Jean d'Essay

De Wikimanche

Jean d'Essay ou d'Essey, décédé en 1274, est une personnalité religieuse de la Manche.

Biographie

Selon René Toustain de Billy, Jean d'Essey serait issu d'une famille noble du Cotentin qui aurait eu un fief à Varenguebec. Un certain Enguerran d'Essey est témoin d'un acte au XIIe siècle relatif à la donation de l'église du Ham[1].

Ni la date ni le lieu de naissance de Jean d'Essey ne sont connus. On sait seulement qu'il est déjà archidiacre du Cotentin en 1230, date à laquelle l'abbé de Saint-Sauveur lui cède, pour sa vie durant, le manoir de Torgistorps à Clitourps moyennant 100 sols de rente[2]. Le siège de l'archidiaconé est à Valognes mais Jean d'Essey dispose également d'un manoir à Yvetot où il accueille, le 24 août 1250, Eudes Rigaud, archevêque de Rouen, en visite pastorale dans les abbayes et prieurés du diocèse[3].

À la mort de Gilles de Caen, l'évêché de Coutances connaît une vacance de deux ans à la suite de laquelle Jean d'Essey est choisi par le chapitre en janvier 1251[4]. Dans une requête à Blanche de Castille, régente en l'absence de Louis IX, les chanoines le définissent comme : « Fidèle sujet et ardent zélateur de la gloire et de la prospérité du royaume ». La consécration lui est donnée le 26 février à Rouen par l'archevêque Eudes Rigaud.

Le prélat est surtout connu pour avoir fait rédiger, dès 1251, un pouillé, Le livre noir de l'évêché de Coutances, une statistique complète des biens et bénéfices du diocèse.

En 1259, il lance une enquête sur la vie et les miracles de Thomas Hélye, prêtre de Biville décédé en 1257 mais qui fait déjà l'objet d'un culte populaire. Il transmet un rapport à Rome mais celui-ci est renvoyé à Coutances pour vice de forme. Une nouvelle enquête est interrompue par la mort de Jean d'Essey. La béatification de Thomas Hélye ne sera effective qu'en 1859.

Vers 1260, Jean d'Essey entre en conflit avec son chapitre. L'animosité réciproque culmine en 1268 dans l'interdit porté sur la cathédrale par le chapitre et auquel l'évêque passe outre. Les trente-deux points de divergence feront l'objet d'un arbitrage accepté par les deux parties.

La plupart des sources situent sa mort le 31 octobre 1274.

Notes et références

  1. René Toustain de Billy, Histoire ecclésiastique du diocèse de Coutances, tome II, Ch. Métérie, Rouen, 1874, p. 2-3.
  2. Auguste Lerosey, Histoire de l'abbaye bénédictine de Saint-Sauveur-le-Vicomte, Paillart, Abbeville, 1894, p. 239.
  3. Eudes Rigaud, Regestrum visitationum Archiepiscopi Rothomagensis, publié par Th. Bonnin, Rouen, 1852, p.89.
  4. Jusqu'en 1564 et la réforme introduite par Charles IX uniformisant le début de l'année au 1er janvier pour tout le royaume, l'année commençait le 25 mars en Normandie. Pour les contemporains, l'élection a donc eu lieu en janvier 1250.