Église Saint-Pierre (Villedieu-les-Poêles)

De Wikimanche

L'église Saint-Pierre

L'église Saint-Pierre est un édifice religieux de la Manche, situé à Saint-Pierre-du-Tronchet absorbée par Villedieu-les-Poêles-Rouffigny.

Histoire

L’ancien territoire paroissial repose sur un sous-sol aux nombreux affleurements de granite qui fut exploité par l’ouverture de nombreuses carrières. Le sol y est assez acide compte-tenu de l’existence de châtaigniers.

La commune de Saint-Pierre-du-Tronchet disparut le 14 décembre 1836 sur l’ordonnance de Louis-Philippe. Tout le quartier des bords de Sienne, de la demi-lune jusqu’au pont de pierre et la route de Granville fut annexé à Villedieu-les-Poêles ainsi qu’une partie de la commune de Sainte-Cécile. La commune de Saint-Pierre-du-Tronchet fut absorbée par Saultchevreuil qui prit le nom de Saultchevreuil-du-Tronchet. Cette dernière fusionna à son tour avec Villedieu-les-Poêles en 1964.

La mairie-école qui servait aussi de logement pour l’instituteur et le presbytère de Saultchevreuil-du-Tronchet furent touchés lors des combats pour la libération en 1944. La mairie fut pillée mais les archives, par ailleurs introuvables, avaient été retirées par le maire. Elles n’ont jamais été restituées.

L’ancienne église de Saint-Pierre-du-Tronchet :

Cet édifice « abandonné depuis de longues années » suscita une prise de conscience des habitants qui se constituèrent le 28 avril 1995 en association de sauvegarde des églises de saint Pierre et de Saultchevreuil-du-Tronchet à l’instigation de messieurs Corbeau et Robin. Leur labeur a permis depuis 1995 de relever les deux églises et l’investissement en faveur de cette sauvegarde ne s’est pas démentie jusqu’à maintenant.

L’église, placée sous la protection de Saint-Pierre et de Saint-Laurent, relevait sous l’ancien régime, du doyenné de Montbray et de l’archidiaconé du Val de Vire au diocèse de Coutances. La tradition dit que Osbern, le troisième abbé de Saint-Evroult aurait acquis la paroisse de Saint Pierre-du-Tronchet à son abbaye et que la présentation en revenait à madame l’Abbesse et les religieuses bénédictines de Saint-Désir-de-Lisieux.

Le Pouillé de 1332 présente la paroisse « Abbatissa Lexoviensis est patrona ecclesie Sancti Petri de Troncheto et non taxatur ad decimam.rector habet quinque acras terre elemosine, et solvit sexdecim denarios pro capa episcopi et viginti unum denarios pro crismate, et percipit mones fructus et proventus dicte ecclesie ».

L’église rendait 400 livres de revenus en 1648. Le pouillé dit de Louis XVI précise que l’abbaye de Saint-Désir est patronne et que le curé est le seul décimateur et possède environ 25 vergées de terre en aumône estimée à 25 livres. Les dîmes s’élèvent à 18 demeaux de sarrasin, 20 de seigle, 40 d’avoine, des menues dîmes pour 30 livres, 1 tonneau de cidre et 15 livres d’obits, soit en tout 209 livres.

La paroisse relevait, au civil, de la sergenterie de Saint-Sever-Calvados.

Messire Gabriel 1er de Montgomery rendit aveu au roi le 1er décembre 1608 pour sa seigneurie de Ducey « de laquelle relevait le plein fief de haubert vulgairement appelé fief de Ducey, auquel fief avons justice, juridiction, plaids, gage plège, cour et usage. Ce fief s’étend sur les paroisses de Chérencé-le-Héron, Champcervon, Boisyvon, La Chapelle-Cécelin, Sainte-Cécile, Saint-Pierre-du-Tronchet, Notre-Dame de Beslon, Husson, Saint-Martin-le-Bouillant, Aucey, Sacey, Vessey, Juilley, Bourguenolles, Le Quesnay, Langrunes, Cérences et ailleurs où il s’étend. »

Description

C’est une petite église rurale très attachante au cœur de son cimetière qui a conservé quelques éléments intéressants de patrimoine funéraire.

Le vaisseau est essentiellement marqué par les XVIIIe et XIXe siècles.

Elle a toutefois conservé dans le parement de ses murs quelques vestiges sur le flanc méridional de la nef de la très ancienne maçonnerie en « opus spicatum » ainsi qu’une petite fenêtre romane en plein cintre dont il subsiste un moellon en pierre de taille ainsi qu’une ébrasure à l’intérieur de la construction ; ces éléments confirment ces origines romanes, période XIe- XIIe siècles.

La nef est traditionnellement plus large que le chœur. Elle est éclairée au midi par deux fenêtres aux arcs en anse de panier. Elles se distinguent des fenêtres du chœur par l’utilisation d’un large chanfrein qui élargit l’ébrasure pour mieux faire entrer la lumière. Deux autres fenêtres rythment le mur septentrional. Elles ont le même profil en anse de panier et ont conservé les arêtes vives des piédroits. Une porte latérale au midi donne accès à la nef. La base du piédroit de droite, de cette porte, est ornée d’un lys.
L’appareil en arêtes de poisson est conservé entre cette porte et la dernière fenêtre sud-ouest de la nef.

Le pignon occidental fut remanié au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. Le portail plein ouest est constitué de piédroits plus anciens dont les angles vifs ont été abattus d’un chanfrein au profil convexe. Il est surmonté d’une fenêtre dont l’intrados de l’arc est surbaissé. Ce portail pourrait avoir été transféré du midi de la nef vers le couchant comme il est d’usage.

Le pignon du bas de la nef fut réparé en 1698 et les enduits à la chaux n’étaient pas faits en 1701. D’ailleurs une visite de l’archidiacre précisait que le fond de la nef fit l’objet de travaux de remise en état en 1707 « faire réparer le bas de la nef qui est tout cassé ».

Le chœur à l’est, plus étroit, fut entièrement reconstruit avec son abside à trois pans en 1759, afin d’y créer l’espace nécessaire à la sacristie, comme l’indique le millésime du linteau de fenêtre médiane.

Il est éclairé par quatre fenêtres latérales, deux au sud et deux autres au nord. Une porte orientée au sud est assure l’entrée de la sacristie. Une chapelle, placée sous le vocable de la Vierge Marie, au transept nord fut élevée plus tardivement C’est l’augmentation conséquente de l’église au XIXe siècle. Une tour-clocher en charpente de bois s’élève entre chœur et nef. Elle est coiffée d’un toit à poivrière à quatre pans surmonté du traditionnel coq.

Intérieur

La nef a conservé sa charpente traditionnelle avec ses trois entraits et les poinçons. L’oculus de la façade ouest porte le vitrail provenant de la chapelle de l’hôpital. Il est illustré d’un écu posé sur une croix de Malte d’argent. L’écu pour parti, à dextre : d’argent à la croix allésée de gueules – à senestre : d’or à dix-huit billettes de sable (4-5-4-3-2) au chef d’azur chargé d’une croix alésée d’argent. Une patenôtre d’argent à quarante-deux grains et croix de Malte – couronne murale à cinq tours.

La poutre transversale qui soutient le clocher est signée « IE LIE REMISE I & I 2e DE / JUIN LAN 1741 ».

La chapelle nord est éclairée par le vitrail mémorial de la grande guerre produit par Charles Champigneulle en 1927. Il porte en souvenir les noms des soldats : L Dollé, A Douville, V Debon, L Lebedel, Levrard, M Oursin, G René, A Baubigny, V Gilbert, morts pour la France 1914-1918.

Le lambris du chœur est voûté en plein cintre classique. La partie orientale est peinte d’un ciel d’azur constellée d’or.

L’autel majeur est particulièrement intéressant. Il est doté d’une prédelle et d’un tabernacle illustrés des douze apôtres (de droite à gauche) : Simon (scie), Philippe (croix latine), André (croix en sautoir), Paul (épée), Pierre (clef), Jean (coupe de poison), Christ (mappemonde), Jude (massue), Jacques le mineur (foulon), Barthélémy (couteau), Matthieu (hallebarde), Thomas (équerre), Jacques le majeur (bourdon). Est-ce cet ensemble qui a été proposé à la peinture et dorure en 1683 ?

Un écu écartelé de gueule et d’azur, aux instruments de la passion, est disposé au centre du devant d’autel. Un écu brochant, d’or, avec en cimier la couronne d’épines et en arrière, la lance à pointe et la lance à l’éponge, est illustré du Trigramme Christique JHS (iesum hominum salvator). Les deux quartiers, de gueule, sont illustrés des clous (deux par deux) et ceux d’azur, du marteau et de la tenaille associés à chacun.

Les autels latéraux à contretable

Les autels sont posés sur un simple emmarchement. Les devants sont ornés des initiales de l’Ave Maria. Les contretables sont pourvues de pilastres à rudentures avec chapiteaux et bases. Deux pots à feu sont disposés sur la corniche.

Les quatre plates tombes

  • ICI GIST. / MRE. GAB. / LE DIEU. P. C. / DE. CE. LIEU. T. L. 30. MA / RS. 1634. Il faut la lire de bas en haut (Maître Gabriel Le Dieu, prêtre curé de ce lieu, décédé le 30 mars 1634)
  • CY GIST LE CORPS DE M. I. G. RESEVE / E 1605
  • Icy gist le corps de M Foubert FB X 1690
  • JEAN FOUBER 1600 D. L. X. D.

Les statues

  • Sainte Vénisse, belle statue de pierre, dans son cuvier cerclé, se trouve désormais présentée à Notre-Dame de Villedieu
  • Saint-Laurent en dalmatique avec la palme du martyr et le livre. Premier diacre de Rome, son martyr fut extrême, posé sur le grill, salé. Accusé d’être enrichi.
  • Saint-Pierre, pape, martyr, crucifié la tête en bas.
  • Sainte-Thérèse de Lisieux, docteur de l’église
  • Sainte-Marie-Madeleine Postel, éducatrice dans la Manche
  • Immaculée conception de Lourdes
  • Saint-Joseph
  • Éducation de Marie, très souvent appelée Sainte-Anne
  • Saint-Michel archange
  • Vierge de Pontmain
  • Jeanne-d’Arc, patronne secondaire de la France

Autres éléments de mobilier

Les fonts-baptismaux, dont la traditionnelle cuve octogonale en granit est posée sur une base différente, sont disposés au fond de la nef.
Deux stalles, curé et vicaire.
Confessionnal orné de vase de fleurs et de rais de cœur.

Histoire

Maître Nicolas Enguerrand est curé en place au cours de la première visite de l’année 1674 dont nous avons connaissance. Guillaume Foucaut assure la fonction de trésorier pour Marie Le Dieu. Aucune des ordonnances n’a été exécutée. L’archidiacre qualifie le devant d’autel, en 1682, « d’antiquité ». Le cimetière a été amendé. L’église est en assez bon état et reblanchie.

Le mur de refend entre le chœur et la nef fait l’objet d’une reconstruction décidée avant 1683 car l’archidiacre précise au sieur curé Me Nicolas Enguerrand au cours de sa visite qu’il faut « faire faire l’ouverture qui est entre le chœur et la nef plus grande qu’elle n’est».

Quelques femmes causent du trouble dans la paroisse en 1683, même pendant le service divin. Nous demandons au sieur curé de tenir à mains fortes notre ordonnance. Gabriel Guillaume n’a pas satisfait à son devoir pascal. Une petite étoffe de soie sera utilisée pour doubler le tabernacle au-dedans et quelque peinture ou dorure sera appliquée pour attirer davantage le respect du peuple. Julien Foucaut assure les fonctions de trésorier et de custos en 1683. Le sieur curé nous a informé que la décoration sera exécutée sans luxe à la diligence du sieur Gabriel Fouber, sieur de la Guerrie. Pierre Foubert est trésorier en 1684 et Guillaume Cotterel, qui le représente à cette visite, assure la fonction de custos. L’eschalier est plus ruiné que l’année précédente. Des réparations considérables sont à faire sur les couvertures du chœur.

Le visiteur confirme en 1684 le projet de construction de l’arcade entre chœur et nef et demande qu’elle soit approuvée par des experts désignés pour la faire sans préjudicier la tour ni le corps de l’église. Il n’y a aucun vase d’argent appartenant à l’église, ni missel, ni processionnaire à l’usage du diocèse. Le devant d’autel est indécent, vieux et tout rompu. L’image du Crucifix qui est au dessus de ladite ouverture sera ôtée ainsi que celle de Sainte-Suzanne qui est à l’autel du côté du septentrion. Marc Guillaume, Jean Fouber et Julien Foucaut ont rendu leur compte. Michel Guillaume est custos en 1685. Messire Louis de Boisadam, écuyer, faisant volant, la charge de trésorier. Julien Lenoir, trésorier en place pour feu son beau-père, devra faire faire l’eschalier non réparé dans le cimetière. Le tabernacle est quant à lui réparé au dehors mais il faudra en doubler le dedans d’une étoffe précieuse. Il y a un devant d’autel neuf et une chasuble d’achetés. Marc Lalleman fait l’objet de monitions en 1685. Une petite navette et une cuillère pour servir à l’encensoir seront à acheter. La forme de l’arcade, qui doit remplacer la grosse masse de pierres qui fait la séparation du chœur et de la nef, étant non seulement inutile mais aussi qui ôte la vue de l’autel aux paroissiens, se précise en 1686 car elle sera en anse de panier et au dessus de laquelle sera attaché le grand crucifix que le sieur curé à fait faire à ses frais et dont il sera remboursé si la charité ne l’oblige pas à le donner.

Michel Hecan est custos en 1686. Ses statuts ne sont pas définis cette année là car les paroissiens sont admis à s’assembler pour délibérer aux fins de l’établir et de le rémunérer pour le creusement des fosses dont le montant est fixé à cinq sols, l’aide à l’administration des sacrements, du même montant de cinq sols, les petits services à cinq sols également, sa part des obits de fondation et ce que les paroissiens pourront lui donner, par charité, sous forme de blé ou d’argent, à chacun selon sa commodité.

Marc Lalleman donne des soucis au curé et à l’archidiacre car il n’a pas satisfait à son devoir pascal. Michel Guillaume est à la fois custos et trésorier en 1689. Des barreaux devront être mis aux eschaliers. Il faudra aussi réparer les vitres cassées. Le carreau destiné à l’arcade est déposé dans le cimetière. L’archidiacre demande à ce les ordures soient ôtées dans le bas de l’église et qu’il faudra achever de la paver, regarnir les parois et les blanchir et prévoir l’achat d’un petit ciboire d’argent. C’est Gabriel Guillaume qui présente le compte du trésor pour Marc Lalleman, son allouant. Le grand autel est très bien pavé et orné. Les vitres de la nef ont été réparées par les soins et les frais du sieur curé qui a aussi payé de ses deniers une petite custode d’argent pour le transport du saint viatique aux malades.

L’archidiacre demande aux héritiers de maître Nicolas Le Dieu de régulariser la situation vis-à-vis des rentes dues au trésor. Les couvertures de l’église ont été réparées en 1691. Il reste cependant quelques essentes à mettre à la nef. Le bout de la costière du midi au bas de la nef a besoin d’être réparée après les dommages subis par les grands vents. L’archidiacre précise qu’ils ont trouvé le chœur en assez bon état dont l’autel est assez joliment décoré et l’aire pavée. Par contre la nef est malpropre, tant à raison des autels sans aucune décoration que des parois noires, non enduites et quelques endroits de l’aire qui est toute poudreuse. L’arcade qui n’a pas encore été faite alors que le carreau est déposé depuis quelques années. La conclusion du marché est demandée pour la placer. Toussaint Pichard est custos en 1693. Jean Guillaume, est condamné en tant que trésorier pour son manque de rigueur à trente sols d’amende au bénéfice de la décoration de l’église.

L’arcade sera réalisée en 1693 comme le souligne l’archidiacre : « le cimetière est en désordre en raison des matériaux qu’il a fallu apporter pour faire faire la grande arcade entre le chœur et la nef que nous avons trouvée bien faite et avons ordonné qu’on ait à fermer incessamment le cimetière pour en éviter la profanation ». Elle ne présente pas curieusement la forme en anse de panier mais celle du plein cintre classique. Toutes choses sont au-dedans en désordre en raison des ouvriers qui travaillent actuellement pour achever de maçonner le pignon où est la grande arcade. Après quoi dès que toutes les pierres qui sont dans l’église seront maçonnées ; le grand crucifix sera placé au dessous de l’arcade. Le visiteur n’hésite pas à dire qu’il espère beaucoup du zèle et des charités du sieur curé et des paroissiens attendu qu’il n’y a rien au trésor de l’église. Les paroissiens sont redevables au sieur curé des avances qu’il a faites. Jean Lalleman est custos en 1695. Les couvertures sont très endommagées : il pleut sur les autels et les bois qui portent les cloches se pourrissent.

La collation de maître Thomas Pitel est présentée par noble dame Charlotte de Matignon, abbesse de l’abbaye Notre-Dame et de Saint-Désir de Lisieux, dame-patronne de ladite cure, le 30 juin 1696, devenue vacante par la mort de maître Nicolas Enguerran, vivant prêtre, dernier titulaire et paisible possesseur d’icelle. Maître Nicolas Enguerran, natif de Villedieu, âgé de 64 ans environ, prêtre curé de Saint-Pierre, est inhumé dans le chœur le 8 mai 1696, en présence de Me Pierre Huet, curé de La Lande-d’Airou, Jean Enguerran, vicaire de Villedieu et plusieurs autres ecclésiastiques.

Maître Guillaume Pistel devient curé de saint Pierre en 1697. Me Nicolas Guillaume est diacre. Nicolas et François Enguerrand trésoriers. Deux eschaliers neufs ont été mis au cimetière. Il en reste un troisième tout rompu. Les couvertures de la nef et du clocher sont beaucoup endommagées. Les parois de la nef dont la plupart ne sont pas enduites et blanchies devront l’être dès que possible. Une ouverture de vitre est demandée au dessus des fonts-baptismaux attendu que la nef est trop obscure. L’aire n’est pas suffisamment tenue proprement. Le clocher de bois s’élève et s’appuie sur une charpente de même au haut de la nef, avant l’entrée du chœur.

La poutre nous indique «  qu’elle fut remise le 18e de Juin 1741 ». Cette tour clocher donna quelques soucis à l’archidiacre puisqu’en 1698, alors que Me Thomas Pistel est curé, « une réparation est à faire au plancher du clocher pour empêcher qu’il n’arrive quelque fâcheux accident ». Il dit ensuite que ce clocher a besoin d’être visité pour empêcher les pluies d’y pénétrer (1717). Il précise de nouveau en 1736 qu’il faut « faire travailler incessamment aux réparations de la tour et qu’à cet effet il conviendrait de faire abattre deux frênes qui sont sur la haie du cimetière et dont le produit de la vente serait versé au trésor de la fabrique ». Deux ans plus tard l’archidiacre constate que « la charpente de la tour est toute pourrie et presque toutes celles de la nef dont il y a deux poutres pourries qui sont soutenues par des appuis sous lesquels on n’est pas en sûreté ». Jean Lerdu est custos et trésorier en 1700. Le cimetière demeure toujours mal clos et fermé. La couverture de la nef et partie du clocher est dans un pitoyable état. Une partie de la côtière du midi est prête à tomber. Au-dedans les parois de la nef sont toutes sales et gâtées dont une partie n’ont été enduites ni blanchies. Les autels sont sans aucune décoration et le plancher au-dessus des cloches n’a encore été fait. Nous avons trouvé, précise l’archidiacre, un petit ciboire d’argent pour porter le saint viatique aux malades. Le grand ciboire et le soleil ne sont que d’étain. Les livres de chant sont en très mauvais ordre. Il est indispensable de fournir les deniers nécessaires pour réparer leur église, pourquoi les paroissiens seront tenus de s’assembler et délibérer ensemble aux fins de trouver les moyens de faire les dites réparations. Nicolas Guillaume est diacre en 1701, Nicolas Guillaume custos, Gilles Villain, trésorier. Toutes choses au-dedans qu’au dehors de l’église sont dans un pitoyable état. La costière du midi de la nef est beaucoup endommagée. La couverture de la nef et celle du clocher entièrement ruinée. Les autels de la nef sont sans décoration. Le pignon du bas de la nef n’a pas encore été enduit. Le plancher des cloches n’a pas encore été fait, ayant eu soin de faire faire la grande arcade qui fait la séparation du chœur d’avec la nef. Le sieur de la (Quersebie) Foubert dont le fermier est trésorier nous a promis de donner tous ses soins pour faire mettre la plupart de toutes ces choses en meilleur état. Michel et Gabriel Guillaume, père et fils sont custos et trésoriers en 1703. Le cimetière, comme chaque année est mal clos et fermé et toujours exposé à la profanation. L’archidiacre ordonne de réparer les fossés, eschaliers et barrières. La couverture de la nef est en bonne réparation. On va incessamment travailler à réparer celle du clocher. Le sieur curé rappelle que le diacre Nicolas Guillaume ne vient jamais aux offices et qu’il n’a pas fait son devoir de Pâques. L’église est très mal tenue par les trésoriers de chaque année qui font les fonctions de custos et qui ne sont nullement capables d’en faire les fonctions. Me Thomas Pistel est toujours curé en 1704 mais Julien Chauvet prêtre desservant est présent en l’absence du sieur curé. Marc Lalleman est custos et trésorier. La clôture du cimetière a été réparée. Toutes choses sont le plus pauvre état et la confusion ordinaire à l’intérieur. Le plancher au-dessous des cloches n’a pas été fait. On risque un fâcheux accident. Pierre Le Roy est trésorier en 1707. Le cimetière est maintenant mieux clos et fermé. La couverture du chœur est en assez bonne réparation. Le bas de la nef est tout cassé. Toutes choses, au-dedans y sont très pauvres. Il n’y a point de bannière pour porter en procession. Les autels de la nef sans aucune décoration. L’aire malpropre et mal unie. Nicolas Guillaume est diacre présent en 1708. Michel Coquelin est custos et trésorier. La couverture du chœur est en assez bonne réparation mais celle de la nef ne l’est pas. Le tabernacle n’est pas encore tout à fait doublé. La vitre du bas de la nef est toute cassée.

Pour tous vases sacrés, il y a : un calice, une petite custode, un soleil, et un ciboire qui ne sont que d’étain. Tous les ornements pour le service divin se consistent seulement en quatre chasubles, qui sont très vieux à la réserve d’une chasuble rouge, qui est assez propre. Peu de linge pour l’autel, sans aucune aube. Les pères et mères sont négligents d’envoyer leurs enfants à la messe et à vêpres ainsi qu’au catéchisme. Gabriel Guillaume, défunt, est trésorier en charge en 1716. Le cimetière est en bon état. Les couvertures de l’église n’ont besoin que de menues réparations. Tout y est assez net dans la simplicité. Le cimetière est en état en 1717. Le clocher a besoin d’être visité pour empêcher les pluies d’y pénétrer. Les trésoriers sont invités à mettre leurs comptes en état dans trois mois. Le catéchisme se fait dans les temps.

Pierre Le Roy est custos et trésorier en 1720 et Me Thomas Pistel curé. Le cimetière a besoin de quelques réparations pour empêcher les bestiaux d’y entrer. Les couvertures de l’église sont en assez bon état. L’intérieur est propre et reblanchi depuis peu. Le sieur curé s’est procuré un vase d’argent pour contenir les saintes hosties. Il n’y a point de comptes à rendre depuis 1708. Nous enjoignons au custos d’empêcher les bestiaux d’entrer dans le cimetière. Les couvertures de l’église sont assez bien entretenues. L’intérieur est assez propre. Le sieur curé a bien voulu se charger de faire rendre les comptes des trésoriers. Le catéchisme se fait régulièrement. Maître Thomas Pitel est toujours curé en 1723. Il est nécessaire de faire la réparation de la clôture du cimetière. Jean Coquelin est custos et trésorier en 1724. L’archidiacre enjoint aux paroissiens de faire fermer le cimetière à peine d’interdiction dudit cimetière dans trois mois. Les couvertures de l’église ont été mises en état. Il est nécessaire de faire travailler au clocher qui a besoin de réparation. Tous ont satisfait à leur devoir pascal ou se sont présentés. Le cimetière est en état pour la clôture en 1725. Les couvertures de l’église paraissent bonnes. Il y a quelques réparations à faire au lambris du chœur ainsi qu’au clocher. Le lambris du chœur est en assez mauvais état en 1728. Il y a quelques réparations à faire aux couvertures du chœur et les paroissiens sont enjoints de faire recouvrir la nef. Faire attacher la ferrure des fonts-baptismaux. Le sieur curé est enjoint de refuser les sacrements à tous les anciens trésoriers qui n’ont point rendu leur compte. Les instructions se font avec exactitude. Maitre Thomas Pitel, curé du lieu de Saint-Pierre est inhumé par monsieur le curé de Sainte-Cécile le 2 février 1730. Me Louis Alexandre est curé dudit bénéfice en 1730. Marcel Chaptel, élu par le général de l’année, est établi trésorier pour l’année. Le sieur curé est enjoint de faire assembler le général de la paroisse pour que le coffre des archives soit ouvert et qu’il soit fait un inventaire des titres et papiers qui s’y trouvent. Il est nécessaire de faire revenir les comptes et de refuser les sacrements à ceux qui ne s’y soumettent. Guillaume Hecquard est trésorier en 1733. Le chœur est en assez bonne réparation. L’autel est fort propre. La couverture du chœur est bonne, celle de la nef a besoin de quelques réparations, particulièrement du côté du nord. La confusion par laquelle les titres du trésor ont été remis par les héritiers du feu sieur curé, nous exhortons à se pourvoir auprès des gens du roi pour y prendre leurs conclusions. Jean Coquelin, le jeune, est trésorier en 1734. Il faut relever le cimetière de façon que les bestiaux n’y puissent entrer. Quelques réparations sont à faire au clocher. L’archidiacre est assuré en 1736 qu’on allait incessamment faire travailler aux réparations de la tour et qu’à cet effet il convenait de faire abattre deux frênes qui sont sur la haie du cimetière et qui sont même très dommageables à la couverture du presbytère. Nous avions déjà ordonnés qu’ils soient coupés et vendus au profit du trésor et l’argent être employé à la réparation de la tour, laquelle sera faite pour la fête de tous les saints. Le cimetière est bien fermé en 1738. On n’a fait aucune réparation à l’église. Deux endroits des côtières sont prêtes à s’écrouler. La charpente de la tour est entièrement pourrie et presque toute celle de la nef dont il y a deux poutres soutenues par des appuis sous lesquels on n’est pas en sureté. Enjoignons au sieur curé de faire toutes les diligences nécessaires. Me Thomas Pitel, curé de Saint-Pierre, est inhumé dans le chœur de l’église par Me (Adrien) Mahet curé de Chérencé-le-Héron, icelle d’Avranches, en présence de Gilles Pitel, frère du défunt, le 10 mai 1740. Une délibération du général et des paroissiens est prise le 2 février 1743 en raison des réparations urgentes à faire à la tour qui est prête à tomber, laquelle doit-être refaite de neuf ainsi que de faire faire le plafond de la nef pour un bel effet. Louis Alexandre reçoit en conséquence les pouvoirs de négocier avec les ouvriers, de faire abattre le bois nécessaire tant sur le cimetière que sur les aumônes et le faire débiter. Les paroissiens signataires sont : Gabriel Guillaume, Jean Coquelin, la Fosse, Nicolas Ligot, Neylière, Nicolas Guillaume, Guillaume Hecquan, Michel Coquelin, Gilles Coquelin, Jacques Lefebvre, Michel Coquelin, Jean Coquelin, l’aîné, Jean Coquelin, le jeune. Me François Megnolle ou Maniolle, sieur du Longprey, de la ville de Noyon en Picardie, est enseveli dans le chœur de l’église le 30 octobre 1743 par Me André Mahé, curé de Chérencé-le-Héron et en présence de Me Christophe Gautier, official de Villedieu. Il était contrôleur des parages à Genets. Me Louis Alexandre est toujours curé en 1753. Louis Tétrel est custos et trésorier. Nous avons trouvé l’extérieur et l’intérieur de l’église en assez bon état et tout en ordre et en règle. Thomas Hecard a été élu pour ramasser les rentes et Jean Coquelin pour servir à l’église. Maître Louis Alexandre était toujours curé en 1770.

Un titre clérical est fondé le 25 novembre 1774, en faveur de François-André Letellier par l’oncle de ce dernier, Pierre-André Pistel, natif de Villedieu, sieur de la Brière, demeurant à Saint-Pierre-du-Tronchet.

Maître Alexandre-René Pays est curé vers 1780. L’abbesse de Saint-Désir-de-Lisieux recommande le 19 septembre 1785 à son représentant, Guillaume Goupil, receveur des dimes, d’informer le curé de Saint-Pierre afin que ce dernier intervienne auprès de l’intendant de la généralité à cause de la grêle qui a tout détruit sur la paroisse.

L’abbé Dollé, rapporte ainsi que son confrère Me Alexandre-René Pays n’eut pas à subir de vexations au cours de cette période « comme sa position n’était pas des plus importantes, ni des plus exposées à la censure révolutionnaire à cause de la douceur et de la prudence de son caractère ».
L’église qui « n’était pas riche » ne souffrit pas non plus de destructions à part la petite des deux cloches qui fut transportée au district. Guillaume-Jean-Baptiste-Simon de La Touche fut l’un des premiers maires de la commune. L’abbé d’Agneaux aurait été vicaire au cours de cette période. Monsieur Chalmé aurait été maire de Saint-Pierre. L’église qui peut accueillir cinq personnes est en bon état selon le tableau général de la situation des édifices non aliénés servant à l’exercice du culte dans la Manche, établi le 22 germinal de l’an X de la République.

Le Président du Conseil d’état ; monsieur Portales, fait parvenir à l’évêque de Coutances une lettre du 20 vendémiaire de l’an XII par ces mots « je vous transmets, monsieur l’évêque, une réclamation du maire (Ledieu) et de l’adjoint (Grusse) de Saint-Pierre-du-Tronchet en faveur de leur ancien curé que vous avez bien voulu le leur conserver pour pasteur ». Le Président du Conseil d’état invite l’évêque le 30 brumaire de l’an XII, à la bienveillance pour cet ancien curé.

L’abbé Morel, vicaire constitutionnel fut coadjuteur de la paroisse pendant cette longue période où le curé resta paralysé. Il décéda le 28 décembre 1823 et fut inhumé dans le cimetière de Saint-Pierre-du-Tronchet.

Le conseil municipal de Saint-Pierre-du-Tronchet se demande le 20 9bre 1808 s’il y a lieu de demander que cette succursale supprimée, réunie à celle de Villedieu, soit érigée en annexe ou chapelle, en vertu de l’arrêté préfectoral en date du 8 novembre 1808.

L’abbé Louis-Simon Guillou, sera prêtre succursaire entre 1807 (voir même 1803 selon certaines sources) et 1830. L’église Saint-Pierre-du-Tronchet est érigée en succursale le 26 novembre 1826. Une liste nominative de membres pressentis pour le conseil de fabrique est établie par l’autorité diocésaine le 26 9bre 1826.

La première proposition du 4 avril 1827 est refusée par le desservant à l’exception d’un seul membre.

Le maire de Saint-Pierre adresse une lettre au Préfet le 9 mai 1829 pour le maintient d’un vicaire. Il précise qu’il ne pourra engager de dépenses que si le poste est maintenu.

L’abbé Guillou s’éteignit dans sa maison au village Gesney et fut inhumé à Saint-Pierre le 19 février 1830 par l’abbé Delaporte, curé du canton de Villedieu et en présence de Laurence, vicaire de Saint-Pierre. L’abbé Guillou avait fait refaire au cours de son ministère : le lambris voûté, le repeindre, refit la couverture, acheta un calice et quelques ornements, le tout dit on, à ses frais.

L’église est augmentée, au cours du XIXe siècle, par la construction d’une chapelle transversale édifiée au nord à la hauteur du transept. Elle fut fort probablement construite à l’instigation de l’abbé Auguste-Julien Laurence. L’église était devenue trop petite. L’abbé François Ozenne, alors curé de Coulouvray-Boisbenâtre, en fait la bénédiction.

Ce même succursaire fait construire la balustrade ainsi que le confessionnal (1835-1836).

Une chaire provenant de l’église de Saint-Fraguaire à Beslon est achetée pour remplacer l’ancienne en état de délabrement. Monsieur Laurence démissionna en 1836.

Le conseil municipal de Saint-Pierre s’exprime ainsi le 20 avril 1836 , dans une lettre conservée : « considérant que la réunion des lambeaux de Saint-Pierre et de Saultchevreuil en une seule commune deviendrait fatale et aggraverait plutôt que d’alléger leur fâcheuse position surtout à Saint Pierre, cette commune qui depuis peu d’années a supporté de pénibles charges de réédifier presque en entier son église ainsi que d’acquérir un emplacement et construire un presbytère, charges qui se sont élevées au moins à la somme de 8000 francs », « on ferait peser deux fois les mêmes charges sur les habitants de saint Pierre puisque l’église de Saultchevreuil très ancienne, posée dans un endroit marécageux, ne subsiste qu’au moyen et parce que toute la partie du chœur de cette église est enchaîné d’une costière à l’autre avec des traverses en fer qui empêchent son évasion, sa fondation très mal solide obligera dans peu à une nouvelle construction ».

Monsieur Ledieu, maire et monsieur Beauchet, trésorier de la fabrique adressent une supplique au grand-vicaire le 15 mai 1837.
Le réaménagement territorial a d’importants effets sur la population puisqu’il y avait le 24 mai 1837 :

  • 838 habitants avant la réunion des faubourgs à Villedieu
  • 537 habitants furent réunis à Villedieu en 1836
  • 301 habitants à Saultchevreuil-du-Tronchet

Le préfet de la Manche, dans un échange de correspondance avec l’évêque en date du 28 août 1837, insiste pour l’un « sur la nécessité de conserver le titre de succursale à chacune des deux églises de Saultchevreuil et de Saint-Pierre-du-Tronchet qui en sont pourvues » et l’autre « sur l’importance de n’en maintenir qu’une de manière à identifier la circonscription paroissiale à la circonscription administrative ».

Monseigneur Robiou confirme le maintient d’un ecclésiastique à Saint-Pierre en nommant monsieur Laurent Dacier qui prend possession de la cure en août 1837. L’église est à nouveau démunie car le prédécesseur a emporté les ornements les plus beaux à sa nouvelle cure. Monsieur Dacier achète de nouveaux ornements, un chemin de croix, deux stalles, des images et fait faire du pavage.

Le conseil de fabrique fait parvenir à l’évêque le 29 juillet 1838 une lettre de protestation contre la réunification de Saultchevreuil et de Saint-Pierre en argumentant que,« le conseil sait que l’église est en parfait état de réparations », « qu’une chapelle neuve y a été construite récemment », « que l’intérieur a été décoré », « que du linge et des ornements ont été fournis », « qu’une cloche a été fondue », « que le presbytère est tout neuf et sort à peine des mains des ouvriers ».

Deux reçus sont signés à propos du presbytère : l’un par Antoine Hecquard, cultivateur, demeurant à Saultchevreuil, lequel reconnait avoir reçu de monsieur Lecerf la somme de sept cent francs du prix du champ, que feu son père avait vendu, pour servir d’emplacement au presbytère de Saint-Pierre. L’autre par François Dubois, charpentier, marchand de bois, qui reconnait avoir reçu de monsieur Lecerf la somme de mille quarante-huit francs à raison des ouvrages faits et fournitures de matériaux au presbytère de Saint-Pierre.

L’abbé Dacier estimait dans sa réponse en date du 20 décembre 1845 à l’enquête sur l’état des édifices : églises et presbytères que le coût des travaux intérieurs à faire étaient estimés à la somme de 796 francs répartis pour l’intérieur (pavé, lambris, bancs) à 400 francs et 396 francs pour la couverture. Il jugea que l’église était suffisante pour la population. La fabrique n’avait aucune ressource applicable à cette dépense et qu’il ignorait les capacités financières de la commune.

Monsieur Dollé lui succède en mai 1855. Ce prêtre participe aux travaux demandés par Monseigneur Bravard et qui sont actuellement si précieuses pour l’histoire des paroisses du diocèse de Coutances et Avranches.

Monsieur Martin, marchand de vin à Villedieu, finance les travaux du pavage de l’église en 1858. L’unique cloche qui a été refondue en 1838 et nommée par Titien-Alfred Besnou, docteur en médecine et par demoiselle Marie-Elisabeth de Saint-Germain, se brise en 1859.

Deux cloches sont alors refondues en 1859. L’une nommée par monsieur de Saint-Germain, député de la Manche et par madame Besnou, propriétaire à Saint-Pierre. La seconde nommée par monsieur Ferdinand Martin de Villedieu et par demoiselle Lucie Martin, sa sœur. Le chemin de croix est canoniquement érigé en 1861. Monsieur Le Bedel, curé de Villedieu le bénit. Jeanne Debroise, vivant de son bien, en finance l’encadrement.

Une bannière est donnée à la paroisse. Eustache-Désiré Montigny, est trésorier en 1864.

Un premier secours de 300 francs pour l’acquisition d’objets mobiliers puis un second de 500 francs du ministère de l’instruction publique et des cultes seront attribués le 1er décembre 1877 et le 2 mai 1878 pour subvenir aux dépenses de l’église. L’abbé Croublais, vicaire-général, appuie cette demande de secours faite par le desservant de Saint-Pierre-du-Tronchet, pour aider la fabrique dans l’acquisition d’objets mobiliers. Ce qui fait réagir le Préfet de la Manche auprès du sous-préfet d’Avranches, lequel dit qu’en me transmettant la demande de secours en date du 6 mai 1879 je constate que la commune de Saulchevreuil-du-Tronchet ne s’impose rien ou presque pour la section de Saint-Pierre et dont les habitants de cette section se plaignent. D’autre part, l’abbé Eugène Nollet, curé, fait état d’un devis daté du 25 7bre 1878 par le sieur Desdouet, menuisier à Villedieu, d’un montant de 1 200 francs, se consiste : 1° travaux qui se consiste à la réfection des couvertures en essentes qui sont complètement usées - 2° confection des lambris – 3° peinture desdits lambris – 4° pose de gouttières en zinc. Le Sous-préfet, considérant qu’il est dans l’intention d’assurer la conservation de l’édifice, que la dépense n’est point exagérée, qu’il y a lieu d’approuver le devis. Cependant, précise t-il, les habitants de la commune ne sont que de petits cultivateurs peu aisés, qu’il y a lieu d’approuver le devis du 3 novembre 1878 (?), qu’il y a lieu d’accorder à la fabrique de Saint-Pierre un secours aussi élevé que possible sur les fonds de l’état.

Théophile-François Ligot sera trésorier de la fabrique en 1883.

Un mémoire du sieur Laurence entrepreneur à Villedieu s’élève à la somme de 293,78 francs en 1884 pour la réfection de la couverture de l’église.

Jules Tétrel s’exprime sous cette forme le 1er septembre 1885, je cite « la situation de la commune de Saultchevreuil-du-Tronchet est au point de vue budgétaire des plus difficiles, tous ces centimes sont aliénés ou destinés à la construction des écoles. Il doit être pourvu à l’entretien de deux églises, deux presbytères. La section de Saint-Pierre ne possède encore qu’une école de loyer ».

Madame Célestine-Henriette Martin, épouse de Félix-Louis Tétrel, propriétaire, suppléant du juge-de-paix, avec lequel elle demeure dans la section de Saint-Pierre-du-Tronchet, donne une rente de mille francs à la fabrique le 17 mai 1895.

Le presbytère est de nouveau en chantier en 1896 sous la conduite de l’architecte Lebedel d’Avranches. Une correspondance de l’abbé Bailleul fait état de l’intervention de l’architecte le 10 janvier 1896.

Un nouveau chemin de croix (probablement celui qui existe) est bénit le 13 novembre 1898, par l’abbé Louis Leduc, curé doyen de Villedieu, en présence de messieurs Louis Bailleul, curé, l’abbé Durel, vicaire apostolique, l’abbé Guillaume, missionnaire de Notre-Dame-sur-Vire. L’abbé Martial-Hippolyte Hus, ancien curé de Saint-Pierre décède, prêtre habitué à Sainte-Cécile, le 28 février 1906.

Le maître verrier Champigneulle posera le vitrail mémorial 1914-1918 en 1927.


Un homme de bien : monsieur Jean-Victor Lenoir, fils de Gilles et de Catherine Harivel. Il reçut les ordres mineurs, quitta le séminaire en 1793 et se retira à Saint-Pierre-du-Tronchet. Marié le 28 avril 1792, en présence de l’abbé Lecharpentier, vicaire de Saultchevreuil, âgé de 26 ans et 20 jours, laboureur et procureur de la commune, à Marie-Madeleine Le Maitre, 26 ans, fille de Louis, laboureur, et de feue Charlotte Adde, de la paroisse de Sainte-Cécile. Il reçut son brevet de capacité pour enseigner dans les écoles primaires du diocèse le 10 juillet 1821, sous le n° 8. Il avait dans sa classe 40 élèves payants et 4 gratuits. Il enseignait dans sa maison, ne bénéficiait d’aucun traitement par la commune, ni d’aucune dotation fixe. Ses revenus étaient estimés à deux francs par mois par les élèves payants.
Il se livra avec zèle infatigable à l’éducation de la jeunesse, tout particulièrement en latin (il était maître de latin) et mathématiques. Il décéda à Saint-Pierre-du-Tronchet en 1825 et ses élèves lui élevèrent un tombeau sur lequel ils firent graver « à Jean-Victor Le Noir, ses disciples ». Le couple eut deux filles qui furent fondatrices de la communauté du Sacré-Cœur.

Les curés :
Nicolas Ledieu
Nicolas Enguerrand
Thomas Pistel
Louis Alexandre
René Alexandre Pays (vers 1780) (décédé le 28 décembre 1823)
Louis-Simon Guillou, concordataire (fit sa rétractation à Villedieu en 1815), (décédé à Saint Pierre le 19 février 1830)
Auguste-Julien Laurence
Laurent François Dacier (décédé le 19 mai 1855)
Armand Alex Dollé (vers 1860)
Célestin Auguste Desheulles (de la famille de l’architecte départemental ?)
Avit Eugène Noblet
Martial Hippolyte Hus (jusqu’en 1893)
Théodore-Gilles-Louis Thomas
Victor Marie Orvin
Louis-Victor-Marie Bailleul
René Louis Auguste Leforestier
Auguste Félix Lebaron (jusqu’en 1942)
Cimetière :
La croix hosannière s’élève au midi du cimetière.

Patrimoine funéraire :
Le champ du repos conserve quelques intéressants éléments de fonte du patrimoine funéraire notamment une concession « Marie Debroise » avec sa clôture de fonte (4e rangée au midi). La conception en est du plus grand intérêt avec ses 6sixpiliers torsadés, surmontés d’un linceul recouvrant l’urne funéraire. Nombreux pavots et étoiles. La croix illustrée de quatre angelots possède en son croisement une étoile à 6 branches. Un ange à mi hauteur soutient des ses bras élevés une couronne d’épines. Une belle Piéta a pris place au pied de la croix possédant guirlande et typhas.

D’autres monuments, parmi lesquels : Tombeau de granit de l’abbé Dacer (Dacier), décédé le 19 mai 1855. Tombeau de granit du Clerc tonsuré Lenoir (1795-1859) Tombeau de granit « A V. R. Lenoir / ses disciples » Tombeau « famille Louis Lemoine- Mr et Mme Alphonse Lebaron (1829-1878) et Mr Alphonse Lebaron, prêtre (1866-1953).

Le champ du repos s’incline doucement vers le cœur de la ville d’où s’élève l’imposante tour de Notre Dame. Le cimetière est un enclos bordé d’un talus de terre et de granits pour les 4/5 et muret pour le 1/5 restant. Il n’y a plus aucune trace de l’if funéraire. Deux souches asséchées révèlent la présence d’anciens arbres ou arbustes. Le végétal se limite à quelques surfaces d’herbe coupée du plus bon effet. Pas d’autres végétaux à l’exception de quelques plantes vivaces sur les sépultures elles mêmes. Le minéral y tient une place importante. Le cimetière a déjà fait l’objet de déclarations d’abandon de concessions il y a quelques années. Il se présente ainsi : Un enclos de 126 sépultures ; 51 monuments de granits polis ; 8 monuments de granits anciens dont 1 seul en élévation ; 3 monuments en calcaire dur de Montmartin sur Mer ; 3 sépultures avec croix de bois ; 20 monuments en ciment ; 19 croix de fonte, dont 2 abattues ; 2 clôtures (1 en fonte, 1 en fer forgé) ; 3 portes-couronnes en fer. Les sépultures sont correctement orientées à l’exception de 4 disposées dans un axe nord-ouest / sud-est (au niveau des pans coupés de la sacristie). Quelques platetombes de l’ancien régime sont conservées à l’intérieur de l’édifice :

Ici / gist M re. Gab. / Ledieu / P. C. de ce lieu / TL 30 mars 1634 / RS. Cette platetombe qui se lit de bas en haut porte un écu avec calice et hostie bouchardés ainsi qu’une petite croix pédiculée dans sa partie supérieure. Cy gist / le corps / de M I G / RE SEVEC / 1605. Ycy gi / corps / de Jean / Foubert / ET C C / D LX D / 1600. Ycy gi le corps / de M / Foubert / PD F B D L X / 1690. Les 15 sépultures et 2 croix brisées méritent une attention toute particulière, au titre de l’art ou de l’histoire, dans l’enclos funéraire local. Les autres croix de fonte érigées sur des sépultures abandonnées mériteraient d’être déposées contre le mur nord de la nef afin de les remettre en place sur d’autres surfaces.

Qu’est-il advenu de la croix de bois signalée par l’abbé Hulmel dont l’inscription était la suivante « J. Kittl, né en Russie, à Odessa, année 88, il emporte le regret de ses amis et camarades. Il était bon et vertueux. Décédé en 1836. Terre, soit lui légère. Par son ami Langlois ».


François, Julien Cheftel et Joséphine Chapel, demeurant et domiciliés à La Martinière à Saint-Pierre-du-Tronchet, donnèrent naissance le 28 octobre 1828 à Théophile Jacques qui sera architecte de l’arrondissement d’Avranches.

Lien interne

Source

  • Jacky Brionne, Association de Sauvegarde et de Valorisation du Patrimoine en Val de Sienne, éd. de juin 2004 et septembre 2010.

Lien externe