Différences entre versions de « La Beuverie (Blainville-sur-Mer et Agon-Coutainville) »

De Wikimanche

(ajout modèle notes et references)
 
(21 versions intermédiaires par 4 utilisateurs non affichées)
Ligne 1 : Ligne 1 :
'''La Beuverie''' est un village de [[Blainville-sur-Mer]].
+
'''La Beuverie''' est un village à cheval sur les communes de [[Blainville-sur-Mer]] et d'[[Agon-Coutainville]].
 +
 
 +
<div style="float: right; border: 1px solid grey; margin: 5px;">
 +
{{#display_map: La Beuverie, Blainville-sur-Mer
 +
|zoom=13
 +
|height=280
 +
|width=280
 +
}}</div>
  
 
== Géographie ==
 
== Géographie ==
La Beuverie est un village situé au sud-est de la commune de Blainville-sur-Mer et au nord-est de la commune d'Agon-Coutainville. Situé à 47 m d'altitude, il est bordé au nord par les villages de l'Ostende et de La Monnerie, au sud par La Papauté, Le Casrouge et La Flague, à l'Est par Vallière et à l'Ouest par les villages de La Maugerie, La Jeannerie et Gruchy. Il est délimité par deux routes départementales : La RD 650 (encore appelée route touristique) à l'est et la RD 536 au nord, qui mène au village de La Monnerie. Le chemin des Marettes relie La Beuverie à cette route. Traversé par la route départementale n° 361, La Beuverie est un « Village Rue », comme il en existe principalement dans les deux communes.<br>
+
 
 +
La Beuverie est un village situé au sud-est de la commune de Blainville-sur-Mer et au nord-est de la commune d'Agon-Coutainville. Situé à 47 m d'altitude, il est bordé au nord par les villages de l'Ostende et de La Monnerie, au sud par La Papauté, Le Casrouge et La Flague, à l'Est par Vallière et à l'Ouest par les villages de La Maugerie, La Jeannerie et Gruchy. Il est délimité par deux routes départementales : La RD 650 (encore appelée route touristique) à l'est et la RD 536 au nord, qui mène au village de La Monnerie. Le chemin des Marettes relie La Beuverie à cette route. D'autres chemins parcourent le village :
 +
* Chemin de l'hôtel Corbet
 +
* Chemin de la Croix
 +
* Chemin de la Beuverie
 +
Traversé par la route départementale n° 361, La Beuverie est un « village rue », comme il en existe principalement dans les deux communes.<br>
  
 
== Histoire ==
 
== Histoire ==
L'histoire du village reste encore à écrire précisément. Toutefois, durant la [[Seconde Guerre mondiale]], on sait que les occupants allemands ont établi un poste de téléphonie sans fil (TSF) dans une maison du village appartenant à la famille Hersent.<br> Jusque dans les années 1960, existait un café, épicerie, débit de boisson, tenu par Mr Guillemin. Le bandeau en ciment sur lequel est inscrit "E. Guillemin Débitant" figure toujours sur la façade de la maison.
+
 
Deux maisons ont été construites par des capitaines au long cours, commandant les navires goélettes armés à [[Granville]] <ref>[[Pêche morutière à Granville]]</ref> pour la pêche à la morue. D'autres maisons, à l'architecture plus modeste, abritaient les familles de matelots que les capitaines visitaient pour les enrôler sur les bancs de Terre Neuve, après avoir négocier le montant du salaire.<ref>Jean Recher : "Le grand métier", Edition Plon, 1977</ref><br>
+
L'histoire du village reste encore à écrire précisément. Toutefois, durant la [[Seconde Guerre mondiale]], on sait que les occupants allemands ont établi un poste de téléphonie sans fil (TSF) dans une maison du village appartenant à la famille Hersent.
Au début des années 50, environ 5 exploitations agricoles, (Fleury, Godefroy, Maline, Martin, Rachinel) toutes orientées vers la polyculture, l'élevage et la production laitière, valorisaient les terres et animaient encore le village. Pendant la dernière guerre, un abattoir était en service sur l'exploitation appartenant à la famille Godefroy.<br>
+
 
 +
Jusque dans les années 1960, existait un café, épicerie, débit de boisson, tenu par M. Guillemin. Le bandeau en ciment sur lequel est inscrit « E. Guillemin Débitant » figure toujours sur la façade de la maison.
 +
 
 +
Deux maisons ont été construites par des capitaines au long cours, commandant les navires goélettes armés à [[Granville]] pour la [[Pêche morutière à Granville|pêche à la morue]]. D'autres maisons, à l'architecture plus modeste, abritaient les familles de matelots que les capitaines visitaient de fin novembre jusqu'à début janvier pour les enrôler dans leurs équipages après avoir négocié le montant du salaire et afin d'appareiller sur les bancs de Terre-Neuve, de la fin février jusqu'à la mi-mars <ref>Jean Recher : ''Le grand métier'', Édition Plon, 1977.</ref>.
 +
 
 +
Au début des années 1950, environ cinq exploitations agricoles, (Fleury, Godefroy, Maline, Martin, Rachinel) toutes orientées vers la polyculture, l'élevage et la production laitière, valorisaient les terres et animaient encore le village. Pendant la [[Seconde Guerre mondiale]], un abattoir était en service sur l'exploitation appartenant à la famille Godefroy.
 +
 
 +
Une propriété voit la limite intercommunale passer au droit du seuil de la porte d'entrée, laissant ainsi le jardin et une partie des terres sur une commune et les bâtiments sur l'autre. Cette situation donnait, au propriétaire des lieux, le privilège de disposer de deux droits de récolte du [[varech]] et de [[tangue]]; un sur chacune des deux communes.
  
 
== Population ==
 
== Population ==
Il n'existe pas de gentilé connu.<br>
+
 
25 maisons habitées ou habitables, abritent une quarantaine de personnes, qu'elles y vivent année longue ou lors de périodes estivales.<br>
+
Il n'existe pas de gentilé connu.
Pour cultiver la convivialité qui les unit, les habitants se réunissent tous les ans au mois de septembre. C'est sous la houlette des familles Martin, Quinette, Sevestre et .... que le {{10e}} anniversaire de la Fête de La Beuverie a été organisé, en 2018, chez M. et Mme Vigoureux.<br>
+
 
 +
Vingt-cinq maisons habitées ou habitables, abritent une quarantaine de personnes, qu'elles y vivent année longue ou lors de périodes estivales.
 +
 
 +
Pour cultiver la convivialité qui les unit, les habitants se réunissent tous les ans au mois de septembre. C'est sous la houlette des familles Martin, Quinette, Sevestre et Mathieu que le {{10e}} anniversaire de la Fête de La Beuverie a été organisé, en 2018, chez M. et Mme Vigoureux.
 +
 
 +
En [[1943]], Mme Klobb habitait la maison que les habitants de La Beuverie appelaient « Le château ». Marie, Émilie, Marguerite Forget était la veuve du lieutenant-colonel Klobb à qui elle s'est mariée le [[5 octobre]] [[1883]], lorsqu'il était affecté à l’état-major particulier de l'artillerie à [[Cherbourg]]. Du [[20 avril]] au [[14 juillet]] [[1899]], le lieutenant-colonel Klobb est chargé d'arrêter l'expédition française de conquête coloniale du Tchad, menée par les capitaines Paul Voulet et Julien Chanoine. D'un intérêt stratégique capital, l'expédition militaire se transforma tout au long de son parcours en véritable colonne infernale, massacrant les populations qui refusaient de leur fournir vivres ou porteurs. Après une poursuite de 2 000 kilomètres, Klobb rejoint la colonne infernale au hameau de Dankori, près de Zinder. Le capitaine Voulet fait ouvrir le feu, tuant l'officier Klobb <ref>Général Paul Joalland : ''Le Drame de Dankori : mission Voulet-Chanoine - mission Joalland-Meynier'', nouvelles éditions Argo (NEA), Paris, 1930, 256 p. (notice BnF no FRBNF34084657).</ref>
  
 
== Activités économiques ==
 
== Activités économiques ==
En 2018, l'essentiel des terres de La Beuverie est pâturée par des chevaux. La seule exploitation agricole restante dans le village, dirigée par M. Fleury est consacrée à l'élevage des chevaux de courses. Exploitant à Vallière, M. Coulon fait également pâturer ses chevaux de race [[Cob]].<br> Au lieu dit La Lorie, Romuald et Mauricette Macé, exercent l'activité d'Horticulteur et de pépiniériste au sein de l'entreprise "Romuald".<br>
+
 
 +
* En [[2018]], l'essentiel des terres de La Beuverie est pâturée par des [[Cheval dans la Manche|chevaux]]. La seule exploitation agricole restante dans le village, dirigée par M. Fleury, est consacrée à l'élevage des chevaux de courses. Exploitant à Vallière, M. Coulon y fait également pâturer ses chevaux de race [[cob normand]].
 +
* Au lieu-dit La Lorie, Romuald et Mauricette Macé exercent l'activité d'horticulteur et de pépiniériste au sein de l'entreprise Romuald. Créés en plusieurs étapes à partir de 1992 par M. et Mme Vigoureux, les Jardins de la Beuverie  (Agon-Coutainville) de 4,5 ha, alliant jardin à l'anglaise, jardin champêtre, arboretum, roseraie et labyrinthe, peuvent être visités <ref>Comité des parcs et jardins de France, site internet, consulté le 4 novembre 2018. [https://www.parcsetjardins.fr/jardins/1498-les-jardins-de-la-beuverie ''(lire en ligne)''].</ref>
  
 
== Bibliographie ==
 
== Bibliographie ==
Sur les communes<br>
 
* Louise Lenoir-Pepin : "Une commune côtière : Agon, Manche", Monographie géographique. Granville, Imprimerie Granvillaise, 1945, 256 pages.
 
* Henri Lechanoine, Serge Dessoulle : "Blainville sur Mer et son passé", Edition Arnaud Bellée Coutances, 1973, 268 p.
 
Sur le Lieutenant Colonel Klobb<br>
 
* Général Paul Joalland : "Le Drame de Dankori : mission Voulet-Chanoine - mission Joalland-Meynier", Paris, Nouvelles Éditions Argo (NEA), 1930, 256 p. (notice BnF no FRBNF34084657)
 
* Arsène Klobb (préf. Jules Lemaître) : "Dernier carnet de route : au Soudan français ; rapport officiel de M. le gouverneur Bergès sur la fin de la mission Klobb", Paris, E. Flammarion, 1905, 292 p. (notice BnF no FRBNF34138397).
 
* Arsène Klobb et Octave Meynier (préf. Albert Maitrot de La Motte-Capron) : "À la recherche de Voulet : sur les traces sanglantes de la Mission Afrique centrale", 1898-1899, Paris, Cosmopole (réimpr. 2001), nouv. éd. (1re éd. 1931), 229 p. (ISBN 2-84630-002-X, notice BnF no FRBNF37695465).
 
01/01/1977 - Relié - Langue : Français
 
  
== Notes et Références ==
+
; Sur les communes
 +
 
 +
* Louise Lenoir-Pepin : ''Une commune côtière : Agon, Manche'', monographie géographique, imprimerie Granvillaise, Granville,1945, 256 pages.
 +
* Henri Lechanoine, Serge Dessoulle : ''Blainville sur Mer et son passé'', édition Arnaud Bellée, Coutances, 1973, 268 p.
 +
 
 +
;Sur le lieutenant-colonel Klobb
 +
 
 +
* Arsène Klobb (préf. Jules Lemaître) : ''Dernier carnet de route : au Soudan français ; rapport officiel de M. le gouverneur Bergès sur la fin de la mission Klobb'', éd. Flammarion, Paris, 1905, 292 p. (notice BnF no FRBNF34138397).
 +
* Arsène Klobb et Octave Meynier (préf. Albert Maitrot de La Motte-Capron) : ''À la recherche de Voulet : sur les traces sanglantes de la Mission Afrique centrale'', Cosmopole, 1898-1899, Paris,  (réimpr. 2001), nouv. éd. (1re éd. 1931), 229 p. (ISBN 2-84630-002-X, notice BnF no FRBNF37695465).
  
 +
{{Notes et références}}
  
[[Catégorie:Blainville-sur-Mer|Beuverie, La]]
+
{{DEFAULTSORT:Beuverie, La}}
[[Catégorie:Agon-Coutainville|Beuverie, La]]
+
[[Catégorie:Blainville-sur-Mer]]
 +
[[Catégorie:Agon-Coutainville]]
 +
[[Catégorie:Article géolocalisé sur une carte]]

Version actuelle datée du 15 mai 2020 à 09:37

La Beuverie est un village à cheval sur les communes de Blainville-sur-Mer et d'Agon-Coutainville.

Chargement de la carte...

Géographie

La Beuverie est un village situé au sud-est de la commune de Blainville-sur-Mer et au nord-est de la commune d'Agon-Coutainville. Situé à 47 m d'altitude, il est bordé au nord par les villages de l'Ostende et de La Monnerie, au sud par La Papauté, Le Casrouge et La Flague, à l'Est par Vallière et à l'Ouest par les villages de La Maugerie, La Jeannerie et Gruchy. Il est délimité par deux routes départementales : La RD 650 (encore appelée route touristique) à l'est et la RD 536 au nord, qui mène au village de La Monnerie. Le chemin des Marettes relie La Beuverie à cette route. D'autres chemins parcourent le village :

  • Chemin de l'hôtel Corbet
  • Chemin de la Croix
  • Chemin de la Beuverie

Traversé par la route départementale n° 361, La Beuverie est un « village rue », comme il en existe principalement dans les deux communes.

Histoire

L'histoire du village reste encore à écrire précisément. Toutefois, durant la Seconde Guerre mondiale, on sait que les occupants allemands ont établi un poste de téléphonie sans fil (TSF) dans une maison du village appartenant à la famille Hersent.

Jusque dans les années 1960, existait un café, épicerie, débit de boisson, tenu par M. Guillemin. Le bandeau en ciment sur lequel est inscrit « E. Guillemin Débitant » figure toujours sur la façade de la maison.

Deux maisons ont été construites par des capitaines au long cours, commandant les navires goélettes armés à Granville pour la pêche à la morue. D'autres maisons, à l'architecture plus modeste, abritaient les familles de matelots que les capitaines visitaient de fin novembre jusqu'à début janvier pour les enrôler dans leurs équipages après avoir négocié le montant du salaire et afin d'appareiller sur les bancs de Terre-Neuve, de la fin février jusqu'à la mi-mars [1].

Au début des années 1950, environ cinq exploitations agricoles, (Fleury, Godefroy, Maline, Martin, Rachinel) toutes orientées vers la polyculture, l'élevage et la production laitière, valorisaient les terres et animaient encore le village. Pendant la Seconde Guerre mondiale, un abattoir était en service sur l'exploitation appartenant à la famille Godefroy.

Une propriété voit la limite intercommunale passer au droit du seuil de la porte d'entrée, laissant ainsi le jardin et une partie des terres sur une commune et les bâtiments sur l'autre. Cette situation donnait, au propriétaire des lieux, le privilège de disposer de deux droits de récolte du varech et de tangue; un sur chacune des deux communes.

Population

Il n'existe pas de gentilé connu.

Vingt-cinq maisons habitées ou habitables, abritent une quarantaine de personnes, qu'elles y vivent année longue ou lors de périodes estivales.

Pour cultiver la convivialité qui les unit, les habitants se réunissent tous les ans au mois de septembre. C'est sous la houlette des familles Martin, Quinette, Sevestre et Mathieu que le 10e anniversaire de la Fête de La Beuverie a été organisé, en 2018, chez M. et Mme Vigoureux.

En 1943, Mme Klobb habitait la maison que les habitants de La Beuverie appelaient « Le château ». Marie, Émilie, Marguerite Forget était la veuve du lieutenant-colonel Klobb à qui elle s'est mariée le 5 octobre 1883, lorsqu'il était affecté à l’état-major particulier de l'artillerie à Cherbourg. Du 20 avril au 14 juillet 1899, le lieutenant-colonel Klobb est chargé d'arrêter l'expédition française de conquête coloniale du Tchad, menée par les capitaines Paul Voulet et Julien Chanoine. D'un intérêt stratégique capital, l'expédition militaire se transforma tout au long de son parcours en véritable colonne infernale, massacrant les populations qui refusaient de leur fournir vivres ou porteurs. Après une poursuite de 2 000 kilomètres, Klobb rejoint la colonne infernale au hameau de Dankori, près de Zinder. Le capitaine Voulet fait ouvrir le feu, tuant l'officier Klobb [2]

Activités économiques

  • En 2018, l'essentiel des terres de La Beuverie est pâturée par des chevaux. La seule exploitation agricole restante dans le village, dirigée par M. Fleury, est consacrée à l'élevage des chevaux de courses. Exploitant à Vallière, M. Coulon y fait également pâturer ses chevaux de race cob normand.
  • Au lieu-dit La Lorie, Romuald et Mauricette Macé exercent l'activité d'horticulteur et de pépiniériste au sein de l'entreprise Romuald. Créés en plusieurs étapes à partir de 1992 par M. et Mme Vigoureux, les Jardins de la Beuverie (Agon-Coutainville) de 4,5 ha, alliant jardin à l'anglaise, jardin champêtre, arboretum, roseraie et labyrinthe, peuvent être visités [3]

Bibliographie

Sur les communes
  • Louise Lenoir-Pepin : Une commune côtière : Agon, Manche, monographie géographique, imprimerie Granvillaise, Granville,1945, 256 pages.
  • Henri Lechanoine, Serge Dessoulle : Blainville sur Mer et son passé, édition Arnaud Bellée, Coutances, 1973, 268 p.
Sur le lieutenant-colonel Klobb
  • Arsène Klobb (préf. Jules Lemaître) : Dernier carnet de route : au Soudan français ; rapport officiel de M. le gouverneur Bergès sur la fin de la mission Klobb, éd. Flammarion, Paris, 1905, 292 p. (notice BnF no FRBNF34138397).
  • Arsène Klobb et Octave Meynier (préf. Albert Maitrot de La Motte-Capron) : À la recherche de Voulet : sur les traces sanglantes de la Mission Afrique centrale, Cosmopole, 1898-1899, Paris, (réimpr. 2001), nouv. éd. (1re éd. 1931), 229 p. (ISBN 2-84630-002-X, notice BnF no FRBNF37695465).

Notes et références

  1. Jean Recher : Le grand métier, Édition Plon, 1977.
  2. Général Paul Joalland : Le Drame de Dankori : mission Voulet-Chanoine - mission Joalland-Meynier, nouvelles éditions Argo (NEA), Paris, 1930, 256 p. (notice BnF no FRBNF34084657).
  3. Comité des parcs et jardins de France, site internet, consulté le 4 novembre 2018. (lire en ligne).