Étienne Diroys

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Étienne Diroys, né à Avranches entre 1626 et 1630, mort dans la même ville en 1708 [1], est une personnalité catholique de la Manche.

Chanoine, pénitencier et archidiacre d'Avranches au XVIIe siècle.

Biographie

Fils cadet de Pierre Diroys, avocat, et de Perrine Pierre, mariés le 7 juin 1620 en l'église Notre-Dame d'Avranches, Étienne Diroys fait partie de ce qu'un mémorialiste normand, Pierre Thomas du Fossé, appelle une « famille sacerdotale ».

Après la mort de sa femme, survenue le 4 février 1630, Pierre Diroys obtient son baccalauréat en théologie : ordonné prêtre, il est nommé curé-doyen de Tirepied en 1639 et promoteur de l'officialité d'Avranches, une charge dont il se démet en 1676. Il quitte sa cure de Tirepied en 1679 : son successeur, Jacques Loyer, curé des Chambres, est nommé le 8 juillet.

Pierre Diroys et Perrine ont une fille : Marie, baptisée le 23 juin 1623 et décédée le 8 mai 1637, et trois fils : François (1625-1690), Pierre et Étienne, qui sont nés entre 1626 et 1630.

Un autre François Diroys (1612-1690), bachelier en théologie de Paris et chanoine d'Avranches, a souvent été confondu avec le fils de Pierre, dont il est peut-être le frère.

Un autre parent, Jacques Diroys, est prêtre dans le diocèse d'Avranches.

Enfin une autre famille Diroys, parente de celle d'Avranches, demeure à Saint-Malo : deux frères sont connus, Jacques, ancien élève d'Étienne Diroys aux Petites Écoles de Port-Royal, deviendra curé de Saint-Coulomb, non loin de Saint-Malo, et son frère, au prénom inconnu, « gros marchand », dont parle Pierre Thomas du Fossé dans ses Mémoires.

Étienne Diroys, qu'on appelle aussi « M. du Limon », fait ses première études à Avranches : avant la création du séminaire, l'évêque Charles Vialart (titulaire du siège de 1642 à 1644) réunissait les futurs prêtres dans son palais épiscopal. Étienne a sans doute poursuivi sa formation à Paris.

Les trois frères, François, Pierre et Étienne, semblent se trouver dans la capitale, entre 1646 et 1648. François présente son baccalauréat en théologie en 1649 ; Pierre devient maître-ès-arts en 1650, l'année où Étienne obtient la licence-ès-droits.

Dès cette époque, les frères sont en relation avec des amis de l'abbaye de Port-Royal, en particulier avec Henri Duhamel, curé de la paroisse parisienne de Saint-Merri, que fréquente aussi en même temps Jean Hamon, originaire de Cherbourg, futur médecin des religieuses de Port-Royal. Jean Deslyons, doyen de Senlis, proche du théologien Antoine Arnauld, est un correspondant de Pierre Diroys.

Les maîtres des Petites écoles de Port-Royal, comptent alors les trois frères, mais à une date difficile à fixer.

Pendant quelques années, Étienne Diroys assure les fonctions de précepteur de deux des enfants de la famille Thomas du Fossé, Augustin et Joseph, des jumeaux, avec les enfants d'une famille Deslandes : ils résident chez un curé du pays de Caux, au diocèse de Rouen.

Étienne suit Augustin et Joseph quand ils sont placés, après 1656, à Sevran, aux Petites Écoles de Port-Royal, puis à Beauvais après la dispersion des Écoles le 11 novembre 1659. Étienne quitte ses élèves à une date impossible à déterminer.

Sans doute Étienne retourne-t-il dans le diocèse d'Avranches : un document de 1677 le dit « ancien curé de Chambres. »

La suite de sa vie est mieux connue : son ascension dans la carrière ecclésiastique est très rapide. Du 4 janvier 1670 au 12 août 1672, il est promoteur de la cour ecclésiastique. Chanoine du chapitre cathédral, il est pénitencier du diocèse en 1677, vicaire général en 1678, grand doyen du chapitre en 1680 : il succède dans cette dernière fonction à Louis Le Bourgeois, prieur d'Héauville, décédé le 30 septembre 1680.

À la fin de l'épiscopat de Gabriel-Philippe de Froulay de Tessé, titulaire du siège d'Avranches de 1668 à 1689, Étienne Diroys connaît la disgrâce en raison de ses relations et sympathies jansénistes : il faillit même être exilé à Gargeau à l'automne 1688. Il rentre en grâce sur intervention du nouvel évêque, Pierre-Daniel Huet.

Au printemps 1691, il se rend à Paris, puis, deux mois plus tard, il reçoit à Avranches deux des frères Thomas du Fossé, qu'il loge au doyenné et à qui il fait visiter la région.

Étienne Diroys, devenu sourd, remet sa pénitencerie à Gilles Gombert, sieur du Manoir, qui en prend possession le 11 juillet 1708. Il se retire à l'hôpital général d'Avranches, et y meurt peu après : il est inhumé dans la cathédrale Saint-André, près de la porte de la chapelle de la Pitié.

C'était un « homme de très bon esprit, d'un grand jugement et d'une solide piété » écrira Pierre Thomas du Fossé [2].

Sources

  • Bibliothèque municipale d'Avranches, registre des baptêmes.
  • Pierre Thomas du Fossé, Mémoires, éd. F. Bouquet, Rouen, Métérie, 1876-1879, t. I, p. 150-151, t. II, p. 30-40,t. IV, p. 67-68, 74-89 et passim.
  • J. Blouet, Les Séminaires de Coutances et Avranches, Coutances-Paris, 1936.
  • Frédéric Delforge, Les petites écoles de Port-Royal, Paris, Cerf, 1985.
  • Jean Lesaulnier, Images de Port-Royal, Paris, Nolin, 2002.
  • Jean Lesaulnier et Antony McKenna, Dictionnaire de Port-Royal, Paris, Champion, 2004, p. 336 (notice de J. Lesaulnier).

Notes et références

  1. Ou 1709.
  2. Pierre Thomas du Fossé, Mémoires, t. II, p. 38.