Couvent des Trinitaires (Ducey)

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L'ancien couvent des Trinitaires

Le couvent des Trinitaires est un ancien établissement catholique de la Manche, situé à Ducey dans la nouvelle commune de Ducey-Les Chéris.

Couvent, école, hôpital, orphelinat, séminaire, pôle culturel, les bâtiments ont connu bien des affectations.

Histoire

Du couvent à l'école Sainte-Marie

Concert à l'école Sainte-Marie

Il est construit en argile et chaume vers 1847 par la communauté des Trinitaires, une congrégation religieuse installée dans le Prieuré Saint-Jacques de Saint-James. Six religieuses s'adonnent à la contemplation, à l'instruction des jeunes filles et à l'aide aux malades à domicile.[1]

L'édification d'une chapelle est prise en charge par l'évêché en 1850, celle de nouveaux bâtiments en dur est entamée en 1874.[1]

En 1900, l'établissement tenu par trente Trinitaires reçoit 99 élèves (39 externes, 30 demi-pensionnaires, 30 pensionnaires). En 1904, les religieuses quittent les lieux, remplacées par trois institutrices laïques et une carmélite séculière.[1]

En 1906, le petit séminaire chassé de l'abbaye Blanche de Mortain s'établit dans les locaux remis en état. Le couvent devient l'école Sainte-Marie. L'enseignement est dispensé seulement aux garçons. En 1913, professeurs et enseignants sont transférés à l'Institut Notre-Dame d'Avranches, fraîchement construit.[1]

Hôpital militaire 120

Au début de la Première Guerre mondiale, Albert Fleury, médecin et maire de Ducey, fait réquisitionner les bâtiments inoccupés pour en faire un hôpital auxiliaire : l'ambulance franco-belge 120[2].

L'hôpital, équipé d'une centaine de lits grâce à une quête auprès des habitants est géré par l'Union des dames de France ; de nombreuses bénévoles s'engagent autour de Mme Fleury pour soigner et nourrir les blessés[2].

Après avoir accueilli et soigné de nombreux blessés, il ferme le 5 janvier 1919[2].

Le 3 août suivant, la première pierre du monument commémoratif dédié aux cinq soldats décédés à l'hôpital 120 est posée dans le cimetière de la commune[2].

L'orphelinat Saint-Joseph

Enfants à l'orphelinat Saint-Joseph

En 1919, l'évêché récupère l'établissement qui devient un orphelinat destiné aux pupilles de la Nation, orphelins de guerre de la Manche[3]. Jusqu'en 1947, les religieuses de Saint-Sauveur-le-Vicomte veillent sur des dizaines de garçons accueillis à l'orphelinat Saint-Joseph[1].

Les filles vont à l'orphelinat du couvent de la Bucaille à Cherbourg[3].

Les orphelins de Tamerville, en zone interdite, viennent y chercher refuge à partir de 1943[1].

Les lieux servent également de casernement militaire aux troupes allemandes pendant l'occupation[1].

Du séminaire au pôle culturel

Salle de réunion dans l'ancienne chapelle

En septembre 1947, après le départ des orphelins, l'évêché installe une école apostolique pour vocations tardives, le séminaire Saint-Michel, et procède à des travaux de rénovation. Faute d'effectifs suffisants, le séminaire doit fermer en juin 1961. Ses élèves rejoignent le séminaire de Coutances et la commune de Ducey achète les bâtiments[1].

En 1964, la propriété est vendue au Syndicat à vocations multiples (Sivom) du canton de Ducey pour le franc symbolique[1].

De 1962 à 1964, l'ancienne chapelle sert d'atelier à l'usine Charmosyne, jusqu'à l'ouverture de locaux neufs, rue du Bois, sur un ancien terrain du séminaire[1].

À partir de 1961, le matériel des pompiers est transféré de la rue du Midi jusqu'à la rue du Couvent. Le nouveau centre de secours de Ducey est installé en 1986 dans l'ancienne ferme du Couvent après des travaux importants[1].

En 2012, l'ensemble des bâtiments devient propriété de la communauté de communes du canton de Ducey qui utilise la chapelle rénovée comme salle de réunions[1] et en fait le Pôle culturel du canton de Ducey.

Notes et références

  1. 1,00 1,01 1,02 1,03 1,04 1,05 1,06 1,07 1,08 1,09 1,10 et 1,11 Histothèque Jean-Vitel, site internet, consulté le 11 décembre 2018 (lire en ligne)
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Histothèque Jean-Vitel, site internet, consulté le 12 décembre 2018 (lire en ligne)
  3. 3,0 et 3,1 Histothèque Jean-Vitel, site internet, consulté le 12 décembre 2018 (lire en ligne)

Lien externe