Gabriel II de Montgommery

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Gabriel II de Montgommery, né vers 1560, mort à Pontorson le 13 juillet 1635, est un seigneur de la Manche.

Il est le troisième fils de Gabriel Ier de Montgommery et d’Isabeau de la Touche, Gabriel deuxième du nom. Très jeune, il combat auprès de son frère aîné, Jacques II de Montgommery en commandant le régiment de ce dernier dans le bas Poitou dès 1577. La cause protestante lui est chère.

En 1589, il répond à l’appel du duc de Mayenne qui lui donne le commandement de l’arrière garde. Il tente de reprendre la capitainerie de Saint-James, la possession de sa famille confisquée à la mort de son père. Avec son frère, il s’empare avant que le sieur de Vicques la récupère par force un mois après. Ce dernier décide de raser les fortification afin de la ville ne puisse plus devenir une place de sûreté huguenote.

L’année suivant, Gabriel II de Montgommery entreprend d’introduire une garnison à Pontorson. Elle compte, dans un premier temps, 50 soldats canonniers puis viennent s’adjoindre 50 arquebusiers à cheval. Après quelques résistances de la Ligue, la ville est soumise au chef huguenot qui installe Mr Mahot pasteur et ministre de l’Évangile. En 1591, il devient officiellement gouverneur de Pontorson.

Gabriel II de Montgommery va se tourner également vers le Mont Saint-Michel et tenter de s’en emparer à plusieurs reprises avec son frère Jacques. La première tentative nous est contée par Agrippa d’Aubigné et se déroule le 5 décembre 1589. Un groupe de gentilshommes déguisés en femmes, armés secrètement, se présente aux portes de la ville. Une fois entrés, les huguenots poignardent les gardiens et donnent le signal aux 200 hommes de Montgommery qui attendent plus loin. Ils vont tenir la ville quelques jours avant que Louis de Vicques ne revienne avec du renfort. Un des frères Montgommery se rend prisonnier et ne sera libéré qu’en échange des prisonniers catholiques.

Le 4 octobre 1593, Gabriel II de Montgommery signe un contrat de mariage à Caen, devant Horace le Foustier et Guillaume Caillot, tabellion de la ville. Il y est stipulé que Messire Gabriel de Montgommery, chevalier de l’ordre du Roy, capitaine de cinquante hommes d’armes de ses ordonnances et gouverneur pour sa Majesté de la ville et château de Pontorson promet de prendre pour épouse damoiselle Suzanne de Bouquetot, fille de haut et puissant Jehan de Bouquetot, chevalier de l’ordre, capitaine de 50 hommes d’armes, seigneur du Breuil-en-Auge. La dote est de 10 000 écus. Robert Aux-Épaules gouverneur de la ville et du château de Valognes est témoin de cet acte.

Au cours des premières années du XVIIe siècle, Gabriel de Montgommery entame la construction de son château. C’est Ducey qu’il choisit ; peut être parce que sa mère, Isabeau de la Touche semblait tenir beaucoup à cette place. 

Gabriel II de Montgommery tenait un grand état de maison avec un certain nombre de serviteurs.

Parmi les principaux se trouvaient son écuyer nommé Jules Capello ; son maître d’hôtel, Antoine de Gaillardy  (parrain de Jacques III de Montgommery le 22 octobre 1609) ; son valet de chambre, Daniel Leroux ; son secrétaire, Jacques d’Alibert, sieur du Dézert (avocat au Parlement de Normandie) ; son procureur (en 1617), Claude Aubereau ; un de ses serviteurs, Nicolas Lesénéchal ; ses lieutenants, La Forest, La Selle, Pierrepont, Vimont-Bras-de-Fer, Benjamin de Prières (seigneur de Saint-Sonnin) et un de ses gendarmes,  Jean Froumi (demeurant à Pontorson en 1612).

La chasse était un de ses plaisirs. Une permission signée du roi le confirme : « Permission accordée par Henry de Navarre ; au sieur comte de Montgommery, de chasser et tirer l’arquebuse et faire chasser par trois des siens, du huit février 1604. »

En 1610, il rachète à Jacques de Durfort qui transige pour le compte de son fils Guy Aldonce neveu de Gabriel de Montgommery, le comté de Montgommery. Ainsi, la terre de ses ancêtre retombe une nouvelle fois dans les mains de la famille de Montgommery.

Vers 1621, Gabriel II de Montgommery contraint, renonce au gouvernement de Pontorson et prend celui d’Argentan. Sa longue vie militaire mérite une étude plus approfondie. Le mardi 13 juillet 1635, il s’éteint à Pontorson et le deuxième jour d’août, est « inhumé messire Gabriel, comte de Montgommery, âgé de 75 ans ou viron » dans le caveau familial du château de Ducey.

Un article intitulé « Le Musée lapidaire d'Avranches, Catalogue descriptif et méthodique », paru dans la Revue de l'Avranchin, (T. XVII, p. 131), cite l’inscription de la pierre tombale de Gabriel II de Montgommery qui avait été déposée au musée d’Avranches.

La pierre en marbre noir, mesurait 2,20 m de long sur 1,27 m de largeur et 0,17 m d’épaisseur. Le blason du défunt y été inscrit, ainsi qu’une longue inscription en capitales puis en cursives :

Consacré à la mémoire :

ICI EST ENTERRE L’EMINENT Gabriel le deuxiemE,
COMTE DE MONTGOMERY, FILS DE GABRIEL I,
PETIT FILS DE JACQUES,
QUAND TU ENTENDS PARLER DE LUI PENSES A SA VALEUR MILITAIRE. IL EST CE MARS GAULOIS TERREUR DE SES ADVERSAIRES ; AMANT DES SIENS, SALUT DE LA PATRIE, JAMAIS VAINCU. ET :MÊME AVEC DES FORCES INEGALES TOUJOURS VAINQUEUR. S’IL DOIT BEAUCOUP A SA NAISSANCE, DAVANTAGE IL EST REDEVABLE A SA VALEUR. SA JEUNESSE ETAIT REPUTEE PAR SON LABEUR, :L’AGE ADULTE PAR SES VICTOIRES LA VIEILLESSE, DANS SES INFIRMITES, PAR LES MANIFESTATIONS DE SA GRANDE âME. DE SES CONSEILS ET DE SA SAGESSE PROFITERENT TOUS LES Français. DE SA FIDELITE ET DE SA PRUDENCE LES TROIS DERNIERS ROIS.
DE SON COURAGE MILITAIRE FURENT EXPERTS LES ENNEMIS DE LA France. HEUREUX DE LUI QUE LA GRANDE NOBLESSE DE SES GESTES FUT DEPASSEE PAR LA GLOIRE, LES HONNEURS PAR LE MERITE, LA RENOMMEE PAR LA VALEUR. ENFIN, IL A LAISSE SES NEVEUX HERITIERS DU SANG ET DE SES VERTUS ILLUSTRES ; ET LAISSE AUSSI SA NON DU TOUT OUBLIEE EPOUSE SUZANNE DE BOUQUETOT. IL RENDIT AU CIEL SON ÂME BIEN MERITEE DE SES ROIS ET DE LA PATRIE LE 31 JUILLET DE L’AN SEIGNEUR 1635.
ö passant sous ce marbre perçoit le comte de Montgomery.
Si jamais ici peut se cacher autant de vertu
Cette seule terre ne contient pas une âme si grande,
Toute la France la porte dans son cœur.

Cette épitaphe, quelque peu dithyrambique, a aujourd’hui disparu, à la suite des bombardements de la ville d’Avranches en 1944, ne laissant plus aucune trace de cet homme puissant et tant redouté par ses contemporains.

L’abbé Desroches ajoute à son sujet : « On se souvient encore, dans le pays, de ce seigneur, il avait l’habitude de monter sur un petit mulet. »

Bibliographie

  • Valérie Houlbert, Ducey à la recherche de son passé, Office de Tourisme de Ducey, 2007

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