Jean Maline

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Jean Maline, né à Paris 13e le 26 août 1919 et mort à Agon-Coutainville le 10 juin 2001, est une personnalité de la reconstruction de la Manche après la Seconde Guerre mondiale.

Biographie

Du rail à la reconstruction du département de la Manche

Né à Paris, boulevard de l’Hôpital, il est le fils d’Antonin Maline (1878-1945) chef de magasin PP au chemin de fer Paris-Orléans-Midi et de Julia Stulz, (1877-1923) employée au service traction au chemin de fer Paris-Orléans-Midi ; tous les deux à la gare d’Austerlitz.

Après ses premiers pas au jardin des plantes de Paris où il a vu construire la mosquée de Paris qui le borde, il perd sa mère à l’âge de trois ans. C’est une de ses tantes paternelles qui la remplacera au foyer.

A l’école primaire de la rue Jenner à Paris 13e, il suit le cours complémentaire et l’école d’enseignement technique pour passer le BEPS, il suit également le cours préparatoire des dessinateurs géographes de l’Armée aux Invalides. En 1929, suite au remariage de son père avec Madeleine Godefroy (1896-1980) du village de « La Beuverie » à Agon-Coutainville le 15 janvier il arrive dans la Manche. Il fait ses études au collège Germain à Coutances et à l'institution Saint-Joseph à Villedieu-les-Poêles.

Vie familiale

Le 29 avril 1949 à Fleury, il se marie avec Antoinette Debroise née à La Lande-d'Airou le 13 juin 1922 et employée au service des cotisations de la Caisse de Mutualité Agricole à Coutances. Fille d'Eugène Debroise, (1896-1952), gendarme à cheval à la 10e légion de gendarmerie, décoré de la médaille militaire, et de Germaine Élisabeth, (1896-1979), couturière, elle est la sœur de Bernard Debroise mort lors du bombardement de la prison de Saint-Lô en 1944 .

Jean meurt le 10 juin 2001, Antoinette le 21 septembre 2014, tous les deux sont inhumés au cimetière de Fleury. Ils ont eu trois enfants et sept petits enfants.

Vie militaire

Il effectue le recrutement militaire en 1939 à la circonscription de Saint-Lô sous le numéro de matricule 950, classe 1939/2 [1].

Le 15 avril 1940 il est appelé au service de l’armée au dépôt de guerre du 5e régiment du Génie [2], chemin de fer à Satory-Versailles [3].

Le 14 juin 1940 il participe à la retraite qui le mène à pied de Versailles à Château-Neuf-sur-Loire. Après La Souterraine, il se trouve le soir du 18 juin 1940 à Saint-Léonard-de-Noblat. La retraite le mènera jusque dans le Gers, à Plaisance-du-Gers, auprès de Auch. Il sera conservé dans l’armée d’armistice jusqu’en novembre 1942 car non démobilisable en 1940, puisque n’ayant pas effectué 6 mois de service.

De septembre 1940 à début 1942, il sera affecté dans les troupes spéciales du Génie pour rétablir, en zone occupée, les voies de communication SNCF et les ponts de chemin de fer comme à Melun, Pontoise, Gisors, Chantilly, Creil, Sainte-Menehould.

En 1942, il est à Montpellier sous les ordres du général de Lattre de Tassigny et fréquente l’École de Saint-Cyr d’Aix-en-Provence et l’École d’application du Génie à Avignon [4] tout en participant au rétablissement de routes et à la construction de ponts, comme celui de Prats-de-Mollo dans la Vallée du Tech.

Une fois démobilisé à compter du 27 novembre 1942 à Montpellier, l’armée allemande occupant la zone libre, il rejoint la terre de La Beuverie à Blainville-sur-Mer où il devient chef d’exploitation agricole. C'est en tant que sociétaire, inscrit sous le numéro 1910, qu'il vend son lait à la Laiterie de Quettreville sur Sienne, fondée par Pierre Eudes et dont Léon Lejionnet de La Maugerie à AGON fut un des Présidents. Il est réfractaire au STO.

Il sera remobilisé le 27 février 1945 à la base de transit de Cherbourg, Compagnie du port, jusqu’au 15 novembre 1945.

Capitaine de réserve dans l’Armée, il effectuera un stage à l’École du génie d’Angers en 1952 [5]

De nombreux Coutançais l’ont accompagné pour former des équipes concourant dans environ 40 Rallyes OR/SOR (Officier de réserve/Sous officier de réserve). Ils arriveront 3e de France au rallye national de Nîmes en 1962 [6].

Président des cadres de réserves de l’arrondissement de Coutances, il a fait, à ce titre, la préparation militaire des jeunes futurs appelés.

Vie professionnelle

Issu d’une famille de cheminots tant du côté paternel que maternel, il entre, durant les années 1938-1939, au chemin de fer PO Midi à Paris 13e place Valhubert, près de la gare d’Austerlitz comme mineur dessinateur au service « Études voies et bâtiments » et à la Direction générale de la SNCF – Direction des statistiques générales.

Il concourt à l’établissement du premier rapport moral de la SNCF. Bien que reçu 2e au concours, il sera licencié en septembre 1939, par mesures générales gouvernementales visant la suppression des auxiliaires.

En 1946, il entre comme agent technique contractuel à la direction départementale du ministère de la Reconstruction et du Logement (MRL) à Coutances, située dans des baraquements implantés dans les jardins de la Maison des Œuvres.

En 1966, à la suite de la fusion du Ministère de la reconstruction et du Service des ponts et chaussées, le Ministère de l’Équipement et du logement est créé par M. Edgar Pisani. Ce qui aura pour conséquence de regrouper, à Saint-Lô, la Direction départementale de l'équipement (DDE) et de l’amener à faire du covoiturage quotidien avec quelques collègues, entre Coutances et Saint-Lô.

Au cours de sa carrière au Ministère de la Reconstruction, transformé par la suite en Ministère de l’Équipement, il obtiendra les grades suivants :

  • Agent technique contractuel
  • Agent principal titularisé
  • Dessinateur à la suite de Concours
  • Vérificateur technique à la suite de Concours de stage d’Urbanisme et de diplôme
  • Réviseur, à la suite de concours (cadre A)
  • Réviseur principal.
  • Ingénieur des TPE (Travaux Publics de l’Etat)
  • Ingénieur Divisionnaire des TPE

A la DDE et au MRU (ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme), il participera à des tâches multiples, caractéristiques de cette période de reconstruction du Département de la Manche et qui l’amèneront de l’évaluation des sinistres de la guerre à la mise en œuvre d’un nouvel urbanisme départemental :

  • Évaluations des dommages de Guerre (télécharger)
  • Service voies et réseaux divers (VRD)
  • Grands ensembles ZUP [7], ZAC [8], particulièrement ceux de Tourlaville, Équeurdreville, Saint-Lô.
  • Statistiques générales

C’est en mai 1982 qu’il fait valoir ses droits à la retraite avec le grade d’ingénieur Divisionnaire des Travaux Publics de l’Etat (TPE) en tant que Chargé de mission auprès du Directeur départemental de l’équipement.

Impliqué fortement dans sa fonction, lorsqu’on lui disait qu’il travaillait dans le service public, il rectifiait en précisant qu’il travaillait « au service du public ».

Vie associative

Il a déposé lui même en 2001, ses archives personnelles aux archives départementales de la Manche[9].

Distinctions

Chevalier de l'Ordre National du Mérite, il est titulaire de :

  • La Médaille commémorative 39/45
  • Du titre de la Reconnaissance de la Nation
  • De la Médaille d'Argent des Services Militaires Volontaires
  • Du Mérite Fédéral 1ère Classe du Génie. Echelon OR

Notes et références

  1. Archives de la Manche, table 1R3/295.
  2. Créé par la loi du 11 juillet 1889, le 5e régiment du génie (5e RG), régiment de l'armée de terre spécialisé dans les travaux de voies ferrées, était basé au camp des Matelots à Versailles, raccordé au réseau ferré en gare de Versailles - Matelots. Le 5e RG était une composante à part entière de l'utilisation des chemins de fer militaires en France. Le 5e RG a été dissous le 10 juin 2010. La devise du régiment est : « Partout, toujours, réaliser ». Vidéos sur Youtube : Dissolution - pliage du drapeau - défilé de clôture.
  3. Patimoine du 5e Génie, patrimoine5rg.free.fr, consulté le 10 décembre 2017 (voir en ligne).
  4. En 1940, l'École du génie s'installe à Avignon. L'arme et le service sont séparés, seule la première comptant dans l'armée de l'armistice limitée à 100 000 hommes. En novembre 1942, l'École est fermée, après l'envahissement de la zone jusqu'alors non occupée [1] - [2].
  5. L'École d'application du génie est créée en octobre 1945 à Angers
  6. Organisés sous formes de championnat, les rallyes OR/SOR étaient des compétitions à base d’épreuves de tir, topographie, télécommunication, parcours du combattant, marche de nuit à la boussole, etc... réunissant des équipes loco-régionales. Depuis les contraintes budgétaires, les « rallye réserves » appelés aujourd’hui « raids réserves » ont disparu. Ils permettaient d’entraîner la réserve sur un plan sportif et militaire [3]
  7. Une zone à urbaniser en priorité (ZUP), appelée plus précisément à l'origine « zone à urbaniser par priorité », est une procédure administrative d'urbanisme opérationnel utilisée en France entre 1959 et 1967 afin de répondre à la demande croissante de logements. Les ZUP étaient destinées à permettre la création ex nihilo de quartiers nouveaux, avec leurs logements, mais également leurs commerces et leurs équipements.
  8. Une zone d'aménagement concerté (ZAC) est, en France, une opération publique d'aménagement de l'espace urbain en vertu du code de l'urbanisme et instituée par la loi d'orientation foncière no 67-1253 du 30 décembre 1967 pour se substituer aux zones à urbaniser en priorité (ZUP). Wikipedia
  9. Fonds Maline aux archives départementales de la Manche