officiel des abonnés au téléphone.
  37. Carte IGN au 1 : 25 000.
  38. Auguste Longnon, Les noms de lieux de la France, Paris, 1920-1929, p. 288, § 1206.
  39. Jean Adigard des Gautries, « Études de toponymie normannique, I Les noms en -Torp », in Études Germaniques, janvier-mars 1951.
  40. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963, p. 197b.
  41. Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. II, 1991, p. 1015, § 18293.
  42. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993, p. 96b.
  43. 43,0 et 43,1 Louis Guinet, “Mélanges : les toponymes normands «torp(s)», «torpt», «tourp(s)», «tour(s)»”, in Annales de Normandie 1980 n° 2, p. 193-197.
  44. Exemple : gallo-roman PǪRTU > français port.
  45. Exemple : gallo-roman CỌRTE > ancien français cort > français cour.
  46. Le passage du germanique commun °thurpa aux formes en thorp- débute dès le 5e siècle en scandinave, un peu plus tard dans les dialectes westiques dont fait partie l'ancien saxon.
  47. Louis Guinet, Contribution à l'étude des établissements saxons en Normandie, Caen, 1967, p. 77 et suiv.
  48. Michel de La Torre, 50. Manche - L'art et la nature de ses 599 communes, éd. Nathan, 1985.
  49. 49,0 49,1 49,2 et 49,3 De Pontaumont, « Notes historiques et archéologiques sur les communes de l'arrondissement de Cherbourg », Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, 1856
  50. Au début du 21e siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  51. Population avant le recensement de 1962.
  52. INSEE : Population depuis le recensement de 1962.
  53. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.