Louis-Émile Bertin

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Louis-Émile Bertin.

Louis-Émile Bertin, dit communément Émile Bertin, né à Nancy (Meurthe-et-Moselle) le 23 mars 1840, mort à La Glacerie le 22 octobre 1924, est un savant lié au département de la Manche.

Il est l'auteur de nombreuses inventions ayant servi à la marine civile et militaire.

Biographie

Docteur en droit [1], sorti de l'École polytechnique en 1863, Louis-Émile Bertin choisit de faire carrière dans le génie maritime. Il est affecté [2] à l'arsenal de Cherbourg.

En 1870, il est chargé d'établir une ligne de défense à hauteur de Carentan pour faire face à une éventuelle poussée prussienne. Il imagine d'inonder les marais de Carentan. L'idée sera reprise, mais sans succès, en 1940 pour tenter de bloquer l'armée allemande, puis à leur tour par les Allemands, avec le même insuccès, pour stopper l'armée américaine.

Le naufrage du vapeur anglais Pascal en 1874 au large du cap de la Hague lui permet de mettre en avant quelque-unes de ses théories sur le sauvetage en mer.

En 1886, alors qu'il travaille à l'arsenal de Brest, le gouvernement l’envoie au Japon organiser ou réorganiser des arsenaux et, surtout, mettre sur pied une flotte puissante qui soit capable de vaincre les Chinois en 1894 [2]. Il y reste quatre ans.

À son retour, il est nommé à Toulon (Var), puis à Rochefort (Charente-Maritime) [2].

Il est nommé ensuite directeur de l'École d'application du génie maritime à Paris, avant d'être promu en 1895 directeur central des constructions navales françaises au ministère de la Marine [2].

Doté d'un esprit brillant et inventif, il trace les plans de nombreux navires dont il cherche à améliorer la forme et la stabilité. Il invente la manche à air et la quille de roulis, met au point un oscillographe… et se passionne pour le vol des oiseaux ![2]

Membre de l’Académie des sciences et de l’Institut, il est l’auteur de nombreux travaux scientifiques dont un Traité des chaudières marines qui fit longtemps autorité [2]. Il siège à la Société nationale des sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg. En 1907, il est commissaire général de l'Exposition maritime de Bordeaux.

Sa carrière terminée, il se retire sur les bords du Trottebec où il s’était fait construire une splendide demeure, le « Val Joli ». Cette grande propriété, entourée d’un parc, avait été aménagée par des Japonais. Ses obsèques sont célébrées en 1924 à La Glacerie en présence de l’attaché naval du Japon [2].

Un de ses enfants, Charles-Émile Bertin est né à Cherbourg en 1871.

Décorations

Il est commandeur de la Légion d'honneur et de l'Ordre pontifical de Pie IX avec plaque portée du côté gauche, grand-croix du Mérite naval d'Espagne, de Sainte-Anne de Russie et grand croix de Saint-Stanislas de Pologne [1].

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 Qui êtes-vous? Annuaire des contemporains, notices biographiques, vol. 3, Ed. Piero, 1924.
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3, 2,4, 2,5 et 2,6 Jean-François Hamel, sous la direction de René Gautier, Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 1, éd. Eurocibles, Marigny, 2001.