Louis Roland Hüe de Caligny

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Louis Roland Hüe de Caligny[1], dit chevalier de Caligny, né à Valognes en 1677, mort à Valognes en 1748, est un personnalité militaire et scientifique de la Manche, ingénieur, directeur en chef des travaux publics de la province de Normandie.

Biographie

Michaud le dit né en 1675 à Valognes [2]. Il est, selon le mémoire d'Anatole de Caligny et Louis-Emile Bertin, baptisé en l'église Saint-Pierre de Caen [3].

Issu d'une grande famille d'ingénieurs, les Hüe de Caligny, Louis-Roland participe comme officier avec quatre de ses frères à plusieurs sièges en Flandre. Puis, à l'instar de son père et de ses frères, il entre dans le génie en 1702, faisant ses débuts sous l'égide de son frère aîné, Jean-Anténor [3].

Il fait huit campagnes en Allemagne, prend part au bombardement de Bruxelles, au siège d'Ath, à la défense et la reprise d'Haguenau en 1705, aux sièges de Schorendorf, de Landau comme ingénieur en chef en 1716 et 1723, de Fribourg, de Kehl en 1733, de Philipsbourg en 1734...

Il dirige entre temps les fortifications du Rhin. De 1716 à 1723, il écrit plusieurs mémoires en qualité de d'ingénieur en chef de Landau, dont un Traité de la défense des places-fortes avec application à Landau, publié en 1846 avec une préface du général Favé.

Après la mort de son frère, Hercule, il lui succède en 1728 comme directeur des places de Normandie [4].

À ce titre, il projette la construction d'un bassin à flot à Cherbourg, capable de recevoir les plus gros bâtiments de commerce et des frégates de 20 à 40 canons, alors que la ville n'a qu'un port naturel à l'embouchure de la Divette où les navires sont à sec à marée basse [4].

Dessiné en 1731, il conçoit le revêtement d'une partie du chenal de la Divette, avec une écluse dite d'Ebe pour retenir la marée descendante et un aqueduc pour écouler au besoin les eaux. Il réalise les sondages nécessaires en 1736, Les travaux du bassin du commerce débutent en 1738 pour se conclure, sous l'impulsion de l'ingénieur en chef de Cherbourg, Pierre-Jean de Caux, quatre ans plus tard [4].

Suit la continuation des jetées du chenal[4]

Il est ensuite commandant en chef du génie aux armées de Bohème, Bavière et Westphalie, de 1741 à 1743. En 1745, il fait ériger une nouvelle enceinte pour la place de Carentan. Directeur en Normandie, il a aussi la charge des travaux des ports de Dieppe, Honfleur et Le Havre. On lui doit également les fontaines du Havre [5].

Il meurt à Valognes en 1748. Dix ans plus tard, en 1758), le port de Cherbourg est ravagé par les Anglais qui s'en rendent maître.

Son fils, Anténor-Louis Hue de Caligny de Cruyningham, mort en 1772, a été ingénieur à la Hougue et a écrit des mémoires sur cette station, ainsi que sur Jersey, Guernesey et Aurigny.

Hommages

Il laisse son patronyme au quai principal de l'avant port civil de Cherbourg par décision du conseil municipal du 14 février 1865, ainsi qu'à une rue du Havre [3].

Notes et références

  1. Certaines sources mentionnent Louis-Rolland.
  2. Louis Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne - Tome 77, Michaud frères, 1840, p. 411.
  3. 3,0, 3,1 et 3,2 Anatole de Caligny et Louis-Émile Bertin, « Sur la fondation de l'ancien port de Cherbourg », Mémoires - tome XXII, Société nationale des sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg, Syffert, Cherbourg, 1879, p. 5.
  4. 4,0, 4,1, 4,2 et 4,3 Antoine Marie Augoyat Mémoires inédits du maréchal de Vauban sur Landau, Luxembourg, et divers sujets extraits des papiers des ingénieurs Hüe de Caligny, et précédés d'une notice historique sur ces ingénieurs, siècles de Louis XIV et de Louis XV, J. Corréard, 1841, p. 16.
  5. Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle : T. 3 C-CHEM, administration du grand Dictionnaire universel (Paris), 1866-1877.

Sources

  • Larousse encyclopédique en couleurs, 1991
  • Jean Chrétien Ferdinand Hoefer, Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Paris, Firmin-Dido frères, 1855.