Victor Grignard

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Victor Grignard (1912).

François Auguste Victor Grignard, né à Cherbourg le 6 mai 1871 [1] et mort à Lyon le 13 décembre 1935, est une personnalité scientifique de la Manche, chimiste de profession.

Les années lyonnaises

Fils d'un chef ouvrier voilier [1] de l'arsenal de Cherbourg, Victor Grignard perd jeune sa mère. Il s'engage dans les études, d'abord boursier au collège-lycée de Cherbourg, puis à l'École normale de l'enseignement spécial de Cluny en 1889. La fermeture de celle-ci en 1891 l'oblige à poursuivre ses études à la faculté des sciences de Lyon avec une licence de mathématiques qu'il obtient après son année de service national.

Puis, à l'occasion d'un premier emploi de préparateur dans le laboratoire Philippe Barbier, directeur à l’université de Lyon en chimie générale, pionnier de l'étude des organométalliques, il s’intéresse à la chimie organique, et obtient sa licence de sciences physiques.

Chef de travaux pratiques à l'université de Lyon en 1898, il se consacre à l'étude des organomagnésiens, auxquels il consacre sa thèse de doctorat, soutenue le 18 juillet 1901. Ses découvertes sur les dérivés organomagnésiens mixtes lui valent aussitôt la reconnaissance de ses pairs, et il enseigne la chimie générale à Besançon, puis à Lyon comme maître de conférences, de 1906 à 1909.

Il occupe ensuite de 1910 à 1919 la chaire de chimie organique de l'Institut chimique de Nancy.

Le prix Nobel

Pour ses travaux sur les organomagnésiens, dits « réactifs de Grignard », débutés en 1901, il reçoit le 10 décembre 1912 à Stockholm (Suède) le prix Nobel de chimie en 1912, qu'il partage avec le chimiste français Paul Sabatier. Ces travaux constituent une avancée considérable dans le secteur de la chimie organique, des alcools et des hydrocarbures [2]. Le 8 février 1913, en récompense du Nobel, il est fait chevalier de la Légion d'honneur.

Le 2 août 1914, il est mobilisé à Cherbourg pour la Première Guerre mondiale, comme garde-côte puis garde des voies de chemin de fer dans le Cotentin. Il est nommé en juillet 1915, à la Direction du matériel chimique de guerre, pour laquelle il travaille aux gaz de combat et aux explosifs, mettant au point un détecteur de l'ypérite, gaz asphyxiant. Puis, au sein de la mission Tardieu, il donne durant sept mois des conférences aux États-Unis en juin 1917 sur les rapports entre science et industrie.

Il retrouve l'université de Lyon en 1919, où il succède au professeur Barbier, et prend la direction de l'école de chimie industrielle en 1921, puis devient doyen de la Faculté des sciences.

Membre correspondant depuis 1913, il est élu à l'Académie des sciences en 1926. En 1933, il reçoit les insignes de commandeur de la Légion d'honneur.

Il se lance dans la rédaction d'un Traité de chimie organique qu'il ne pourra achever de son vivant. Le 20e volume est publié en 1951 [2].

Il meurt en 1935 d'un ulcère à l'estomac.

Honneurs

  • 1901 : prix Cahours
  • 1902 : prix Cahours
  • 1906 : prix Berthelot
  • 1906 : prix Jecker
  • 13 novembre 1912 : prix Nobel de chimie (avec Paul Sabatier)
  • 1913 : chevalier de la Légion d'honneur
  • 1933 : commandeur de la Légion d'honneur.

Hommages

Par décision du conseil municipal de Cherbourg du 8 mai 1936, le nom de Victor Grignard est donné à la rue des Carrières, où il a vécu au numéro 22, et au lycée, qu'il a fréquenté.

Un collège de Lyon (8e) et des rues de Saint-Étienne et Poitiers portent son nom.

Un cratère de la lune porte son nom depuis 2009[3].

Philatélie

Enveloppe « Premier jour » oblitérée à Cherbourg (1971).

En 1971, un timbre poste est édité à l'occasion du centenaire de sa naissance. Une manifestation « Premier jour » avec un timbre à date spécial est organisée à Cherbourg le 8 mai.

Sources

  • André Allix, « Nécrologie : Victor Grignard », Les Études rhodaniennes, vol. 11, 1935, pp. 455-456
  • Marika Blondel-Mégrelis, « Victor Gignard », Itinéraires de chimistes : 1857-2007, 150 ans de chimie en France avec les présidents de la SFC, EDP Sciences Editions, 2008

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 AD50, NMD Cherbourg, 1871 (5 Mi 669) page 82/206 Acte de naissance n° 320 (lire en ligne).
  2. 2,0 et 2,1 Yves Lecouturier, Célèbres de Normandie, OREP, Cully, 2007.
  3. « Astronomie : il y a des Manchois sur la lune », Ouest-France, 2 août 2019.

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